Philippe B

Critique : Philippe B – « Ornithologie, la nuit »

L’auteur-compositeur-interprète-réalisateur Philippe B nous avait déjà gâtés il y a quelques années avec son superbe Les variations fantômes, truffé d’échantillonnages de musique classique et d’une pas pire lourdeur sur le plan du drame. Pour Ornithologie, la nuit, le nouvel opus qu’il propose aujourd’hui, l’artiste a eu envie de faire les choses un peu plus simplement, tant sur le plan musical que sur le propos.

Philippe BPhilippe B a façonné Ornithologie, la nuit comme une fiction autobiographique où l’auditeur suit un personnage (appelons-le Philippe B) la nuit pendant un an, de l’automne à l’été. Le résultat : 14 petites histoires nocturnes, 14 petites anecdotes racontées un peu à la manière de Woody Allen, 14 chansons douces, mais remplies d’émotions.

Sur le plan de la musique, rien à dire. Philippe B s’est surpassé. Les oreilles de l’auditeur apprécieront tant la simplicité de la mélodie et des arrangements que leur sincérité et les émotions suscitées. Cependant, cette musique ne prend tout son sens que lorsqu’elle est accompagnée des paroles savamment écrites par Bergeron. Par exemple, la musique de Calorifère est mélancolique, mais les paroles qui l’accompagnent sont carrément tristes.

Philippe B a voulu qu’on écoute cet album comme on observe les oiseaux, et ça paraît. Si, au départ, on a du mal à bien saisir l’animal, on s’attache toutefois au personnage qui évolue au fil de l’album. On le voit passer de la tristesse du Biscuit chinois à la lumière de Nous irons jusqu’au soleil, jusqu’à la fausse libération (succédée d’un emprisonnement) dans Lucioles.

Ornithologie, la nuit est un bel album, une oeuvre complète qui demande de l’attention pour être appréciée à sa juste valeur. On s’assied, on écoute et on savoure l’histoire qui se déroule entre nos deux oreilles. Oeuvre artistique complète. Travail de maître artisan.

À écouter la tête et le coeur ouverts.

Philippe B – « Ornithologie, la nuit » (Bonsound)
8/10

Hay Babies

Critique : Les Hay Babies – « Mon homesick heart »

Vous avez sûrement entendu parler de ces trois charmantes filles du Nouveau-Brunswick qui jouent du folk avec un accent tout ce qu’il y a de plus charmant. Vous les avez même probablement entendues sur leur EP Folio, paru en 2012. Après trois tonnes et quart de spectacles un peu partout, voilà Katrine Noël, Julie Aubé et Vivianne Roy avec leur premier album, Mon homesick heart, qui met en valeur les nombreux talents du trio.

Hay BabiesLa musique des Hay Babies est tout sauf déroutante. On se tient dans les limites de la folk-pop accessible (mon terme préféré, « pop de grange », serait approprié dans le cas présent) et les fans de Lisa LeBlanc, des soeurs Boulay et de Mumford and Sons ne devraient pas être trop déstabilisés.

Cependant, les filles ont quand même osé aller un peu plus loin que le trio « banjo-ukulélé-guitare-jolies voix en harmonie » et les mélodies proposées attirent nos oreilles qui n’avaient pas tant d’attentes. On a particulièrement aimé des pièces comme Trop frettequi donne des frissons, et Des fois j’me demande, une vraie de vraie chanson country moderne qui manque si cruellement dans le paysage francophone.

On doit absolument applaudir le travail solide de réalisation de François Lafontaine, qui devait trouver une place à ces trois filles-là dans un genre qui compte de nombreux joueurs. Elle est loin l’époque où Mara Tremblay portait seule le genre sur ses épaules. Aujourd’hui, il faut se démarquer et c’est ce que les Hay Babies parviennent à faire. Ajoutez à cela des membres de Patrick Watson et la batterie énergique (et souriante) de José Major, et vous avez un album qui fait vibrer vos tympans… et votre coeur.

Les membres du trio disent qu’elles voulaient éviter de sonner comme Mumford and Sons. C’est réussi. Il y a déjà plus de variété et de subtilité dans cet album que dans l’ensemble de l’oeuvre de la bande à Marcus Mumford.

Mon homesick heart a peut-être quelques petites imperfections, comme l’ordre des pièces qui aurait peut-être pu être mieux réfléchi, mais celles-ci ne sont pas assez graves, ni suffisantes, pour déranger l’auditeur.

Est-ce que les Hay Babies ne seront qu’un feu de paille? Malgré leur jeune âge, Katrine, Julie et Vivianne ont tout ce qu’il faut pour réussir et durer… même si elles ont déjà mis la barre très haute.

Les Hay Babies – « Mon homesick heart » (Simone Records)
8/10

Canailles

Critique : Canailles – « Ronds-points »

On avait adoré leur premier album, « Manger du bois », qui était à l’époque un vent de fraîcheur dans un paysage musical qui commençait à peine à se décoincer. Leur mélange de folk, de blues et de cajun un peu sale, qu’on surnomme bluetrash dans certains cercles, détonnait un peu dans ce tsunami d’albums de pop de grange qui déferlait en même temps.

CanaillesAprès une tournée qui nous a permis de faire connaissance avec la joyeuse troupe, voici Canailles de retour avec son deuxième album, Ronds-Points, qui explore de nombreuses directions tout en ne s’éloignant pas trop de sa zone de confort.

Le premier simple, Titanic, est plutôt rassurant : Daphné Brissette chante avec l’assurance qu’on lui connaît et les sept autres membres du collectif l’accompagnent joyeusement. Trois minutes quarante plus tard, nous voilà rendus quelque part en Louisiane avec le groupe, juste à temps pour la première des pièces chanté par Dan Tremblay (Daniel « Manche-de-pelle »), qui est à la recherche d’une femme au Coeur de gawa. Une chanson aux mots crus, mais d’une sincérité qui rend le personnage encore plus sympathique.

Bon, on savait déjà la gang de Canailles capable de faire du bon bluegrass de party, mais sur Ronds-points, c’est vraiment sur les chansons plus lentes et plus tristes que le groupe brille. Les cuivres sur Les grands élans donnent à la chanson une couleur qui n’est pas sans rappeler un autre gentil bum montréalais (Bernard Adamus – merci à Dorothée Nicholls pour le parallèle).

Quant à Fromage, une pièce de 10 minutes, c’est absolument tout le savoir-faire du groupe qui y passe. Des montées, des descentes, de l’intensité, de la douceur, de la cacophonie, des harmonies, mais surtout une ambiance sombre digne d’un film d’horreur muet dans sa partie instrumentale!

On sent que le groupe a gagné en assurance et les voix ont pris du galon : Daphné Brissette et Dan Tremblay ne sont pas seuls à prendre les devants, Erik Evans, Annie Carpentier et Alice Tougas-St-Jak ont leurs petites chansonnettes aussi!

Finalement, Ronds-Points est exactement ça : un carrefour où nos comparses ont regardé à l’horizon dans toutes les directions tout en demeurant fidèles à eux-mêmes. Oui, il y a quelques répétitions, mais en même temps, cet album est beaucoup plus varié que ne l’était Manger du bois. À écouter dans le piton sur la galerie, une petite frette entre les jambes, en regardant passer les machines.

Le 24 avril au Cercle. Avec les Deuxluxes en première partie. Ça va être la fête!

Canailles – « Ronds-points » (Grosse boîte)
8/10

Chloé Lacasse

Critique : Chloé Lacasse – « Lunes »

Tout le monde mérite une deuxième chance. Prenez Chloé Lacasse. J’avais plus ou moins aimé son premier album (y’avait comme un choc entre la voix très aérienne de l’artiste et l’électronique lourd, froid et omniprésent), mais j’avais adoré sa prestation au Festival d’été de Québec l’an dernier.

Chloé LacasseC’est donc avec un intérêt renouvelé que j’ai plongé dans Lunes, ce nouvel opus que madame Lacasse a coréalisé avec Antoine Gratton et enregistré avec ses complices Gratton, Benoit Bouchard, Vincent Carré, Marc-André Landry et André Lavergne (en plus de la participation du quatuor Orphée, et ses cordes, sur quelques chansons). Et wow, dès les premières notes de Rien pour moi, on sent qu’on est dans un univers complètement différent de celui proposé sur son album homonyme.

La voix aérienne de la jeune auteure-compositrice-interprète se mêle parfaitement aux mélodies et aux arrangements atmosphériques. Et les paroles… je n’en parle jamais assez dans mes critiques, mais ici, ça en vaut la peine. Chloé Lacasse a une plume superbe. Toujours simple sans être simpliste, imagé tout en laissant la place à l’imagination, comme ici sur Renverser la vapeur :

Ils sont des milliers un peu comme nous
Qui en ont assez de se taire et surtout
Qui rêvent de crier un bon coup

Musicalement, on a l’impression d’un album bio, truffé d’instruments acoustiques et électriques et marqué par le piano omniprésent de Chloé Lacasse, qui marque autant la mélodie que le rythme. Les cordes sur certaines chansons donnent des frissons, tandis que les synthétiseurs et les ordinateurs se font beaucoup plus subtils.

Même si dans l’ensemble, l’album est excellent, certaines pièces sortent du lot : Un oiseau dans la vitre est tout simplement jouissive et constitue un excellent condensé de tout ce que je viens de lancer. Voix aérienne, mélodie atmosphérique, mélodie et rythme marqués par le piano… paroles sublimes, vous comprenez le topo. Chloé Lacasse fait dans la haute voltige dans une chanson qui parle plutôt d’embrasser le ciment. Écoute sans parler, plus active, est un brin psychédélique avec ses cordes envoûtantes. J’aime le groove de Le piège, une chanson qui permet à l’artiste de montrer un côté plus animal. Des bidouilleurs auraient probablement beaucoup de fun à la remixer, celle-là.

Lunes se méritera encore de nombreuses écoutes. Les albums qu’on a envie d’écouter du début à la fin, avec leurs petites lenteurs, leurs montées, leurs descentes, sont rares. En voilà un.

Stratosphérique.

Chloé Lacasse – « Lunes » (Vega Musique)
8/10

Catherine Leduc

Critique : Catherine Leduc – « Rookie »

Comme ça, la moitié féminine de Tricot machine décide de voler de ses propres ailes et nous sort un album solo? Oui et non. Oui, parce qu’il s’agit bien d’un album de Catherine Leduc, très différent des sonorités un peu enfantines de Tricot Machine. Non, parce que son complice de toujours (et moitié masculine du duo)  Mathieu Beaumont est encore omniprésent (réalisation, instruments). De plus, Leduc a fait appel aux excellents Josiane Paradis, Émilie Proulx et Simon Cloutier pour ajouter de la couleur à l’album.

Catherine LeducPis? Disons-le tout de suite, on ne peut pas être plus loin du gnan gnan naïf de Tricot Machine. Au contraire, dès les premières notes de Les vieux hiboux, on pense à Beck sur Sea Change. Vous trouvez la comparaison exagérée? Pourtant, cette chanson fait a un côté The Golden Age, vous ne trouvez pas? Et ce n’est pas juste à cause de la présence des glockenspiel! La pièce est lente, langoureuse, paresseuse, mélancolique, parfaite pour la journée de neige fondante au cours de laquelle cette critique est rédigée.

Ça continue avec Houston (qui serait, si j’ai bien compris, le nom du chat de Leduc), un country-folk qui mélange avec brio les formes classiques et les arrangements atmosphériques. On plane doucement, lentement, jusqu’à la prochaine chanson, la sublime Vendredi saint, d’une douce mélancolie qui rendrait vulnérable le plus dur des coeurs de pierre.

Suit Il faut se lever le matin, un folk aux arrangements complexes qui apporte quelques couleurs vives à un album qui était, malgré toute sa beauté, un peu pâlot. Le combo Préambule/Pee-Wee BB vise droit au coeur et fait mouche. Dans la première, on appréciera les moments où les choeurs répondent à Leduc. Quant à la deuxième, on retombe dans un univers digne de Beck (j’essaie de peser mes mots, mais non, je reviens toujours à M. Hansen). Et la métaphore de hockey… savoureuse!

Ça se poursuit comme ça jusqu’à Ouvre ton coeur, qui ferme l’album avec un peu de rythme, ce qui est étrange quand on passe tout un album presque sur le neutre. Encore là, on sent un esprit qui s’apparente à celui de Beck dans Little One.

Si je fais des parallèles avec Beck, ce n’est pas à la légère. Leduc a écrit et composé un album brillant, dans un esprit en tous points semblable à celui de Sea Change. Je ne crois pas qu’elle ait cherché ces comparaisons : c’est une simple question de mood, de mélancolie qui s’avère extrêmement propice à la création. L’album est très court (à peine un peu moins de 37 minutes), mais il semble l’être encore plus tellement le temps passe vite dans cet univers! Planer dans la mélancolie, c’est un art qui n’est pas accessible à tout le monde. Seuls les plus talentueux réussissent. Ici, on peut dire « mission accomplie avec brio ».

On savait déjà que les membres de Tricot machine avaient beaucoup de talent. Catherine Leduc prouve, avec Rookie, que la petite fille qui nous chantait L’ours est une grande femme qui a tout pour nous faire rêver pendant de nombreux jours de pluie, et ce, pour encore de nombreuses années.

Du bonbon.

Catherine Leduc – « Rookie » (Grosse boîte)
9/10

Festival d'été de Québec

Festival d’été de Québec : Quelle programmation!

C’est à midi aujourd’hui que les organisateurs du Festival d’été de Québec ont dévoilé la programmation de l’édition 2014 de cet événement particulièrement couru. Cette année encore, la programmation est une profondeur et d’une variété qui n’a rien à envier aux autres grands festivals nord-américains, ce qui attirera sûrement de nombreux touristes, tout en donnant aux gens de Québec ce qu’ils veulent : du rock, des vieux routiers et des valeurs sûres. Et les fans de musique un peu plus champ gauche? On a aussi pensé à vous!

Prog FEQ

 

Si vous avez suivi ce blogue ces dernières semaines, vous ne serez pas incroyablement surpris des têtes d’affiche : Lady Gaga, The Killers, Bryan Adams, Soundgarden et Queens of the Stone Age ont fait partie de nos pronostics. Les seules grandes surprises? La présence de Billy Joel (qui a été annoncée par Le Soleil hier) et la participation de Louis-Jean Cormier (que j’adore, mais il s’agit quand même d’une cinquième participation en six ans… surexposition ou consécration?). Les rumeurs à propos de Coldplay et Kendrick Lamar? Fausses.

Mais si on regarde l’affiche dans son ensemble, on voit que les pronostics de votre humble serviteur ne sont pas si mal… on joue pour plus de .500 – n’oubliez pas qu’il ne s’agissait pas de rumeurs ou de scoops informés, mais bien de pronostics fondés sur quelques recherches sur Internet!

Fermons cette parenthèse servant à flatter mon ego et continuons… Bon, vous êtes capables de lire les noms sur l’affiche, je ne vous en dirai donc pas plus. Il manque le volet électronique, il devrait être annoncé dans les prochains jours (quand tout sera confirmé avec les artistes présents). Là où ça devient intéressant, c’est dans l’horaire du festival. En règle générale, pour la majorité du monde, cet horaire garantit au moins un bon show par soir. Par contre, si vous êtes comme moi (et je sais que vous êtes nombreux à l’être parmi mes lecteurs), vous serez confrontés à des dilemmes presque tous les jours. Dans mon cas, ça arrive 9 soirs sur 11… et il va falloir faire des choix difficiles!

Regardons donc ce qui, pour moi, constitue les principaux conflits. Je n’ai pas inscrit tous les noms (je vous invite d’ailleurs à consulter la programmation sur le site du Festival, c’est beaucoup plus lisible). Les noms à surveiller sont en gras :

3 juillet

  • Scène Bell : Salomé Leclerc + Hommage à Félix
  • Parc de la Francophonie : Royal Canoe + Groenland + Local Natives
  • Impérial : Safia Nolin + Philémon Cimon + Pierre Lapointe
  • Petit Impérial : Mononc’ Serge (à 23 h 30)
  • Le Cercle : Antoine Corriveau (à 18 heures) + July Talk (à 23 h 30)

4 juillet

  • Scène Bell : Tegan & Sara + Lady Gaga
  • Parc de la Francophonie : Israel Proulx + Les soeurs Boulay + Daniel Bélanger
  • Impérial : Thus Owls + San Fermin + St. Vincent
  • Petit Impérial : Mononc’ Serge (à 23 h 30)
  • Le Cercle : Noah Gundersen (à 18 h) + Royal Canoe (à 23 h 30)

5 juillet

  • Scène Bell : Bas + Joey Bada$$ + A$ap Rocky + Snoop Dogg
  • Parc de la Francophonie : The Seasons + Serena Ryder + Bobby Bazini
  • Place d’Youville : Klô Pelgag (à 18 h 30) + Grand corps malade
  • Impérial : Shout Out Out Out Out + Bonobo
  • Petit Impérial : Mononc’ Serge (à 23 h 30)
  • Le Cercle : San Fermin (à 18 h)

6 juillet

  • Scène Bell : Matthew Curry + Steve Miller Band + Journey
  • Parc de la Francophonie : Alexandre Désilets + Jean-Marc Couture + Marc Dupré
  • Place d’Youville : Beth Hart + Gary Clark Jr.

7 juillet

Rare journée où je n’ai aucun conflit : Seryn à 18 h au Cercle, puis Jimmy Hunt et Louis-Jean Cormier (et invités) à la Scène Bell.

8 juillet

  • Scène Bell : Young The Giant + The Killers
  • Parc de la Francophonie : ? – ÉlectroFEQ
  • Place d’Youville : Marième + Alex Nevsky + Damien Robitaille

9 juillet

  • Scène Bell : ? – ÉlectroFEQ
  • Parc de la Francophonie : Moriarty + Jake Bugg + Daniel Lanois
  • Place d’Youville : Debo Band + Joe Driscoll & Sekou Kouyaté + Gogol Bordello
  • Le Cercle : Maude (18 h)

10 juillet

  • Scène Bell : Brody Dalle + The Kills + Queens of The Stone Age
  • Parc de la Francophonie : Dead Obies + Manu Militari + Cypress Hill
  • Place d’Youville : Mokoomba + Bombino + Tiken Jah Fakoly
  • Impérial : Philippe Brach + Vincent Vallières (solo) + Father John Misty (solo)
  • Petit Impérial : Tire le coyote (à 23 h 30)
  • Le Cercle : Laurence Hélie (à 18 h) + Le trouble (à 23 h 30)

11 juillet

  • Scène Bell : Blondie + Billy Joel
  • Parc de la Francophonie : Alb + Sam Roberts Band + ?
  • Impérial : Pierre Kwenders + Random Recipe Radio Radio
  • Petit Impérial : Tire le coyote
  • Le Cercle : Monogrenade (18 h)

12 juillet

  • Scène Bell : Truckfighters + The Pretty Reckless + Soundgarden
  • Place d’Youville : Féfé + Émilie Simon
  • Impérial : Alb + The Paper Kites + Stars
  • Petit Impérial : Tire le coyote

13 juillet

  • Scène Bell : Bryan Adams
  • Parc de la Francophonie : Dans l’shed + Les chercheurs d’orPaul Daraiche
  • Impérial : Dance Laury Dance + Anonymous (avec Mononc’ Serge et Marco Calliari)

Évidemment, ce sont mes choix personnels, vous aurez peut-être plus de facilité que moi à vous faire un horaire.

Les amateurs de metal seront déçus, mais il faudra qu’ils se rendent à l’évidence : compte tenu de tous les spectacles présentés dans l’année et de la présence au Québecde deux festivals majeurs dans le domaine de la musique pesante (sans compter la multiplication des festivals partout dans le monde), vos bands préférés sont de plus en plus difficiles à aller chercher. Honnêtement, si y’a que le metal et le hard qui vous intéressent, allez à Heavy Montreal et au Rockfest cette année. Mais ne vous plaignez pas, les programmateurs du FEQ font leur possible.

Bon, c’est bien beau, mais combien tout ça va coûter? Eh ben si vous êtes parmi les 60 000 premiers acheteurs à partir du samedi 12 avril à midi (sur infofestival.com), le laissez-passer vous coûtera 68 $. Les 80 000 laissez-passer suivants seront vendus 78 $. Pour voir tous les spectacles sur toutes les scènes. Y compris pour les spectacles en salle. N’oubliez pas que le laissez-passer pour Osheaga se vend près de 300 $! En fait, mon billet pour Arcade Fire à la fin du mois d’août m’a coûté 65 $! Comprenez-vous l’ampleur du deal, maintenant?

Rendez-vous le 3 juillet, 18 heures, au Cercle. J’ai promis à Antoine Corriveau qu’il serait mon premier. Je ne bouderai pas ce plaisir.

Katerine

Critique : Katerine – « Magnum »

Oh, là, là, la bibitte, toi! C’est probablement ce que se dirait quelqu’un qui entend Magnum pour la première fois et qui n’a jamais entendu parler de Philippe Katerine auparavant. C’est aussi ce que se dirait un fan de la première heure en se frottant les mains de plaisir et en affichant un grand sourire. Car avec Philippe Katerine, on ne s’ennuie jamais. De Je vous emmerde à La reine d’Angleterre, en passant par Louxor, j’adore, l’artiste français a su se forger un univers unique teinté d’humour et de fantaisie sans toujours se conformer aux diktats de l’industrie.

KaterineSon album précédent, Philippe Katerine, comptait 24 pièces, mais il ne durait que 50 minutes. Presque tous les exercices de style possibles y sont passé. Quel était son passe-temps pendant qu’on se tapait Philippe Katerine? Enregistrer une reprise par semaine pendant un an avec Francis et ses peintres. Lorsqu’il s’est pointé à Québec pour le Festival d’été 2013, c’était d’ailleurs pour présenter ces reprises au public (qui était un peu surpris). Évidemment, c’était génial pour certains (j’en suis) et pourri pour d’autres.

L’été dernier, les Français ont droit à un nouveau simple de Katerine : Sexy Cool. Tout le monde s’est posé la question : Ouate de phoque? Tout à coup, Katerine se prenait pour un dieu de la disco rétro! Le deuxième simple, Efféminé, en rajoutait une couche tout en collant « grosses couilles » et « Kinder Bueno » dans le même vers. Enfin, au début de l’année, on a eu Patouseul, une autre chanson dansante aux paroles complètement folles. En même temps, on apprend que Magnum, l’album, sera accompagné d’un film (qui sera présenté le 12 avril sur Canal+ en France… les abonnés canadiens pourront sûrement le voir plus tard).

Alors, cet album? Tout d’abord, on danse du début à la fin. La musique du compositeur SebastiAn est fluide, quoiqu’elle manque un peu de mordant. C’est funky, c’est disco, ça s’aligne sur Random Access Memories de Daft Punk, mais en beaucoup plus cheap et homogène. C’est parfait pour danser sans se poser de questions ou pour courir un petit 5 km.

Là où ça se gâte, c’est du côté des paroles. Celles-ci sont tellement peu inspirées, si insipides, on se demande où est passé le génie de 1978-2008 et de poulet no 728 120 (un chef-d’oeuvre méconnu). Oh, ce n’est pas une question de premier, de second ou de dixième degré. C’est simplement une écriture paresseuse, comme si notre ami Philippe avait été obligé d’écrire un album plus accessible.

C’est triste, parce que quand on sait ce que l’homme est capable de faire, on a de grandes attentes. Qui, cette fois, n’auront pas été satisfaites.

Pas grave. Le génie est encore jeune, il va sûrement nous arriver, au champ gauche, avec un truc complètement fou. En attendant, on peut toujours danser sans trop se poser de questions…

Quoique… c’est comment, être comme une frite dans un cornet de frites?

Philippe Katerine – « Magnum » (Barclay)
5/10

Mac DeMarco

Critique : Mac DeMarco – « Salad Days »

Sur disque, Mac DeMarco est probablement le gars le plus cool et détendu qui soit. Paraît qu’en studio, c’est un grand travailleur qui donne son 110 %. Cette fois-ci, le grand slacker est entré en studio après une longue et épuisante tournée. Ce qui ne l’a pas empêché de donner le meilleur de lui-même.

Mac DeMarcoLe résultat? Salad Days, l’album d’un auteur-compositeur-interprète fatigué qui a décidé de donner toute l’énergie qui lui restait dans cette galette. La proposition, tout en lo-fi, est sympathique, mais le pauvre critique que je suis est encore perplexe.

Voilà : on a l’impression que les mêmes deux ou trois chansons jouent en mode répétition. Oui, DeMarco a un son bien à lui (dixit La Presse), mais on a l’impression que Salad Days et Treat Her Better sont la même chanson. Cette sensation plutôt désagréable réapparaît à quelques reprises sur l’album.

C’est dommage, parce que même répétitives, les chansons sont très bonnes et la voix de DeMarco, qui ressemble à un croisement entre Bob Dylan et Damon Albarn, est particulière… dans le bon sens du terme.

Ça va prendre encore quelques écoutes pour me faire une bonne idée.

Mac DeMarco – Salad Days (Captured Tracks)

Festival d'été de Québec

Festival d’été de Québec : Qui va être là? (2e édition)

Le Festival d’été de Québec annonce sa programmation ce jeudi 10 avril à midi. On le sent, les festivaliers sont fébriles et les organisateurs ont hâte de dévoiler ce qui a le potentiel d’être un autre grand cru cette année (je fais partie de ceux qui ont particulièrement apprécié le FEQ 2013). N’oubliez pas, il n’y a pas que la scène Bell et surtout, ce n’est pas parce que vous ne connaissez pas un artiste qu’il est mauvais. S’il est venu ici, c’est pour que vous veniez le découvrir. Osez. Vous ne le regretterez pas.

À moins de 100 heures du dévoilement, voici une synthèse de nos pronostics :

On sait déjà que Gary Clark Jr.Émilie Simon et Victor Wainwright seront de la partie. Ajout : Billy Joel et Bryan Adams seront de la partie.

Les médias ont également annoncé la venue de Lady GagaSerena Ryder et Bobby Bazini.

Les rumeurs les plus persistantes amènent également Coldplay et Queens of the Stone Age (qui viennent tout juste d’annoncer un spectacle au Centre Bell le 9 juillet, en plus de leur prestation prévue au Bluesfest). On a également entendu parler de la venue de Kendrick Lamar (qui sera à Hudson Project, tout près, la deuxième fin de semaine du FEQ).

Par contre, on est presque certains que StromaeKaty Perry et Pearl Jam ne seront pas de la fête. Et oubliez immédiatement Metallica, Motley Crüe, Queen et AC/DC. Ils ne viendront pas au FEQ cette année. Puis malgré son immense succès à la Voix, Louis-Jean Cormier ne sera pas là, ne serait-ce que par respect pour Woodstock en Beauce qui en a fait une de ses têtes d’affiche.

Nous avons également de gros doutes quant aux artistes suivants : Beck (il est à Montréal deux semaines plus tôt et son spectacle actuel cadre mieux entre les quatre murs d’une belle salle de spectacle qu’en plein air), Bruce Springsteen (il coûte cher, notre Boss, et si les prévisions ci-dessus s’avèrent, le haut de l’affiche sera déjà très garni… et coûteux, dans un contexte où le dollar canadien a perdu de la valeur), Foo Fighters (leur calendrier est presque vierge, ils donnent UN show à Firefly, et ils sont en studio), Arcade Fire (plusieurs personnes les envoient sur les Plaines, mais j’ai de gros doutes là-dessus – j’aimerais toutefois me tromper), The Flaming Lips (oh que j’aimerais me tromper sur celui-là, mais soyons réalistes, les Lips n’attirent pas assez de monde pour jouer sur les Plaines, et ils attirent beaucoup trop de monde pour le Parc de la francophonie. Oublions-les.).

Par contre, les artistes suivants ont toutes les chances de se trouver sur une des scènes du festival entre le 3 et le 13 juillet : Gogol Bordello (présence déjà annoncée au Bluesfest, en plein le genre de groupe déjanté que le FEQ aime programmer au Parc de la francophonie ou à Place d’Youville), The Killers (Bluesfest, Centre Bell… ne manque que le FEQ!), St. Vincent (elle va à Winnipeg, à Ottawa et à Halifax, et des rumeurs l’envoient au Festival de jazz de Montréal… c’est mon Belle and Sebastian pour 2014!), Jake Bugg (il est au Bluesfest et c’est en plein le genre de jeune prodige qu’on aime voir ici), Journey (même sans Steve Perry, le groupe est en forte demande et il vient au Bluesfest…), Huey Lewis & The News (ils vont être dans le coin et ils feraient une excellente première partie pour Journey ou Bryan Adams), Violent Femmes (Gordon Gano et sa bande sont venus il y a… 10 ans,  et ils seront au Bluesfest… c’est LE groupe de festival par excellence),  Drive-By Truckers (le folk, le country et le rock aux accents du Sud semblent peu présents cette année… occasion parfaite pour ce groupe qui donne toujours un excellent show), Moist (ils ont rempli l’Impérial l’automne dernier – les Québécoises adorent David Usher et sa bande, et ils sont au Bluesfest. Que demander de plus?), Blondie (ils sont au Bluesfest et pourraient donner le ton à une autre grosse soirée nostalgie), Phantogram (on les a découverts en 2010, leur nouvel album est excellent, leur musique pourrait facilement cadrer dans une des soirées électro FEQ), Bombino (belle découverte en 2011, belles retrouvailles en 2014? – un double plateau à place d’Youville avec Tinariwen serait magique, mais ceux-ci sont en Europe pendant le FEQ).

D’autres noms qui risquent d’être présents : Cheap Trick, Dead Obies, Daniel Bélanger, Charli XCX, Mac DeMarco, Shovels & Rope, Young the Giant, Thus Owls, Broken Bells, Neutral Milk Hotel, Sam Roberts Band, Jimmy Hunt, Alex Nevsky, Marie-Pierre Arthur, Salomé Leclerc, Monogrenade, Radio Radio, Fred Fortin, Les soeurs Boulay, Tire le coyote, Yann Perreau, Local Natives, The Strumbellas, Kim Churchill, Tegan and Sara, Soundgarden

On se demande qui va tenir le haut de l’affiche du côté hip-hop. Plusieurs gros noms sont toujours vraisemblables : Kanye West, Eminem, Kendrick Lamar, Snoop Dogg, Danny Brown, Cypress Hill, Tyler the Creator, Childish Gambino

Enfin, ces noms ont circulé, mais… je suis incapable de donner un pronostic : Michael Bublé, Lady Antebellum, The Gaslight Anthem, Jeff Tweedy (oh que j’aimerais ça!), Collective Soul

On en saura plus ce jeudi. En attendant, si y’a du nouveau, nous vous en parlerons ici et sur les médias sociaux.

Timber Timbre

Critique : Timber Timbre – « Hot Dreams »

Ambiances feutrées dès les premières notes. Les ondes du vibraphone envahissent la pièce jusqu’à ce que la voix grave de Taylor Kirk prenne la place. Trame sonore d’un rêve éveillé, Hot Dreams, le cinquième album de la formation canadienne Timber Timbre nous arrache du monde réel pour nous faire valser dans un imaginaire digne des grands films des années 1970 et des bandes sonores de Morricone.

Timber TimbreOn sent d’ailleurs toute l’influence du cinéma dans la musique sombre et éthérée du groupe. Chaque pièce possède son groove, mais elles ont toutes ce fil conducteur tout droit sorti d’un rêve.

Les arrangements sont brillants et donnent aux pièces toute leur substance. Les cordes de Mika Posen et le saxophone de Colin Stetson se marient d’une manière remarquable aux paroles et à la musique de Kirk et de Simon Trottier, dont les guitares n’ont jamais sonné aussi rétro.

On appréciera l’entrée en matière de Beat the Drum Slowly, la féérie de la chanson titre et la tension derrière Curtains!? Il y a bien quelques creux, quelques baisses d’énergie qui peuvent détourner notre attention de l’album, mais rien de majeur, cependant.

À écouter un soir pluvieux. Ça tombe bien, les météorologues en annoncent beaucoup, ce printemps.

Timber Timbre – « Hot Dreams » (Arts & Crafts)
7/10

Par un curieux, pour les curieux.

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