Cette année, j’ai abandonné mon rédacteur en chef préféré pour aller passer quelques jours au festif avec une amie et sa fille. Objectif camping, spectacle et soleil.
Vendredi

Mon aventure a débuté vendredi matin, lorsque j’ai pu rejoindre une occasion trouvée sur le merveilleux groupe Un lift au Festif en échange de biscuits maison! On a pris la route des vacances pour se rendre au centre-ville sans trop trop de bouchons, juste à temps pour sauter dans la navette (les vrais savent), direction le quai pour la prestation de Maude Audet! L’autrice-compositrice était parfaite pour un accueil sous le soleil, le vent et les mouettes. Généreusement badigeonnée de crème solaire (on finit par apprendre), je me suis fait bercer par sa voix douce et les compositions folk de son sixième album « Que ta lumière », paru en avril 2026. Celles-ci ont été entrecoupées par quelques incursions dans sa vaste discographie, comme la chanson Léo.

Après quelques bonnes drafts d’air du fleuve, et après avoir trouvé la tente de mon amie pour y déposer mon stock, j’ai pris le chemin des Petites Franciscaines de Marie question de découvrir les nouvelles installations éphémères du Festif. Je me suis rapidement laissée entraîner vers la rue Saint-Jean-Baptiste et la prestation des Sorcières de salon, trio aux accents bluegrass qui a su captiver la foule avec ses propositions décalées aux accents d’automne et de chaudron magique. Leur reprise d’Illégal de Marjo a fait chanter la foule et leur improvisation sur le capitalisme de Sébastien était simple, mais bien sentie. Si la foule (nombreuse) aurait bien pris quelques micros, haut-parleurs et amplis pour pouvoir mieux entendre les solos de banjo et de clarinette, les trois comparses n’ont pas ménagé leur énergie pour donner à ce moment un air de fête!

Que serait le festif sans ses Imprévisibles? C’est assise sur la fontaine que j’ai reçu l’alerte pour le spectacle de Damien Robitaille à quelques coins de rue. Ça doit être les cheveux blancs, car une gentille résidente du coin, bien installée dans sa chaise, m’a offert un banc pliant pour assister à la performance. Le coin de rue s’est rapidement rempli d’une foule immense avant que Damien fasse son apparition, version homme-orchestre. S’il nous a servi certains de ses plus grands succès (Homme autonome, On est né nu, Mot de passe) et même Bientôt sera Noël (du campeur) et la très jolie Paruline Paruline, c’est surtout l’impressionnant medley où on est passé de Saturday Night Fever à Metallica, en passant par Just a Gigolo, Jump Around et des dizaines d’autres. Les chaises ont pris le bord et ça a fini par une immense piste de danse où la plus longue chenille du Festif! refusait de quitter la place!

Après un détour au camping du fleuve et une transaction pas du tout louche pour mettre la main sur un précieux bracelet, je me suis dirigée vers la scène Desjardins pour la soirée rap. Si ce n’est pas mon style préféré, difficile de ne pas se laisser entraîner par la joie contagieuse de Fouki, qui a fait groover la foule avant qu’elle se déchaine avec lui sur Gayé.

Pour l’entracte, l’escalier de l’ancienne école a été très joliment décoré d’une guirlande lumineuse avant d’accueillir le duo Angry Blackmen, qui avait déjà sévi à la caserne un peu plus tôt. Ils n’ont pas ménagé leurs efforts pour haranguer la foule qui est embarquée dans leur hip-hop engagé et rentre-dedans, entrecoupé de beats électro. C’est ensuite Loud qui a pris les commandes.

Je me suis dirigée vers le mythique garage du curé dans une véritable mer de monde pour aller assister à la prestation la plus intrigante de cette édition, The Mummies. Découverte obscure comme seul le DGA a le secret, je me suis fait brasser au son du rock garage de ce groupe bandé. C’est au son de leurs cris d’outre-tombe reprenant à leur sauce quelques succès bien connus qu’on a pu faire sortir quelques restes de frustration. Ça s’est terminé brusquement un peu comme ça a commencé, avec un mic drop épique et le chanteur qui est parti avec le bass-drum sous le bras.
Plusieurs spectacles étaient présentés en fin de soirée (Les Goules, Malaimé Soleil, Gab Bouchard…), mais avec l’absence de billet et l’intention d’assister au show a l’aube du lendemain, je suis rentrée sagement au camping. Vous savez qu’il y a toute une faune qui fréquente ces endroits? Il y a les adeptes du glamping avec barbecue, chaises pliantes et glacière électrique, alors que d’autres se contentent d’une bâche entre deux motos et une caisse de bière…
Samedi

La journée du samedi a commencé tranquillement avec un chai latté glacé et l’achat d’un toutou souvenir (salutation Charbon) des coureurs (y’en a qui aiment souffrir!) avant que je me laisse entraîner par le coup de cœur du moment de Tats, soit Goodbye Karelle dans la cour de La ferme. On s’est rapidement laissé entraîner dans sa toile sonore de beats et de guit électrique aux accents pop entremêlés de spokeword. Belle découverte, idéal pour nourrir un soir de pluie sous fond de peine d’amour.

Retour à la plage après avoir nourri (chuuuut!) et admiré tous les animaux pour attraper la proposition originale de Büşra Kayıkçı au piano texturé d’électro.

Après avoir gringoté à la tente, pendant que mes comparses partaient armées de leur trip descendre la rivière, j’ai retraversé les champs baignés par la magnifique lumière de Charlevoix en direction de Oui merci. En passant dernière l’Auberge des balcons, je me suis retrouvée à marcher au milieu de la très colorée fanfare montréalaise The Van Hornies (que serait le Festif! sans ses fanfares?) qui a animé le spectacle de la mi-temps à la scène Desjardins avec ses versions disco et jazz de grands classiques. De quoi bien préparer l’arrivée de l’ami du Festif, l’éternel Vincent Vallières.

C’est devant une foule très familiale et conquise que l’artiste s’est exécuté, avec l’aide, entre autres, de Salomé Leclerc et Ingrid St-Pierre pour interpréter quelques-unes de ses célèbres compositions, entrecoupée de quelques pièces de dernier opus « Les saisons, les secondes » (2025). Un moment rassembleur qui a donné lieu à un intéressant changement de garde avant l’arrivée de la tête d’affiche.
Pour garder la foule réchauffée avec sa noise pop dansante, c’est Nectar Palace qui a eu l’honneur de s’exécuter.

JF Pauzé a ensuite a pris les commandes de la grande scène, enchaînant sans interruption ses nouvelles compositions et une avalanche de succès mythiques des Cowboys Fringants. Rapidement on a pu s’époumoner en cœur avec la foule sur les airs bien connus et danser sur les rythmes endiablés, allant jusqu’à se faire juger du regard par un influenceur corsé.
L’annonce alléchante de la prestation surprise de Bibi Club, nous a fait nous diriger vers une ruelle de la rue St-Jean-Baptiste, mais une foule monstre nous avait précédé, alors on est sagement rentré au camping, avec un objectif, le show à l’aube.
Dimanche

À 3h30, ce sont des voisins de toile en train de se partager leur vie qui m’ont tiré du sommeil avant ma sonnerie. Je me suis dirigée tranquillement vers le bout du quai, les yeux collés. L’aube n’était pas encore levée, mais tout était en place pour accueillir la faune bigarrée de lève-tôt et de couche-tard venus assister à la nouvelle offre de l’artiste innue Natasha Kanapé. C’est sur la pointe des pieds qu’elle est venue s’installer sur la scène accompagnée par le pianiste Simon Denizart, frissonnant, a composé tous les arrangements de son prochain album. Avec sa voix à la fois enveloppante et forte, elle a livré avec conviction ses textes parfois saupoudrés de nostalgie quand ils parlent de deuil, d’autre fois militants et engagés, (presque 15 ans après le début du mouvement Idle no more). Elle a délivré avec émotion son premier texte complet en innu-aimun, avec lequel elle a pu nous faire découvrir une partie du Nitassinan sur lequel nous nous trouvions, seuls sous l’immensité du ciel qui se colorait pastel. C’est en retenant encore mon souffle, pour ne pas briser la magie du moment, à la fois galvanisée par ses paroles et le vent que je suis retournée sous ma tente rêver de changer le monde.
C’est après avoir grapillé quelques heures de sommeil, nous être fait réveiller par le test de son et avoir avalé les miettes restantes de mes galettes d’avoine qu’on s’est dirigées toutes les trois vers les dernières prestations du jour.

Le soleil qui nous a accompagnés toute la fin de semaine a fait resplendir ses rayons pour la pop de Vanille servie encore une fois au bord du fleuve. Armé d’un sac de chips juliennes et de breuvages de circonstance, on s’est installé tranquillement pour entendre les propositions….
L’arrivée du dernier groupe officiel, Marie Céleste, a été précédée par une nouvelle marée humaine. Si lors de mes précédentes participations au Festif, la foule était respectueuse, elle ne semblait pas avoir reçu le mémo cette fois-ci, se massant debout devant la scène, cachant tous ceux qui étaient installés depuis plus d’une heure sur les bancs. Après 15 minutes à ne rien voir, entendre mal, car collé sur le speaker, et avoir sué toute ma crème solaire, je suis aller finir mon Festif dans le fleuve avec une de mes copines, en pataugeant jusqu’aux genoux dans la vase de la marée basse.
Je suis revenue de cette édition du Festif avec des airs et des images plein la tête, quelques joyeux souvenirs, mon quota de monde pour les 8 prochains mois et des ongles d’orteils gris… de quoi alimenter le FOMO de mon chum, qui se met déjà en tête d’être à la prochaine édition l’an prochain.









