Texte : Pierre Dolbec – Photos : Julie Poulin
Entre la fête des Mères, un match du Canadien en séries et un double plateau à la Source de la Martinière, tout était en place pour une soirée éclatée. Les Gamins et Albert Asselin en ont pourtant fait un spectacle cohérent, contrasté et porté par une ambiance impossible à dissocier de son contexte.
Présenter un spectacle un dimanche de fête des Mères relevait déjà du pari. Le fait que la soirée coïncide aussi avec un match du Canadien contre Buffalo en deuxième ronde des séries ne faisait qu’accentuer l’incertitude. Pourtant, l’ambiance a rapidement trouvé son équilibre : les regards se tournaient parfois vers les écrans au fond de la salle, mais l’attention revenait toujours à la scène. Loin de nuire à l’ensemble, ce va-et-vient a donné à la soirée une tension bien particulière, très locale, presque impossible à fabriquer.

Les Gamins (Jules Dionne-Turbide, William Gilbert, Étienne Girardin et Clément Bellegeulle) ont confirmé l’impression d’un groupe en nette progression. Leur énergie, leur esprit bon enfant et leur goût du cabotinage sont toujours là, mais tout cela paraît désormais mieux maîtrisé. Les récentes Illusion et Troubadour témoignent de cette montée en assurance, tandis que la reprise de Killing in the Name a déclenché le seul moshpit de la soirée. L’apparition d’Albert Asselin sur Troubadour a ajouté un beau moment de complicité à un set déjà convaincant. La prochaine occasion de les voir sera le 27 juin, à L’Anti Bar & Spectacles, pour le lancement de leur prochain EP.
Albert Asselin a ensuite pris le relais avec une proposition plus construite que démonstrative, entouré de ses musiciens (François Plante-D’Amboise à la guitare, Marc-Antoine Veillette à la batterie et Emmanuel Bérubé-Simard à la basse). En puisant dans son EP « Prémices », en ajoutant une nouvelle chanson et en misant sur des reprises choisies avec soin, il a bâti un spectacle pensé comme un parcours plutôt que comme une simple succession de numéros. Cette approche a donné lieu à plusieurs moments sensibles, notamment autour de Mon p’tit gars, qui trouvait un écho particulier en cette fête des Mères. Plus tard, lorsqu’il a invité les couples à venir danser un slow devant la scène sur I Want to Know What Love Is de Foreigner, la soirée a changé d’élan sans perdre sa cohérence.

Au bout du compte, c’est précisément ce mélange peu probable qui a fait la réussite de la soirée. Entre la fougue des Gamins, la sensibilité d’Albert Asselin et les élans spontanés provoqués par le match, rien ne semblait devoir naturellement cohabiter — et pourtant, tout a tenu ensemble. Pour la quarantaine de personnes réunies à la Source de la Martinière, ce double plateau a rappelé qu’un spectacle marquant ne tient pas seulement à la qualité de ce qui se passe sur scène, mais aussi à la manière dont une soirée entière finit par prendre forme.
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