Laura schembri

Damn you RTC! À cause de l’interminable parcours 805, je suis arrivé trop tard pour attraper ne serait-ce qu’une seule toune de la pétillante autrice-compositrice-interprète Laura Schembri, qui était déjà en train de papoter avec des membres de son public lorsque je suis arrivé sur le site. Ma collègue Valérie Côté, qui l’a vue au Corsaire une semaine plus tôt, m’avait préparé ces observations, au cas où : « Elle a livré une prestation qui a fait vibrer et danser la foule présente. Elle a livré des chansons de son mini-album « Tout inclus » paru le 22 mai dernier dont Disco Serge et Elle danse qui l’avait fait connaître au grand public à la dernière édition de Quel talent. Elle a aussi présenté des nouvelles chansons toujours aussi entraînantes qu’elle venait essayer devant public et ce fut un succès. Retenez ce nom, elle est tellement bonne et ses titres restent en tête. »
Sofia Camara

L’artiste canadienne Sofia Camara avait déjà commencé sa prestation à mon arrivée. La jeune femme de 24 ans, née au Portugal, propose une indie pop chargée d’émotions qui mettait l’accent sur le microalbum « Still Somewhere Here » (qui sortira le 9 octobre prochain) tout en faisant une belle place à ses deux premiers EP. Une voix puissante, pleine d’assurance, capable de transmettre une urgence qui se ressent dans ses pièces. Rien qui ne réinvente la roue, certes, mais ça fait très bien la job.
Sebastian Gaskin

On retourne au boisé pour y voir Sebastian Gaskin, un grand gaillard originaire de la communauté crie de Tataskweyak au Manitoba. Probablement une des propositions qui titillait le plus ma curiosité lors de l’annonce de la programmation, et je n’ai pas été déçu. Mélangeant allègrement ses influences qui sont plus que variées, Gaskin nous fait voyager à travers ses expériences à titre d’Autochtone dans ce Canada pas toujours aussi ouvert qu’il le prétend. Ça s’ouvre avec l’entraînante Shadows, une pièce pop qui m’a tout de suite donné le goût de taper du pied, mais j’ai craqué sur la bienveillante Safe, qui montre toutes les subtilités de la voix de l’auteur-compositeur, qui ne manque de rien, surtout pas de soul. L’album « Lovechild », sorti l’année dernière mérite une écoute attentive.
Natasha Bedingfield

C’est fou combien TikTok ramène des artistes chevronnés à l’avant-scène. Parlez-en à la Britannique Natasha Bedingfield, qui a vu son hit de 2004 Unwritten devenir viral sur le réseau social (le fait de l’entendre dans le film Anyone But You n’a certainement pas nui non plus). Authentique et débordante d’énergie, c’est toute une bête de scène qui se présente devant nous, faisant chanter le public avant même d’avoir poussé une seule note. Et les jeunes (qui forment l’immense majorité de cette foule record déjà présente) en redemandent! Et quelle voix remplie d’assurance! Ça en prend pour se taper sans aucune gêne ni difficulté des reprises de tounes de Portishead (belle job avec Glory Box) et des Cranberries (Zombie kickait des culs). Gros coup de coeur ici.
The Franklin Electric

On retourne au boisé pour quelque chose de beaucoup plus doux avec la gang de The Franklin Electric. Le groupe montréalais mené par Jon Matte n’a pas besoin de présentation, on connaît bien son indie folk chargé d’émotion, et ce ne sont pas les pièces de « Something More », le microalbum qui complète bien « Victory Songs », qui verra la formation dévier d’une trajectoire qui lui a permis de faire le plein de fans au fil des ans. Matte est toujours aussi naturellement séduisant, et même si on a entendu ce groupe omniprésent sur les planches des festivals des millions de fois ces dernières années, c’est toujours avec un plaisir renouvelé qu’on les retrouve.
SOMBR

Ce jeune homme n’a que 21 ans. Oui, oui, SOMBR n’a que 21 ans. Pourtant, il a l’assurance d’un Freddie Mercury au sommet de sa carrière, la dégaine d’un Mick Jagger qui a encore toutes ses hanches et l’énergie d’un Sidney Crosby en finale des Olympiques. L’artiste nouillorquais établi à L.-A. n’a pas raté son entrée, s’approchant de la scène en décapotable pendant que l’immense foule scandait « SOMBR! SOMBR! » On a dû entendre ce beau monde-là jusqu’à Val-Bélair! Véritable machine à vers d’oreille, l’artiste aurait pu laisser tout le monde chanter à sa place et se contenter de prendre des poses (c’est vrai qu’il est crissement beau bonhomme), mais non, fallait le voir traverser la scène d’un bord à l’autre, chanter en regardant ses musiciens droit dans les yeux, haranguer la foule, flatter notre chauvinisme, tout ça en nous balançant banger après banger. Faut dire que les pièces de « I Barely Know Her », son album de 2025, ne contient que des hits.
Lui, la prochaine fois, c’est sur les Plaines qu’il débarque. Et cette fois, on va entendre la foule crier jusqu’à Laurier-Station. Minimum.
Angus & Julia Stone

Du gros indie rock aux accents glam, on passe très rapidement à l’indie folk doux d’Angus & Julia Stone. C’est un gros morceau de ma bucket list que je coche ici, ça fait des années que je voulais voir les Australiens sur scène, et même si j’ai pu partiellement étancher ma soif lorsqu’Angus est venu nous présenter Dope Lemon au FEQ, c’était pas pareil. Parce que comme dans toute fraterie, l’intérêt réside dans la diversité des voix et des attitudes (Vous me croyez pas? Qu’est-ce qui rend Les Soeurs Boulay irrésistibles si ce n’est pas les personnalités différentes de Stéphanie et Mélanie?). T’as Angus, qui se la joue un peu rockstar avec ses lunettes fumées à l’ombre et son costard, et t’as Julia, toute en sobriété, qui a l’air de l’adulte dans la place. Tu les mets ensemble, et la magie opère! Même si la paire et son magnifique band sont venu-es présenter les pièces de « Karaoke Bar », sorti une semaine plus tôt (les pièces ont un groove qu’on ne trouvait pas nécessairement auparavant, je pense notamment à la magique Monroe), on a pu aussi entendre quelques vieux morceaux qui ont traversé l’océan Pacifique bien avant. Ce fut une heure remplie de douceur et de complicité, comme votre pas très humble serviteur les aime. Et contrairement à d’autres dans leur domaine, le répertoire d’Angus et Julia a suffisamment de profondeur et de diversité pour ne pas avoir l’impression d’entendre la même toune tout le long.
J’en reviens pas que FONO ait programmé ce beau moment laineux après la boule d’énergie que représentait SOMBR. C’est comme si le gros avion à réaction se posait doucement sur le tarmac après un voyage en première classe. Pas pour rien que la paire a opté pour son gros hit, Big Jet Plane (vous pensiez quand même pas que mon parallèle avec l’avion était gratis de même), pour nous renvoyer à la maison, repu-es et satisfait-es.
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