T’as été bonne, 2018 : Nos spectacles de l’année

Illustration : Madeleine Aubin

The Chainsmokers – Festival d’été de Québec, 11 juillet

Julie Bourassa : Après seulement dix minutes de leur grandiose prestation au FEQ, nous avions déjà eu droit à des explosions à profusion, des jets de fumée et des éclairages laser, en plus de nos deux adorables comparses déchaînés et tout sourire. Ce rythme effréné s’est poursuivi toute la soirée sans jamais nous laisser une seconde de répit. Tout cela peut sembler beaucoup, voire même de la poudre aux yeux, mais ce n’est pas le cas. L’ensemble de la proposition est demeurée cohérente, bien dosée et structurée, alternant entre les sessions de DJ et la voix fort convaincante du charmant Andrew Taggart. Et lorsque deux vedettes internationales semblent sincèrement émus et impressionnés, voir même déstabilisés, par l’accueil de la foule, on ne peut qu’être charmé par cette connexion humaine qui supplantait la froideur de l’électronique.

Galaxie et Les Hôtesses d’Hilaire – Festival d’été de Québec, 13 juillet

Galaxie – Photo : Jacques Boivin

Julien Baby-Cormier : Par une magnifique soirée caniculaire, un duo de groupes extravertis a pris d’assaut le parc de la Francophonie pour un concert rock mémorable. Si la réputation d’excentrique et sympathique leader de Serge Brideau n’est plus à prouver pour la plupart des amateurs de musique locale, c’était pour moi un soir de première tout à fait convaincant. Galaxie a pour sa part prouvé qu’on peut faire un excellent spectacle malgré un nouveau disque un peu moins convaincant. Si la recette devient un peu redondante sur album, Olivier Langevin a réussi à trouver une séquence vraiment efficace, mélangeant les nouvelles chansons avec les grosses pointures, créant un spectacle déjanté et très dynamique. Les efficaces délires psychédéliques en concert me font espérer un prochain disque où les explorations électros laisseraient leur place à quelque chose d’un peu plus costaud. À mon plus grand bonheur nous avons même eu droit à quelques pièces issues du « Temps au point mort », encore un de mes disques québécois préférés. Deux gros groupes sur la plus belle scène du Festival, ça ne peut qu’être inoubliable!

Bob Log III et Keith Kouna – Le Festif!, 20 juillet

Bob Log III – Photo : Jacques Boivin

Madeleine Aubin : Là, je vous entend déjà me dire : « Coudon’ tu parles juste de spectacles dans Charlevoix… t’es biaisée, la mére! » Nenon. Mon expérience de musique live ne se restreint pas qu’entre le 19 et le 22 juillet, mais, il y a quelque chose dans l’air à l’entrée de la Côte-Nord qui rend les artistes plus vibrants que jamais! En toute humilité, j’admets que ne connaissais pas l’homme-orchestre qu’est Bob Log III et quelle découverte ce fut! Un feu roulant instrumentale de rock-festif-grunge-limite-bluegrass bien pésant qui a surchauffé la salle. Sans parler de la mise en scène très « ouate-de-phoque » qui offre notamment de s’abreuver dans l’animal pneumatique de son choix ou de prendre un selfie assis sur les genoux du masqué personnage! Il ne fallait pas être trop brûlé par le soleil de la journée pour tenir bon jusqu’à Keith Kouna. Ce dernier était dans une forme explosive pour nous souhaiter Bonsoir Shérif. La salle qui était en feu est passé à l’état de magma en fusion. Biaisée, ici? Peut-être un peu… Que voulez-vous, c’est Keith Kouna et c’était la fête d’Anne-Christine Guy avec qui je partageais le devant de la scène; nous l’avions tout entier juste pour nous! Nous avons chanté avec lui, joues contre joue. Je peux mourir sereine!

Stéphane Lafleur – Le Festif!, 22 juillet

Stéphane Lafleur – Photo : Jacques Boivin

Madeleine Aubin : Eh non, je ne fais pas exception. Stéphane Lafleur se retrouve aussi dans le palmarès de ma très courte liste de spectacles vus cette année. En effet, j’ai troqué la musique pour le théâtre en 2018 (ça et pour les parties de balle molle, les vendredis!). Ainsi, j’ai passé à côté de manifestations possiblement plus phénoménales et qui se seraient sans doute taillées une place de choix ici (GENRE Lydia Képinski au Cinéma L’Amour qui me laisse encore aujourd’hui la trace de mes dents sur les doigts). Néanmoins, ne négligeons pas tout le spectaculaire d’un lever de soleil en compagnie du leader d’Avec pas d’casque. La prestation défend très bien sa position de par la simple idée de nous faire lever à 3 h 30 (moi) ou de ne juste pas aller se coucher (les autres) pour se décoller les yeux avec la poésie de Lafleur. Idée dont le crédit revient au Festif! de Baie-Saint-Paul et qui, magiquement, permettait que tous les éléments s’imbriquent pour créer une expérience inimitable. Imaginez : encore un peu enivrés des heures précédentes, tenant encore debout avec l’énergie de la satisfaction des trois jours précédents, vous attendez sagement dans la noirceur même pas encore bleutée par l’annonce d’une nouvelle journée. On vous fait entrer silencieusement dans un enclos au beau milieu d’un champs dont la scénographie laisse croire qu’elle se résume à une lampe sur pied et un tabouret. Vous n’avez encore rien vu.

Jacques Boivin : Stéphane Lafleur. Les chansons d’Avec pas d’casque et autres compositions. Un champ. Des chèvres. Des vaches. Des poules. Du foin qui sent (et qui feel) la rosée. Le soleil qui se lève. Rien de vraiment spectaculaire, de grandiose, de saisissant. Juste de quoi d’aussi simple que chaleureux. Juste de quoi nous permettre de repartir de là au début d’une journée flambant neuve.

Mon Doux Saigneur et De.Ville – L’Arrière pays, montagne créative, 22 juillet

Madeleine Aubin : Grosse journée pour les wow! que ce 22 juillet! Après Stéphane Lafleur à l’aube, ma deuxième plus belle expérience de l’année m’attendait, passé le crépuscule, à l’Après-Festif, et ce, quoi qu’en aura bien voulu me faire dire la pluie! Les nouveaux joueurs que forment la bande à Kévin Besnard accueillaient, dans l’ordre, Aurore, De.Ville, Alex Burger et Mon Doux Saigneur sur leur célèbre-en-devenir scène en bois rond. En plein cœur de la forêt, la formule de l’Arrière-Pays laisse place à l’improvisation entre les artistes, en fin de spectacle. C’est là que les quelques courageux qui s’étaient déplacés malgré le déluge ont, comme qu’i dirait « pogné de quoi »! Non pas que chaque formation n’ait donné une performance digne de mention, mais le mariage Mon Doux-De.Ville était d’un naturelle si déconcertant, d’une beauté si surprenante, que personne n’a pu faire autrement que de laisser tomber sa mâchoire inférieure. Oui, j’ai peut-être raté plein de concerts, cette année, mais, vous, vous avez raté ça, et je vous jure que vous faites pas les fiers!

Québec Redneck Bluegrass Project – La Taverne (Saint-Casimir), 26 juillet

Katia Desgranges : L’énergie concentrée de ce groupe est sans contredit un incontournable pour festoyer un max. Une fête d’enfer avec des musiciens de haut calibre se sont présentés à guichet fermés presque partout dans la province. Surveillez les, car ils sont souvent au Québec pendant l’été.

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