Le 5 juin dernier, au rez-de-chaussée du fabuleux Pantoum, se tenait la deuxième édition d’une soirée tout aussi fabuleuse et nécessaire organisée par les filles du compte Instagram Pas de fille sur la prog. L’événement Plus de filles sur la prog présentait des artistes féminines et issu.e.s de la diversité de genre installé.e.s à Québec. Un beau bouquet d’organismes était aussi présents pour soutenir l’organisation de la soirée. Une soirée douce et puissante qui est venue prouver, une fois de plus, que la sphère musicale québécoise regorge de talents féminins et genderqueers.
L’organisme

Depuis 2024, le collectif Pas de fille sur la prog dénonce les programmations non paritaires en musique, comme le faisait déjà le compte Pas de fille sur le pacing en humour. C’est en voyant la programmation du festival Cigale à l’été 2024, où seule une femme faisait partie des 19 artistes programmés, que les quatre amies derrière le compte ont décidé de dénoncer le manque honteux de parité. C’est un an plus tard que leur est venue l’idée de créer un festival 100 % féminin et genderqueer, pour prouver qu’il est possible de programmer ces artistes sans faire de compromis. Leur première édition, qui s’est tenue au Verre Bouteille et à la Sotterenea à Montréal, les a poussés à reproduire l’expérience en organisant deux soirées sur le même thème : l’une à Montréal et l’autre à Québec.
Voici donc le compte rendu de cet évènement baume au cœur dans cette époque toujours plus polarisante.
Plus de filles sur la prog
La soirée a commencé avec une brève présentation des divers organismes là pour soutenir la cause. Étaient présents Gris-Québec, le Centre des femmes de la basse-ville, Scène et Sauve, la FEMUL et l’Ampli de Québec. Les représentant.e.s de ces groupes eurent chacun.e un cinq minutes pour parler de leurs missions féministes.
Sofia-Lou

La première performance musicale fut celle de Sofia-Lou, qui allie jazz et folk sur des textes allégoriques. Avec son premier single Fille de lys, sorti il y a un mois, la jeune artiste de Charlesbourg nous partage son monde poétique. Nature et féminité se mêlent à ses mélodies aux influences indie qu’on sent proches de l’esprit de Klô Pelgag. Seule sur scène, elle nous a présenté quatre de ses compositions au piano. Sa voix a su partager avec puissance et délicatesse les thèmes révélateurs de ses pièces. De courte durée, sa prestation fut le parfait début à la fête.
L i l a

Par la suite, c’est la charmante L i l a qui prit le relais avec la voix douce qu’on lui connait. Accompagnée de seulement ses trois guitares, L’autrice-compositrice-interprète a partagé avec le public des versions épurées des chansons qui composeront son prochain album prévu pour l’automne 2026. Les quelques accessoires décoratifs qui l’entouraient sur scène permettaient d’avoir un avant-goût de l’ambiance de son prochain lancement. Son univers fée-gothique s’agence parfaitement avec ses mélodies mélancoliques. Sa prestation fut un beau moment de contemplation et d’écoute.
Le Miel

Avec leur groove funk, le groupe instrumental Le Miel a fait prendre un virage plus actif à la soirée, jusque-là plutôt engagée dans la douceur. Cette troisième partie, remplie de joie, a mis la danse au menu. Accompagnées des licks d’Alice Bradier au saxophone, les compositrices de la formation, Emilie Rochette et Audrey-Jade Joubert, ont partagé avec fougue et plaisir leur musique. Après la première chanson, la légendaire boule disco du Pantoum s’est mise de la partie et donna une ambiance magnétique à la prestation.
Sensei H

C’est avec excitation que le public de la soirée s’est rapproché de la scène pour accueillir l’invité surprise de la soirée : Sensei H. La rappeuse franco-algérienne, installée à Québec depuis plusieurs années, a pris plaisir à présenter, avec tracks préenregistrées, quelques pièces de son répertoire. Entre ses chansons, l’artiste s’est confiée de façon humoristique sur certains sujets comme ses menstruations et sa peine d’amour; propos en cohérence avec la thématique de la soirée.
Dj Set

Pour clore l’événement en beauté, la salle s’est transformée en piste de danse. C’est transporté par les mix de DJ Ri que les gens venus pour la soirée ont tranquillement quitté vers leurs demeures, après avoir montré leur meilleur moove sur des grands classiques pop. Cette prestation, présentée par les soirées dancing queer, donnait un avant-goût de celles qui ont habituellement lieu à la Charpente des fauves.
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