VioleTT Pi – Photo : Jacques Boivin

La Noce de coquelicot, 4 juillet 2026

9 juillet 2026

Équipe ecoutedonc.ca

Maxime Beaulieu, Jacques Boivin

Déjà la dernière journée de La Noce de coquelicot! Dire qu’on commençait à peine à s’habituer aux successions de montées et de descentes qui caractérisent si bien Chicoutimi! Une dernière journée tout aussi en contraste que les deux premières qu’on vous raconte drette là.

Les Hay Babies

Par Jacques Boivin

Quoi de mieux pour commencer une belle journée que de faire beaucoup de bruit avec le trio acadien Les Hay Babies? Julie (Aubé), Katrine (Noël) et Vivianne (Roy) sont de retour à La Noce après quatre longues années, et cette fois, plutôt que de chanter sous la grosse pluie battante, c’est le soleil qui accompagne le trio! Plusieurs drapeaux acadiens flottent près de la scène, ça chante fort, que les pièces viennent de « Tintamarre » ou qu’elles soient déjà des classiques du groupe. Dans leurs p’tits suits rouges, les girls et les boys (Mico Roy à la guitare et Marc-André Belliveau à la batterie) ont donné un beau 45 minutes de belle musique entraînante, de parfaites harmonies vocales et de plaisir contagieux. En plus, ce retour aux sources, à leurs racines musicales, après le très ambitieux « Boîte aux lettres », est parfaitement réussi. Un plaisir renouvelé chaque fois que je les vois. Pas pour rien que j’y retourne tout le temps!

Beat Sexü

Par Jacques Boivin

Y’avait beaucoup de monde pour le duo de Québec, et même si Jean-Étienne Collin Marcoux (batterie et chant) a invité tout le monde à faire ce qu’il voulait au début du spectacle, on dirait que la très grande majorité du public s’était donné le mot d’ordre de danser joyeusement! J-E et Jean-Michel Letendre Veilleux (guitare) ont présenté les pièces de « Dernière chance » (et des albums précédents) accompagnés de Sandrine Lévesque (claviers et choeurs) et Cédric Martel (basse), et y’a même l’ami Raphaël Laliberté-Desgagné qui est venu jouer un peu de clarinette et de saxophone pendant quelques morceaux. C’était comme dans une soirée du groupe au Pantoum : doux, dansant, bienveillant, sympathique, sans aucune prétention. Comme on les aime!

Macario Martinez

Par Jacques Boivin

Lui, je ne le connaissais pas. Normal, Macario Martinez est venu du Mexique pour nous chanter la pomme et si je comptais prendre son set pour aller dîner, j’ai très vite accéléré mes coups de fourchette pour me retrouver près de la scène avant la fin de la première toune. Une voix incroyable, un magnétisme évident, des mélodies accrocheuses quelque part entre le folk et la pop assumée, le jeune homme d’à peine 25 ans a rapidement convaincu celles et ceux qui, comme moi, ont été attirées par cette musique parfaite pour une chaude journée d’été. Un autre de ces beaux coups de La Noce, qui a toujours le don de sortir de sa manche un de ces artistes internationaux que personne ne connaissait au début de la fin de semaine, mais que tout le monde adore après!

Chaude Chaleur

Par Jacques boivin

Chaude Chaleur faisait partie de mes valeurs sûres de la fin de semaine, après les avoir vu.es à la FMQ il y a quelques semaines. Le collectif montréalais nous a transporté dans son univers riche et texturé dans lequel le jazz et le R&B se frottent à la pop, tout ça avec une attitude un brin punk. À l’avant-scène, Nomile Leclair nous envoûte avec sa voix (qui a pris beaucoup de tonus depuis la première fois que je l’ai vue l’année dernière) pendant que Noah Tremblay-Mimouni nous ensorcelle au son du saxophone ou de la flûte. Le reste du groupe (Albertine Poirier à la basse, Vincent Saint-Onge à la batterie, Mathieu Leguerrier aux claviers et Mathis Lampron à la guitare) n’est pas en… reste, chacun.e brillant à sa manière, que ça soit par un groove irrésistible, un solo de feu ou des couches de synthés qui nous font rêver. Cet amalgame entre la pop et le jazz est très en vogue de nos jours, et faut l’admettre, Chaude Chaleur se démarque avec sa proposition toute personnelle qui nous donne autant envie de danser doucement que de mettre le feu un peu partout.

VioleTT Pi

Par Jacques Boivin

Parlant de mettre le feu un peu partout… C’est exactement ce qui nous attendait à la grande scène avec VioleTT Pi qui est venu défendre les pièces de l’énergique « Mythologie de la dérape » devant une foule survoltée. Ce grand fan de Limp Bizkit semblait d’ailleurs avoir canalisé l’énergie de Fred Durst pour débiter ses tounes, et clairement, s’il l’avait voulu, il aurait pu partir une émeute digne de Woodstock 99 sans trop forcer tellement le monde était dedans jusqu’à la tente de sonorisation! Les nouvelles tounes comme Glissade sont particulièrement efficaces (et cathartiques) pour faire sortir le méchant, et sous son costume de clown triste, on a cru voir quelques sourires très satisfaits de la part de Karl Gagnon, qui a aussi invité son amoureuse (Klô Pelgag) à le joindre sur scène le temps d’une toune. Cet ovni ne plaira pas à tout le monde, mais faut l’admettre, il n’y a pas grand monde au Québec qui peut nous inciter à nous défouler de même dans la langue de Bélanger. Maudit qu’il est efficace!

Maten

Par Jacques Boivin

Ouf! Après cette explosion, fallait ralentir le rythme, mais pas trop, et c’est en plein ce que Maten avait en banque pour nous. La formation originaire de Mani-Utenam, qui termine ces jours-ci un long cycle de spectacles qui les a menés un peu partout au Québec et ailleurs. Un folk-rock énergique qui nous prend aux tripes même si on comprend pas un mot d’innu-aimun. Mené par Samuel Pinette, Kim Fontaine et Mathieu Mckenzie, le groupe laisse toujours beaucoup de place aux solos enflammés d’Ivan Boivin-Flamand, au grand plaisir d’un public qui ne s’est pas trop fait prier pour danser le makusham (à deux reprises, svp). Faut voir le monde entrer en transe pendant Ueshama, alors que Mckenzie vient sur le parterre pour jouer du tambour au milieu du public. On a même vu quelques tentatives de moshpit (très doux) dans l’oeil du makusham, ce qui en a fait rire quelques-uns. Et sérieux, j’étais surpris de voir combien les jeunes connaissaient Tshinanau, de Kashtin, que le groupe a repris pour conclure ce magnifique set plein de magie et de bienveillance. On va applaudir chaque fois qu’on va inviter davantage d’artistes autochtones à venir chanter et danser avec nous.

Yoo II avec Nolan Potter

Par Jacques Boivin

Je vais être bref, je n’ai pas vu tout le show et Maxime en a déjà glissé quelques mots dans son article sur leur passage au Pantoum, mais oh wow, quelle claque sur la gueule, quel coup de pied au cul! Yoo II, c’est bien sûr la rencontre artistique de deux monuments musicaux québ : Yoo Doo Right et Population II. Déjà, vous pouvez vous douter que ça a joué fort et vite et que les vitres ont probablement vibré jusqu’à Alma. Ajoutez à cela l’artiste texan Nolan Potter, qui vient ajouter quelques textures de sax, de flûte et autres, et vous avez là un moment rempli de magie. Chaque note, chaque coup de batterie nous transperçaient pour chatouiller chacun de nos os. C’était complètement fou, et là je comprends pourquoi Max a failli pleurer sa vie quand il les a vus au FME l’été dernier.

Klô Pelgag

Par Jacques Boivin

Ma soirée s’est terminée en bonne compagnie, avec Klô Pelgag et son incroyable band. Venue nous dire « Abracadabra », l’artiste a commencé sa prestation avec un peu de magie et de folie, comme elle seule sait si bien le faire. Pythagore est un de ces morceaux langoureux qui viennent te mettre juste assez à fleur de peau pour te donner le goût de sautiller partout avec Klô pendant le refrain de Libre. Probablement un des débuts de set les plus efficaces auxquels j’ai pu assister. Et pis, y’a Étienne Dupré d’un bord et Lysandre de l’autre, qui sont totalement possédé.es. On s’est ensuite promené joyeusement dans le (très riche) répertoire d’une des artistes les plus complètes de notre scène musicale. Une maudite belle manière de finir ça en beauté.

Alix Fernz

Par Maxime Beaulieu

La veille, la fatigue a eu le dessus sur les afters. Pour cette dernière soirée à la Noce par contre, aucune chance que je manque le plateau double à la scène Ubisoft. C’est Alix Fernz qui lance le bal avec son post-punk toujours aussi solide. Ça ne prend pas trop de temps pour que le moshpit s’excite. J’ai vu Alix Fernz en spectacle à plusieurs reprises dans les dernières années mais c’est assurément le show le plus explosif. L’ambiance est survoltée et le band sur scène a tout autant de fun que le public. Le show passe en un éclair et ça met parfaitement bien la table pour le band suivant.  

PyPy

par Maxime Beaulieu

Durant la journée des rumeurs se sont propagées comme quoi il ne fallait absolument pas manquer l’entrée sur scène de PyPy. Je n’avais pas l’intention de manquer ça mais là ma curiosité était plus que piquée. À l’heure du spectacle, les trois musiciens du groupe sont sur scène, mais il y a une absente, la chanteuse Annie-Claude Deschênes. Une sirène retentit dans le public et des paramédics se faufilent parmi celui-ci en poussant une civière. Et bien c’est Annie-Claude qui est étendue sur la civière, bière à la main. Une des paramédics l’aide à monter sur scène afin de s’asseoir sur une chaise devant son micro. L’ex Duchess Says nous annonce avoir une entorse lombaire, mais qu’elle ne voulait absolument pas annuler sa présence à la Noce parce que c’est le meilleur festival.  

Ce serait bien mal connaître la chanteuse que de penser qu’elle resterait bien assise tout le long du show. Ça ne prend pas trop de temps pour qu’elle bondisse sur ses pattes en dansant à deux pouces de la foule. Si l’énergie était survoltée à Alix Fernz, là c’est rendu un ouragan rempli de moshpits et de body surfing. Malheureusement le guitariste Roy Vucino a quelques pépins techniques, la chanteuse en a donc profité pour divorcer des personnes à l’endroit où toute la journée des gens se sont mariés. La guitare est finalement de nouveau fonctionnelle, on repart encore plus fort. Au diable le mal de dos, Annie-Claude se retrouve au beau milieu du moshpit, elle demande même un wall of death. C’est le chaos sur le site de l’ancienne pulperie, une façon plus que mémorable de clore un festival tout autant mémorable.  

Conclusion

Par Maxime Beaulieu

C’était (enfin) ma première fois au festival la Noce. Habituellement, ça se produit durant le FEQ, je restais donc dans ma ville, c’était plus simple. Cette année, par un heureux hasard les deux festivals n’étaient pas en même temps j’ai donc pu profiter pleinement de cet événement mythique. Et quelle belle fin de semaine j’ai vécue. Le site de la pulperie est tout simplement magnifique, il faisait beau, la bière était bonne et surtout la programmation complètement sensationnelle. Il est facile de comprendre pourquoi le festival a une si bonne réputation. Mais je crois que ce que j’ai aimé par dessus tout c’est que contrairement à d’autres festivals où il y a toujours quatre ou cinq spectacles en même temps, ici il n’y en a jamais plus que deux en simultané (à l’exception de la série de show au CEM de jeudi), c’est donc possible de voir absolument tout ce qui nous chante. C’est tellement le fun de ne pas avoir l’impression de courir et faire des choix déchirants. Bref, ma première Noce a été tout simplement parfaite, j’ai définitivement le goût de revenir à chaque année maintenant, même si c’est en même temps que mes groupes préférés dans un autre festival! 

Par Jacques Boivin

De mon côté, j’en étais à ma deuxième expérience à La Noce, et ironie du sort, j’ai pu revoir quelques artistes de la programmation d’il y a quatre ans, comme Lou-Adriane Cassidy et Les Hay Babies. Comme le disait mon camarade plus haut, presque tout est parfait dans ce festival : on a le temps de profiter de la programmation, les scènes sont relativement proches l’une l’autre, même à pleine capacité, la foule n’est pas trop accablante, tout est fait pour que les noceurs et les noceuses passent un excellent moment. Un festival créé par des humains pour des humains, qui a trouvé sa vitesse de croisière et qui semble vouloir maintenir le cap tout en améliorant chaque fois l’expérience pour les personnes qui ont payé leur billet (un des meilleurs deals en ville, en passant).

Je suis ressorti du site le sourire aux lèvres, la tête pleine de souvenirs, et surtout, mon nouveau hit de l’été bien vissé dans le crâne : « Merci, meeeeeeeeeerci, merci, merci aux commanditaires! » Bravo Joël Martel, ta toune de remerciement devrait se retrouver sur Bandcamp, je l’achèterais!

Parlant de remerciements, nous aimerions dire un gros merci à l’équipe de La Noce de nous avoir accueillis et hébergés. C’était ben blood!

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