Après avoir passé la fin de semaine à vivre le FOMO de ne pas être à Baie-Saint-Paul pour le Festif, j’avais l’occasion de me changer les idées avec un petit show loud au Sous-sol du Knock-Out le dimanche 26 juillet. Ce premier spectacle organisé par Collab Abrasive mettait en vedette le groupe torontois Apple of Basilisk, la formation française Gros Enfant Mort en plus des groupes locaux Bhatt et Mourir Demain. Quatre bands qui ne sont pas pour les oreilles chastes mais qui ont facilement réussi à remplir le sous-sol du disquaire indépendant par un dimanche soir caniculaire.
Mourir Demain

C’est le trio screamo Mourir Demain qui lançait les hostilités. On a droit à des chansons très intenses qui font souvent écarquiller les yeux tellement c’est rapide et effréné, il y a vraiment quelque chose d’impressionnant dans la musique du groupe. Les trois musiciens Oli (guitare), Memo (basse) et Yan (batterie) ont chacun leurs moments pour crier mais la majorité des voix sont une gracieuseté du batteur et c’est particulièrement spectaculaire vu la complexité et rapidité des rythmes de batterie. Il n’y a pas énormément de formations purement screamo dans la vieille capitale, espérons que plus Mourir Demain jouera de spectacles plus ça donnera l’idée au monde de se partir un projet afin de faire grandir cette scène. D’ailleurs le trio sera de retour au sous-sol du Knock-Out le 27 août prochain avec les groupes torontois Body Nest et Boxcutter.
Bhatt

On passe du screamo au black métal dépressif avec Bhatt. Ça faisait un petit bout que je n’avais pas vu le quatuor se produire, j’étais définitivement dû! D’ailleurs, la première fois que j’avais vu Bhatt c’était dans l’ancien local du Knock-Out à l’occasion du lancement de l’excellent dernier EP du groupe au titre tout aussi excellent « Vous êtes pas écoeurés de vivre, bande de caves ». Fidèle à son habitude, le groupe ne s’adresse pas au public autant entre les chansons qu’au début ou à la fin de la prestation, c’est vraiment la musique qui parle. « Parler » est vite dit alors que c’est davantage crié très fort. Là aussi on a un rythme effréné, avec la chaleur dans le petit sous-sol il est dur de s’expliquer comment chaque musicien a réussi à garder cette vitesse hallucinante. Comme toujours, ce spectacle de Bhatt a fait un bien fou à l’âme malgré les sujets sensibles abordés.
Gros Enfant Mort

Un de mes coups de coeur en cette première moitié de 2026, le groupe français Gros Enfant Mort était atterri sur mon radar grâce à ce nom spectaculaire. Si c’est le nom qui m’a d’abord attiré, la musique est tout autant sensationnelle, l’album de janvier « Le Sang Des Pierres » a joué abondamment dans mes écouteurs. Il va sans dire que j’étais plus qu’heureux de savoir que le groupe screamo/post-hardcore francophone serait de passage par Québec. C’est d’ailleurs assez rare de voir des formations évoluant dans ces styles s’exprimer dans la langue de Boris Vian, c’est particulièrement rafraîchissant à entendre. Définitivement les chansons les plus mélodiques jouées ce soir-là, il y a pourtant d’excellents passages qui brassent à souhait. C’est un bel équilibre entre des moments plus aérés et des décharges sonores puissantes. Je n’ai vraiment pas été déçu par la prestation du quintet dans le sous-sol du Knock-Out transformé en véritable sauna.
Apple of Basilisk

C’est les Torontois d’Apple of Basilisk qui allument leurs amplis en dernier pour conclure cette grosse soirée. Aucune pertinence, mais j’admets que ça me fait sourire de penser que le groupe s’appelle « Pomme de basilic » (l’herbe culinaire). Ceci dit, on est très loin d’une musique légère à mettre en arrière-plan dans un resto, c’est vraiment du lourd que nous propose « Pomme de Basilic » (créature mythologique meurtrière, hybride entre un serpent et un coq). Musicalement on se situe quelque part entre le black, le death et le doom métal avec un soupçon de hardcore en plus. Chose certaine, ça brasse. Difficile de passer sous silence la performance du chanteur qui occupe tout l’espace disponible dans le sous-sol en gesticulant violemment au son de la musique. Si la trame sonore était différente, on aurait pu croire à un spectacle de danse contemporaine. C’était la seule formation de la soirée que je ne connaissais pas vraiment au préalable et j’ai été particulièrement impressionné, c’était parfait pour clore cette séance de sudation.
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