Du plus loin que je me rappelle, je n’ai jamais assisté à un spectacle de la fête du Canada. Cependant, lorsque le Knock-Out a annoncé la venue de Mononc’ Serge afin de rendre hommage à la confédération le 30 juin dernier, j’étais immédiatement convaincu, je ne pouvais pas manquer ça. Un concert chaleureux, seulement 40 billets vendus, avec une promesse de Canada Dry à volonté dans le kitsch sous-sol du disquaire indépendant. Il faut dire qu’au cours de sa prolifique carrière, « Mononc’ » a bien souvent louangé sarcastiquement le Canada, particulièrement sur l’opus de 2001 « Mon voyage au Canada ». Bref, une soirée qui promettait.
J’ai vu Mononc’ Serge en spectacle à d’innombrables reprises au fil des ans, la majorité du temps accompagné du groupe métal Anonymus. Cependant je ne crois pas avoir déjà vu Serge en solo à la guitare acoustique, l’ambiance du Sous-sol du Knock-Out était parfaite pour ça, il faut l’avouer. Canettes de Canada Dry dans le frigo et en évidence sur l’espace scène ainsi qu’un duo de drapeaux à feuille d’érable en plus de la décoration rétro on se croirait un peu dans Elvis Gratton! Ce n’est pas Mononc’ Serge qui se présente devant nous mais bien « Uncle Serge » qui s’introduit en anglais, garantissant au public une meilleur maîtrise de la langue de Shakespeare à la fin de la soirée avant d’interpréter la pièce Shitty Accent. Cette mascarade n’aura duré qu’une seule chanson, il revient à son bel accent québécois pour le reste du spectacle.
Il nous offre les meilleures chansons canadiennes de son répertoire comme West Edmonton Mall qui représente l’Alberta, Saskatchewan pour la province du même nom ou bien Maman Dion qui est sa chanson sur le Québec de l’album « Mon Voyage au Canada ». Pour parler de Toronto (ou plutôt Moronto) il interprète la classique Je chante pour les morons. On a affaire à un public érudit qui connaît très bien les paroles de l’oncle Serge, ça chante joyeusement entre deux gorgées de ginger ale. Notons la présence de quelques enfants, rendant le chanteur parfois bien gêné de chanter ses morceaux les plus vulgaires. Parmi les autres moments marquants il y a bien sûr la plus qu’appropriée pour l’occasion Mourir pour le Canada mais aussi la demande spéciale de la propriétaire du Knock-Out Rox Arcand Le Frisé en hommage à Jean Charest. Mon coup de cœur revient à Destruction, chanson relatant l’arrivée des vikings sur le territoire et, accessoirement, une des premières chansons que j’ai entendu de Mononc’ Serge. Alors que ce dernier a passé la soirée à jouer de la guitare acoustique assis, durant les refrains criés de Destruction le chanteur s’est levé d’un bond afin de mieux beugler les paroles à quelques pouces du public. Un grand moment d’héritage canadien! Comme quoi Serge Robert se débrouille autant à la perfection en solo qu’avec un band.
La « célébration » de la fête du Canada ne servait que de prétexte, un peu niaiseux avouons-le, mais la soirée permettait surtout à financer l’aménagement du nouveau Sous-sol du Knock-Out et de ses activités futures. D’ailleurs, Mononc’ Serge était de retour le lendemain pour un autre show, cette fois-ci matinal avec café du Tim à volonté. Un réveil qui promettait tout autant que la veille!
Galerie photos









