Du 12 au 14 juin dernier avait lieu, dans le quartier Saint-Jean-Baptiste, la 17e édition de la Fête de la musique de Québec. Plus d’une quarantaine d’artistes et de groupes en tous genres ont présenté leurs pièces sur les différentes scènes de l’événement organisé avec passion (et beaucoup d’huile à bras) par la petite équipe d’organisateur.rices passionné.es.
À titre de photographes officiels de l’événement, Maxime et Jacques ont tout vu, mais ils n’ont pas eu beaucoup de temps pour prendre des notes. Comme c’est le cas à chaque année, on a eu quelques coups de coeur, des artistes qu’on a mis sur notre radar et qu’on vous présente dans ce court article.
Les coups de coeur de Maxime
Les Toffes

Ma première grande surprise de cette 19e édition de la Fête de la Musique de Québec s’est produite au Bateau de Nuit le vendredi soir. J’avoue que le nom Les Toffes ne me disait rien à prime abord mais on m’a décrit le groupe comme « des vieux punks qui continuent de faire du punk pour le fun » tout en comparant le chanteur à un certain Iggy Pop, j’étais donc bien curieux de voir ce qui en était. Dès les premières notes, c’est assez facile de comprendre pourquoi cette comparaison, musicalement on n’est pas très loin des Stooges et la chanteur a clairement de l’énergie à revendre. Impossible pour lui de rester statique, il se promène dans la foule tout en se lançant par terre. La prestation se termine avec la classique I wanna be your dog des Stooges justement et le leader se propulse en body surfing pour terminer le spectacle accroché au plafond. Clairement une prestation marquante de cette FMQ!
Pour compléter l’affiche de cette fête au Bateau de Nuit, c’est Aster Ponceau qui ouvrait la soirée et Panic Attack qui concluait le tout. Pour ce qui est du premier groupe, la proposition musicale est de plus en plus claire et solide, vraiment une des prestations les plus cohésives que j’ai vu du trio. En ce qui concerne Panic Attack, le groupe a commencé en mentionnant « D’habitude on joue devant dix personnes, désolé si vous aimez pas ça. » Malgré tout, le public est bel et bien resté et a trippé du début à la fin.
Fumigènes

J’avais vraiment hâte de voir le groupe rap-queb-core Fumigènes se produire dimanche après-midi au Passage Olympia. La météo était vraiment le sujet de conversation numéro un alors qu’on annonçait 100% de probabilité de pluie, mais finalement l’après-midi a été splendide. C’est peut-être grâce à la magie de l’amour alors que Killie, la bassiste, a fait une magnifique demande en mariage en plein show! En mentionnant au passage que c’est bien mieux faire la révolution à deux. Une solide prestation pour le quatuor qui était peut-être un peu puissant pour les passantes et passants dominicaux de la rue St-Jean mais qui a tout de même réussi à rassembler une bonne foule.
Bombe

Une autre découverte pour moi en ce dimanche avec le groupe Bombe. Il faut dire que ce n’est pas facile d’avoir des informations sur la formation avec un nom de la sorte, les résultats de recherche ne parlent pas trop de musique et je suis peut-être maintenant fiché par la GRC. N’empêche que le quatuor a fait honneur à son patronyme en arrivant sur la scène du Parvis de façon explosive. Le groupe nous offre un post-punk aux accents bien pop qui fonctionne à merveille. Gros coup de cœur pour la pièce Facetime, une des trois seules chansons disponibles en ligne de la formation. Pour ajouter un niveau de dynamite supplémentaire, on nous a offert une grosse reprise du classique Tony Hawk de Dead Obies avec son fameux concours de criage. Bref, une grosse étincelle musicale que la pluie n’a pas réussi à éteindre.
Les coups de coeur de Jacques
les Nébuleuses

Premier groupe du samedi au Passage Olympia, Les Nébuleuses est un groupe pop féminin et féministe de Québec qui propose des chansons pop chaudes et ensoleillées avec une touche de groove pas piquée des vers. Faut dire que Maïka Laforge a une de ces voix capables de transmettre toute la gamme des émotions! À ses côtés, Zoé Pierrot (piano), Rosaly Matte (basse) et Joëlle Fortin (batterie) assurent pleinement la partie instrumentale (y’avait aussi un gars à la guitare, j’ai oublié de noter son nom maudine). En tout cas, la foule de plus en plus nombreuse (ça avait commencé par les parents et les ami.es, mais on a vu de nombreux passants s’arrêter plus qu’un instant pour profiter du show) est un signe indéniable : cette formation-là est à surveiller!
LeRoux

Des textes remplis de douleur, une ligne mélodique à l’avenant, il avait beau n’être accompagné que d’un percussionniste, on peut dire que LeRoux (Alexandre L. Thibault) frappe dans le mille avec ses chansons. Comme ça, en formule acoustique, y’a une p’tite vibe VioleTT Pi (en plus sage), mais ça m’a surtout donné envie d’explorer un peu le répertoire de l’auteur-compositeur-interprète. On a eu envie de chanter Fuck l’amour (… et fuck les amoureux) tout le reste de l’après-midi, et Mal à deux a un groove irrésistible. Ça tombe bien, les deux pièces sont assez faciles à trouver sur les plateformes. Allez écouter ça, vous allez me remercier après!
Mitaine

Lui, on en avait beaucoup entendu parler pendant les Francouvertes cette année. Il s’appelle Alexandre Bergeron, son projet s’appelle Mitaine, il vient du Lac et ÇA S’ENTEND. Du bon gros rock. Avec ben de la guitare pis du gros beat. Tout est assumé de A à Z, on s’est vite senti aspiré dans l’univers musical de Bergeron, et ça n’a pas pris trop de temps avant que le parterre du parvis, pas mal tranquille jusque là en ce dimanche, se transforme en joyeux moshpit. On va clairement revoir Alexandre et sa bande plus tôt que tard, et on en est bien content.
Conclusion
Bon, on s’est concentré sur nos coups de coeur, les artistes qui nous ont agréablement surpris au cours de cette fin de semaine qui nous a bien rempli les oreilles. Mais on aurait pu aussi vous parler des valeurs sûres : le retour sur scène de Valery Vaughn, le rock décapant de Cure-Pipe, le joyeux bordel pendant le show de Louis-Charles, où la pluie et un petit pépin électrique (rien qu’une barre d’alimentation qui a sauté, fiou) ont transformé le groupe et le parterre en baril de poudre qui a fini par exploser. On aurait pu vous parler itou de la douce crise de la quarantaine de Myriades, des nombreux galons pris par Maman depuis l’année dernière (c’te band-là…), de doux psych-rock de Vincent Khouni, du solide folk du Wiltin David Trio, de l’énergie incroyable de Blackmagic, de l’univers chaud et coloré de Chaude chaleur, de Roman. qui nous parle de la mort, mais aussi du reste, ou de cette finale colorée et irrésistible de Le Belladone, un party queer où la musique adoucit beaucoup, beaucoup, beaucoup les textes coup de poing de l’artiste montréalaise (on va pouvoir vous en parler plus longuement dans les prochains jours, on la recroise à La Noce!).
Et même là, on n’aurait gratté que la surface de toute la richesse musicale de la Fête de la musique de Québec. C’est vous dire!
(Si vous voulez voir TOUTES les photos, faut aller sur la page Facebook de la FMQ!)
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