Pierre Lapointe et l’Orchestre symphonique de Québec – Photo : Jacques Boivin

Festival d’été de Québec – 19 juillet 2026

20 juillet 2026

Équipe ecoutedonc.ca

Jacques Boivin

On a terminé la 58e édition du Festival d’été de Québec de la même manière qu’on l’avait commencée : avec des artistes bien de chez nous. Une finale qui s’est révélé un magnifique mélange de regards vers l’avenir, de célébration du présent, de refrains nostalgiques chantés en choeurs et d’une finale magistrale digne des plus grands films d’Hollywood (du moins en ce qui concerne la trame sonore). On vous revient demain avec notre traditionnel bilan du FEQ, mais pour le moment, on vous présente notre dernier compte rendu de ce festival qui nous a encore donné de très bons souvenirs!

Vitrines Sirius XM

On a commencé cette dernière soirée avec une petite série de vitrines présentées par Sirius XM, question de faire un peu de speed dating avec des artistes qui méritaient pleinement qu’on braque les projecteurs sur eux pendant quelques instants.

N NAO

Par Jacques Boivin

Je vous avoue, je trouvais ça pas mal courageux de programmer N NAO au début d’une soirée mettant en vedette Paul Piché, Pierre Lapointe et l’OSQ. Disons que les chansons pop expérimentales de Naomie De Lorimier sont loin des refrains fédérateurs et des grandes envolées lyriques des deux têtes d’affiche. Pourtant, ce n’est pas parce que la musique de Naomie est inaccessible, bien au contraire, mais je trouve tellement que son univers éthéré mérite d’être vu et entendu dans l’intimité d’une salle sombre que j’étais curieux de voir comment la proposition de l’autrice-compositrice montréalaise serait accueillie. Eh ben le défi a été bien relevé, le public qui arrivait lentement semblait impressionné par l’univers musical (la harpe, ça marche tout le temps) et visuel de cette artiste incroyable qui vient tout juste de sortir « Nouveaux langages », un album double dans lequel elle repousse les limites des chansons de « Nouveau langage » (vous voyez le pattern). C’était court, le fait de n’avoir le temps de présenter que les morceaux les plus accessibles ne permettait pas de se faire une idée parfaite de ce que représente un voyage astral avec Naomie et ses musicien.nes, mais honnêtement, ça le faisait en maudit.

Hawa B

Par Jacques Boivin

Dès le départ, HAWA B a sorti son arme de séduction massive avec sa reprise pleine de soul de Je danse dans ma tête. Il n’en fallait pas plus pour attirer l’attention des festivaliers qui continuaient d’entrer lentement, mais sûrement, sur le site. Les conversations se sont tues, on a même vu quelques hanches se laisser aller ici et là. L’artiste montréalaise, qui mélange savemment chanson pop et R&B, est une redoutable bête de scène qu’on prend plaisir à regarder danser d’un bord à l’autre tout en se faisant aller les cheveux, en pitchant une keytar à terre avec désinvolture (ne vous inquiétez pas, aucune keytar fonctionnelle n’a été violentée dans l’exercice) ou en… mangeant un concombre avec le regard de celle qui te dit très clairement ce qui va t’arriver si tu te tiens pas tranquille. HAWA B a du chien, du mordant, ses tounes sont une invitation à la danse. Ajoutez à tout ça un band solide complété par un Félix Petit qui sort (encore) son sax ou sa flûte avec sa dégaine habituelle, et vous avez là un moment parfait qui aurait pu durer une heure et demie.

Grand Eugène

Par Jacques Boivin

On venait tout juste de voir Grand Eugène à La Noce et on avait bien apprécié, alors vous comprendrez qu’on avait hâte de voir ce que le groupe mené par Jérémy Lachance et Mélyssa Lemieux allait offrir en version condensée. C’est pas compliqué, le duo (en formation complète à cinq) n’a joué que ses bangers de l’album « Deux places au cimetière », toutes des pièces entraînantes, au groove irrésistible, qui a l’air d’avoir fait une excellente impression auprès du public présent (à regarder combien ça chantait auprès de la barricade, on soupçonne que plusieurs personnes ont fait un petit détour jusqu’à Place George V juste pour les voir, même si ce n’était que pour une vingtaine de minutes). Dur, dur ici de ne pas trouver cette musique franchement trop cool parce que Grand Eugène a le don de créer des chansons parfaites pour être entendues sous un soleil de plomb sur le bord de la plage ou en décapotable.

Sérieux, cette série de vitrines sur une grande scène était une réussite mur à mur, on espère que l’expérience sera reprise à l’avenir.

Lysandre

pAr Frankie Rose

Ce n’était pas la première fois que Lysandre montait sur scène au cours de ce festival, ayant accompagné Klô Pelgag et Lou-Adriane aux chœurs, donc c’était vraiment chouette de la voir présenter son propre univers musical. En effet, le public à Place George-V pour cette dernière soirée du FEQ était varié. La plupart des personnes présentes pendant son spectacle écoutait attentivement ou jasait (à un moment donné, un groupe derrière moi parlait avec enthousiasme de l’Escalier de Paul Piché). Lorsque Lysandre interagissait avec la foule, avec son sourire habituel, elle partageait sa gratitude de faire partie de cette soirée de légendes et, avant l’odeur de la pluie, son amour pour la pluie. (heureusement, le ciel n’était que gris!). Tandis que des chansons de son dernier album « Portrait de l’invisible » étaient interprétées avec charme, La pointe du monde et Tintagel de « Sans oublier » se démarquaient particulièrement — les deux portées par beaucoup d’énergie. 

Paul Piché

Par Frankie Rose

« Ça chante icitte, tabarouette! » a exclamé Paul Piché au début de son spectacle. Ouais, il y avait beaucoup de nostalgie dans l’ambiance ce soir-là. Même pour les générations plus jeunes, qui n’avaient pas grandi avec sa musique de la même façon, c’était comme si chacun avait ses souvenirs. Les chansons Heureux d’un printemps, Essaye donc pas, Sur ma peau et Mon Joe (qui a terminé le spectacle) étaient notamment rassembleuses, autant pour ceux devant la scène que pour ceux plus loin. Je ne pouvais pas rester pour le spectacle de Pierre Lapointe, c’est donc Paul Piché qui a conclu mon FEQ. Dans un contexte si familial, c’était une belle façon de terminer le festival!

Par Jacques Boivin

Bon, je vais radoter un peu. Quand « Sur le chemin des incendies » est sorti vers la fin des années 1980, j’étais un jeune ado qui écoutait surtout du Pink Floyd. Fils d’amateur d’Elvis et de fan de disco, mon premier contact avec la musique d’ici s’est fait sur le tard. Et si vous lisez ces lignes aujourd’hui, vous pouvez en grande partie remercier l’homme qui s’est fait remettre le prix Miroir de la renommée par Louis Bellavance à la fin de sa prestation hier soir. Avec (Richard) Séguin et (Michel) Rivard, c’est Paul Piché qui m’a transmis l’amour de ma langue et de ma culture, et je vous jure que j’ai chanté chacune des paroles de tous ses grands classiques (et je vous jure qu’il n’a pas eu le temps de toutes les faire).

Entouré de ses vieux amis (et de Chloé Lacasse, qui rayonnait TELLEMENT aux choeurs), le grand Paul nous a fait chanter si fort à l’unisson que j’avais la chair de poule tout au long de sa prestation (et ça n’avait rien à voir avec le froid qui s’installait). Et ne pensez pas qu’il n’y avait que des X et des boomers dans la place, j’ai vu tellement de jeunes de la vague #VLMQ chanter elleux aussi, comme quoi les chansons de l’auteur-compositeur-interprète sont toujours aussi pertinentes en 2026 qu’elles l’étaient en 1977 ou en 1988. Quand il a entonné L’escalier, j’étais complètement au fond du site, collé sur la Grande Allée, et il y avait autant d’yeux humides qui fredonnaient les paroles qu’à la barricade. Et quand il a dit qu’il voulait que son Québec souverain soit celui de toutes et tous, quelles que soient tes origines, tes croyances, tes valeurs pendant Heureux d’un printemps, le tonnerre a grondé, mais il s’agissait d’un tonnerre d’applaudissements à tout rompre!

Si vous avez le temps aujourd’hui, allez donc écouter Les pleins, une pièce de 1982 qui montre que le monde n’a pas tant changé en près de 50 ans.

Pierre Lapointe et l’orchestre symphonique de Québec

Par Jacques Boivin

Non mais quelle belle façon de terminer un festival, ça! Pierre Lapointe et l’OSQ ensemble pour nous livrer une version condensée du spectacle « Dans la forêt des coeurs abimés », un concert en deux temps qui comprenait surtout les chansons de « La forêt des mal-aimés » , ce chef-d’oeuvre qui célèbre cette année son vingtième anniveraire et qui n’a pris absolument aucune ride. Comme son auteur, d’ailleurs, qui a encore et toujours l’énergie d’une petite jeunesse dans la vingtaine (mais hey, Pierre n’a que 45 ans, là). On a commencé ça en douceur, avec quelques extraits de « Dix chansons démodées pour ceux qui ont le cœur abîmé », et ça n’a pas pris beaucoup de temps avant qu’on comprenne qu’il se passait là quelque chose de spécial. Mené.es par Thomas Le Duc-Moreau, les musicien.nes de l’OSQ semblaient avoir beaucoup de plaisir avec les pièces de Lapointe qui avaient été réarrangées pour l’occasion par Antoine Gratton.

Mais si ces premiers morceaux formaient une belle mise en bouche, on doit avouer que le party a vraiment pogné quand on a entendu les premières notes de Dans la forêt des mal-aimés. D’ailleurs, fallait voir Lapointe dans un de ces suits dont lui seul a le secret, l’oeil coquin, fier de son coup, totalement fidèle à ce personnage très sûr de lui, tout en restant conscient du privilège qu’il avait de pouvoir faire les cent pas en chantant devant un orchestre. Si certaines pièces comme Le lion imberbe étaient déjà taillées sur mesure pour être jouées par un grand orchestre (oh, quel moment d’émotion), d’autres comme L’endomètre rebelle prenaient encore plus de gallon.

L’incroyable poésie de Pierre Lapointe est faite pour nous faire vivre ce genre de moments, ceux pendant lesquels on serre très fort son ou sa partenaire en regardant des enfants tourbillonner devant nous. Seule ombre au tableau, et celle-ci était inévitable, dans les moments les plus doux, on entendait souvent les fans de Jelly Roll s’exciter. Mais je le répète, c’était inévitable, il fallait s’y préparer mentalement à l’avance, alors on n’en fera pas trop de cas. De toute façon, tout était déjà oublié lorsque Lapointe s’est lancé sur une Deux par deux rassemblés endiablée à la toute fin du spectacle.

Grandiose et magistral. On espère là aussi que le FEQ continuera d’essayer des trucs du genre. On dirait « innover » si on ne se souvenait pas que l’OSQ a longtemps fait partie de la programmation du Festival à une certaine époque. Par contre, ces moments étaient beaucoup plus intimes que la soirée presque parfaite d’hier.

Sérieux, on en veut davantage.

Vive la musique québécoise.

Galerie photos

VOUS CHERCHEZ QUELQUE CHOSE?
Événements à venir
Écoutez vos radios communautaires et universitaires locales

CAMPAGNE DE RECRUTEMENT
H-2025

On est à la recherche de rédactrices et de rédacteurs bénévoles pour ne rien manquer de la saison complètement folle qui s’en vient.

Si c’est quelque chose qui t’intéresse, on t’invite à te joindre à notre équipe de passionné.es.

Oui, c’est 100 % bénévole. On fait ça pour le trip, aiguiser notre plume, assouvir notre curiosité ou redonner à des artistes qu’on aime beaucoup.

ESPACES PUBLICITAIRES À LOUER!

Vous avez décidé d’arrêter de donner votre argent à Meta et Google et de dépenser vos budgets publicitaires localement?

Nos espaces publicitaires sont là pour vous! Si vous visez une clientèle mélomane, ouverte, curieuse, qui dépense l’argent qu’elle a (ou pas) dans la culture, nous sommes un partenaire de choix. En plus, on coûte pas cher!

On prépare une grille tarifaire intéressante et on vous revient.

(Oui, on va avoir des tarifs spéciaux pour vous, les artistes!)