Le 22 mai dernier s’abattait sur le rez-de-chaussée du Pantoum une soirée riche en texte et en flows. roman., un projet bien de chez nous, nous a donné son meilleur sur scène pour présenter son EP tout frais sorti la veille. Histoire d’une soirée de lancement réussie pour « La mort et le reste ».
Floraison Tardive

C’est l’ensemble montréalais Floraison Tardive qui a, pour mon grand plaisir, ouvert la soirée. J’avais été marquée par leur prestation au concours des Francouvertes il y a de ça deux ans. Leur imaginaire ironique, revendicateur et mélancolique, m’avait rappelé par moments le style de Violet Pi et d’autres, donc ça avait été un bon gros coup de cœur. La douce floraison, leitmotiv présent tant dans leur dernier album que dans leurs précédents singles, contraste avec leur flow fracassant et leurs thèmes plus complexes. Avec leur passage au Pantoum, le groupe s’en est tenu à juste leurs « bonnes tounes » (mots lancés par Tony Baitch entre les deux premières pièces du show) Vu la courte durée du set, le band s’en est tenu à la performance et n’a pas trop placoté avec son public, mais il a toutefois celui-ci à groover. L’ambiance party de garage qui régnait a bien réchauffé la salle pour la deuxième partie de la soirée.
roman.

C’est dans un mood feutré et planant que les premières notes de cognac et rhum ont retentientre les murs du complexe de création musicale. Cette pièce instrumentale a pris le rôle d’introduction à l’univers artistique de roman. pour les spectateurs. Après quelques secondes, 3 danseuses sont apparues dans le public, habillées de tuniques blanches aux manches flottantes. Les gens se tassaient, un peu surpris par cette performance improvisée, mais restaient attentifs à la chorégraphie. Un moment unique qui a bien commencé le lancement. Cette participation donnait d’ailleurs un avant-goût du spectacle présenté le lendemain, à la même adresse, par le collectif interdisciplinaire Jore; collectif dont plusieurs artistes de roman. font aussi partie. La présentation des multiples pièces qui composent le nouveau microalbum tout frais sorti a suivi. Un feeling mélancolique, par moments même fantasmagorique (un peu spooky quoi), ressort de cette nouvelle sortie, en gardant toujours comme toile de fond un groove contagieux. Plusieurs solos (saxophone, guitare, Drum, name it!) se sont immiscés dans les formes habituelles des pièces, ajoutant ainsi une complexité et du spice aux tounes déjà plus poussées musicalement.
Il aura fallu à peine quarante-huit heures d’existence sur les plateformes d’écoute pour que les chansons soient connues par les gens présents. Clairement, le groupe a une crowd bien établie et ça se ressent dans l’ambiance magique qui envahit le public. Ça dansait, ça chantait ; le rêve de tout band. Après la performance complète de « la mort et le reste », Roman. a rendu hommage à Karim Ouellet, une de ses inspirations, avec une interprétation calme de la pièce Les Brumes. Il a poursuivi en jouant ses vieux classiques, dont Brun et 4 x 4, en plus d’un duo avec Clémence Richard qui l’accompagnait aussi à la voix tout le long set. Finalement, les musiciens sont revenus sur scène, après la forte acclamation de la foule, pour faire une version éclatée de Jazzman. Une belle façon de clore la soirée.
Tout le long, les interactions entre le band et son public étaient faites dans la complicité, comme si on écrivait avec eux ce moment marquant pour leur carrière. Une belle soirée de partage qui restera dans les mémoires des personnes présentes.
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