Festival de musique émergente en Abitibi-Témiscamingue – Compte rendu, 30 août au 2 septembre 2018

Karkwatson – Photo : Jacques Boivin

JOUR 1 – Jeudi 30 août

Nous sommes arrivés un peu serrés pour voir Random Recipe (qu’on a en masse eu la chance de revoir) et Nakhane. Ce n’est que partie remise!

Hubert Lenoir

Hubert Lenoir – Photo : Gabriel Tremblay

Ce n’est pas la route 117 parsemée d’embuches qui stoppera le baron bandit. L’Agora des arts était son lieu de culte en cette première soirée du FME. Comblant ses fanatiques de Rouyn-Noranda, notre icône marginalement glamour de Québec s’éclate en déclinant Darlène.

Mine de rien, on commence à connaître la formule du Hubert Lenoir national. Succès viral, l’agréable ver d’oreille Fille de Personne II est chanté de bout en long par la foule. Outre l’interprétation des excellentes pièces comme J-C, Recommencer ou Ton Hôtel, la folie scénique est déjà sa marque de commerce. Ce spectacle de Lenoir, c’est une escalade au balcon, une dose de body surfing, des amateurs dansant sur la scène et de la bière lancée, mais c’est aussi de foutus bons musiciens qui lâchent leur fou.

Saluons au passage Lou-Adrianne Cassidy, les frères Martel, André Larue et Olivier Beaulieu. Suite à son habituelle dénonciation des conventions générationnelles, Si on s’y mettait est plus qu’appropriée. Un spectacle réglé au quart de tour alliant audace et minutie. (Gabriel Tremblay)

Hubert Lenoir sera la tête d’affiche de la dernière Nuit FEQ de l’année (21 décembre) à l’Impérial Bell. Les billets (seulement 15 $) sont en vente à la billetterie et sur le site Web de l’Impérial.

The Brooks

The Brooks – Photo : Jacques Boivin

À peine arrivé à la grande scène extérieure, j’entends le funk festif de la formation montréalaise The Brooks, mené par la voix indubitablement soul d’Alan Prater. Pas besoin de vous dire que l’envie de me déhancher me prend. S’il faisait froid à mon arrivée, il ne fait aucun doute que les Brooks ont fait monter le thermostat de quelques degrés avec leurs mélodies accrocheuses et leurs rythmes entraînants. Profitant de l’occasion pour jouer quelques chansons de leur plus récent maxi intitulé Freewheelin’Walking, les Brooks ont assuré, y allant même d’une bataille de cuivres assez impressionnante. Êtes-vous surpris si je vous dis que les Brooks sont repartis de Rouyn-Noranda avec quelques centaines de fans de plus?  (Jacques Boivin)

Vous voulez voir The Brooks à Québec? Ça tombe SUPER bien. La formation sera à l’Université Laval le 12 septembre prochain dans le cadre du Show de la rentrée. Et c’est GRATUIT!

Les Hôtesses d’Hilaire

Les Hôtesses d’Hilaire – Photo : Jacques Boivin

En sortant de L’Agora, on se dirige tranquillement vers le lounge Hydro-Québec situé à trois, quatre enjambées. En attendant l’opéra-rock en novembre, régalons-nous d’un des derniers spectacles « réguliers » de nos chouchous acadiens. Imaginez-vous les Hôtesses et Serge Brideau dans nos faces (littéralement) sous un patio aménagé le long d’une ruelle. Les porte-étendards du tricolore étoilé amorcent les festivités avec panache sur Regarde-moi.

Traumatisant ou émoustillant la photographe à côté de moi en montrant ce qui se cache sous sa robe, on constate l’énergie débordante de l’ami Brideau. Le rock socio-psychédélique envoûtant se poursuit avec Superchiac Baby et une démonstration lexicale tordante de Maxence Cormier. Quelques parcelles de la dernière expérience « Viens Avec Moi » se faufilent dans le spectacle, comme Post ta Shit et All in the Bus. D’ailleurs, on conseille fortement d’embarquer dans le bus sonore-démentiel des Hôtesses d’Hilaire.

All in the Bus !!! Cali** de Bus !!! (Gabriel Tremblay)

On s’en voudrait de ne pas mentionner que Les Hôtesses d’Hilaire seront à l’Impérial Bell le 15 novembre prochain pour nous présenter leur magnifique opéra-rock Viens avec moi avec plein d’artistes invités. Ça va être magique, comme les champignons. Billets en vente sur le site de l’Impérial Bell.

Klaus

Klaus – Photo : Jacques Boivin

Difficile de ne pas placer d’attentes quand des musiciens d’exceptions comme Joe Grass, François Lafontaine et Samuel Joly s’unisse pour un projet prog-expérimental. Avec seulement trois morceaux parus, il est difficile de se faire une tête. Voilà que ce spectacle intime au Cabaret de la Dernière Chance est une maudite belle occasion de goûter à l’album prévu pour le 7 septembre.

Les longues répétitions dans les percussions, les variations synthétisées, le fuzz dans la guitare, les voix éthérés, tout y est. Mis à part quelques cassures aux tendances garage-stoner comme sur Blue Telephone, nous avons l’impression d’assister à une épopée progressive sans fin.

P.S, J’ai rarement vu une relation d’amour aussi intense entre un homme et son clavier. Merci François Lafontaine ! (GT)

Anatole

Anatole – Photo : Jacques Boivin

Quatre semaines avant de lancer Testament (un christie de bon album dont vous parlera Marie-Ève Fortier dès sa sortie), on avait hâte de voir Anatole présenter officiellement ses nouvelles chansons. C’est d’ailleurs pour ça que je suis parti rapidement au milieu du show de Klaus, question d’avoir un bon spot au Pub La Perdrix. À mon arrivée à minuit trente, seuls les instruments des musiciens étaient installés. La console de son n’était toujours pas arrivée. On entend quelqu’un démolir Bohemian Rhapsody au bar karaoké de l’autre bord de la rue. On apprendra plus tard que c’était Patrick Watson… On jase avec le Kid (Cédric Martel) et Olivier Beaulieu (venu prêter main forte à Hubert et à Anatole). Y’a rien qui ne leur est pas arrivé pendant le voyage et ça continuait…

On finit par installer le tout et à deux heures cinq (soit plus d’une demi-heure plus tard que prévu), Anatole et ses musiciens lancent les hostilités. Les spectateurs écoutent patiemment, ne sachant pas encore quoi penser de cet énergumène qui gesticule pour 20 devant eux. Pourtant, ça commence facilement, avec Aveux (le premier simple de Testament). Votre humble serviteur se déhanche en prenant ses photos.

Anatole enchaîne avec du vieux matériel. Toujours aussi efficace, même avec deux remplaçants (en plus d’Olivier à la batterie, Vincent Gagnon est venu jouer des claviers). Ça groove, on se met tranquillement dedans, même si on voit bien que quelque chose ne va pas. Problèmes de son? Fatigue? Ras-le-bol général?

Après seulement quatre chansons, Anatole quitte la scène pour ne plus revenir. En temps normal, on aurait fait une joke plate en disant que c’est tout à fait dans le genre de ce vilain pas fin. Mais on voyait bien que cette fois, ce n’était pas pour choquer, pour le buzz. Et on est triste de ce coït interrompu. Parce que même si on aime bien faire comme si on avait un gros beefavec Anatole, on aime beaucoup Alexandre Martel, qui l’incarne, et on espère que tout est revenu dans l’ordre.

Parce que ce Testament, c’est de la bombe. On vous le dit 22 jours à l’avance. (JB)

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