Le 16 octobre dernier, nous sommes allés faire un tour au temple de la musique forte, L’Anti Bar & Spectacles, pour un petit spectacle qu’on aurait pu croire tout doux, soit Antoine Corriveau en formule trio, qui avait invité la très aérienne Charlotte Brousseau en première partie. Devant une belle crowd de mélomanes venus davantage écouter (et voir) de la musique que participer à un événement, Antoine et ses acolytes (Marc-André Landry aux basses fréquences et Stéphane Bergeron aux baguettes magiques) est venu présenter les pièces de son deuxième EP (« Baignade au centre du fleuve »), une belle petite galette qui nous présente un Corriveau un peu plus personnel, un peu plus vulnérable, mais toujours en pleine maîtrise de sa plume et de ses instruments.

Dans cette formule « solo-plus », en plus de présenter les pièces du dernier EP, Antoine a revisité quelques morceaux, certains plus vieux que d’autres. Plus minimalistes que s’ils avaient été joués full band, ceux-ci étaient néanmoins loin d’être dépouillés. Par exemple, Les trous à rats, chanson très riche sur « Cette chose qui cognait au creux de sa poitrine sans vouloir s’arrêter », avait un côté un peu plus léger, mais avec Landry et Bergeron, elle semblait aussi complète que sur l’album. C’est comme si on avait enlevé un peu de poussière à ce morceau qui est sorti il y a dix longues années. D’autres, comme Un par un, se rapprochaient beaucoup de la version originale, encore là grâce au jeu impeccable des trois musiciens. On pourrait aussi parler d’Argentine, un morceau qui se reconnaît tout de suite, quelle que soit la manière dont elle est jouée.
On a eu droit à une Maladresses complètement différente, mais ça, c’est un peu à cause de Charlotte Brousseau, qui est venue la jouer comme elle le fait elle-même. C’était donc plus une reprise à laquelle participait Antoine qu’un featuring. Sur Imprudences, l i l a est venue s’ajouter à Charlotte pour un petit moment de folie (bien douce). Ensuite, l i l a a aussi accompagné Antoine sur un des nouveaux morceaux (comme elle le fait si bien sur le EP).
Un beau tour de chant, quoi, qui a fait du bien autant à l’âme qu’aux oreilles, avec un artiste qui refuse de faire du surplace.

En première partie, Charlotte Brousseau est venue présenter quelques nouveautés en plus de quelques-uns de ses morceaux les plus connus. J’étais surpris de voir que plusieurs personnes dans la salle ne connaissaient pas encore cette artiste bourrée de talent qui, à l’instar de la tête d’affiche, propose un univers musical qui fait voyager comme si on était au cinéma. On a pu entendre deux nouveaux morceaux qui montrent que Charlotte aussi a envie d’aller plus loin, d’explorer davantage, tout en restant près de ses racines. L’autrice-compositrice-interprète de Québec a elle aussi invité des amies d’ici à monter sur scène lorsque l i l a est venue prêter sa voix pendant que Sandrine Masse caressait doucement son alto.
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