Choses Sauvages – « Choses Sauvages »

Choses sauvages
Choses sauvages
(Audiogram)

Ils étaient insaisissables depuis trop longtemps, ces musiciens de Montréal qui savaient enflammer les foules avec leur funk-disco-punk-planant à la fois accrocheur et intrinsèquement singulier. Aujourd’hui, Choses Sauvages révèle enfin son vrai visage, celui qui figure dans les dix titres de son tout premier microsillon.

Du palais des erreurs à Damoclès, le groupe nous fait voyager au cœur de la nuit dans une forêt pavée de rêves, de cauchemars, d’espoirs et de désillusions. Le soleil meurt lentement et laisse place à la lune, qui a la part belle dans la première pièce. Mais si un monde s’endort, un autre se révèle, tour à tour enivré – comme sur La valse des trottoirs – et mélancolique, comme l’est sans doute Ariane. De nombreux thèmes y passent : violence, vie, mort, romance, déception, lucidité… Mais surtout, les images qui les transmettent sont à la fois frappantes (Damoclès) et originales (Fond d’écran).

La musique, elle, encense ces thématiques. Ou plutôt, elle constitue l’essence irrésistible de ces pots-pourris d’images. Tel qu’il l’avait démontré maintes fois sur scène, le groupe a su équilibrer savamment ses compositions afin de donner un visage aérien à leur solide base rythmique : le grooveLe palais des erreurs en est un bon exemple : sur un fond imprégné d’RnB, la voix puis la flûte traversière du chanteur s’envolent et planent vers des mélodies d’une étrange beauté. Sur d’autres pièces, comme Cœur de pierre, le disco rencontre plutôt des sonorités flirtant avec la musique psychédélique.

Si Choses Sauvages navigue entre les styles sur son album, le groupe joue aussi dans différentes gammes d’intensité. En effet, on peut y percevoir certains passages comme de douces accalmies alors que d’autres semblent déployer une énergie contagieuse. À ce titre, Hualien se démarque et l’on y trouve d’ailleurs quelques traces évidentes de l’influence – parmi tant d’autres, telles que CHIC et LCD Soundsystem – de Jimmy Hunt et Chocolat.

Si l’on devait résumer tout l’album à un seul mot, il faudrait le qualifier de chimère, cette étrange créature qui fait vivre, étrangement combinées, les qualités d’autres choses sauvages. C’est indéniablement un amalgame, celui des influences et des contributions variées des cinq membres du groupe composant à dix mains. Dans l’ensemble, qui plus est, le mélange est réussi et les transitions sont fluides la plupart du temps. Les dix titres filent en vitesse et nous donnent envie de les réécouter en boucle. Un solide premier album!

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