T’as été bonne, 2018 : Nos spectacles de l’année

Illustration : Madeleine Aubin

Jérôme 50 – Maison de la littérature de Québec, 11 octobre

Jérôme 50 – Photo : Charline Clavier

Charline Clavier : Au milieu de la maison de la littérature, il y avait ce gars là, devant son drapeau d’un Québec décomplexé de la consommation. Son prof de philosophie Nicolas Rancourt était là pour introduire ses chansons. Seul en scène, Jérôme 50 a frappé de par sa simplicité et son honnêteté. Enchainant les pièces qui allaient paraître le lendemain même, il a conquis son public qui avouons le, avait déjà une idée bien faite sur l’artiste. Sans oublier le trio avec Julien Chiasson et Jeanne Guérard, ce lancement est une réussite solide.

Émilie Clepper – Théâtre Petit-Champlain, 18 octobre

Katia Desgranges : Nouvelle équipe, nouveau son, nouvelle langue. Le français et la poésie intégrés avec une musique bien sentie. La migration est complète. Vous aurez donc la chance de la voir dans une salle du Québec en 2019. Nouvelle version d’Emilie, nouvelle tournée avec son projet déjà bien étoffé.

Martin Léon – Grand Théâtre de Québec, 23 octobre

Martin Léon – Photo : Nicolas Padovani

Katia Desgranges : L’appel du voyage non organisé, la rencontre du vivant et la découverte de ses inspirations musicales et rythmiques. Ce soir là, Martin Léon présentait le dernier spectacle d’une tournée de plusieurs années : Les atomes – laboratoire exotique. Mis à part les trames sonores de films, je me demande ce qu’il va nous préparer pour l’année à venir!

Anatole – Le Drague Cabaret Club, 31 octobre

Anatole – Photo : Jacques Boivin

Jacques Boivin : On avait bien hâte de voir cette version améliorée du dandy musical de Québec et boy, il n’a pas déçu. Fini le temps où Anatole choquait pour le fun. C’est maintenant à une performance beaucoup plus sage, mais théâtrale à souhait qu’Anatole s’exprime sur sa vie d’artiste. Ce qui ne l’empêche pas de continuer à faire fi du quatrième mur et à venir péter *notre* bulle au beau milieu du parterre, ni à danser comme un déchaîné sur l’excellente musique de ses musiciens. Une heure très intense, comme on les aime.

Les Hôtesses d’Hilaire : Viens avec moi – Coup de coeur francophone (Club Soda), 1er novembre et Impérial Bell, 15 novembre

Les Hôtesses d’Hilaire – Photo : Charline Clavier

Jacques Boivin : On savait depuis longtemps que Les Hôtesses d’Hilaire étaient autant capables de faire preuve d’autodérision que de lucidité. Dans cet opéra-rock unique en son genre et mis en scène par le Théâtre du Futur, Serge Brideau et ses complices nous racontent une histoire ben straight de manière très, très déjantée. À leurs côtés, Les Hay Babies, Diane Losier, Robin Joel Cool, Anna Frances Meyer, Jonathan Bigras et Mathieu Pelgag jouent de la musique, chantent, dansent, campent des personnages extrêmement colorés et nous font rêver pendant deux heures. Ajoutez à cela un public participatif, des décors et des éclairages pleins de créativité, et vous avez là tout ce qu’il faut pour passer une soirée inoubliable. The Wall meets Starmania, version Tracadie. Rien de moins.

Charline Clavier : Le nom de Kevin résonne encore dans ma cervelle tout comme l’incroyable spectacle dont on a eu l’occasion d’admirer en novembre passé. Les Hôtesses accompagnés d’une incroyable horde d’artistes nous ont offert une critique salée sur l’univers de la célébrité émergente des télé-croché. Sous une imagerie léchées des années 80, on assiste à la déchéance de nos anti-héros Serge Brideau et Robin-Joël Cool (Kevin). Cet opéra rock est une oeuvre magistrale en spectacle et en version numérique; on en prend, et on en laisse pas vraiment.

Bon Iver – Pitchfork Music Festival Paris, 3 novembre

Gabriel Tremblay : Justin Vernon est plus grand que nature, surtout en concert. J’ai eu la chance d’être à Paris pendant le Pitchfork festival. Deux heures de prestation magiques durant lesquelles Vernon et sa bande du Wisconsin ont traversé la discographie de long en large. La simple interprétation d’Holocene valait le déplacement. Les frissons me reviennent juste à y penser. À ma grande surprise, il a même joué Lost in the World, une de ses collaborations sur l’album « MBDTF » de Kanye West. On remercie Vincent Arbelet, photographe officiel de Pitchfork qui a bien voulu prêter un cliché de cette soirée mémorable.

Fuudge – La Source de la Martinière, 8 novembre 2018

Fuudge – Photo : Nicolas Padovani

Jacques Boivin : Tsé, quand tout au long d’un show, tout ce que tu trouves à dire, c’est Stie qu’ils sont tight, ça n’a aucun sens comment ils sont tight, c’est que t’as affaire à une machine de guerre. Ben Fuudge, c’est ça. Un rouleau compresseur de rock qui ne fait pas de quartier. Une musique qui t’écrase et qui te ramasse tout de suite après pour te pitcher partout. Une énergie brute, voire brutale, qui assomme les tympans et scrappe les vertèbres cervicales (à cause du headbanging). Un feu roulant de pièces qui ne donnent aucun répit à l’auditeur, qui ressort de là complètement vanné, mais beaucoup trop heureux.

Nicolas Gémus – Grand Théâtre de Québec, 11 novembre 2018

Katia Desgranges : Ma découverte de l’année. Le petit dernier qui est en train de nous concocter son premier album. Il fait la première partie de plusieurs spectacles depuis peu. À surveiller de près, vous allez tomber sous le charme.

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