Nuits FEQ : Lisa LeBlanc (+ Dave Chose et Sloan) – Impérial Bell, 29 novembre 2018

PAR

On a beau avoir vu le spectacle de Lisa LeBlanc à plus d’une reprise au cours de la présente tournée, lorsque la Rosairevilloise débarque à Québec, impossible de résister, surtout quand nos amis du Festival d’été s’en mêlent et en font la tête d’affiche de l’avant-dernière Nuit FEQ de l’année.

La seule présence de LeBlanc aurait suffi pour nous satisfaire, mais vous le savez bien, les premières parties sont toujours intéressantes lors de ces soirées, et celle-ci n’allait pas faire exception, avec un Dave Chose qui a le vent dans les voiles et des Sloan chevronnés qui auraient pu jouer des succès pendant deux heures.

Dave Chose

Tu sais que tu vas passer une bonne soirée quand c’est Dave Chose qui ouvre les hostilités. Il ne perd pas de temps, monsieur Chose, se lançant avec intensité dans les chansons de son album homonyme lancé en avril dernier. Avec ses trois accompagnateurs tout aussi crinqués que lui (dont Jonathan Bigras, qui me fait constamment me demander s’il ne tue pas un drum par semaine tellement il est dedans), Dave a présenté à une foule malheureusement très « Nuits FEQ » qu’il était capable de mélanger poésie, folk et hardcore.

C’est quand il s’est lancé dans la magnifique Chez Françoise que l’ancien Faudrait faire la vaisselle a vraiment attiré l’attention. Faut dire que ce gros blues-folk offre de belles nuances, surtout sur scène, avec une bande de joyeux drilles. Une petite demi-heure qui a passé beaucoup trop vite.

Sloan

Après cette excellente prestation, la formation torontoise d’origine haligonienne Sloan avait fort à faire pour garder le four bien chaud. Le groupe de vieux routiers, qui donnait déjà des leçons de Power pop au milieu des années 1990 venait défendre les chansons de son douzième album intitulé tout simplement « 12 ».

Les membres de Sloan n’ont pas perdu de temps, faisant danser un parterre qui se remplissait de plus en plus et qui avait le coeur à la fête.

Sloan, c’est une recette toute simple, mais diablement efficace : des mélodies entraînantes, des riffs aussi accrocheurs que les harmonies vocales, des harmonies vocales solides et pis c’est tout. T’as pas besoin de plus poir faire danser plusieurs centaines de personnes.

Le groupe ne s’est pas contenté des pièces de 12, puisant dans son vaste répertoire pour nous montrer qu’il sait faire des maudites bonnes tounes qui mettent de bonne humeur depuis un méchant bout. Le combo Who Taught You to Live Like That et Coax Me, deux vieilles tounes d’une autre époque, s’est montré particulièrement convaincant, incitant de nombreux spectateurs à danser joyeusement, grand sourire aux lèvres. Y’a beaucoup de monde venu pour Sloan et ça paraît.

Ce qui est le fun avec Sloan, c’est que les temps morts sont interdits. Surtout quand la prestation dure que 45 minutes. Un feu roulant de hits (surtout quand t’as traîné dans des radios de campus/communautaires trop longtemps dans les 20 dernières années), une énergie contagieuse et surtout, des morceaux qui te tatouent un sourire indélébile dans la face. Si le groupe doit en grande partie sa longévité (26 ans, toujours les mêmes membres, un exploit rare de nos jours) par la grande démocratie qui règne en son sein (les membres se partagent tous les tâches d’écriture et chantent tous au moins une chanson), on est certain que le plaisir qu’ils donnent au public a aussi une grande part de responsabilité là-dedans.

Lisa LeBlanc

Lisa LeBlanc avait déjà présenté ce show il y a quelque temps, mais on se disait qu’il risquait d’avoir changé un brin, et on n’a pas été déçu. Pas tant par le programme, qui est resté sensiblement le même, que par la chimie qui s’est installée il y a déjà longtemps entre Lisa et ses p’tits gars. On savait que ça allait être tight, et tight ce fut.

Avec sa glitter guitar, LeBlanc s’est lancée immédiatement dans City Slickers and Country Boys. Ça n’a pris que deux couplets pour que tout le monde se mette à taper joyeusement des mains. Quelques minutes plus tard, on embarque à fond avec Lisa sur Could You Wait ‘Til I’ve Had My Coffee et on gueule tous joyeusement « It’s fine, it’s fine, see ya later or never, ciao bye! ».

Émue par cet accueil chaleureux, LeBlanc bafouille quelques mots en accordant sa guitare pendant que ses musiciens improvisent quelques notes de jazz. Un genre qu’on n’entendra plus de la soirée, parce qu’on est venu entendre du thrash-folk et c’est ce que nous donne Lisa en se lançant dans une Cerveau ramolli fort bien sentie.

Ensuite, on se promène allègrement dans le répertoire de LeBlanc (deux albums et un EP), on oublie nous-mêmes dans quelle langue est telle chanson, anyway on s’en sacre, on les connaît toutes par coeur. En bas, la foule est joyeusement dedans. Pas de débordements, mais visiblement beaucoup de bière et de plaisir, même dans les moments les plus introspectifs comme la combinaison Lignes d’Hydro et Kraft Dinner.

Mon bout préféré demeure (et demeurera toujours) le bout où, sans temps morts, LeBlanc interprète coup sur coup Gold Diggin’ Hoedown, You Look Like TroubleDead Mans Flats et Ace of Spades. Je me souviens, la première fois que j’ai entendu ces chansons au Théâtre Petit Champlain il y a déjà quelques années, j’avais été soufflé. Depuis, j’attends avec impatience ce moment où les quatre musiciens sur scène donnent tout ce qu’ils ont et nous envoient droit vers un mur sonore qu’on va recevoir en pleine face.

Une maudite belle façon de terminer sa tournée avant de prendre une pause vachement bien méritée.

VOUS CHERCHEZ QUELQUE CHOSE?