Le Winston Band

Par Maxime Beaulieu
Malgré les premières gouttes de pluie du festival, Le Winston Band est arrivé sur scène gonflé à bloc avec sa musique louisianaise ensoleillée. La formation basée à Montréal a vraiment le don de faire lever le party même par les journées les plus grises. Les cinq amis nous ont entre autres proposé des chansons de leur récente galette « Attention, c’est chaud! » dont le sublime banger Le bateau de Jérémy. Le groupe avait préparé quelques chorégraphies pour le public, bien que celui-ci était un peu maigre vu la météo, il a embarqué à fond et la place de l’Assemblée-Nationale était un véritable plancher de danse. C’est impossible de ne pas avoir le sourire aux lèvres en écoutant Le Winston Band, ça débutait tellement bien la soirée.
Sensei H

Par Maxime Beaulieu
Tout comme Erika Hagen à la Place George-V il y a quelques jours, il y a vraiment une grande fierté que de voir une artiste d’ici comme Sensei H monter sur une scène du FEQ et pas n’importe laquelle en plus, l’immense scène des Plaines. C’est un secret pour personne nous lisant régulièrement, on tripe sur la musique de Sensei H depuis ses débuts. On l’a vu évoluer, douter et grandir devant nos yeux. Pour ce gros show elle avait mis le paquet avec une formule full band des plus exceptionnels. C’est sûr que la majorité du public n’était pas là nécessairement pour elle, mais il est évident que Sirine s’est fait des nouveaux fans grâce à ses solides textes livrés avec passion. Personnellement du moins, je me faisais un plaisir de chanter les refrains et quelques verses à tue-tête entre deux photos! Un moment qui est passé beaucoup trop rapidement, mais dont on va se souvenir longtemps.
Souldia

Par Maxime Beaulieu
Un rêve de gamin qui se concrétise, Souldia s’offrait les Plaines en formule carte blanche. Autant de pyrotechnie que tous les plus gros shows des Plaines au fil des ans, le rappeur de Limoilou a vraiment voulu donner tout ce qu’il avait pour ce spectacle tant convoité. Il est apparu surpris par la quantité de personnes qui s’étaient déplacées pour le voir, ne manquant pas de remercier le public à de nombreuses occasions. Une liste d’invité.es hallucinante s’est succédée pour faire de cet évènement probablement le plus gros show de rap queb de l’histoire.
Daltonists, Patche et Tukan

Par Jacques Boivin
C’est tellement rare qu’on ait une soirée où le fil conducteur prend aussi peu de détours pour faire vivre la même ambiance du début à la fin que j’ai décidé de parler de ces quatre heures passées au BIERGARTEN de la scène Crave dans un seul bloc plutôt que de de faire des p’tits paragraphes individuels pour chaque groupe. On était clairement dans un univers instrumental et expérimental de musiques électrorganiques et dansantes, et ce, du début à la fin.
Le premier groupe, Daltonists, est originaire de Pologne. Plus jazzé que les deux autres, le trio ne perd pas une minute et nous met dans une ambiance feutrée où chacun des membres (Roman Wróblewski aux claviers, Jacek Rezner à la batterie et l’énergique orz à la basse) y va de son petit tour de magie. Le groupe nous a transporté dans l’univers de « gradient », qui ne contient que des pièces portant des noms de couleurs (ou de dégradés), ce qui est un brin ironique quand le nom de ton band se traduit en français par « daltonien ». Pourtant, les couleurs sont bien présentes, précises et très vives, les rythmes changent selon les pièces, ici y’en a une qui se rapproche d’une samba endiablée parfaite pour le carnaval, là on nous propose quelque chose de plus tribal, on ajoute une petite touche de psych avec les claviers, tout ça donne un très joli dégradé en arc-en-ciel qui nous a bien réchauffé pour la suite des choses. Un autre beau coup de la part de l’équipe de prog du FEQ!

De la Pologne, on fait un petit détour par Montréal, camp de base du quintette Patche, probablement le plus expérimental des groupes de la soirée, mais son mélange d’électro et de krautrock était tout aussi parfait pour nous donner des fourmis dans les jambes. Surtout, on pouvait apprécier tout le travail de ces cinq musiciens qui mélangent les sons issus d’instruments organiques (basse, batterie, harmonica) et ceux provenant directement de claviers, de synthés et de séquenceurs, tout ça pour former un tout ma foi fort harmonieux et entraînant. Les pièces se construisent sous nos yeux, lentement, mais sûrement, pour prendre leur envol à la fin. À ma grande surprise, il y avait un grand nombre de curieux pour écouter la proposition des Montréalais, et ceux-ci sont restés jusqu’à la toute fin, preuve que l’offre a plu.

Enfin, de Montréal, on a repris l’avion (au sens figuré, là), cette fois pour s’arrêter en Belgique avec le quatuor Tukan. Ceux-là aussi, on les connaissait déjà, les ayant vu à quelques reprises (dont cet hiver au Pantoum, où ils avaient offert une prestation incroyable). Et dire que j’avais hâte de les retrouver serait un euphémisme. Si j’utilisais le terme « électrorganique » pour parler de la soirée, du côté de Tukan, il faudrait plutôt utiliser le terme « électrorgasmique », parce que les chansons du groupe utilisent une formule simple, mais efficace : on monte lentement jusqu’à l’extase, puis on recommence après un petit moment de répit. Les textures s’installent une à la fois, s’imbriquent pour former des couches parfaitement savoureuses, puis juste au moment où on se dit que c’est donc ben bon, ça, tout explose, tout se libère, et il ne reste plus qu’une chose à faire : danser sa vie. Je savais que je n’allais pas être déçu, et diantre, je suis reparti de là avec le sourire fendu jusqu’aux oreilles.
Tellement que je me demande si je remets ça ce soir, parce que Tukan joue de nouveau, cette fois en after (23 h 30) au Manège militaire. On verra comment je me sens après Patrick Watson!
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