Les Lunatiques – Photo : Maxime Beaulieu

Festival d’été de Québec 2026 – Un p’tit bilan personnel…

21 juillet 2026

Jacques Boivin

Maxime Beaulieu, Jacques Boivin

La 58e édition du Festival d’été de Québec s’est terminée sur une belle note dimanche dernier, et je vous propose un petit bilan tout personnel de ces onze soirées.

Cette édition s’est déroulée sans drame ni esclandre, sans annulation majeure malgré quelques sueurs froides en raison de la météo samedi dernier. Bien que je sois toujours triste pour Baie, Vanille, General Chaos et Birds of Prrrey qui ont vu leurs prestations annulées en raison du réaménagement des horaires ce soir-là, on sait qu’on va vous revoir plus tôt que tard, ce n’est que partie remise.

Comme c’est notre habitude, on a un peu moins fréquenté les Plaines et la place George-V que nos collègues des autres médias même si nous étions plus souvent qu’autrement à deux endroits en même temps. Pendant que les gros noms s’y produisaient, nous, on documentait le passage des artistes d’ici dans notre belle ville. Cepdendant, quand les artistes du Québec prenaient le haut de l’affiche sur les plus grandes scènes, on répondait à l’appel nous aussi!

À l’exception de la petite scène Crave de Place d’Youville (qui m’a vu y passer sept belles soirées, tout de même), savez-vous combien d’artistes originaires de Québec et des environs ont terminé la soirée sur les trois principaux sites du Festival? CINQ. Six si on compte l’Orchestre symphonique de Québec qui partageait l’espace avec Pierre Lapointe dimanche. Yep! On a pu voir Souldia triompher sur les Plaines. Lou-Adriane Cassidy et Les Louanges à George V (t’as beau vivre à Montréal depuis près de dix ans Vincent, tu seras toujours à la maison ici). Jérôme 50 et Ariane Roy devant l’Assemblée nationale. Ajoutez à cela Érika Hagen, Simon Lachance, Margaret Tracteur, Sensei H, Pied Léger, Les Lunatiques, Allison Daniels, Calamine, zza, Héron et toutes celles et ceux qu’on oublie, ça commence à en faire pas mal, du monde qui vit ou qui a vécu dans notre région.

Puis il y a toustes ces autres artistes du Québec et de la francophonie canadienne qui sont aussi passé.es. La liste est plus longue que jamais, il faut presque remonter à l’époque où le macaron n’était même pas nécessaire pour en retrouver autant. Et si vous pensez que tout ça, c’est le fruit du hasard ou le fait que les vedettes internationales ne se sont pas bousculées au portillon cette année, détrompez-vous, ça fait des années que les organisateurs du FEQ préparent cette invasion fleurdelisée qui, à notre avis, ne s’estompera pas de sitôt. Les grandes vedettes auront toujours leur place, ne vous inquiétez pas! Muse fera Plaines combles dans 10 ans, on finira bien par avoir Radiohead si Thom pis sa gang finissent par repartir en tournée au bon moment, Lady Gaga va bien revenir elle aussi, mais les cartes blanches à Souldia et Patrick Watson montrent une fois de plus que si la musique est bonne, le public répondra à l’appel, même quand c’est du monde qu’on croise au IGA de Limoilou ou en skateboard dans les rues de Montréal.

On a souvent entendu parler de foules bavardes, voire irrespectueuses lors de certaines soirées dans les grands sites. C’est un sujet qui revenait souvent sur les réseaux sociaux, et pourtant, de notre côté, on n’a pas tant remarqué de problèmes. Ben oui ça discute pendant les premières parties, si c’est rendu que ça le fait au Pantoum, ça n’ira pas en s’améliorant lorsqu’on ajoute beaucoup de zéros à l’assistance! Mais de notre côté, lorsqu’on assistait à un spectacle aux scènes gratuites, on n’a que de bons mots à dire au sujet de la qualité d’écoute et, surtout, de participation du public.

Anecdote : pendant le show d’Alphonse Bisaillon à Crave (de loin la plus grosse foule de cette scène pendant tout le festival), j’étais allé m’installer au beau milieu de la foule pour pouvoir apprécier le show moi aussi. Tout autour de moi, ça chantait, ça tapait des mains, ça dansait, c’était magnifique. Seul problème, là où j’étais, je dépassais tout le monde d’une bonne tête et j’ai préféré me retirer sur les lignes de côté pour laisser aux autres la chance de profiter de ce beau moment de communion. Je ne faisais pas ça pour être gentil, je me suis tout simplement tassé parce qu’une foule respectueuse mérite le respect. Même chose pendant le show de Patrick Watson où il régnait une écoute religieuse presque partout. Faut croire que la quasi-totalité du temps, j’ai été béni.

Mais si vous saviez combien ça fait toute la différence pour les artistes quand vous les écoutez et quand vous réagissez sincèrement à ce que vous entendez au lieu de raconter vos derniers travaux de rénovation avant d’applaudir juste parce que tout le monde le fait autour de vous. Croyez-moi, sur scène, on vous voit, on vous entend, et même si tout ce beau monde-là est assez professionnel pour jouer comme si leur vie en dépendait quelle que soit la situation, ça fait toute la différence quand un parterre complet s’accroupit à la demande d’Ariane, chante avec Les Louanges, se bouscule joyeusement pendant que Groovy Aardvark se moquait de la pluie. Et chapeau à ce couple de personnes d’un certain âge qui giguait au son du trad queer d’Héron! Vous avez le pouvoir de changer la donne, continuez de même, c’est comme ça qu’on va gagner tout le monde.

Au fond, je n’ai que deux petits regrets : le premier, c’est d’avoir vu aussi peu d’artistes venus des quatre coins du monde pour présenter ce qui se fait de mieux au sein de leurs cultures. Ici, ce n’est pas la faute du FEQ, qui a une fois de plus fait une belle job de programmation de ce côté-là, c’est beaucoup la nôtre, tout occupés que nous étions à faire briller notre scène bien à nous d’une manière très chauvine. On se reprendra l’an prochain, promis juré.

Mon autre regret, c’est d’avoir vu si peu de médias couvrir les artistes des scènes gratuites. Je ne vise pas les journalistes eux-mêmes ici, je sais que leur volonté est parfois bien loin de correspondre à leurs affectations, comme je ne traduis pas toujours les textes qui me plaisent le plus à ma job de jour. Je sais que les temps sont durs pour tout le monde, que les « grands » médias ont besoin d’être lus pour espérer s’approcher de la rentabilité et qu’une Kamilou va générer pas mal moins de clics que les All-American Rejects et Kesha de ce monde, mais ça coûtait quoi d’envoyer quelqu’un faire un petit tour pour voir cette jeune artiste si prometteuse avant de monter sur les Plaines? Pourquoi n’étions-nous que deux ou trois à s’intéresser à Malaimé Soleil, un groupe qui, malgré l’absence presque totale de hype médiatique, est parvenu à remplir toutes les salles à chacune de leur visite à Québec depuis trois ans? J’ai ma petite idée là-dessus, très probablement une question d’oeuf et de poule qu’il serait peut-être pertinent d’explorer. En tout cas, une chance que les petits médias locaux répondent presque toujours à l’appel pour témoigner de la popularité de ces artistes. Qu’on cesse donc de se plaindre à grands coups d’articles de journaux et de reportages à la télé que les Québécois n’écoutent que peu d’oeuvres locales sur les plateformes, voire pas du tout (y’en a eu un autre hier). On n’a pas besoin de forcer ces multinationales à braquer les projecteurs sur nos artistes, c’est à nous de mettre notre culture à l’avant-plan. Bottines, babines, vous comprenez le principe.

Malgré ces deux petites déceptions, comme vous pouvez le constater, on a passé onze très belles soirées. Je ne suis jamais redescendu à Limoilou déçu de ce que j’ai vu et entendu, ce qui est rare pendant un festival, tout aussi bien organisé qu’il soit. Tout ce que ça prenait, c’était de bien doser ses attentes, de se donner de la place pour faire de belles découvertes, de cesser de courir après l’événement pour se concentrer sur le plaisir d’entendre de la belle musique entouré de belles personnes.. Je vous dresserais bien une liste de moments forts, mais mon Festival d’été a été des plus agréables dès qu’Olivia Khoury est montée sur scène le 9 juillet, et ça s’est poursuivi jusqu’à celui où Pierre Lapointe et l’OSQ nous ont fait crier fort à la toute fin de Deux par deux rassemblés dimanche. On ne peut pas demander mieux.

J’en profite pour remercier l’organisation du Festival d’été de Québec. De l’équipe des communications à celle de la programmation en passant par les agents de sécurité et le personnel technique toujours sur la coche. Et cette multitude de personnes aux bars, à l’accueil, qu’on a croisé.es un peu partout. Beaucoup de monde qu’on voit beaucoup moins quand on passe son temps sur les scènes gratuites (allô Joannie, Sara et Véronique, entre autres), d’autres qu’on côtoyait tous les jours ou presque (salut David, Camille et Nicolas!). Qu’on vous aie vu la binette ou non, on sait que vous travaillez incroyablement fort. On se revoit à FONO, St-Roch XP et en salle, comme d’habitude.

Enfin, je ne peux pas terminer ce petit mot (interminable) sans remercier Frankie Rose et, surtout, Maxime Beaulieu. On a couvert ce marathon À TROIS cette année. Oui, oui, seulement trois personnes ont rédigé des textes, pris des photos, animé nos réseaux sociaux. Frankie et Maxime ont abattu un travail colossal que je qualifierais de hors du commun. On s’est couché tard, on s’est levé tôt, mais le résultat, vous pouvez le lire dans les onze article qui précèdent celui-ci.

Comme quoi, en ce jour de quinzième anniversaire de votre bloguscule préféré (oui, oui, c’est notre fête aujourd’hui), on a encore un rôle des plus importants à jouer.

Merci tout le monde! Je retourne me coucher. Du sommeil, je ne pouvais pas demander mieux pour fêter notre anniversaire de blogue.

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