C’était soir de première le 15 octobre dernier au STUDIOTELUS du Grand Théâtre de Québec. Sûrette lançait en grandes pompes, dans une salle très bien remplie, son nouvel album intitulée « La dernière veillée des cyniques », un brûlot plus amer que doux qui vacille joyeusement entre le prog et le punk.
Flanqué de ses fidèles acolytes Rachel Hardy-Berlinguet à la basse (pour une dernière fois) et Loïc Paradis-Laperrière à la batterie, Vincent Leboeuf-Gadreau était dans sa zone, et ça n’a pas pris de temps avant que le party (rempli d’amertume) décolle. Pendant que Capitaine Citron (Charlie Cameron-verge) distribuait ses fruits, le trio sur scène est musicalement parti sur les chapeaux de roues, et il était difficile de ne pas lever le poing et chanter à tue-tête sur Le prophète et l’éclipse.

Qu’elles soient un peu plus pop (comme L’hécatombe) ou beaucoup plus prog (Le passant), les pièces défilent à toute vapeur, sans temps mort. La mise en scène est sobre, mais efficace. Elle est surtout appuyée avec brio par les savants jeux de lumière de Marc-Antoine Pageau (et des projections très citronnées signées Charles-Vincent Dufort, Marius Gérard-Milot et Ara3 Media).
Parmi les moments forts du spectacle, mentionnons le 1-2 punch combo Pour la patrie / Demain la guerre, où la foule, jouant le jeu devant Capitaine citron qui se faisait aller le drapeau inzestueux, était au garde-à-vous. C’était visuellement très impressionnant, du moins tout autant que le rock très militaire de Demain la guerre.

La partie principale du spectacle s’est terminée dans une relative douceur avec Paradis sous terre et Chanter la fin du monde, question de mettre un peu de lumière dans ce tunnel plus que sombre. Tout ça pour finir, au rappel, avec la vieille La course à l’amour, toujours aussi efficace.
C’est donc une veillée plus que réussie pour Sûrette, une belle manière de dire merci à toutes ces personnes qui ont participé avec entrain à la campagne de sociofinancement qui a permis à Vincent d’avoir les moyens de ses ambitions. Je pense qu’on peut dire que le monde en a eu plus que pour son argent!
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