Le Festif, jour 2 : réapprivoiser la normalité

Paraît que quand je dormais mercredi soir, ça a brassé au show d’Alaclair Ensemble. Banal, me direz-vous. Oui, un show des minces bas-canadiens qui brasse, c’est tout à fait normal. C’est le contexte qui l’est un peu moins.

Mais bon. Un jour à la fois, au Festif, on réapprend à vivre normalement, à côtoyer des gens de plus près que dans un Costco bondé et à distribuer les « elbow bumps ».

Ce sentiment de normalité, on l’a ressenti toute la journée de jeudi. Que ce soit au quai ou au parc du Gouffre, on oubliait presque qu’on venait de passer un an et demi confinés, masqués et stressés. Et les rues de Baie-Saint-Paul étaient noires de monde.

Un public un peu moins « sur la brosse » que d’habitude, peut-être, mais un public qui avait envie de faire la fête néanmoins.

The Franklin Electric

The Franklin Electric – Photo : Jacques Boivin

Ce bonheur de retrouver le quai de Baie-Saint-Paul et sa vue buccolique, son air salin et son public de mélomanes aguerris. La place était pleine jusqu’au fond, et on se dit que les groupes qui ont joué ailleurs jusqu’à maintenant ont dû pogner de quoi en voyant une foule aussi compacte (on pouvait quand même aisément circuler aisément entre les spectateurs, pour les personnes qui s’inquiéteraient encore du maudit virus).

C’est la deuxième fois qu’on voit la bande à Jon Matte en un peu plus d’un mois, et tout ce qu’on avait dit à propos du groupe au Festivoix s’applique ici aussi. Même programme à peu de choses près, y compris une ouverture touchante avec Never Look Back. Même douce énergie de la formation qui invite le public à hocher doucement de la tête et à tanguer de tous les côtés. Même voix beaucoup trop juste de Matte qui connaît son registre et l’exploite à sa pleine capacité. Mêmes petits mots doux en français de la part de Matte, qui nous a expliqué qu’ils étaient beaucoup plus habitués de se prendre une téquila qu’un café avant le show, mais là, heure oblige…

The Franklin Electric a profité de l’occasion pour nous présenter quelques nouvelles chansons qui figureront sur un album qui paraîtra en septembre. À suivre!

Comment Debord

Comment Debord – Photo : Jacques Boivin

Ouin, ils ont des grandes cours à Baie-Saint-Paul!

Joanne a invité l’équipe du Festif à programmer quelques shows dans sa maintenant célèbre cour. Le premier groupe cette année? Mes prefs, mes chouchous, mes groovy au coeur d’or, mon jam band des grandes occasions, Comment Debord.

Bien assis sur des beanbags et sur des chaises de patio colorées, les spectateurs ont pu apprécier l’énergie groovy du septuor montréalais, dont le programme était composé de pièces de l’excellent album homonyme paru en septembre dernier, ainsi qu’une paire de nouvelles chansons qui ne dérouteront pas les fans de la première heure (la plupart tombés amoureux du groupe ici, à Baie-Saint-Paul, pendant le Cabaret Festif de la relève de 2019).

Cette petite bande a de l’énergie à revendre. Fallait voir Karolane Carbonneau et Rémi Gauvin s’échanger des sourires en même temps que les riffs, Lysandre Bourdages s’énerver sur ses bongos, Étienne Dextrase-Monast exciter la foule tout en faisant groover tout le monde avec sa basse magique, Alex Guimond torturer sa magnifique voix avec toutes sortes d’effets (sauf sur Bay Window, qui m’a encore donné le motton au refrain – le plus beau truc post-pandémique qu’on puisse entendre), Willis Pride se faire aller les doigts au piano et aux claviers et le batteur qui remplaçait Olivier Cousineau (qui est quand même venu chanter l’énergique Chandail principal) aussi bien que Cousineau lui-même. Les regards et les sourires s’échangent, le public réagit à la moindre envolée musicale, on capote au moindre solo de Karolane (qui se permet même quelques notes de Guns n’ Roses sur une des nouvelles chansons, ce qui a fait rire ses camarades).

Un joyeux bordel pleinement contrôlé, une ambiance festive qui remet un peu de soleil et de bonne humeur dans nos faces.

Ça fait du bien.

Beyries

Beyries – Photo : Jacques Boivin

Ça faisait un bout que je n’avais pas vu Beyries. Son premier album, Landing, m’avait pas mal marqué, mais je suis un peu passé à côté d’Encounter et de son EP To Love Somebody paru plus tôt cette année.

On était dus pour des retrouvailles.

La talentueuse autrice-compositrice-interprète n’a pas pris de temps pour me séduire de nouveau grâce à sa grande aisance, à sa voix douce (qui a un petit côté rassurant) et à sa belle équipe de musiciens, où on retrouve, entre autres, André Papanicolaou, ce qui est bon signe pour les amateurs de guitare.

On s’est donc promené dans le répertoire de Beyries. Apprécié les moments plus doux comme les plus intenses. Écouté religieusement celle qui pourrait calmer la colère de tout un pays juste en nous chantant ses chansons.

J’ai trippé sur les chansons plus récentes, qui ont un peu plus de mordant que celles de Landing (même un brin réarrangées). À mon avis, un nouveau rendez-vous sera nécessaire (heureusement, elle vient à l’Impérial Bell le 23 octobre – je pense que je vais aller y faire un tour).

Maude Audet

Maude Audet – Photo : Jacques Boivin

Accompagnée de Mathieu Charbonneau, Maude Audet est venu présenter au public les chansons de ses deux plus récents albums (Tu ne mourras pas et Translations). Pas besoin de vous dire qu’on s’est laissés porter par la douce voix et la poésie irrésistiblement « in your face » de Maude, qui s’est même permis un peu d’autoharpe.

Un spectacle malheureusement trop court. On aurait aimé avoir le temps de revisiter un peu plus de vieux stock. Ça sera pour une prochaine fois!

Louis-Jean Cormier

Louis-.Jean Cormier – Photo : Jacques Boivin

Monsieur « Chantons nos émotions en choeur » était fort attendu, c’est le moins qu’on puisse dire. La foule s’est massée près de la scène pour voir son auteur-compositeur-interprète préféré. L’ambiance ressemblait vraiment à celle d’un show NORMAL, d’une communion comme celle qu’on voit chaque fois qu’on voit Louis-Jean Cormier.

Ça a commencé fort, avec la magnifique Le large du non moins magnifique Le ciel est au plancher, un album qui nous ramène le Cormier des belles années de Karkwa. On sent qu’elle fait de quoi à l’artiste, celle-là. Il devait penser très fort à son père en la chantant (et en chantant les autres pièces de ce fort joli disque).

Si le programme était passablement axé sur les deux derniers albums (composés au piano), Cormier a aussi revisité quelques-uns de ses vieux succès, réarrangés pour l’occasion. C’est que voyez-vous, le bon vieux chum François Lafontaine est là avec ses claviers, et quand on sait ce qu’il est capable de faire avec sa quincaillerie, on n’a pas de mal à s’imaginer que les chansons qui étaient autrefois axées sur la guitare allaient prendre une toute autre direction.

St-Michel était totalement méconnaissable. Ça ressemblait même un peu à du Galaxie smooth avec ses claviers et… un solo pas mal endiablé de Louis-Jean. Non, Cormier n’est pas Langevin, mais c’était pas moins plaisant.

Une communion totalement réussie, somme toute. Et si je me fie à ce que j’entendais de ma tente en fin de soirée, ça a communié fort aussi à la deuxième représentation.

Y’a tu quelque chose de plus normal qu’un paquet de monde qui chante en choeur avec Louis-Jean Cormier?

Voilà. La COVID peut aller se rhabiller.

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