Voilà. La dernière journée du Festif est passée. Une journée qui comptait cette année pas un, mais deux prestations qui promettaient d’être mémorables, chacune pour des raisons bien distinctes. Le premier était littéralement à l’heure des poules. Le deuxième promettait un vent de folie sur la jetée du Quai Bell.

On vous en parle. Ensuite, à la page suivante, on conclut tout ça en beauté.

 

Stéphane Lafleur

Stéphane Lafleur – Photo : Jacques Boivin

Trois heures trente. Mon réveil sonne, ma blonde revient à peine des afters. On s’échange le lit. J’enfile mes shorts et une petite laine, direction la ferme derrière l’hôtel Germain.

Trois heures quarante. J’arrive. Il fait encore noir. Moi qui m’attendais à ce que les fêtards attendent tous, ben non, j’ouvre la file d’attente. Pas trop loin, dans la cour de l’hôtel, on entend du monde rire très fort. À travers tout ça, Clément fait des va-et-vient incessants pour ajouter des beanbags qui permettront au plus grand nombre d’apprécier le show bien étendu par terre.

Lorsqu’on ouvre le site, ils sont plus d’une centaine derrière moi. Si certains ont été sages (comme votre humble serviteur) et ont au moins essayé de dormir, y’en a un méchant paquet qui a étiré la sauce après Urban Junior. Drôle de clash. J’entre. Je vois les caméras de La Fabrique culturelle. Je pense que je vais m’étendre à l’avant, prendre 3-4 photos et enjoy the show, comme qu’on dit.

Stéphane Lafleur arrive un peu plus tard, s’assied sur sa chaise, à côté d’une lampe qu’il n’éteindra que plusieurs chansons plus loin. Derrière lui, à gauche et à droite, le bouclier canadien qui serre Baie-Saint-Paul dans ses bras. Partout devant nous, un ciel d’un bleu de plus en plus vif sur lequel tombe de la poussière d’or. Ça sent bon la rosée. Presque tous nos sens sont stimulés. Ne reste qu’à tendre l’oreille.

Stéphane Lafleur – Photo : Jacques Boivin

 

Lafleur se lance dans une relecture de La journée qui s’en vient est flambant neuve. On voit tout de suite la thématique. Les chèvres, qui chillaient dans l’enclos d’à côté bêlent de plaisir. Des fans d’Astronomie, sans aucun doute. Je regarde autour de moi. C’est un peu embrouillé. Probablement l’eau qui s’accumule sur ma pupille. Les voisins ont les yeux rougis et je doute fort que c’est parce qu’ils sont allés fumer un gros bat avec les poules. Bref, c’est beau. La journée… est ben plus relaxe que sur l’album.

Relaxe. Lafleur utilise plutôt le terme « apaisant » pour décrire son setlist. Le genre de programme qui, selon lui, permet aux gens de s’endormir puis de se réveiller trois ou quatre chansons plus tard et d’avoir l’impression qu’on a juste cligné des yeux. Puis il enchaîne avec d’autres chansons qu’on connaît par coeur.

Si Lafleur s’est beaucoup promené dans le répertoire d’Avec pas d’casque, offrant entre autres des pièces commes Walkie-Talkie, L’amour passe à travers le linge, Loup-garou, Mon dos n’est pas une chaise et de nombreuses autres que je n’ai pas pris le temps de noter (trop occupé à être bien j’étais), il nous a réservé quelques surprises, dont une reprise d’Ôte-moi mon linge, qu’il avait écrite pour Les Soeurs Boulay, une reprise de Houston, de Catherine Leduc, qui lui a prêté son ampli, ainsi que quelques chansons tirées tout droit de la « voûte », dont une tout à fait de circonstance :

 

Ce moment absolument parfait a duré près d’une heure. Une heure de quiétude. De bonheur. De se sentir si bien entouré même si on est venu seul. On aurait voulu que ça dure tout le temps.

Mais bon. On imagine qu’à midi, Stéphane aurait eu chaud… et un sapré beau coup de soleil sur la nuque. (Jacques Boivin)

Philippe Brach

Philippe Brach – Photo : Jacques Boivin/Marie-Laure Tremblay

Aucun autre artiste ne pourra plus jamais se vanter d’avoir eu l’audace de commencer son show du Festif! sur le quai par une reprise de Sitting on the Dock of the Bay. C’est un Brach à l’esprit toujours aussi tordu et, semble-t-il, altéré par un soundcheck trop matinal à son goût et un long week-end de festivités qui s’est emparé de l’espace sous le petit chapiteau dans sa tunique de hippie, cheveux et barbe en délire. L’oiseau de nuit aurait probablement sa chance comme humoriste si ce n’était de la chanson, puisqu’il a littéralement un don pour le sarcasme, l’impertinence et les sous-entendus louches (et drôles, on s’entend!). On se rappellera notamment du moment où il a annoncé une levée de fonds pour libérer les gens emprisonnés de l’autre côté de la clôture…

Philippe Brach – Photo : Jacques Boivin/Marie-Laure Tremblay

Côté chansons, on peut affirmer sans gêne qu’il a su mettre le public dans sa poche avec un spectacle généreux de plus de deux heures comptant pratiquement tous ses meilleurs morceaux (de Mes mains blanches à Alice, en passant par Né pour être sauvage, Pakistan, Gaston, et La peur est avalanche, entre autres), des surprises qu’il ne joue pas mais qu’il a jouées, et plusieurs reprises bien accueillies telles que Stuck in the Middle with You et Love Me Two Times. La bière a coulé à flots, des sourires tapissaient la quai, et le ciel s’est couvert juste assez pour offrir une brise salutaire. On ne pouvait simplement demander mieux en guise d’ultime spectacle pour cette neuvième édition du Festif! de Baie-St-Paul. Philippe, on se revoit peut-être l’an prochain. Mais un jeudi? (Tatiana Picard)

 

 

Tourne la page (un avion déchire le soir)

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