Festival de musique émergente en Abitibi-Témiscamingue – Compte rendu, 30 août au 2 septembre 2018

Karkwatson – Photo : Jacques Boivin

JOUR 3 – Samedi 1er septembre

The Blaze Velluto Collection

The Blaze Velluto Collection – Photo : Jacques Boivin

Samedi midi, après un bon déjeuner consistant et un petit remontant, on s’est dirigé dans un climat pluvieux vers le show de Blaze Velluto Collection qui était déplacé à l’intérieur pour éviter les intempéries. On a été bien sûr bien surpris de voir Jean-Étienne Collin-Marcoux à la batterie, sachant qu’il jouait la veille à Québec… le public, surtout constitué de familles et de quelques combattants émergents tranquillement de leur lendemain de veille. Un bon moment pour se réchauffer les oreilles pour la longue journée qui nous attendait.

Le rock garago-psychédélico-country-folk des Blaze était absolument parfait pour ce début d’après-midi : une musique entraînante, pas trop dangereuse pour les oreilles des enfants (après tout, c’était un show familial) et une bande de musiciens plus réveillés que la moitié du parterre… et des enfants bien sages qui écoutaient pas mal plus que certains de leurs parents. Notre relève est assurée! (LSP+JB)

Corridor

Corridor – Photo : Gabriel Tremblay

Après le rock familial de Blaze Velluto, le FME voulait qu’on se réveille, car la formation Corridor est venue présenter son rock aux saveurs psychédéliques devant une foule encore un peu amorphe, mais reprenant tranquillement vigueur. Les sons de guitares perçantes ont fait danser plus d’un enfant sur cette musique presque enivrante dû à ses longues formes répétitives qui nous emmènent presque en transe. Message à tous les parents qui emmènent leurs enfants dans un spectacle : s’il vous plaît, protégez les oreilles de vos enfants. J’ai vu trop d’enfants sans protection auditive et ça, c’est non. (LSP)

Jérôme 50

Jérôme 50 – Photo : Jacques Boivin

C’était un 5 à 7 déchirant, on voulait à la fois voir Les Louanges, attraper Babylones et voir notre ti-gars de Québec (tss, tas, L’Ancienne-Lorette!). En bon chauvins que nous sommes, on a décidé d’aller voir Jérôme 50 et son band de feu (Kenton Mail à la batterie, Marco Noël à la basse et le jeune bum Simon Kearney à la guitare). Notre slacker préféré nous a d’abord fait chanter ses chansons de camp de vacances avant de continuer avec ses chansons de college dropout qui ont fait sourire plus d’un. Jérôme a fini son set en laissant Simon Kearney (qui portait son plus beau sac à dos sur ses épaules) faire une de ses chansons. (LSP)

Devinez qui joue à Saint-Roch XP le 15 septembre prochain… BEN OUI, C’EST JÉRÔME! TROIS FOIS, GRATUITEMENT!

Camaromance

Camaromance – Photo : Jacques Boivin

Quelle belle idée que de mettre Camaromance en première partie de Karkwatson, question de faire découvrir ce magnifique projet au plus grand nombre! La belle folk de Martine Groulx et ses acolytes (auxquels se sont ajoutés Olivier Langevin et Pierre Fortin comme duo de guitaristes de feu) était parfaite comme mise en bouche. Des chansons aussi personnelles qu’universelles, interprétées par une Groulx visiblement plus à l’aise qu’au Festif (ça aide, quand tes petits gars te backent au lieu de t’enterrer dans le chapiteau d’à côté). Évidemment, les guitares additionnelles ont ajouté une couleur et une texture aux chansons déjà magnifiques de Chasing Clouds, le plus récent (excellent) album de Groulx.

À l’avant-scène, Groulx, une petite boule d’émotion, te chante ça les yeux fermés, avec le plus beau sourire du monde. Et comment ne pas craquer pour Martine (la pièce), ce blues-rock frissonnant écrit par un certain Francis Faubert? Ça pouvait ben applaudir à tout rompre à la fin de la prestation. Un de mes plus beaux moments du week-end, passé avec des gens que j’adore. (JB)

Karkwatson

Karkwatson – Photo : Jacques Boivin

Gabriel : Dix ans se sont écoulés depuis cette tournée devenue mythique. La dissolution de Karkwa a rehaussé le statut de pilier dont le groupe jouissait déjà. Sans rien enlever aux douceurs de Patrick Watson, le manque flagrant de morceaux de Karkwa laisse planer une mince déception malgré la magie de ce concert. Into Giants à 4 autour du micro est un moment sublime.

Vivre Karkwatson, Vive Karkwatson!

On va se le dire, je suis venu au FME principalement pour voir ce spectacle. Depuis le retour non assumé de Karkwa (spectacle de financement de Petite-Vallée et La Noce) que je bave d’envie de revoir la formation qui a marqué ma génération en plus d’avoir marqué l’histoire de la musique francophone au Québec. Et là, quand le FME annonce que le groupe mythique se joindra à Patrick Watson et sa bande pour recréer le fameux Karkwatson d’il y a dix ans, il fallait que je brave le 11h de route pour voir ce spectacle.

Louis-Solem : C’est avec une émotion palpable que le public a accueilli le supergroupe, les oreilles et le cœur ouvert, prêt pour la chirurgie. Avec ses mains délicates, docteur Watson a entamé les premières notes de Close to paradise qui s’est transformé à mi-Chemin en Le Compteur. Mi Karkwa, mi Watson, les deux formations voulaient se partager le terrain de jeu et cette ouverture magistrale le démontrait parfaitement. Se succédant à tour de rôle et jouant parfois tout le monde ensemble, cette brochette de musiciens nous a donné l’impression d’un gros jam familial, pour tripper entre eux autres. Karkwa a pour sa part interprété principalement les chansons de son ultime opus, Les chemins de verre alors que Patrick Watson a revisité des vieux classiques pour notre plus grand bonheur. Merci, merci, merci au FME pour nous avoir permis de vivre ce moment inoubliable.

FouKi

Du plateau hess jusqu’à Loin-Noranda, FouKi et QuietMike répandent la Zayté sur leurs passages. La scène extérieure est bondée d’amateurs de rap québécois prêts à sauter partout devant la coqueluche montréalaise. Avec son dernier EP tropical Zayté, l’ambiance festive est à son paroxysme en cette soirée pluvieuse. Makeup coulée, Kankan fumé, verses balancés, la deuxième soirée hip/hop amorcée par Léo Fougères est massivement réussie.

Avec son fidèle acolyte silencieux, FouKi captive la foule de brillante façon en alternant entre ses trois albums, de iii à Gwap en passant par Actifs. Cri de ralliement pour fumeurs, non-fumeurs et les adorateurs de la vie, la décadente Gayé termine un autre chapitre du mouvement Zay. (GT)

Loud

Une gigantesque tape dans le dos au FME d’avoir aligné FouKi et Loud en double plateau.

«Personne osera parler d’année record après celle-là» – Simon Cliche-Trudeau

Si vous me lisez, vous savez que je connais le «padre du rap jeu» sur le bout de mes doigts. Loud est littéralement partout depuis près d’un an et les occasions de le voir sauter sur les planches sont nombreuses. Voici une dernière occasion, pour moi, de le voir avant la fin de l’année.

Dans son fidèle jacket OFFICIEL, Loud rassasie une foule survoltée avec les multiples succès d’Une Année record et New Phone. Accompagné de son éternel beatmaker Ajust, le mcd’Ahuntsic régale les fanatiques avec les Nouveaux riches virale, Toutes ces femmes savent danser radiophonique et TTTTT introspective. Évidemment, la cerise sur le sundae est d’une valeur de 56 000$, jouée en rappel.

Selon les ouï dires, il s’agit de l’assistance la plus élevée du FME. Un recordman dans tous les sens! (GT)

Yonatan Gat and the Eastern Medicine Singers

Yonatan Gat and the Eastern Medicine Singers – Photo : Jacques Boivin

Le moment vécu entre collègues au spectacle de Yonatan Gat and the Eastern Medicine Singers est indescriptible. L’harmonie créée entre la formation israélo-newyorkaise et cette tribu algonquine du Rhode Island relève de la sorcellerie. Tous en cercle autour d’eux, les plus captivés d’entre nous sont probablement encore sous le choc au moment où j’écris ces lignes. Une fois l’expérience achevée, on se sert dans nos bras et remercie les membres du groupe pour ce spectacle hors du commun. Sans contredit, ma prestation saisissante du FME. (GT)

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