Hôtel Morphée
Rêve américain (Audiogram)

Critique : Hôtel Morphée – « Rêve américain »

Hôtel Morphée Rêve américain (Audiogram)
Hôtel Morphée
Rêve américain (Audiogram)

Bon, enfin, une semaine après tout le monde, j’ai quelques minutes pour vous parler du nouvel opus d’Hôtel Morphée, Rêve américain.

Avec leur premier album complet, Des histoires de fantômes, les membres d’Hôtel Morphée avaient montré leur capacité de créer des ambiances, des moods, un peu à la manière d’autres groupes de multi-instrumentistes talentueux qu’on a vu poindre depuis le début de la décennie. Paru au début de l’été, le premier extrait de Rêve américain, l’excellente Dernier jour, montrait que la bande menée par Laurence Nerbonne était capable d’évoluer, de dépasser ses propres limites et de créer de maudites bonnes chansons qui ne se contentent plus d’installer des ambiances.

Tout ce qu’on pouvait espérer, c’était que le reste de l’album soit taillé dans le même roc. Dès les premiers instants de Rêve américain (la pièce-titre), on respire : on a affaire à du solide. Laurence Nerbonne est particulièrement en verve et en voix. Les paroles sont sombres, mordantes, à l’image de cette Amérique peinte en rouge et en noir. Les musiques sont clairement moins orchestrales qu’auparavant, mais elles ne manquent pas de punch.

Les violons sont toujours très présents, mais ils laissent une plus grande place aux claviers (Blaise Borboën-Léonard, qui violonne et touche à tout), aux guitares (André Pelletier), bien senties, et à la batterie (Stéphan Lemieux), plus rythmée que jamais. La réalisation de Philippe Brault est soignée, et on évite les pièges de la sur- (et de la sous-) production.

Je dois avouer que la première écoute m’a laissé un peu sur mon appétit. Puis après deux ou trois autres lectures de l’album, j’ai fait joué à répétition des pièces comme Psycholove (une histoire d’amour entre psychopathes) et Des milliers de gens (une vraie bombe). Au fil des écoutes, j’en suis venu à une drôle de conclusion : et si Rêve américain était l’album qu’on attendait en vain depuis des années de la part d’un groupe de pop indé comme Metric? Ce n’est pas comme si le groupe n’assumait pas son désir de traverser les frontières avec sa musique!

Même Je reviendrai et son usage de l’autotune (qui m’horripile quand je m’en rends compte) se glisse sous ma peau et titille mes neurones comme peu de chansons du genre l’ont fait ces dernières années. Et cette Petite mort, qu’on souhaite remixée pour l’entendre pendant des heures, elle fait mal? Pas grave, on en veut encore!

En quelques mots, Rêve américain aura dévoilé un Hôtel Morphée plus mordant, plus caustique, plus sale, mais vachement plus sexy. L’attente en a valu la peine. Rêve américain ne se contente pas de frapper la cible, il la défonce.

8 Stars (8 / 10)

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C’est Alright.

À l’entrée du quartier industriel de Beauport, sur la rue Clémenceau, il y a un commerce d’entreposage. Des rangées et des rangées de portes de garage derrière lesquelles sont stockés des effets personnels des plus anodins allant jusqu’à des articles d’une certaine valeur. Derrière ces portes anonymes, qui se ressemblent tous, nous pouvons aussi y trouver des bands de musique qui se servent de ces espaces comme local de jam. Des bands de la banlieue qui n’ont pas vraiment le choix de trouver des solutions de rechange à des locaux de jams plus conventionnels qui sont inexistants à Beauport, Charlesbourg et même Cap-Rouge.

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Au terminus Beauport, il fait gris. C’est un dimanche de pluie, mais je l’esquive en sautant d’un bus à l’autre. Du 800 au 55, qui va me mener dans le haut de Beauport, vers Ste-Thérèse-de-Lisieux. J’y ai grandi et je déteste y retourner. Chaque voyage y est une aventure et cette fois-ci n’y fait pas exception. Le 55 me laisse au milieu d’un étalement de béton. Il y a la 40 qui me borde d’un côté et de l’autre un micro-village de commerces sans âme affublés d’un Cinéplex Odéon. Une vue grotesque dénuée de bon goût qui est pourtant le symbole de la renaissance de Beauport. J’emboîte le pas vers le quartier industriel, qui se trouve en haut d’une petite côte qui n’est aucunement appropriée pour un être humain à chaussures de toile un peu cheap comme moi.

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Entreposage Domestik s’étend tel un champ de métal et de bitume. Un vaste paysage industriel aux palettes d’orange et de gris. À la cinquième rangée, j’y trouve un band de hardcore en train de décharger leur gear tout en se racontant des anecdotes salaces sur les conquêtes de leur chummey Jeff la nuit d’avant. Ce n’est pas eux que je suis venu voir. Je continue mon chemin pour y retrouver deux jeunes hommes qui m’ont l’air très sympathiques. Simon et Étienne, deux jeunes musiciens qui n’ont même pas encore percé la vingtaine et qui ont pleins de projets dans la tête. Entre autre, ils ont fondé un label de cassettes spécialisé dans le shoegaze, le dreampop et la musique improvisée et leur quartier général se situe dans un petit local loué dans le quartier industriel de Beauport. Ils y hébergent leurs multiples bands formés lors de jams improvisés.

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Alright Tapes

On fait dans l’instantané. Nimbes compose une ou deux chansons par pratique et les autres projets sont presque des jams. On les peaufine c’est sur, mais ça reste direct. Il y a des erreurs, mais on fait confiance en notre talent et on envoie nos émotions dans ce qu’on fait. Ça fait un contenu un peu inégal, mais on l’assume et on essaie toujours que la prochaine soit meilleure que la précédente. – Simon Provencher, Nimbes et Alright Tapes

Les deux gars me font faire le tour de leur local. Un endroit très commun qu’ils ont transformé en un exutoire pour leur rage créatrice. D’un côté, il y a des instruments éparpillés en deux divisions : les bands du quatuor qui composent le micro-label Alright Tapes et Medora, un nouveau band aux allures de post-rock francophone. De l’autre côté, tout prêt de la porte de garage qui leur sert d’entrée, se trouve le coin d’écoute et d’enregistrement. Parsemé de deux divans très vieillots, d’un ordinateur et d’un tape cassette posé soyeusement sur un micro-ondes qui a rendu l’âme il y a quelque temps de ça.

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Medora, c’est le premier band qui a poussé Simon à sortir de sa chambre à coucher chez ses parents à Charlesbourg pour commencer à composer plus sérieusement et activement. Après avoir fait quelques shows avec le band, Simon décida de se concentrer plus sur ses projets, pour y aller à son rythme et surtout, ne pas se prendre trop au sérieux et se laisser aller à sa folie.

En plus de Simon et Étienne, le quatuor est formé de William, un étudiant en graphisme au cégep de Ste-Foy, que Simon connait depuis le secondaire et Samuel Goux. Ce dernier a approché Simon après un show de Medora parce qu’il se cherchait des musiciens avec qui jouer. Il a enregistré un album avec Simon ( qui porte le joyeux nom de Sigmund Fraise pour ces projets solos ) qui se retrouve dans le catalogue de Alright Tapes.

Les Cassettes

Je suis assis sur les divans avec Simon et Étienne. Ils m’offrent une bière alors qu’Étienne prend des grosses gorgés de son Dr. Pepper. J’ai des flashbacks de partys de sous-sol chez mon ami du secondaire Nicolas qui habitait dans le haut de Beauport. Les gars me parlent un peu de leur processus de création. Ils achètent les cassettes en grosses quantités chez un fournisseur de Montréal et puis ils font tout le reste par eux-mêmes. Simon attrape une cassette qui traîne sur une petite table de salon à nos pieds. Ils ont spray painté le boîtier en rose en prenant soin de cacher les deux roulettes avec des 10 cents pour ne pas endommager le ruban. Ensuite, ils écrivent les informations à la main par dessus la peinture. Ils sont présentement en train d’essayer plus format de crayon et d’écritures.

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Ils enregistrent tout leur jam dans le petit portable sur la table de salon. Ils les edit un peu par la suite, mais sans trop y passer de temps, pour garder l’intensité du moment et ensuite ils pèsent sur RECORD+PLAY sur leur tape à cassette. Une autre de faite. Ils font un autre jam. C’est comme ça qu’ils ont bâtit leur premier catalogue disponible sur bandcamp sous Alright Tapes.

L’après-midi pluvieuse suit son court et nous parlons de tout et de rien. De la scène musicale de la ville de Québec, que les gars suivent assidûment avec une belle lucidité. Ils savent qu’ils n’auront pas le choix de faire beaucoup de premières parties de bands plus établis pour se faire connaitre en dehors de leur cercle d’amis. Ils me parlent d’anecdotes sur le quartier industriel. Des chars qui font de la drift tard le soir et des grattes qui font du vacarme l’hiver. Des bands hardcore qui jouent trop fort. Malgré tout, ils se sentent bien dans leur local de jam dans un commerce d’entreposage et pour plusieurs d’entres eux, c’est une grosse pratique pour un futur premier appartement.

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Alright Tapes va faire sa sortie officielle au Cassette Store Day le 27 septembre prochain au Knock Out, à Québec. Ils vont avoir quelques cassettes à vendre, alors n’hésitez pas à aller y faire un tour.

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Dany Placard
Santa Maria (Simone Records)

Critique : Dany Placard – « Santa Maria »

Dany Placard Santa Maria (Simone Records)
Dany Placard
Santa Maria (Simone Records)

Pour son cinquième album intitulé Santa Maria, l’auteur-compositeur-interprète Dany Placard propose un folk-rock rythmé, énergique, des paroles simples, mais issues d’une certaine réflexion, sur des musiques qui font taper du pied.

Dès les premières notes de Confucius, qui ouvre l’album nommé tel un volcan d’Amérique centrale, on sent que Placard n’a pas envie de niaiser : les sages paroles déboulent au rythme d’un country-rock fort accrocheur. Sur Chanson populaire, l’extrêmement banal devient sympathique et les nan na na nan, na na na na na naaan sont contagieux. Et puis, comment ne pas aimer une pièce qui s’appelle Hot-dog Michigan?

Certains moments sont plus touchants, comme cette jolie Santa-Maria, espèce d’anti-prière à Marie sur un fond résolument country. D’autres sont plus blues, comme Shop, qui m’a par moments fait penser à une toune mollo de Gros Mené (le petit accent saguenéen de Placard a dû aider).

Le résultat? Un album hop-la-vie tout en restant personnel, grâce à une solide coréalisation de Placard et Éric Villeneuve, et à un band de feu, composé de Guillaume Bourque (guitare, voix), Michel-Olivier Gasse (basse) et Mathieu-Vézio (batterie).

Comme quoi le country et le folk, c’est pas juste du braillage.

7 Stars (7 / 10)

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Rich Aucoin
Ephemeral (Bonsound)

Critique : Rich Aucoin – « Ephemeral »

Rich Aucoin Ephemeral (Bonsound)
Rich Aucoin
Ephemeral (Bonsound)

Deuxième album complet de l’auteur-compositeur-interprète-boule de bonheur haligonien, Ephemeral est un monstre indie pop lumineux créé à partir du Petit prince, de St-Exupéry. Yep, monsieur Aucoin est ambitieux comme ça.

Sur Ephemeral, Aucoin offre une indie pop lumineuse, contagieuse, dansante qui plaira tant aux fans de son premier album qu’aux nouveaux venus qui ont eu la chance de découvrir l’artiste récemment.

D’ailleurs, si We’re all Dying to Live, sa première (et ô combien ambitieuse) proposition, comptait la participation de 500 collaborateurs, Ephemeral, de son côté, est un diamant brut qui ressemble beaucoup à ce qu’Aucoin fait en spectacle. Moins le cercle avec la toile de parachute. Moins les confettis. Moins les sautillements constants et la danse sans fin. Et les chants en choeur.

Ça ne change rien. Ephemeral est un album fait pour s’exciter, qui va droit au but et qui ne perd pas de temps en intros et en conclusions qui n’en finissent plus.

Pourtant, ce n’est pas comme si Aucoin n’avait pas pris soin de coller un propos cohérent et intelligent à sa musique. Car oui, il y a des paroles derrières ces beats envoûtants et ces mélodies entraînantes. Et oui, elles servent souvent à faire chanter le public, mais Aucoin a fait son possible pour qu’on ne fasse pas que chanter des sottises. Ou des ooooh et des aaaaah à répétition.

En somme, Ephemeral, avec ses Are You Experiencing?City I Love et Let it Go, est un joli prétexte pour faire la fête. À son prochain passage à Québec, ne le ratez surtout pas!

7 Stars (7 / 10)

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Artistes variés
Trente (Audiogram)

Critique : Artistes variés – « Trente »

Artistes variés Trente (Audiogram)
Artistes variés
Trente (Audiogram)

Petit cours d’histoire de la musique rock et pop québécoise : si vous regardez les vieux disques de vos parents et de vos grands-parents, vous remarquerez quelque chose : leurs artistes préférés étaient signés chez les majors. Beau Dommage? Capitol. Harmonium? CBS. D’autres étaient chez Barclay ou Polygram. Il y a bien eu quelques étiquettes locales comme Kébec-Disque, mais sinon, la domination était presque totale.

Faut dire que nos artistes étaient populaires, nous étions en pleine fièvre culturelle et les disques sortaient des magasins au même rythme qu’ils entraient. Fièvre culturelle poussée par un vent nationaliste et identitaire qui s’est essoufflé au lendemain du référendum de 1980.

Au début des années 1980, l’intérêt envers les artistes de chez nous s’est subitement évanoui et les multinationales du disque se sont sauvées, laissant pour compte de nombreux artistes qui ont connu des années de misère.

Bon, c’est vite expliqué et je prends de nombreux raccourcis, mais c’est dans ce paysage sombre qu’arrive Michel Bélanger lorsqu’il fonde Audiogram et signe Paul Piché, qui y fera paraître Nouvelles d’Europe le 4 septembre 1984. Un album qui était parfaitement de son époque tout en demeurant sensible et engagé.

Depuis maintenant 30 ans, Audiogram est ce savant mélange d’artistes établis (Piché, Rivard, Séguin, Flynn) et de jeunes affamés (RBO, Leloup, Daniel Bélanger, Ariane Moffatt, Bran Van 3000, Pierre Lapointe, Salomé Leclerc). Bélanger et ses complices misent autant sur des valeurs sûres qu’ils prennent de grands risques (Lhasa les a d’ailleurs pris par surprise, on a eu du mal à répondre à la demande!).

Trente ans plus tard, alors que nous sommes dans une autre grande tourmente (qui touche l’industrie mondiale du disque, cette fois), et qu’il n’y a jamais eu autant de maisons de disques indépendantes au Québec, Audiogram revient à la charge et montre toute sa pertinence avec une compilation, Trente, un album triple de trente chansons enregistrées toutes nues en une prise aux Studios Victor par les artistes actuels et passés de l’étiquette de disques.

Véritable pièce d’anthologie, Trente nous fait voyager dans les trente dernières années comme aucun autre document ne l’a fait jusqu’à maintenant. La plupart des artistes qui figurent sur l’album en ont profité pour réarranger quelque peu leurs chansons, question d’éviter de tomber dans la redite.

Quelques moments forts de l’album :

  • Au bord du lac Bijou, par Zachary Richard. De son album Cap enragé, un des plus beaux albums folk parus au Québec. Pièce remplie d’images fortes.
  • Car je t’aime, par Paul Piché. Je vous avoue que la version originale me laisse un peu froid, mais celle-ci, où Piché est seul à la guitare et montre une belle sensibilité, est fort jolie.
  • Arlon, par Salomé Leclerc. Parce que c’est Salomé et que je suis aussi objectif avec elle que je ne le suis avec Annie Clark. Pour à peu près les mêmes raisons. Les textes brillants. La musique géniales. Et la guitare unique, qu’on reconnaît entre toutes. Mais aussi parce qu’Arlon montre que Salomé ne restera pas assise sur ses lauriers et que 27 fois l’aurore sera un album solide.
  • Point de mire, par Ariane Moffatt. Ariane seule avec sa guitare. Quand on sait à quel point ses chansons sont riches en général, un tel dénuement est rafraîchissant. On aimerait en entendre plus souvent, des comme ça.
  • Tunnel of Trees, par Gogh Van Go. Juste parce qu’il ne faut pas les oublier et que Tunnel of Trees est un phare.
  • L’atelier, par David Giguère. Une belle chanson qui, toute nue, donne des frissons.
  • Le train, par Vilain Pingouin. LA surprise de l’album. Relecture complètement bluegrass. On reconnaît l’air, mais on redécouvre cette chanson. Hey Caya, en avez-vous d’autres, des reprises comme celle-là?
  • Johnny Go, par Jean Leloup. C’est Leloup qui joue une toune de son meilleur album. Qu’est-ce que tu veux de plus?
  • Le feu sauvage de l’amour, par Rock et belles oreilles. Version minimaliste avec Bruno au tambour, Guy le doigt sur le clavier, Yves au gazou et André à la (petite) voix. Encore plus kitsch que l’original.
  • J’vais changer le monde, par Jim Corcoran. Pour ses mots, avec lesquelles Corcoran jongle.
  • Drinking in L.A., par Bran Van 3000. Version smooth et tellement 2014 de ce classique de James DiSalvio et cie. Stéphane Moraille a beau maintenant pratiquer le droit, sa voix est toujours aussi riche et pleine de soul.
  • De cara à la pared, en hommage à Lhasa de Sela. Par Yves Desrosiers et Mara Tremblay. Sobre. Vibrant. Touchant.
  • Tout nue avec toi, par Mara Tremblay. J’ai toujours aimé cette chanson, mais là, revisitée par une Mara Tremblay qui a quinze ans de plus, je craque.

Il y en a d’autres et elles valent presque toutes le coup, mais bon, un moment donné, faut faire des choix! Comme sur toutes les compilations du genre, vos préférées seront sûrement différentes des miennes (peut-être que vous aimerez entendre Sous les cheminées comme Richard Séguin l’a toujours faite… moi, ça m’a laissé un peu froid, malheureusement). Trente montre la profondeur du catalogue qu’Audiogram s’est bâti en trois décennies. Un catalogue d’une richesse incroyable et difficilement comparable à l’échelle du Québec.

Surtout, avec les Alex Nevsky, Salomé Leclerc, Philémon Cimon, Amylie, Bernhari, Hôtel Morphée (on en reparle très bientôt), Peter Peter et tous les autres que j’oublie, qui vont rapidement rejoindre les autres comme artistes incontournables, on peut dire qu’Audiogram est promise à un bel avenir, tant qu’elle réussit à négocier les virages rendus nécessaires par le déclin des ventes de disques (physiques ou numériques).

Un trésor national. Trente en est son exposition permanente.

8 Stars (8 / 10)

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Alfa Rococo
Nos coeurs ensemble (Coyote Records)

Critique : Alfa Rococo – « Nos coeurs ensemble »

Alfa Rococo Nos coeurs ensemble (Coyote Records)
Alfa Rococo
Nos coeurs ensemble (Coyote Records)

Le duo Alfa Rococo n’a jamais fait les choses à la hâte. On n’a donc pas été surpris qu’il s’écoule quatre ans entre le dernier album du duo composé de Justine Laberge et David Bussières (Chasser le malheur) et Nos coeurs ensemble, une nouvelle proposition qui devrait connaître beaucoup de succès, tant au champ gauche qu’au sein du grand public.

Si Chasser le malheur était un peu sombre dans son propos et dans sa musique, Nos coeurs ensemble est tout le contraire : ça démarre sur les chapeaux de roues avec la grosse pop vitaminée de Lumière, qui n’est pas sans rappeler Passion Pit par son énergie et sa bonne humeur. Comme pour montrer que le couple avait évolué pendant ces quatre ans, voilà Bussières qui prend le devant de la scène (alors que la paire avait presque toujours chanté ensemble) sur Coeur qui explose, une de ces chansons qui nous replonge tout droit dans ce que les années 1980 avaient de meilleur.

Le sexe des anges. On la met en boucle et on danse.

Tiens, sur la pièce-titre, un bijou pop qui devrait tourner à la planche dans les radios, c’est Justine Laberge qui prend les commandes des voix, qu’elle conservera pour plusieurs des pièces qui suivront. Good move, diraient les Anglais, qui permet au duo d’ouvrir ses horizons mélodiques, qui étaient plutôt limités sur les premiers albums.

Pipeline. On finit notre drink à toute vitesse, on la met en boucle et on danse. Exactement le genre de chanson qui fait qu’après « deux ou trois écoutes de l’album, on se surprend à chanter du Alfa Rococo dans la douche (avec un solo de «airdrum» bien senti en plus de ça) » (citation tirée de la critique de Sébastien Moffet, du blogue Le canal auditif, que je suis assidûment, ne serait-ce que pour avoir un autre point de vue). Des chansons construites comme Pipeline, il y en a beaucoup, faut alors qu’elles soient solides en titi pour qu’on les apprécie. Défi relevé ici.

L’album se poursuit avec d’autres beaux morceaux pop intelligente, bien ficelée, qu’on entend trop peu au Québec. Dans un français plus que convenable et exportable, en plus. Et la réalisation de David Bussières est impeccable.

Le trio VolatilMarcher et Deux montre parfaitement de quoi Alfa Rococo est capable tant sur le plan des paroles que de la musique. Des chansons riches, qui ont l’air toutes simples et qui peuvent être jouées guitare-voix, mais qu’on a décorées avec le plus grand soin.

Nous. On la met en boucle et on danse jusqu’à épuisement.

Si on pouvait résumer Nos coeurs ensemble, on pourrait dire que le troisième album d’Alfa Rococo est une bouffée d’air frais, gracieuseté d’une formation qui n’a pas eu peur de prendre quelques risques tout en proposant un album qui pourrait difficilement être plus accessible.

8 Stars (8 / 10)

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Photo : Sébastien Ouellet, ecoutedonc.ca

Spectacle : Bernhari, Le Cercle, 2 septembre 2014

(Photo de couverture – crédit : Sébastien Ouellet, ecoutedonc.ca)

Crédit : Jacques Boivin, ecoutedonc.ca
Photo : Jacques Boivin, ecoutedonc.ca

Mardi soir dernier, Bernhari est venu présenter son excellent album aux gens de Québec en offrant un concert de lancement gratuit au Cercle. On aurait apprécié un parterre mieux rempli, mais bon, la pluie, la rentrée universitaire et le fait que ce mardi était plutôt un lundi déguisé ont incité de nombreuses personnes à rester chez elles.

Tant pis pour elles. Le jeune homme, visiblement heureux de montrer son savoir-faire à ses nouveaux fans, s’est donné à fond. Sans suivre à la lettre la séquence de l’album, le spectacle était monté un peu de la même manière, avec les chansons les plus explosives au début (Sagard vous pète les tympans avec du bonheur), les (belles) chansons plus lentes au milieu et la pièce Bouquet final à la fin, juste avant une Kryuschkova explosive.

Bien entouré, notamment par le plus en plus présent Emmanuel Éthier, Bernhari a montré qu’il était plus que ce mélange de My Bloody Valentine et Claude Léveillée qu’il aime bien utiliser pour se décrire. Il est une bête de scène unique à qui on promet un bel avenir.

Surtout, sur scène, même derrière son lourd attirail, Alexandre Bernhari dégage une forte présence. Imaginez quand il se lève pour chanter parmi les spectateurs (la prochaine fois, ils seront moins timides, promis!)…

J’avais le goût de lui faire un gros high five en sortant du Cercle. Je me reprendrai le 4 octobre prochain, lorsqu’il viendra jouer en première partie de Fanny Bloom et de Fontarabie. Ne le manquez pas, cette fois-là. Une fois, passe encore, deux fois, vous allez finir par le regretter.

 

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Red-on-White-on-Black-Wood

Critique : Shovels & Rope – « Swimmin’ Time »

Shovels & Rope - Swimmin' Time
Shovels & Rope
Swimmin’ Time (Dine Alone)

Ce groupe a attiré mon attention à la sortie de son premier album (l’excellent O’ Be Joyful) en 2012. D’ailleurs, il a fait partie de mon palmarès de fin d’année et je vous avoue qu’aujourd’hui, je l’aurais beaucoup mieux placé qu’à la 32e position et j’ai encore beaucoup de plaisir à l’écouter.

C’est donc avec une grande joie que nous avions appris, ce printemps, que le deuxième album du couple américain (Cary Ann Hearst et Michael Trent) allait paraître à la fin de l’été. C’est avec une plus grande joie encore que j’ai eu la chance d’en entendre une ou deux nouvelles à Bonnaroo.

Les attentes étaient donc très élevées. Hearst et Trent allaient-ils être en mesure de les surmonter?

Swimmin’ Time est un album rempli de catastrophes. Des incendies, des inondations, des tempêtes, des ruptures… Les temps sont durs pour les héros des histoires de Hearst et Trent. Pourtant, dans chacune des chansons, il y a cette lueur d’espoir. Le bonheur n’est jamais loin. Et il se chante, comme en font foi les perles qui peuplent cet album.

La première pièce de Swimmin’ TimeThe Devil is All Around, est du pur Shovels & Rope, une chanson aux airs country-folk assez simple pour être jouée à deux qui mettra les fans de la première heure à l’aise tout en donnant aux nouveaux fans l’idée de remonter quelques années en arrières pour mieux connaitre le duo. À la deuxième pièce, l’entraînante Bridge on Fire, Shovels & Rope a repoussé ses limites. Cette chanson, une histoire de rupture qui sonne autant comme une claque au visage qu’un coup de pied au derrière, où règnent la rythmique du piano, les distorsions de la guitare et la parfaite harmonie des deux voix, se déguste à répétition, comme la suivante, la langoureuse Evil.

La suivante, After the Storm, deviendra sans aucun doute un classique et occupera une place de choix dans toutes les prestations du duo. Chanson très triste, mais remplie d’espoir, After the Storm est chantée et jouée avec une belle intensité qui vient nous retrousser les poils à chaque écoute.

Quelques chansons plus loin, Pinned aurait facilement pu se trouver sur O’ Be Joyful. Ce qui n’est pas un gros défaut, car jusque là, on avait habilement évité la redite, ce piège qui attend toute formation spécialisée dans la pop de grange (ou l’Americana, si vous préférez).

Sur la pièce-titre, un autre petit défaut se remarque (et se démarque), malgré les mélodies géniales : sur Swimmin’ Time (la pièce comme l’album), Shovels & Rope chante presque tout le temps (disons 99 %) en harmonie. Presque jamais une voix seule. Presque toujours à deux. Avec la voix de Trent qui se fait souvent un peu enterrer par celle, beaucoup plus punchée, de Hearst.

Ces défauts sont vite oubliés quand on écoute les cuivres d’Ohio, qui nous amènent dans un monde que Tom Waits n’aurait certainement pas renié. Du pur bonheur, qui se poursuit sur le petit country-folk Mary-Ann & One-Eyed Dan.

Malgré les quelques défauts de Swimmin’ Time, quand on regarde les pas en avant accomplis par Shovels & Rope, on ne peut qu’être admiratifs. Il y a à peine deux ans, Hearst et Trent vivaient à l’arrière de leur fourgonnette. Aujourd’hui, ils nous offrent un des meilleurs albums de pure Americana depuis un petit bout de temps.

Si vous êtes à Montréal, allez les voir le 28 septembre prochain au Corona Virgin Mobile. C’est une joyeuse expérience en soi.

À écouter avec plaisir.

8 Stars (8 / 10)

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Le Pantoum

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5 juin 2014, première partie

Je m’engouffre dans une petite entrée bien modeste qui se situe juste à côté de la porte du Jos Dion, où quelques hommes bedonnants se tiennent à tirer des puffs de leurs cigarettes à plumes. À quelques pas d’eux se trouvent une dizaine de jeunes de toutes les origines possibles. Il y a des barbus à lunettes, deux dudes aux cheveux longs et une poignée de hipsters nonchalants. Ces deux univers sont à quelques pas l’un de l’autre et pourtant ils n’entreront jamais en collision, car ils ont chacun leur raison d’être. Les serveurs du Jos Dion savent très bien ce qui se passe à la porte d’à côté et ils sont prêts à accueillir les jeunes qui en sortent en masse dans la nuit.

Une fois entré, je monte deux étages dans une cage d’escalier sombre bordée par des posters sur lesquelles nous pouvons voir les talents de dessin et de design de Thomas B. Martin (superstar locale de posters et membre du groupe punk-un-peu-con MOM Jeans). Au premier palier, je passe devant une porte derrière laquelle nous pouvons entendre des rires et de la musique. Le Loft I. Anciennement le repaire d’un collectif de rap un peu sketchy qui organisait paraitrait-il des partys légendaires, maintenant il héberge les membres fondateurs du Pantoum et leur sert de studio d’enregistrement.  Le hall d’entrée du Loft I sert aussi de vestiaire l’hiver, une mesure qu’ils ont pris après une congestion monstre alors que le vestiaire était non-existant pour un show de Suuns qui avait accueilli un nombre record de spectateurs pour la salle.

Je continue mon chemin vers le deuxième palier, le Loft II, alias Le Pantoum. Il y a un petit line up, tous des visages que je ne reconnais pas. Il y a un portier. Il ne laisse plus personne entrer. Le show est sold out. Les gens dans le line up rebroussent chemin. Je m’avance vers lui. ‘ Salut, je connais les gars. Je prends les photos, je suis sensé être sur la guestlist. ‘ Le jeune homme ne semble pas trop comprendre, ni comment réagir. Ce que je lui dis est une demi-vérité, je ne suis pas sur la guestlist, par contre je compte bien prendre des photos de la soirée. Il se retourne, essaie de trouver l’un des organisateurs, l’air un peu perplexe. J’en profite pour m’infiltrer et je vois Antoine et Vincent assis à une table sur lequel est dessiné un gigantesque jeu de bingo. Ils utilisent ce procédé pour empêcher les gens de sortir avec leur bière, tout en les assurant qu’ils vont la retrouver à leur retour de leur puff de santé. Le principe est assez simple : tu poses ta bière sur le G64, les gars à la table s’assurent que personne ne met quelque chose dedans, tu mémorises ton numéro et lorsque tu es de retour, tu reprends ta bière où tu l’as laissé. Antoine m’aperçoit enfin et il fait signe au portier de me laisser entrer. Ouf …

 

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( Crédit : Sébastien Ouellet )

 

26 mars 2012, les shows secrets

Sur facebook, je reçois une invitation de Jean-Michel Letendre-Veilleux pour un show dans un endroit qui s’appelle le LOFT II. J’ai rencontré le jeune homme l’été passé en tournant une capsule pour le Festival OFF de Québec avec Sophie Bernier avec son band Leafer pour une série qu’elle avait créé, OFF Sur le Toit.

Les gars étaient un peu fous, jeunes et la tête pleine de projets. Alors que nous tournions la capsule sur le toit d’un appartement gigantesque et bordélique sur la rue Gabriel-Marchand dans St-Jean-Baptiste, des gens étaient en train de déménager des lieux. Ils allaient emménager dans ce qu’ils allaient nommer le LOFT II.

L’événement auquel Jean-Michel m’invite sur Facebook s’appelle Softspot + Crinkles + Leafer. C’est un show secret dans un appartement appelé le LOFT II, situé à la limite de St-Roch et St-Sauveur. Deux bands de Brooklyn bookés avec un band local. Je suis super excité, c’est la première fois que j’assiste à un show d’appartement et je vais connaitre personne.

 

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( crédit : Sébastien Ouellet )

Tout le monde fume. Il y a des gens assis par terre partout, des musiciens, des poètes, des anarchistes, des étudiants de toutes sortes. Je traverse ce qui semble être un salon, parsemé de plusieurs grands divans dépareillés. La pièce est trouées d’environ cinq portes qui mènent à des chambres. C’est alors que je réalise la grandeur de cet appartement. Un 11 et demi, qui fait toute la longueur de l’étage du bâtiment qui héberge aussi le Jos Dion. Au-delà du salon se trouve une cuisine qu’ils ont barricadée et un salon en forme de L dans le milieu duquel se trouve un espace improvisé avec des instruments et des amplis. À l’autre extrémité du L, il y a une énorme salle de bain aux murs tapissés de miroirs et au centre de laquelle émerge un gigantesque bain tourbillon. Ce que je vais apprendre plus tard, c’est que ce loft avait autrefois servi de centre d’escortes ( pas toutes majeures ) et qu’un certain animateur de radio y aurait été arrêté… Les hommes faisaient monter les escortes grâce à un ascenseur qui montait directement dans le loft et elles déambulaient sur un tapis rouge alors que les clients les scrutaient pour choisir leur préférée pour ensuite aller s’amuser avec elle dans le bain tourbillon. Je ne sais pas si c’est la vérité, mais comme a dit Tony Wilson ‘ Si vous avez à choisir entre la réalité ou la légende, choisissez la légende. ‘

Cette soirée fut ma première immersion et non la dernière dans ce qui allait devenir la communauté du Pantoum. J’y ai rencontré Jean-Étienne Collin-Marcoux. Il était soundman pour le show et lui aussi ne connaissait quasiment personne, à part Jean-Michel. Les deux jeunes hommes avaient grandi sur la rive-sud de Québec. Jean-Étienne faisait aussi partie d’un band électro-rock appelé les X-Ray Zebras et allait fonder le Pantoum un an plus tard avec Jean-Michel dans ce même loft.

 

20 juillet 2012, quelques mois plus tard

C’est l’ouverture officielle du Pantoum, quelques mois après les shows secrets qu’ils y organisaient. L’endroit a beaucoup changé depuis le Loft II. Le premier band à fouler les planches d’un stage bâti pendant l’été par Jean-Michel, Jean-Étienne et leurs amis, est TOPS, de Arbutus Records de Montréal.

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La place est pleine à craquer, l’excitation est palpable et des gens de tous les milieux de la scène émergente de Québec sont venus saluer l’initiative. Les gars me font faire le tour du loft, qui a été transformé pour sa renaissance. Ils ont défoncé des murs, créé de nouvelles pièces, tout ça avec l’accord du propriétaire. Du bon travail. Il y a un studio d’enregistrement, une régie, un local de jam, deux chambres et une salle de lavage. Jean-Étienne est tellement dédié qu’il a décidé d’habiter la salle de lavage en y construisant une mezzanine, tout ça parce qu’elle mène à la régie et qu’il va être le grand manitou sonore de la place. Dans ce loft à multiples utilisations, trois membres fondateurs du Pantoum y habitent en permanence, leur vie évoluant en symbiose avec les différents bands qui viennent y enregistrer, jammer ou juste faire le party. Jean-Étienne et Jean-Michel bûchent fort pour faire rouler l’endroit, en plus d’essayer de finir leurs études en musique à l’université.

 

5 juin 2014, deuxième partie

Il y a du va et vient dans le couloir qui mène à la scène. Comme d’habitude, avant les shows, la moitié des spectateurs se retrouvent à fumer dehors. Ils débordent jusqu’à l’autre côté de la rue, ils s’assoient sur des gros blocs de béton qui bordent un stationnement tout ce qu’il y a de plus banal et sans vie. Le premier band, Heat, n’est pas encore commencé. Je décide alors d’aller rejoindre mon amie qui se trouve justement sur un des blocs de béton. Elle s’esclaffe, danse dans le stationnement et parle aux gens déambulant sur le trottoir. Elle est pas mal saoule. On déconne un peu, on danse ensemble. Je la vois interpeller une voiture de police qui vient se stationner non-loin de notre emplacement. Elle est suivie de deux autres auto-patrouilles. Les policiers viennent nous parler un peu, s’assurent que personne ne boit de bière sur la voie publique. Ensuite, comme c’est arrivé à quelques reprises depuis les débuts du Pantoum, ils vont faire leur ronde à l’intérieur. Ils sont toujours très polis et respectueux et ils n’ont jamais donné l’ordre d’arrêter la musique ou quoi que ce soit. Ils vont surtout s’assurer qu’il n’y a pas de vente de drogue, de prostitution et de bière en vente. Jean-Michel et Jean-Étienne ont toujours fait attention pour respecter toutes ces conditions étant donné que Le Pantoum est dans une zone grise de la légalité. La police et la ville semblent être au courant de ce qu’ils font et les tolèrent tout aussi longtemps qu’ils marchent les fesses serrées.

Une fois les voitures de police repartie, nous entrons dans l’édifice juste à temps pour le début du premier band, Heat.

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Encore une belle découverte musicale signée Le Pantoum. C’est Jean-Michel qui booke les bands. Des bands qu’il a soit connu en tournée avec son band leafer, ou bien des bands dont il est fan. De plus en plus, c’est maintenant les bands qui le contactent pour y jouer, ayant entendu parler des soirées mythiques qui s’y déroulent. C’est Jean-Étienne qui y est encore soundman. Une job qu’il exerce avec la même passion qu’il y a trois ans, toujours à l’écoute des musiciens et débrouillard comme un scout. À la console d’éclairage, il y a installé son ami Kevin Savard, qui possède sa propre compagnie d’éclairage et qui enrichit les shows du Pantoum d’une expertise qu’on retrouve rarement dans la scène de shows underground de Québec.

La soirée atteint son apogée avec l’arrivée sur scène d’un excellent band de Montréal, Passwords, un secret un peu trop bien gardé de la métropole. C’est le party dans la place et le monde danse, boit et il y a des gens qui se french sur les divans. Une ambiance que l’on retrouve seulement dans les meilleurs shows d’appart.

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Cette soirée clôture la deuxième année d’existence du Pantoum. Deux ans de découvertes musicales, de belles rencontres, de nouvelles amitiés, de moments fous à danser sur des DJ sets après les shows, de frenchs dans les toilettes. Les gars ont pris un peu de repos cet été, espérons-le et ils nous reviennent en force cet automne avec une nouvelle programmation toujours axée sur des bands émergents d’ici et d’ailleurs. Pour plus de détails, allez aimer leur page facebook.

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Critique : Willows – « Willows »

Willows Willows
Willows
Willows

Willows, c’est le nouveau nom de scène de l’auteure-compositrice-interprète franco-manitobaine Geneviève Toupin. Willows, c’est aussi le titre de ce nouvel album (le troisième en carrière), folk et intimiste à souhait, qui constitue un retour aux sources métisses et métissées pleinement assumées de cette artiste talentueuse.

Sur ce disque, Toupin joue sur tous les tons : l’atomosphérique, l’introspectif et le ludique ont tous droit de cité. Les arrangements sont sobres, mais magnifiques. La réalisation (avec Émilie Proulx, une autre qui a du talent à revendre) est soignée. Les pièces ont été enregistrées live, comme elles devraient être jouées en spectacle.

Les chansons sont résolument folk, mais chacune a sa personnalité, évitant ainsi le piège de la redite et de la facilité. On apprécie le caractère entraînant d’Entends-tu, comme on est touché par la beauté des choeurs sur Au-delà des étoiles. On sourit à l’avalanche de mots de Bill Murray comme on craque pour les harmonies parfaites sur Je t’emmènerai.

En bref, un bel album, qu’on écoute autant tranquille dans son salon que sur la grande route, les fenêtres grandes ouvertes, quelque part entre Willows (CA) et Willows (SK).

Vrai.

8 Stars (8 / 10)

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