Les samedis à St-Roch XP ont toujours des airs de marathon. Ça commence au début de l’après-midi, ça finit assez tard en soirée, les vitrines se succèdent sans que les mélomanes puissent prendre une pause, y’a de la bouffe partout, des bars à tous les 100 mètres et une masse infinie de gens qui marchent en flânant ou courent entre deux sites éloignés. Mais c’est tu le fun? Mets-en que c’est le fun. On vous raconte un de nos beaux samedis de 2026 :
Bonace

Par Marie-Laure Tremblay
C’est sous le plafond de verre (clin d’œil à leur dernière chanson) de la bibliothèque qu’on a attaqué la journée avec le premier band local, Bonace. Entre quelques lecteurs concentrés on a eu droit à de belles envolées vocales de la leader Flavie Dornier. On c’est fait swinguer la patte au son de leur pop féministe agrémentée de quelques effets théâtraux. Invitée surprise : Laura Schembri est apparue pour interpréter un joli duo sur le single Papillon tout juste sorti du four. Un EP est à venir en octobre prochain. Ce groupe est à suivre, avec une ligne éditoriale, de la prestance et une belle symbiose!
Chanelle Salinger

Par Jacques Boivin
On continue avec une autre autrice-compositrice-interprète de Québec qu’on connaît bien en raison de son ancien band (Winterglow) et qui se lance maintenant en solo. Dès son arrivée sur scène, Chanelle Salinger charme le parterre avec ses chansons qui ne manquent pas d’énergie (ça bouge pas mal pour de la dream pop), qu’elle interprète comme si c’était le dernier show de sa vie (alors que ce n’est que le premier de la journée). On sent une urgence, mais aussi un bonheur de partager ses compositions aux influences nombreuses qu’elle chante avec un mordant qui n’est pas sans rappeler celui de Dolores O’Riordan (la badass des Cranberries), même si musicalement, elle se trouve davantage quelque part entre les Ghostly Kisses et les Billie Eilish (qu’elle reprend à la fin de son set) de ce monde. C’est vraiment efficace, surtout avec le jeu de guitare de Frank Cayer, qui se permet même quelques sourires satisfaits. Y’a un EP qui s’en vient, on va être toute ouïe!
Joe Devito

Par Jacques Boivin
Première visite pour moi ce week-end au Café Pekoe pour aller y voir Joe DeVito, un auteur-compositeur-interprète de Brooklyn qui nous plonge dans on univers folk pur jus. Vraiment. Pur. Jus. Des chansons diablement engagées qu’il interprète calmement seul à la guitare, des coups de poing qu’il assène sans broncher pendant que dans le café, même les clients venus juste chercher un p’tit allongé écoutent en silence. Joe n’a pas la plus belle voix au monde, mais il a la sienne, avec ses propres blessures, et il l’utilise pour apporter un brin d’authenticité qui manque de plus en plus cruellement en musique. Belle découverte.
Aboiteau

Par Marie-Laure Tremblay
C’est dans l’éphémère Motel Acadie qu’on a découvert Aboiteau, entouré de pochettes de disques d’Edith Butler, de Lisa LeBlanc, de 1755 et de homards en peluche. Bercés par le violon et des guitares qui rockent, on s’est fait raconter l’Acadie et quelques légendes sur des reels entraînants. La place s’est rapidement remplie d’enthousiastes qui se sont mis à danser sur place, les narines chatouillées par un doux parfum de fruits de mer frits et des personnages colorés plein la tête. Une très sympathique découverte!
Roman.

Par Jacques Boivin
Ça s’est poursuivi au parvis avec l’auteur-compositeur-interprète d’origine limouloise Roman., qu’on avait vu il n’y a pas si longtemps (à la Fête de la musique de Québec). Assis au pied des marches avec ma blonde, on écoute l’artiste et son band de jeunes bums aux nombreux talents, et ça commence de manière très folk atmosphérique, les effets dans la voix et tout le tralala, mais on passe rapidement aux choses sérieuses parce que la force de Roman., c’est son phrasé très hip-hop et ses textes solides qu’il livre avec assurance pendant que derrière lui, son band installe une ambiance chaude comme un après-midi d’été. Une belle évolution de la pop aux accents jazz qu’on entend beaucoup à Québec depuis un certain temps, et ça marche!
Framboise
Par Jacques Boivin
Parlant d’évolution de la pop aux accents jazz qu’on entend beaucoup à Québec, on est allé faire un p’tit tour du côté de l’ancien Benjo pour entendre la musique du duo Framboise (en formule quatuor pour l’occasion, bien sûr). Cette fois, c’est avec une bonne grosse pelletée de funk bien gras que le groupe mené par François Plante d’Ambroise et Charles Litalien nous fait danser, chaque musicien y apportant une petite touche personnelle ou un solo de feu (salutations au bassiste Martin Plante qui a presque volé le show avec un solo de basse digne des plus grandes rock stars). De la musique lumineuse qui contrastait avec les locaux sombres dans laquelle le groupe performait pour cette prestation.
Balaclava

Par Jacques Boivin
Bon, toute ma gang les avait vus avant moi, fallait bien que j’aille jeter un coup d’oeil sur cette sensation punk de New York! Balaclava, c’est exactement comme le nom le dit : des p’tits rockeurs pleins d’énergie qui jouent avec une cagoule sur la tête. C’est énergique, c’est mélodieux, ça donne envie de partir des moshpits (même les tout-petits avaient autant envie de brasser que leurs parents), surtout, ça ne se prend pas trop au sérieux. Paraît qu’il y a un membre des Consumables (qu’on a vus l’an passé) dans le groupe, et je ne suis pas du tout surpris, c’est le même genre d’énergie, le même genre de chaos contrôlé qui donne le goût de lâcher son fou.
Samuel Bourgrois

Par Jacques Boivin
Du punk de Balaclava, on passe en quelques pas au bluegrass de Samuel Bourgeois, qui présentait ses chansons au Motel Acadie (où on avait clairement une chambre réservée à notre nom). Bon, l’Acadien est un peu plus sage que les bums de Queens qui précédaient, mais reste que sa musique est clairement festive et chaleureuse, dans la plus pure tradition du bluegrass. Le genre de musique de roadtrip que tu mets sur le piton en roulant à toute vitesse sur la Highway 2.
Floraison Tardive

Par Jacques Boivin
C’est pas aujourd’hui qu’on va m’accuser de snobber un genre de musique! Après la pop, le folk, le funk, le punk et le bluegrass, vlà le hip-hop qui s’invite au party, et de belle manière à part ça! Floraison Tardive, c’est du gros flow, de la belle attitude, et une énergie full band qui décoiffe! À la base un duo composé de Tony Baitch au micro et de Tetro à la production, Floraison Tardive vise à combattre la grisaille de la banlieue un verse à la fois, et il le fait fort bien grâce à l’énergie et au phrasé de Tony, une vraie dynamo qui sait aussi s’effacer au bon moment pour laisser la place à ses musiciens. On va en reprendre une assiettée, SVP!
Gawbé

Par Jacques Boivin
Bon, on passe de la découverte aux retrouvailles avec notre bonne vieille bumme Gawbé et son tout aussi bum Gawband. Si y’en a une qu’on a pu voir faire des pas de géant du fil des ans, c’est bien Gabrielle Côté qui a su peaufiner son projet lentement, une chanson à la fois, pour offrir un univers musical qui est complètement le sien tout en gardant le charme un peu grungy de ses débuts. Les lignes mélodiques de l’album « l’endroit l’envers » sont accrocheuses, et elles se transposent parfaitement sur scène (ou au centre d’un magasin de jouets désaffecté). Ça a du beat et du mordant, mais ça reste du beau doux comme on l’aime. Brique par brique, Gawbé construit sa maison, et ça va être du solide très longtemps. (Ah pis le nouveau stock est juste excellent, fallait être là pour l’entendre!)
Joey Robin Haché

Par Jacques Boivin
Un dernier petit passage au Motel Acadie, qui accueillait pour terminer cette belle série l’auteur-compositeur-interprète Joey Robin Haché et son univers folk-rock qui peut être aussi doux que mordant. Joey, c’est un des secrets les mieux gardés du Nouveau-Brunswick, une des belles plumes auxquelles on devrait impérativement s’intéresser davantage. Le genre de gars qui peut faire une bonne toune en s’inspirant d’un jeu télévisé ou d’un gros bazou, qui propose des lignes mélodiques qui ne ressemblent pas tant à celles des autres, tout ça en demeurant vrai. À revoir dès que possible. En attendant, on va écouter « Moins zéro » en boucle.
Fyore

Par Jacques Boivin
C’est la deuxième fois que je termine mon St-Roch XP à l’Ampli. Et c’est la deuxième fois que je suis soufflé par la performance de l’artiste qui close la salle et l’enthousiasme des personnes présentes. Fyore est une pépite d’or dans un gros bol rempli de pyrite, une artiste qui propose un univers musical unique sur notre scène musicale, une hyper-afropop hypersensible, nerveuse et mélodieuse qui donne autant envie de danser que de flipper des tables. Fyore déborde d’énergie, le public autour d’elle en prend autant qu’il en redonne, il fait chaud, le toit de l’Ampli est sur le bord d’exploser, les éclairages sont sick (je savais même pas qu’il était possible de s’amuser de même avec les lumières à l’Ampli!), à l’arrière, on comprend assez rapidement pourquoi la jeune artiste a été finaliste aux Francous : avec Fyore, on s’en va ailleurs, les pieds bien ancrés ici. À découvrir ab-so-lu-ment.
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