On va être honnêtes, on est monté en ville un peu à reculons hier. Après la soirée riche en émotions qu’on a vécue autant à Place d’Youville (où ça brassait joyeusement) que sur les Plaines (où ça pleurait abondamment), sur papier, la proposition de ce mercredi était un peu moins alléchante. Du moins, pour du monde comme nous autres, la programmation exigeait qu’on se promène un peu. Il y avait bien quelques excellentes propositions, mais rien qui faisait qu’on avait envie de passer la soirée au même endroit. Malgré tout, on a passé une belle petite soirée à coup de reprises d’occasions manquées, de retrouvailles chaleureuses, de petites déceptions et de découvertes fort colorées! Comme quoi il y a vraiment assez de profondeur cette année dans la programmation pour trouver de quoi se mettre sous la dent tous les soirs!
Kamilou

J’en devais une à Kamilou. La dernière fois que je l’ai vue, c’était en première partie de Marie Céleste au Grizzly Fuzz et j’avais vraiement eu du mal à apprécier sa proposition devant un public encore occupé à faire la file pour le vestiaire alors qu’elle se démenait comme une diablesse dans l’eau bénite. Cette fois, le monde était là pour la voir, et si on ajoute le fait qu’elle avait un band au complet autour d’elle, disons que ça a fait toute la différence. On comprend mieux comment la finaliste au prix Espoir FEQ a été invitée à aller jouer au festival de Bigflo et Oli en France, on comprend aussi pourquoi la jeune artiste originaire du quartier Rosemont à Montréal fait autant jaser. Polyvalente, Kamilou mélange les genres, on passe allègrement du rap à la pop en y ajoutant quelques pincées de jazz ou des éléments qui se rapprochent du rock. Ça pourrait être dur à suivre, mais pas d’inquiétude, la jeune femme sait comment nous faire passer d’une vibe à l’autre, comme si elle était la guide touristique de son univers musical riche en toutes sortes de couleurs. Et sérieusement, déjà que ses « vieilles » pièces étaient plus qu’intéressantes, les nouvelles proposées hier étaient une succession de bangers. Yep, je suis tombé sous le charme!
Leif Vollebekk

Première note douce-amère de la soirée, et ce n’est pas du tout la faute du Montréalais qui se produisait à la place George V. Leif Vollebekk nous attendait à la place George V avec son indie-folk de grande qualité, une bande de musiciens chevronnés et le plus beau des sourires à l’ouest de Papineau. L’auteur-compositeur, que je n’avais pas eu la chance de revoir depuis près de dix ans, m’a rappelé à quel point il est bourré de talent. Qu’il soit derrière son piano ou guitare en bandoulière, Vollebekk sait charmer et transmettre une gamme complète d’émotions, et ses excellents musiciens (auxquels s’est greffé un François Lafontaine particulièrement de bonne humeur, s’amusant ferme avec le batteur Robbie Kuster tout le long du set) ajoutent chacun un élément parfait aux chansons de ce magnifique artiste. On aurait apprécié toutefois une foule moins bavarde qui n’en avait que pour l’artiste suivant au lieu d’apprécier ce gaillard chevronné qui aurait facilement pu illuminer encore davantage leur soirée. Maiiiiiiis bon, on n’attendra pas neuf ans avant de retourner voir Leif, cette fois.
Dope Lemon

Beaucoup de monde était présent à George V juste pour voir Angus Stone et son projet indie Dope Lemon. L’Australien qui, en temps normal, nous chavire avec sa soeur Julia, nous transporte ici dans un univers complètement différent, attitude de rockeur assumé incluse. Les influences musicales sont diverses ici (toujours avec l’impression que bien des tounes ont été composées après quelques microdoses de champignons), mais une chose est certaine, quelle que soit la vibe de la toune jouée, celle-ci nous accroche inévitablement. L’artiste et sa bande sont diablement efficaces, une bonne partie du public embarque (les têtes de mascottes qui se joignent à la fête aidant), on a du fun. Angus est ici au sommet de son art, on sent qu’il y prend beaucoup de plaisir, et ce plaisir est contagieux.
Benin International Musical

J’ai terminé ma soirée à la scène Hydro-Québec pour une première incursion du côté des rythmes africains pour moi cette année. Et quel excellent choix j’ai fait! Premièrement, me retrouver entouré de mélomanes venus pour la musique plutôt que pour l’événement faisait le plus grand bien. Deuxièmement, la musique de Benin International Musical se veut une invitation à danser qu’il est impossible de refuser. Ça ne manquait pas de « zulu », comme dirait Olivier Langevin s’il avait été à côté de moi. Chaque fois que je viens voir des bands comme BIM, j’y retrouve des guitaristes incroyables qui pourraient à eux seuls nous faire entrer en transe, mais qui ne constituent chaque fois qu’un ingrédient tout aussi important que les autres d’une recette qui prend à chaque fois. La musique de BIM est résolument festive et dansante, et je me suis rapidement déplacé vers l’arrière pour assister à cette belle fête sans déranger personne.
En quittant la scène Hydro-Québec à la fin du spectacle, j’avais complètement oublié les petites frustrations du milieu de la soirée. Je souriais comme un Leif Vollebekk qui voyait Frank Lafontaine se prendre pour Stevie Wonder (ou Dan Bigras) aux claviers, je hochais de la tête en me remémorant les bangers de Kamilou. Tout ça parce que Benin International Musical m’a rappelé pourquoi on se tapait onze soirs de folie en juillet : le plaisir de profiter ensemble de la musique.
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