Les Louanges – Photo : Jacques Boivin

Festival d’été de Québec – 12 juillet 2026

13 juillet 2026

Équipe ecoutedonc.ca

Maxime Beaulieu, Jacques Boivin

Ouf, c’en était une chaude, celle-là! Et ça brillait autant dans le ciel que sous les projecteurs! On part le recap!

Nectar Palace

Par Jacques Boivin

Pour commencer la soirée à George V, c’est à Nectar Palace, le projet de Shaun Pouliot, qu’on a fait appel. Et, disons-le d’emblée, c’était un excellent choix. L’artiste et sa bande ont proposé ont proposé aux quelques festivaliers déjà massés sur la barricade une musique pop énergique, groovy et ensoleillée. Un sens du groove indéniable, suffisait d’entendre sa reprise d’Everybody Wants to Rule the World de Tears for Fears, ou toutes ses propres pièces riches en « beurre », question de bien graisser les engrenages! Les textures sont riches, les mélodies, accrocheuses, difficile de résister à tout ça, vaut mieux se laisser aller et avoir du fun. Et pour bien faire passer le message, Shaun avait une petite surprise pour nous : il a invité la pétillante Virginie B à venir l’accompagner le temps de quelques morceaux. Il n’en fallait pas plus pour que le parterre se déhanche encore plus! En vlà un qui s’est gagné une belle gang de nouveaux fans!

Taxi Girls

Par Maxime Beaulieu

Le quatuor montréalais (mais d’un peu partout au Canada quand même) Taxi Girls venait nous présenter les pièces de son tout nouvel album « Static » sorti il y a de ça deux semaines. Fidèle à son habitude, le public de la Vieille-Capitale tarde à arriver alors qu’au son des premières notes il n’y a qu’une poignée de personnes éparpillées au carré d’Youville. Après deux tounes, soudainement ça ressemble à une vraie belle foule qui est là pour avoir du gros fun et moshpitter un peu. « Fun » est vraiment le mot qui caractérise le plus cette prestation alors qu’autant sur scène que sur le béton on ne voit que des sourires fendus jusqu’aux oreilles. Une musique idéale pour la chaleur accablante et le gros soleil, ça lançait très bien cette soirée à saveur punk. 

Hélène Barbier

Par Jacques Boivin

De la pop vitaminée de Nectar Palace, on passe à l’art-pop velouté d’Hélène Barbier. Si certaines personnes ont trouvé la proposition de la Montréalaise originaire de Picardie un peu trop « champ gauche » pour cette soirée très pop groovy, de mon côté, je vous avoue que j’étais bien content de pouvoir enfin apprécier l’univers atypique de Barbier. La musique de cette dernière est remplie de surprises, les lignes mélodiques sont étonnantes, les rythmes sont saccadés, la voix de l’artiste, douce et aérienne, est en parfait contraste avec le reste. Une proposition qui ne manque pas de mordant, à qui on va prêter une oreille très attentive à l’avenir.

Bricknasty

Par Jacques Boivin

Même si elles sont l’une à côté de l’autre, passer de la scène Sirius XM à la Loto-Québec, c’est parfois se plonger dans deux univers complètement différents. Et le passage d’Hélène Barbier à Bricknasty en est un parfait exemple. Le collectif dublinois ne fait pas dans la dentelle, mélangeant folk, hip-hop, jazz, funk et « toutes ces sortes de choses » pour composer des chansons engagées, engageantes, capables d’aller chercher chez le public une gamme complète d’émotions. On a clairement affaire à des virtuoses ici, et comme c’était le cas la veille avec corto.alto, il y a quelque chose de beau à voir des artistes déconstruire les genres pour les mettre à leur main, tout ça avec un contrôle parfait, que ça soit doux ou très abrasif. La proposition était clairement appréciée par le public de plus en plus nombreux, qui aurait bien aimé un rappel même si le quintette avait déjà un peu dépassé le temps qui lui était alloué. Mais bon, on se reprendra, j’pense que c’est loin d’être la dernière fois qu’on les voit à Québec!

Consumables

Par Maxime Beaulieu

C’était ensuite au tour des new-yorkais de Consumables de monter sur la scène Crave. Mon coup de coeur ainsi que celui de bien du monde lors de la dernière édition de St-Roch XP, j’avais très hâte de voir ce que le quintette avait à offrir pour une prestation plus longue qu’une courte vitrine. Malheureusement, on dirait que la magie n’opérait pas autant qu’en septembre. Le groupe sur scène est excellent et les musiciens ont visiblement du fun eux aussi mais il semble manquer un petit quelque chose niveau ambiance. C’est davantage une formation faite pour les petites salles où on est bien entassé plutôt qu’en plein air au gros soleil.  

Haute & Freddy

Par Jacques Boivin

Eeeeeeeeeeh que je ne m’attendais pas à ça! Dans une atmosphère qui n’était pas sans rappeler le cirque, le duo Haute & Freddy a fait danser, chanter, crier, bouger, rire et pleurer un parterre qui ne comprenait pas toujours ce qui se passait, mais qui en appréciait chaque instant. On n’en avait que pour la chanteuse Michelle Buzz, une incroyable bête de scène au cardio incroyable (elle a bien dû faire 20 000 pas pendant la prestation) et à la présence scénique hynotique. Quelque part entre Chappel Roan, Lady Gaga et, plus près de nous, Annie-Claude Deschênes. Pendant ce temps, son acolyte Lance Shipp marquait le rythme à la batterie quand il ne courait pas pianoter quelques notes sur le synthé à l’autre extrémité de la scène. Tout ça avec une assurance qui frappe. Musicalement, c’est de la belle grosse pop, parfois aux accents modernes, souvent avec une touche de synthés très eighties fort appréciée des plus vieux d’entre nous, de la musique parfaite pour courir un 10 kilomètres à toute vitesse. Et que dire du dernier tiers de la prestation, forte d’une magnifique reprise de Let’s Dance, de David Bowie, puis d’une finale tellement glam qu’elle en aurait fait pleurer Freddie Mercury de joie? Un moment parfait qui se hisse très, très, très haut dans notre palmarès des meilleures prestations vues cette année.

Chalk

Par Maxime Beaulieu

C’est le groupe irlandais Chalk qui terminait cette soirée punk gratuite à Place d’Youville. La seule formation de cette programmation que je ne connaissais pas du tout mais j’ai été bien impressionné. Un dance-punk énergique qui ferait même danser les morts! Ça me rappelle un peu le groupe Model/Actriz sur lequel j’avais capoté au Festif! il y a quelques années. Un flux rythmique incessant qui donne l’impression d’être dans un rave avec un côté punk bien acéré. Le chanteur est hypnotisant, se déhanchant de bord et d’autre sur la scène avec une énergie déconcertante. J’ai vraiment adoré et je m’en vais de ce pas découvrir leur album « Crystalpunk » sorti en mars dernier.  

Les Louanges

Par Jacques Boivin

« On va donner le FOMO aux Plaines! » Telle est la promesse de notre Loulou national, qui n’a eu aucun mal à la tenir. Les Louanges à la maison, c’est toujours un peu spécial, et même si on avait vu le Montréalais originaire de Saint-Jean-Chrysostome il y a à peine une semaine à La Noce, pas question de manquer ce show. Et Vincent Roberge, accompagné de son acolyte Félix Petit et de son magnifique band, était dans une forme redoutable. On vous a dit à quel point on avait aimé « Alouette! », le dernier album de Roberge, qui s’est hissé parmi les finalistes du prix Polaris. Et il s’est fait une place très enviable dans la discothèque de toute une génération de petites jeunesses qui chantaient chaque mot de chacune des pièces à l’unisson. On était bien sûr nous aussi en terrain connu, gambadant d’un bord à l’autre du pit en récitant les paroles d’Au pied de la montagne (c’est pas aussi facile que ça en a l’air).

Après un premier tiers rempli de hits (Promis Juré, qui m’a donné des frissons, Qu’est-ce que tu me fais, Pitou…), et après un shout-out au Sous-Sol du Cercle qui m’a brassé dans mes souvenirs, on a ralenti un peu le rythme avec la magnifique Goddamn, puis Ne me quitte pas des yeux, un moment rempli d’émotion, de vécu à titre de proche aidant, pour terminer ce bloc avec Chez nous, encore plus poignante lorsque chantée en choeur par cette jeune génération qui aimerait tant qu’on célèbre la diversité de toutes nos identités plutôt que celle, beige, que certains aimeraient nous rentrer au fond de la gorge. En tout cas, ce bloc chargé en émotions était magnifique. Et il était suivi d’un dernier bloc qui rockait passablement avec La journée va être chaude et Correct. Ça dansait à l’ombre en tabarouette!

On a terminé le tout en douceur, d’abord avec la très sexy La nuit est une panthère, puis avec Je bouge pas. Je suis redescendu de la haute-ville le coeur léger, heureux d’avoir vu Les Louanges réussir son pari : nous conquérir, un coeur à la fois. Oui, la musique de cet artiste incroyable est d’une richesse tout aussi incroyable, mais au fil du temps, Vincent Roberge est devenu aussi redoutable à l’écriture du texte qu’à la composition. Pas pour rien que ses chansons résonnent autant!

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