Le Festif – Compte rendu, 21 juillet 2018

Mon doux saigneur

Mon doux saigneur – Photo : Jacques Boivin
Je descends de la navette, tout content de ne pas avoir eu à marcher sous le gros soleil en revenant du quai. M’en vais à l’accommodation me chercher une liqueur. Y’a une file. Je regarde mon cell, y’a pourtant rien d’annoncé… AH BEN, juste au même moment, on annonce un imprévisible avec Mon doux saigneur et Alex Burger!
Je me sacre dans la file, même en sachant que je dois dire adieu à ma liqueur (rien ne se vend pendant les prestations). Pour une fois, j’ai une fichue bonne place. Je croise Oli, le bassiste de Natation, qui m’invite à un BBQ/prestation en fin d’après-midi (on s’en reparle un peu plus loin). Fait chaud. On cuit comme des oeufs sur la plaque. Enfin, on nous laisse entrer.
François Surprise et sa gang ont encore une fois réussi l’impossible : faire monter quatre, voire cinq personnes sur la petite scène improvisée à partir du comptoir-caisse, devant près d’une centaine de personnes entassées comme des sardines, mais heureuses de voir nos slackers préférés nous faire voyager dans leur univers un brin country-rock. Le truc était simple : le cul sur le congélateur de friandises glacées, c’était sublime.
Notons qu’on a manqué Alex Burger, qui suivait (dans tous les sens du termes) le groupe. (Jacques Boivin)
 

Maude Audet

Maude Audet – Photo : Marie-Laure Tremblay
C’est l’auteure-compositrice-interprète Maude Audet qui a eu la tâche de rassembler les festivaliers devant la scène Hydro-Québec à une heure où, disons-le, le soleil était particulièrement accablant. Une chance que la scène projetait l’ombre d’elle-même, mais on a tout de même sué des coudes! Même si elle rêvait d’une crème à’ glace, cette grande romantique, authentique et sensible, s’est confié à nous avec nostalgie sur sa jeunesse et ses balbutiements de jeune adulte dans un calme et une zénitude des plus touchants, entre les deux roses en néon que constitue son décor, et entourée de ses talentueux musiciens. Perdus dans nos propres réminiscences, nous avons vacillé doucement au son du rock franco tranquille des superbes Gallaway Road, Perdus magnifiques et Vieille photo, pour ne nommer que ces trois-là. La traductrice en moi et l’enfant du grunge que je suis a été touchée par sa traduction libre et son interprétation sentie de Smell Like Teen Spirit. Plein de love pour Maude! (Tatiana Picard)
 

Marie-Jo Thério

Marie-Jo Théro nous propose un moment exploratoire et intime pendant lequel elle va improviser beaucoup. Elle semble d’un calme apparent incroyable face aux difficultés techniques de toute sortes et la chaleur intense. Another love song about Paris fait participer la foule. Elle nous fait invoquer les anges dans une nouvelle pièce et son piano se met à jouer tout seul. Marie-Jo, c’est la spontanéité en personne et ça, on aime ça! Elle termine avec une ovation. On lui pardonne tout tout tout. Vive l’intimité du festif. (Katia Desgranges)
 

Dave Chose

Dave Chose – Photo : Jacques Boivin
Tiens! Un autre imprévisible beaucoup trop chouette pour ne pas en parler! Dave Chose, qui nous a confié qu’il ne feelait pas tant pour se pitcher partout (nous non plus, man, nous non plus!) a interprété quelques titres au gros christie de soleil dans la cour arrière de la boutique Twist sur Saint-Jean-Baptiste. Les nombreux auditeurs présents se sont dispersés comme ils l’ont pu sur le gazon, se recroquevillant sous le maigre couvert forestier des quelques pommiers sauvages, pour se laisser bercer et suer au doux son du rock imagé aux tournures parfois absurdes de l’auteur-compositeur-interprète montréalais. Il nous a bien fait rigoler, notamment lorsqu’il nous a avoué avoir brisé la gourde qu’on venait de lui tendre, ou avoir oublié ses CD puis ses vinyles à Montréal, qu’il fallait aller sur le Bandcamp. On vous conseille d’aller découvrir au plus vite son album éponyme sur ledit Bandcamp, ne serait-ce que lire les titres des douze pièces, qui sont particulièrement savoureux! (Tatiana Picard)
 

OFF Festif – Natation

Natation – Photo : Jacques Boivin
Voici quelque chose qui risque d’arriver de plus en plus souvent au Festif. Des groupes qui ne sont pas sur la programmation régulière, ni dans la liste des Imprévisibles, qui auraient mérité une place sur l’affiche, mais qui ne s’y trouvent pas pour toutes sortes de raisons, et puis qui, au lieu de chialer sur leur sort, décident de s’inviter et d’inviter les festivaliers à venir festoyer avec eux. C’est exactement ce que Natation, notre coup de coeur du Cabaret Festif! de la relève (et, selon les dires de plusieurs personnes rencontrées, le coup de coeur de BEN du monde), a fait.
Un gros party bière et hot-dogs gratuits, prestation survoltée en prime. Les gars, qui cette année, dévoilent une chanson de leur nouvel album chaque mois, avaient plein de nouveau matériel à présenter et ça, c’était génial.
Pendant qu’à tour de rôle, Luke et Olivier chantaient (et suaient) leurs tounes, à l’arrière, Alexandre et Nicolas jouaient de leurs instruments comme s’il n’y avait pas de lendemain. De son côté, la trentaine de spectateurs était confortablement installée à l’ombre (HA! les suckers qui se faisaient cuire en attendant le party à Fehmiu!), mangeant un hot-dog, buvant une petite frette, ou dansant sur le rock teinté de psych et de new-wave des petits garçons.
Un 45 minutes de pure évasion qui m’a remis sur le piton! Les autres, si vous êtes pas sur la prog, INVITEZ-VOUS, c’est tout ce qu’on a à vous dire. Parce que je connais bien du monde qui se mord les doigts d’avoir manqué un maudit bon show! (Jacques Boivin)
 

Robert Fusil et les chiens fous

Robert Fusil et les chiens fous – Photo : Marie-Laure Tremblay
C’est la barbe virile et le poil humide que s’est présenté Robert et quelques-uns de ses chiens farfelus devant la scène du Pantoum/La Bête. Aussitôt, la foule a bravé la canicule pour venir danser et crier au son des futurs classiques Réussir dans vie et Mardis gras à Hochelaga, pleins de crudités. Y’a des enfants qui ont appris plein de nouvelles choses… Si l’humour vole rarement en haut des pâquerettes, on les sent vrais et joyeux dans leur quotidien montréalais. Leur pop-poubelle (NDLR : Marie-Laure est bonne pour inventer des étiquettes colorées, on devrait l’embaucher à temps plein) est un brin mélancolique sur disque, mais elle est beaucoup plus déjantée « dans ta face », avec une bière à la main! (Marie-Laure Tremblay)
 

The Blaze Velluto Collection

The Blaze Velluto Collection – Photo : Marie-Laure Tremblay
Le groupe de Québec avait visiblement attiré tous ses fans, chiens compris, dans le recoin derrière le Tony et Charlo où la vitrine du Pantoum / La Bête a repris du service pour nous faire découvrir des petites merveilles. Entouré de visages connus à Limoilou (Guillaume Chiasson, Jean-Étienne Colin Marcoux et Alex Beaulieu), Blaze a chanté sa peine de Weatherman haut et fort, repris en choeur par la place bondée. Son Americana parfois bien swignant – Morning Dew, M. Coyote (pour sortir son indien intérieur) – ou plus mollo – Pondicherry, We’re Gonna Take You Out (avec chorale) – a su nous charmer. Une belle découverte, à revoir, avec une foule en délire qui demande un rappel en chantant toute seule! À écouter en roadtrip les fenêtres ouvertes ou avec une gang de hippies sous un soleil de plomb. (Marie-Laure Tremblay)
 

Gabrielle Shonk

Gabrielle Shonk – Photo : Jacques Boivin
Gabrielle Shonk s’est présentée sur la scène Radio-Canada avec ses cinq musiciens, ceux-là même avec qui elle a enregistré son premier album, occasion rare semble-t-il. Le plaisir de se retrouver était au rendez vous. En réalité le plaisir tout court était au rendez vous. Gabrielle était heureuse d’être la et c’est le public chanceux qui en a profité. La musicienne a une voix puissante qu’elle maîtrise parfaitement, et elle sait interpréter ses chansons avec une grande sincérité, ce qui la rend touchante. En plus d’être elle-même un musicienne hors-pair, elle est entouré de gens de talent, et quand ils sont réunis, la magie opère. Ensemble ils ont offert une performance généreuse qui s’est terminée dans un rappel surprise avec Matt Holubowski. Tout de ce moment était parfait. (Anne-Christine Guy)
 

Zouz

Zouz – Photo : Marie-Laure Tremblay
Un zouz est une cigarette roulée composée de tabac classique auquel est rajoutée une substance illicite, telle que le cannabis. (Définition de linternaute.fr) C’est après ce prélude linguistique que je vous présente le groupe suivant: zouz. Encore des visages connus sur la scène Pantoum / La Bête (coudonc, un musicien ça joue dans combien de groupes? demande à Jean-Étienne!) avec David Marchand (Mon Doux Saigneur) en vedette secondé par François Ledoux (Helena Deland) et Étienne Dupré (Caltâr-Bateau). La vie de jeunes adultes est bien bien lourde, forte, sale, pleine de boucane et de paroles incompréhensibles mais ça n’empêche pas le public d’embarquer dans cette bulle noisy où le trio s’éclate en jammant. C’est FORT. Et ça continue avec un EP en septembre 2018 – St-Fortunat.
 
Ding! Ding! On tourne la page!

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