FME – 29 août au 1er septembre 2019

Laurence-Anne – Photo: Gabriel Potvin Caissy

Quelque peu fatiguée des huit heures de route me menant de Montréal à Rouyn-Noranda, je débarque enfin dans la ville qui s’enflammera pour une 17ème année consécutive (!!!) sous les feux du Festival de Musique Émergente, qui deviendra bien vite dans mon coeur une de mes périodes préférées de l’année. Événement unique en son genre, on ne sait trop ce qui nous fait tomber sous le charme du FME; la beauté des paysages de l’Abitibi? La rareté des artistes qui y performent? Ou est-ce un peu de tous ces éléments qui font de ces quatre journées un souvenir à se raconter entre pros, médias et festivaliers? Allumez les projecteurs, la lumière se pose maintenant sur futures découvertes, coups de coeurs et soirées arrosées à papoter de musique underground…Bon FME!

Marilou Boutet

Après avoir avalé des cochonneries alcoolisées lors de notre trajet de bus, nous arrivons finalement dans le centre-ville de Rouyn-Noranda. Point de rencontre pour tous médias/artistes désirant se gaver, la maison en sol mineur (fa # pour les intimes) ouvre ses portes, mais surtout son bar. Dire que le FME débute sur les chapeaux de roues n’est clairement pas un euphémisme…

Personnellement, j’ai constaté l’été dernier l’ampleur du FME. Le FME est un exercice pour démontrer l’amour qu’on peut donner à un festival, à une ville et à des collègues en or. Notre compte-rendu ou journal déconstruit juste ici!

Gabriel Tremblay

Jeudi 29 août

Le Roi Angus – AGORA DES ARTS / 20 h

Le Roi Angus – Photo : Gabriel Potvin Caissy

C’est l’approche d’une ambiance vintage qui nous indique que Le Roi Angus débarque sur scène. Peut-être quelque peu intimidés par ce premier concert au Canada, les cinq jeunes hommes genevois qui composent le groupe saluent timidement la foule pour progressivement se détacher de plus en plus de leur cocon et laisser leur musique exploser à travers l’Agora des Arts, qui s’avère être une salle située dans l’église de la ville. Ils nous chuchotent des secrets parlant d’amour, de sable et d’étoiles, sous un ton groovy et smooth (ça sonne mieux en anglais!). Je retiens de ce groupe des guitares qui surplombent une ambiance vaporeuse, le goût d’une sensualité électrique et une église qui tourne au diable. Coup de coeur pour Martin Casimir Admonk, chanteur du groupe qui, de par son timbre, semble raconter un secret à mi-voix.  

Marilou Boutet

Jeanne Added – SCÈNE EXTÉRIEURE DESJARDINS / 20 h

Jeanne Added – Photo: Gabriel Potvin Caissy

Vous la visualisez, cette fameuse scène du film où la protagoniste réalise finalement son rêve de devenir vedette de chant, avec un gros plan d’elle qui chante et danse sur scène avec une énergie envoûtante, avec évidemment la pluie qui donne tout son effet dramatique? Ce jeudi, la fiction est devenue réalité grâce à Jeanne Added, qui a charmé la foule par son aura mystérieuse et impressionnante. C’est à se demander si la pluie n’était pas prévue pour faire de ce spectacle un moment magique! La chanteuse nous a transmis directement ses émotions qui l’habitaient férocement, yeux vers les nuages, mains qui pointent au ciel, yeux fermés et poing serré au micro. Définitivement, nul doute qu’elle est née pour la scène. Il s’agissait de sa deuxième apparition au FME, toujours avec cette attitude de Women power et avec l’élégance sophistiquée des musiciennes qui l’accompagnaient. Sa voix, très impressionnante, a gardé la même justesse tout au long du spectacle, qui n’a que confirmé son oreille musicale hors-pair. Cette soirée-là, le public n’a pas dansé malgré, mais bien en symbiose avec la pluie.

Marilou Boutet

Une des découvertes les plus marquantes de mon FME est clairement le premier groupe à se rendre jusque dans nos oreilles: Jeanne Added. Appel à tous les fans de Portishead, Young Galaxy ou Austra, Jeanne Added est une version ténébreuse de Florence + The Machine. 

Sous une pluie battante semi agréable, l’électro-pop sombre de la française est un réel délice auditif. Accompagnant sa voix chaude et tellement nette, elle se déhanche de façon saccadée aux quatre coins de la scène extérieure. Constat post-spectacle: elle aura principalement enchaîné les morceaux de ces deux derniers opus, « Be Sensational » (2015) et « Radiate » (2018). Clairement, on ajoute Jeanne Added à notre liste de lecture pour le voyage de retour!

Gabriel Tremblay

Les Soeurs Boulay – AGORA DES ARTS / 21 h

Les Soeurs Boulay – Photo: Gabriel Potvin Caissy

Le froid se faisant de plus en plus ressentir à la tombée de la nuit, quoi de mieux pour se réchauffer le corps et le coeur que les voix que tous connaissent si bien: celles des Soeurs Boulay? Toujours en une symbiose vocale impressionnante, les deux femmes sont des plus charismatiques et semblent ne former qu’une. La foule était très enthousiaste de faire partie de cette boule d’amour qu’a le don de créer le duo, qui a d’ailleurs profité de l’ambiance accueillante du festival pour lancer, une semaine à l’avance, son troisième album. Au final, même si le groupe ne tombe pas particulièrement dans ma palette de goûts musicaux, j’ai eu le plaisir d’observer deux soeurs tripper sur scène devant un public qui connaissait sur le bout de ses doigts chacune des paroles de leurs chansons. Doux moment.

Marilou Boutet

Tannés de la flotte, nous trouvons refuge auprès de Mélanie et Stéphanie Boulay, qui nous rockent un peu le toupet en essuyant quelques larmes au passage. Si on délecte des pièces marquantes de la discographie des Soeurs Boulay comme Mappemonde,  Ôte-moi mon linge ou Fais-moi un show de boucane, on retiendra (ok juste moi) surtout leurs invitations à partager nos rêves avec elles. Sur Instagram, quelques amateur.e.s se prêteront au jeu, moi le premier. Stéphanie fera bien rire le nostalgique-mélodramatique au coeur brisé qui vous sert de rédacteur. Bref, un doux moment mariné à la sauce tendresse.

Gabriel Tremblay

Millimetrik – 7e RUE / 23 h

Au détour d’un coin de rue, je tombe par hasard sur le spectacle du duo Millimetrik, qui joue alors sur une petite scène mais dont le public semble totalement emporté par la musique. Je découvre un univers à la fois électro, psychédélique et futuriste. Mes oreilles raffolent, ayant un bref souvenir de Polo & Pan et de Tash Sultana, groupes que je chéris particulièrement par leurs contrastes entre l’électronique et les paroles à l’essence de nature. Des rythmes variés, sous une ambiance envoûtante dûment méritée par l’énergie puissante et constante que le groupe a donné à la foule, plus allumée que jamais. Comme un jeu d’enfant, le percussionniste faisait tourner à 360 degrés ses baguettes entre ses différents coups. Je me souviendrai de Millimetrik comme d’une force spirituelle qui nous a tous fait danser et rêver. Coup de coeur pour la composition Zia, que nous avons eu la chance d’entendre à leur rappel.

Marilou Boutet

Ellemetue – CABARET DE LA DERNIÈRE CHANCE / Minuit

Ellemetue, c’est la proposition d’un univers étrange qui, à première vue, crée en nous un sentiment de malaise, mais nous attire à coups de chants de sirènes possédées. Je m’avance à l’avant-scène pour saisir au maximum l’énigme punk de Ellemetue. Je découvre d’abord Mingo l’Indien, ex des Georges Leningrad, qui manie la guitare telle une bête à contrôler. Puis, comment ne pas être absorbé par Nunu Métal au chant, qui semble parfois dire du charabia, parfois lire de la poésie, en plus de contrôler le clavier psychotronique (ou est-ce le clavier qui la possède?). Le duo nous englobe dans un monde surtout instrumental, alors que même la voix est là pour la beauté de la sonorité des mots. Nunu descend ensuite de la scène, effrayant les auditeurs qui tombent dans le piège machiavélique de ses yeux fixateurs. On embarque malgré tout dans leur ondes électro-pop expérimental, sous le décor funky du Cabaret de la dernière chance qui ressemble à un bric-à-bras d’où pendent des gants de boxe du plafond. Probablement mon spectacle préféré de cette première journée de festivités, que je qualifierai de cauchemar instrumental.

Marilou Boutet

Un spectacle pour enfants puis dodo

On ira faire un léger détour à Kid Kouna question de jouer aux adulescents avant de se coucher, disons-le, à une heure plutôt raisonnable.

Gabriel Tremblay

Pour lire la suite des aventures de notre équipe au FME, tourne la page!

Laisser un commentaire

Votre adresse courriel ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *