Grand corps malade

Festival d’été de Québec 2014 – Un bilan

GroenlandVoilà, le Festival d’été de Québec est terminé, la poussière a même eu un peu le temps de retomber. Et puis, vous avez aimé votre festival? Parlez-nous en dans les commentaires.

De mon côté, comme c’était ma première expérience à titre de média autorisé et j’étais particulièrement nerveux au début. Être un tout petit blogueur, local de surcroît, parmi les pros, ça faisait se sentir petit. Mais la nervosité a laissé sa place à la fébrilité, puis à la fatigue. Mais bon, ça, vous l’avez probablement remarqué au fil de mes interventions ici ou sur les médias sociaux.

Local NativesAlors, ce festival?

On peut dire que la 47e présentation du Festival d’été de Québec a été couronnée de succès. Non, on n’a pas vendu tous les laissez-passer, mais est-ce vraiment nécessaire pour parler de réussite? Avez-vous vu la ville prise d’assaut tous les soirs, vous? Avez-vous vu les scènes et les salles plus souvent qu’autrement remplies à craquer? Les émotions? Les sourires?

July TalkLa belle programmation équilibrée, qui est l’objectif visé par Louis Bellavance, Arnaud Cordier et l’équipe de la programmation, s’est vraiment concrétisée cette année. Elle était également équilibrée l’an dernier, mais les gens prennent parfois du temps à comprendre certains moves. Suffit de ne pas paniquer et de maintenir le cap!

SerynCe beau succès de foule, on le doit, bien sûr, à la qualité des artistes présents. Sur les onze soirs, il y en a au moins trois où j’aurais aimé me trouver à quatre endroits différents en même temps. Certains choix ont, pour moi, été plus faciles que d’autres (St. Vincent au lieu de Lady Gaga), mais je regrette encore un peu d’avoir manqué Daniel Lanois même si j’ai été sidéré par Gogol Bordello (qui a été un de mes moments forts, c’est tout dire).

Tiken Jah FakolyQuelques stats amusantes :

J’ai assisté à 44 prestations de 41 artistes. Voici leur provenance :

  • 19 du Québec,
  • 4 du ROC,
  • 10 des États-Unis,
  • 5 de la France,
  • 1 du Royaume-Uni,
  • 1 de la Grèce,
  • 1 du Brésil,
  • 1 de la Côte-d’Ivoire

Dead ObiesSur ces 44 prestations, j’en ai vu :

  • 4 sur les Plaines
  • 11 au Parc de la francophonie
  • 18 à place d’Youville
  • 4 à l’Impérial
  • 3 au Petit Impérial
  • 3 au Cercle
  • 1 à Place de la famille

Sarah CochraneEn fait, j’ai vu des spectacles sur toutes les scènes, sauf au Parc de l’Artillerie et à la nouvelle scène du Coeur du FEQ (une belle idée que ce lieu de rassemblement où tous pouvaient luncher avant de se diriger vers leur scène préférée).

J’ai pris près de 5 100 photos sur 2 appareils. Là-dessus, je vais probablement n’en conserver que 500 (et je suis généreux).

J’ai bu en moyenne deux bières par soir, sauf si j’allais en basse-ville, où je me gênais un peu moins. ;)

 

Mes trois prestations préférées :

Louis-Jean Cormier3. Louis-Jean Cormier : Les personnes présentes sur les Plaines ont eu droit ce soir-là à une prestation solide et émouvante du gars le plus hot au Québec présentement. Il a juste assez modifié ses chansons pour qu’elles soient plus grandes que nature, comme la scène sur laquelle il se produisait.

Surtout, il a su s’entourer d’invités parfaits pour lui. Lisa qui l’accompagne sur Ce soir, l’amour est dans tes yeux, transformée en chanson country pour l’occasion, c’était-y pas beau?

On aurait voulu que le temps s’arrête.

 

St. Vincent2. St. Vincent : Ben oui, toé, comme si j’allais manquer Annie Clark à l’Impérial. Clark et ses trois complices ont livré une prestation du tonnerre, rodée au quart de tour. On savait que tout était programmé à la seconde près, ce qui ne nous a pas empêché de trouver Clark diablement humaine avec sa six-cordes. Ceux qui ont raté ce show ont raté un des coups les plus fumants de l’équipe de la programmation.

Annie Clark est déjà plus grande que la petite salle (survoltée) de l’Impérial. Ce fut tout un privilège de l’avoir aussi près de nous. Vraiment près.

 

Tire le coyote1. Tire le coyote : J’ai dit en fin de semaine que je classais cette prestation parmi mes cinq préférées à vie. J’ai l’air d’exagérer un peu comme ça, mais sachez que des musiciens qui me tiennent sur le bout de ma chaise, les larmes aux yeux, pendant près d’une heure et demie parce que ce qu’ils jouent, c’est beau en joual vert, c’est rare.

Tout était parfait. Les musiciens, les chansons, le public, la communion, tout.

 

Ma déception :

Paul DaraîcheLe Parc de la francophonie désert pour Paul Daraîche : M. Daraîche ne méritait pas cela. On passe des mois à demander du country, l’équipe du festival en met à sa programmation, et on boude M. Daraîche parce que ce qu’on veut, c’est des grosses vedettes américaines de style Nashville. Pourtant, il n’y avait pas énormément de monde non plus pour Emmylou Harris. Le message que les organisateurs du FEQ vont retenir, c’est que les amateurs de country sont de grands parleurs.

 

Une autre scène?

Tant qu’on n’enlève pas celle du Pigeonnier, je suis d’accord, même si cela signifie une légère augmentation du laissez-passer pour palier aux risques. Le problème, c’est l’emplacement. Ce dossier ne sera pas réglé avant encore plusieurs années. Finalement, on devrait apprécier notre festival tel qu’il est, je crois.

 

***

Juste un dernier petit mot pour remercier l’équipe du Festival d’été sans qui cette couverture n’aurait pas été possible. Merci à Louis Bellavance et à son équipe, dont Arnaud Cordier, pour la superbe programmation. Ce mélange d’avant-garde et de légendes est parfaitement équilibré. Louis, pardonnez-moi d’avoir été bête comme mes pieds quand vous êtes venu me saluer samedi après-midi, j’ai tout simplement figé, tellement j’étais surpris que vous veniez me voir, moi, le petit blogueur fidèle au poste tel un scout! On se reprend l’an prochain?

Merci à l’équipe des communications, à Luci Tremblay, que j’ai vu partout en même temps, et à son équipe de feu sur les Internets, notamment Isabelle Grenier, toujours d’une patience d’ange avec les plus grognons d’entre nous, et Johanie Bouffard, avec qui j’ai eu la chance d’échanger de nombreux courriels ces derniers mois. Merci aussi à l’équipe des relations de presse, qui m’a toujours donné l’impression d’être traité avec les mêmes égards que les plus grands médias d’ici et d’ailleurs, et ce, toujours dans le plus grand respect. Je l’apprécie énormément et j’espère avoir été digne de la confiance que vous avez eue en moi, probablement le plus petit média présent… J’aurais aimé avoir des collaborateurs, question de mieux remplir mon mandat, mais merci d’avoir donné à ecoutedonc.ca la chance de briller parmi les meilleurs pendant ces quelques jours.

Si vous m’en donnez l’occasion, l’an prochain, ecoutedonc.ca sera encore là. Et on sera encore meilleur.

Merci pour tout. À bientôt.

 

***

Mes vacances comme traducteur sont terminées depuis lundi. Je suis donc de retour à mes activités régulières. Si vous me le permettez, je vais prendre quelques jours de vacances avant de recommencer à alimenter ce blogue. Quelques bons disques s’en viennent, on va en parler, promis promis. Pis ils reste quelques bons shows à l’été…

Surtout, le blogue aura trois ans le 21 juillet prochain. On va trouver un moyen de célébrer ça.

N’oubliez pas de me parler de votre festival à vous en bas, dans les commentaires!

À bientôt!

 

PS : Je posterai quelques photos sur flickr ou google+ d’ici la fin de la semaine.

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Paul Daraîche

Festival d’été de Québec 2014 – Compte-rendu du 13 juillet

Enfin, on arrive à la dernière journée. Comme festivalier, je suis triste, parçe que cet événement apporte son lot d’émotions qu’il est difficile d’aller chercher autrement. Cependant, comme « gars qui couvre la musique » (merci JE), je vais enfin pouvoir dormir la nuit!

Bon, avant de prendre quelques jours de vacances, un petit compte-rendu aujourd’hui et un petit bilan demain.

Alejandra RiberaAlejandra Ribera – Scène Hydro-Quebec

J’avais beaucoup entendu parler d’elle, mais ma foi, je ne m’attendais pas à être charmé de même! Une voix chaude, douce, qui n’hésite pas à gagner en intensité. Une belle folk-pop chantée en anglais ou en espagnol. On pense à Lhasa, on pense à Beth Gibbons en solo.

Douce mélancolie. Le prix SOCAN de la chanson anglophone de l’année qui lui a été remis cette semaine était pleinement mérité.

Dans l'shedDans l’shed – Scène Loto-Québec

Le duo gaspésien a proposé un petit Americana ma foi fort sympathique à un pigeonnier malheureusement dégarni. Ce soir, l’attrait de Bryan Adams est trop fort.

Dommage, parce que cette paire de musiciens possède un répertoire qui se laisse découvrir, en plus de quelques reprises pas piquées des vers.

Les chercheurs d'orLes chercheurs d’or – Scène Loto-Québec

Le groupe de Québec était très dynamique sur scène, ce qui est tant mieux. Passant allègrement du country au bluegrass tout en proposant tout ce qui se trouve entre les deux, leur prestation, qui a duré près d’une heure leur a permis de se faire connaître auprès des fans de musique un peu plus western.

 

Paul DaraîchePaul Daraîche – scène Loto-Québec

Seulement 200 personnes sont restées pour voir la légende country et ses invités. Dommage, parce qu’elles ont manqué un bon spectacle. La petite histoire ne dira pas si Daraîche était déçu de voir si peu de monde, mais sur scène, en vrai pro, il a joué comme si le Pigeonnier était bondé. Spectacle en dents de scie à intensité variable, mais quand ça a décollé (notamment avec Edith Butler), ça a décoiffé.

Triste fin de festival pendant que tout le monde festoyait sur les Plaines. J’espère qu’il ne s’agit que d’une coïncidence et que le FEQ ne croira pas que le country n’a pas sa place…

(photos : ecoutedonc.ca)

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Émilie Simon

Festival d’été de Québec 2014 – Compte-rendu du 12 juillet

Je vais être honnête : pendant que vous gueuliez votre vie sur les Plaines avec Soundgarden, j’écoutais sagement Émilie Simon en attendant de descendre faire la file devant le Petit Impérial pour le troisième spectacle de Tire le coyote. Et quel spectacle avons-nous eu!

Je vous raconte tout ça plus loin, cette avant-dernière journée a été longue!

Sarah CochraneSarah Cochrane, scène Hydro-Québec

La jeune auteure-compositrice-interprète qui a reçu le prix FEQ au dernier Festival de la chanson de Granby avait tout à gagner et rien à perdre en ce beau midi ensoleillé. Accompagnée d’une pianiste, d’un guitariste et d’une violoncelliste, l’artiste a présenté des compositions sages, mais vachement bien écrites.

Un premier mini-album est prévu d’ici la fin de l’automne. On va surveiller cette jeune artiste de près.

 

Billie BrelokBillie Brelok, scène Hydro-Québec

Celle qui s’est sauvée avec le prix FEQ lors du Printemps de Bourges est venue proposer son rap acerbe au public québécois, qui avait peur de se mettre en première rangée à cause des basses, beaucoup trop fortes pour la petite scène. Cependant, les quelques courageux qui se sont aventurés en ont pris pour leur rhume, ça dansait au rythme des mots balancés à leur figure par la jeune rappeuse!

Accompagnée d’un DJ, d’une guitare et d’une basse, Brelok, qui a également des origines péruviennes, a aussi rappé en espagnol. Si je me fie à ma connaissance de la langue de Cervantés, les mots de Brelok étaient beaucoup plus tendres, comme s’il s’agissait d’un rêve.

Prestation coup de poing qui a été un coup de coeur pour plusieurs.

 

FéféFéfé, scène Hydro-Québec

Mais quelle énergie ce Féfé possède-t-il! Il commence sa prestation dans la foule, n’a même pas commencé à chanter qu’il nous fait lever les bras dans les airs, et n’a même pas entonné un refrain qu’il nous fait danser! Il nous lance à gauche, à droite, nous fait sauter, tout ça sur ses chansons pop super sympathiques. Entouré d’excellents musiciens, Féfé nous a offert ses compositions pop dansantes et ensoleillées, qui ont petit côté Karim Ouellet (avec qui il a déjà collaboré), petit côté exotique en plus.

À son départ, après un rappel bien mérité, il faisait chaud au Carré!

 

Émilie SimonÉmilie Simon, scène Hydro-Québec

Madame Simon s’est pointée sur scène avec une vingtaine de minutes de retard et on dirait que ce contretemps lui a fait perdre une partie de son public, qui est parti après quelques pièces. Dommage pour eux, car la chanteuse française était en voix et les pièces de sont plus récent album, Mue, sont fort jolies.

Problème de rythme?

Début trop tranquille, qui a assommé le public?

Difficile de le savoir. Faut dire que la Place d’Youville attire surtout les curieux, qui n’ont pas pris le temps d’écouter l’artiste avant de se déplacer.

On va se reprendre, Émilie. On va se reprendre.

 

Tire le coyoteTire le coyote, Petit Impérial

Si je terminais mon Festival d’été sur cette note, celui-ci serait magistral. Au Petit Impérial pour un troisième soir de suite, Benoit Pinette a cette fois-ci mis le paquet : en plus de ses collaborateurs réguliers (dont la toujours ravissante Sylvia), il a fait appel à l’excellent guitariste Simon Pedneault (Louis-Jean Cormier, Who are You), au pianiste Fred Desroches et à la surprenante Marie-Christine Roy au violon. Pedneault a fait quelques reprises, dont I’ve Just Seen a Face, des Beatles, toujours un classique.

Tire le coyoteQuant aux pièces de Tire le coyote, on peut dire qu’elles sont devenues, le temps d’une soirée, plus grandes que nature. C’est fou ce qu’un peu de fiddle et de piano peut ajouter aux émotions transmises par une pièce. Je sais, je suis un peu chochotte, mais les larmes me sont montées aux yeux à au moins trois reprises devant tant de frissons, ce qui ne s’était pas produit aux deux premières prestations.

Il y avait beaucoup de bonheur sur scène, suffisait de regarder Pinette lancer des regards approbateurs à tous les musiciens (lui-même avait l’air passablement impressionné par le jeu de Roy) ou distribuer des high-fives à Pedneault, qui trippait. Sylvia était tout sourire à l’arrière, aux choeurs, et elle n’avait pas besoin de se faire prier très longtemps quand elle demandait à la foule de participer! Et Shampoing, lui? Shampoing avait du fun, comme d’habitude.

Simon Pedneault (et Tire le coyote)Le public présent a apprécié également, suffisait de les voir crier des YEAH! au beau milieu des chansons, taper follement des mains sur Calfeutrer les failles ou chanter en choeur la finale de Confetti.

Normal alors qu’au rappel, après une Bombe à retardement débranchée, la place ait explosé quand le coyote et ses amis ont entonné le classique de Neil Young, Rockin’ in the Free World. Dans le plus pur esprit bluegrass, chacun a eu droit à un solo endiablé, montrant de quoi il était capable. Tout le monde chantait, tapait des mains, et il n’y avait plus personne d’assis à la fin de la chanson.

Un de mes cinq meilleurs spectacles à vie. Je me laisse quelques heures pour déterminer où, exactement.

L’apothéose. À partir de là, on ne peut que descendre.

Pour mieux remonter.

 

Putain que je suis heureux, aujourd’hui.

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Festival d’été de Québec 2014 – Compte-rendu du 11 juillet

Grosse soirée hier soir. En fait, immense soirée qui s’est terminée de façon grandiose dans la plus petite salle du Festival. Mon compte-rendu :

 

Blondie

Blondie, scène Bell

J’ai lu beaucoup de critiques de journalistes chevronnés à propos de la voix de Debbie Harry. La chanteuse et leader du groupe new-yorkais n’a plus vingt ans, elle en a plutôt 69. C’est normal qu’elle ait perdu du tonus, surtout ses chansons où elle monte dans les aiguës (Rapture, Heart of Glass), après une vie de rock star plutôt taxante.

Oui, elle aurait peut-être s’en tenir aux One Way or Another (particulièrement efficace) et Waiting on the Telephone (parfaitement dans le ton), mais on aurait trouvé le moyen de lui reprocher de ne pas faire le classique des classiques. Ou ma toune à moi, Atomic!

Seuls bémols : les pièces de son nouvel album. C’est bon, mais les boomers présents préféraient parler plutôt que d’écouter ces pièces bien de leur temps. Pis Fight for Your Right? Vraiment? On ne s’approprie pas les hymnes adolescents à 69 ans! ;)

(Photo : Festival d’été de Québec – Philippe Ruel)

 

Billy Joel

Billy Joel, scène Bell

Première visite du Piano Man à Québec et avouons-le, celui-ci a conquis les Plaines d’Abraham et le coeur d’une foule immense venue l’acclamer. Assis derrière son piano, l’artiste new-yorkais a enfilé succès après succès, de My Life jusqu’à Only the Goog Die Young, à la fin d’un généreux rappel de six pièces. Même son roadie s’est mis de la partie, interprétant Highway to Hell au plus grand plaisir des festivaliers.

Si Debbie Harry a vu son âge la rattraper, Joel, quant à lui, est toujours aussi fringant à 65 ans et sa voix est toujours aussi parfaite. Comme son jeu de piano. Et il ne manque pas d’énergie, le bonhomme, gardant ses pièces les plus dansantes pour la fin!

Un concert dont on se souviendra longtemps à Québec. Un des meilleurs que j’ai vus sur les Plaines.

(Photo : Festival d’été de Québec – Philippe Ruel)

 

Tire le coyoteTire le coyote, Petit Impérial

Deuxième soirée pour Benoit Pinette et sa bande, cette fois-ci avec la fort talentueuse Sylvia comme artiste invitée. Bien entendu, les chansons qui avaient été jouées la veille étaient interprétées de façon différente, les cartes avaient été brassées et tant Pinette que Sylvia ont profité de l’occasion pour lancer quelques ballons d’essai. Les nouvelles chansons de Tire le coyote semblaient moins influencées par Neil Young, prenant une teinte jazz et blues qui n’était pas sans rappeler Bob Dylan. De son côté, Sylvia nous a présenté un gospel a capella qu’elle a créé pendant un atelier d’écriture au Festival de la chanson de Petite-Vallée sur un titre qu’elle avait pigé au hasard : L’indifférence.

Vous savez quoi? Pour une toune écrite dans un atelier, c’était puissant en maudit, et c’est tout à l’image du talent de l’auteure-compositrice-interprète.

SylviaDe leur côté, les « vieilles » pièces de Tire le coyote ont retrouvé leur rythme et leurs couleurs, et Confetti a retrouvé ses airs de chef-d’oeuvre avec sa poésie incomparable… et son solo de guitare à la fin. Sur ce, quelques mots sur Shampoing : il en a impressionné plus d’un sur ce solo à la fin de Confetti, et ce, avec raison. Non, ce n’est pas facile de balancer des centaines de notes à la minute, mais c’est encore moins facile de donner une âme à sa guitare, de la faire chanter comme si elle était une personne à part entière. Avec Shampoing, tout ça semble d’une facilité déconcertante et il s’exprime avec émotion avec sa six cordes. Frissons.

Paraît qu’il remet ça ce soir, au même endroit. Huit personnes sur la minuscule scène. Ça va être assez dément. Arrivez tôt, ça fait deux soirs que le Petit impérial est plein à craquer!

 

Petit mot sur ce midi…

Je pars dans quelques instants pour Place d’Youville assister à la prestation de Sarah Cochrane, à qui on a remis le Prix FEQ au Festival de la chanson de Granby. La fille semble très prometteuse. On va aller voir ça de près.

À midi trente.

Puis, celle qui a reçu le Prix FEQ au Printemps de Bourges, Billie Brelok, sera au même endroit à 15 h 30. Son hip-hop est assez particulier, à ce qu’on en dit. On va aussi aller voir ça de près.

Je vous encourage à faire de même. Je le répète, on fait de belles découvertes sous le soleil.

 

À plus tard! En attendant, je suis sur Twitter et sur Facebook.

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Festival d’été de Québec 2014 – Compte-rendu du 10 juillet

(Photos : ecoutedonc.ca, sauf celle de Father John Misty – Crédit : Sébastien Dion, Festival d’été de Québec) 

Comme ça, Queens of the Stone Age, c’était bon? Meilleur show du festival jusqu’à maintenant? Et j’ai manqué ça? Baaaaah, je n’ai pas manqué ce que je voulais absolument voir, c’est tout ce qui compte.

La fatigue commence à s’installer. Le vilain rhume qui m’a magané cette semaine a eu pour effet de saper mes énergies, que je conservais savamment pour être capable de couvrir le festival du début à la fin… surtout que les soirées finissent tard quand on a un coyote dans les parages.

Remarque : j’étais avec un ami (un vrai, qui existe en chair et en os – ça fait changement de Siri), alors je n’ai pas pros beaucoup de notes. Pardonnez-m’en à l’avance!

 

Dead ObiesDead Obies, scène Loto-Québec

Oh, ce que j’avais hâte de faire le voyage à Montréal $ud avec ce groupe de post-rap qui bouscule tout sur son passage depuis la parution de son album! C’est la basse dans le tapis que la bande a ouvert sa prestation, entonnant une Trafic déchaînée qui a fait un grand plaisir aux fans, mais qui a mis mon stabilisateur d’image à rude épreuve.

Les membres du collectif, qui ont le groove solide et le verbe rapide, sont vraiment à l’aise sur scène et balancent leurs chansons avec un enthousiasme contagieux, faisant les cent pas en couvrant la totalité de la scène. Il est juste dommage que la foule, visiblement là pour Cypress Hill, ait été si peu attentive, quoique la pièce Montréal $ud, qui est à mon avis la plus solide de leur répertoire, a réussi à attirer leur attention.

De la grande qualité.

 

Manu MilitariManu militari, scène Loto-Québec

Le rappeur de Québec avait de nombreux fans sur les lieux! Perso, je ne le connaissais pas, mais son rap engagé et un brin enragé vaut le détour. Manu s’est promené dans son répertoire, offrant des pièces des ses vieux albums en plus de tester de nouvelles compositions.

Mon ami, qui n’a absolument rien compris au franglais de Dead Obies, était bien content de pouvoir savourer les paroles du jeune homme.

Découverte intéressante. On va écouter les albums.

Bon, ça sentait trop la marijuana sur le site du Pigeonnier. Comme vous le savez, je n’ai absolument rien contre, bien au contraire, mais là, j’étais en fonction et ça ne pouvait qu’empirer avec Cypress Hill. Qu’est-ce qu’on fait quand on veut prendre un bon break de fumée secondaire de pot? On va voir du reggae!

 

IMG_1349Tiken Jah Fakoly, scène Hydro-Québec

Déjà une légende du reggae alors qu’il est âgé d’à peine 45 ans, on pouvait s’attendre à ce que la place d’Youville soit bondée, et c’était le cas. Dès l’entrée en scène du chanteur, accompagné d’un nombre assez impressionnant de musiciens et de choristes, les festivaliers massés un peu partout (à l’avant, à l’arrière, sur les côtés et sur St-Jean) se sont mis à chanter et à danser.

Mélangeant la revendication et la danse, Fakoly ne s’est pas gêné pour demander à la foule présente de chanter avec lui pour l’Afrique, ce que la foule a fait sans hésitation. Belle communion entre  l’artiste, plus grand que nature, et son public.

Malheureusement, nous n’avons pas vu la prestation complète car nous nous sommes dépêchés d’aller à l’Impérial dès que nous avons appris qu’il y avait de la place pour voir le folkster fantaisiste Father John Misty. Pour une fois que les astres étaient alignés et que j’avais une chance de voir Tillman en personne…

 

Father John MistyFather John Misty, Impérial de Québec

Quand nous sommes arrivés, Josh Tillman jouait déjà depuis une bonne demi-heure et avait déjà charmé les nombreuses personnes présentes pour l’écouter. On n’entendait d’ailleurs que lui et sa guitare. L’écoute était religieuse, on n’arrêtait d’écouter que pour rire un petit instant.

Father John Misty a interprété de nombreuses pièces de son album Fear Fun, dont la toujours jolie Funtimes in Babylon. Il a profité du contexte très intimiste (seul à la guitare) pour interpréter de nouvelles chansons, qui devraient figurer sur son prochain album.

Mon ami était content. Lui qui m’avait proposé d’aller voir du hip-hop constatait qu’il préférait cet espèce de version génétiquement modifiée de Cat Stevens (en plus drôle).

Moi aussi, j’étais content. Après plusieurs rendez-vous ratés, j’avais enfin la chance d’entendre ce troubadour des temps modernes. Je ne sais pas si ça valait la peine de manquer Queens of the Stone Age pour le voir, mais personnellement, je ne regrette pas. Un homme si fin, si drôle, tout en demeurant si simple, dans un contexte si intimiste, je suis comblé. Et je n’ai même pas vu tout le spectacle. Imaginez!

 

Tire le coyoteTire le coyote, Le petit Impérial

Pour sa première prestation d’une série de trois, Benoit Pinette a invité l’auteur-compositeur-interprète Éric Goulet (solo, Les chiens, Possession simple) à venir chanter avec lui dans une formule americana acoustique. Trois guitares, une lap-steel/une pedal-steel/un banjo, une contrebasse et une batterie. C’était magique.

Tire le coyote n’a pas perdu de temps : c’est avec Jésus qu’il a commencé sa prestation. Vous essaierez, vous, de prendre des photos, la larme à l’oeil, tout en récitant « parfois l’amour est comme un dépotoir, une montagne de merde qui pue en ciboire », vous autres! Ne voulant pas être en reste, Goulet suit immédiatement avec Comme un cave, pièce d’une autre époque où il était un moins gentil garçon.

Éric GouletLes deux auteurs-compositeurs-interprètes se sont ainsi échangé les pièces de leurs répertoires respectifs, toujours dans le plaisir et dans la bonne humeur, Pinette offrant une version un peu bluegrass de Confetti, Goulet calmant un peu Le trou de ma guitare. Évidemment, Tire le coyote a repris une toune de Neil Young tandis qu’Éric Goulet s’est amusé avec du Bob Dylan.

Fin de soirée magnifique pour une soirée particulièrement chaude.

Le coyote est de retour au même endroit ce soir et demain, avec d’autres invités spéciaux. On va très probablement retourner y faire un tour!

 

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Festival d’été de Québec 2014 – Aperçu du 10 juillet

Tant de choix encore ce soir! Et juste deux yeux pour les voir!

 

Mon itinéraire

19 h 15 – Dead Obies, Scène Loto-Québec

Enfin, depuis le temps que j’entends parler de cette formation post-rap qui a lancé un des albums les plus déstabilisants en 2013, je vais enfin avoir l’occasion de les voir à l’oeuvre! Ce que Dead Obies propose, c’est de vous sortir de votre $ud $ale et de voyager en ville avec eux. Si vous ne les avez jamais entendus, vous ne comprendrez absolument rien de leur flow débité dans un mélange d’anglais et de français qui dérange à la première écoute, mais qui a tant de rythme et de couleur qu’on pourrait danser juste à les écouter rapper a capella. Dépêchez-vous d’arriver, il va y avoir du monde en ti-péché!

 

20 h 15 – Manu militari, Scène Loto-Québec

Si Dead Obies est du fun pur, Manu militari, de son côté, propose un hip-hop engagé et enragé. Il a déjà reçu un prix coup de coeur du Festival d’été, vous pouvez être certains qu’il voudra être fidèle à sa réputation!

 

21 h 30 – Cypress Hill, Scène Loto-Québec

Les gars de Cypress Hill ont 25 ans d’expérience. Ils ont vendu 18 millions d’albums à travers le monde. Ce sont des légendes. Pour leur première visite du Festival d’été, ils nous ont promis leurs plus grands succès. Je crois que ça va brasser. Pas rien qu’un peu.

 

23 h 30 – Tire le coyote, Petit Impérial

J’ai manqué les trois spectacles de Mononc’ Serge. Il n’est pas question qu’il m’arrive la même chose avec ceux de Benoit Pinette, qui donne le goût du folk et du country avec ses compositions sublimes. Ce soir, il a invité Éric Goulet et il nous promet une prestation Americana acoustique. Un genre de roadtrip du Wisconsin au Texas. En faisant un gros détour par Nashville, peut-être.

 

On aurait aimé ça être là…

On dira ce qu’on voudra, mais les groupes rock rassembleurs comme Queens of the Stone Age sont rares, de nos jours. Tout le monde connaît et aime au moins en partie les pièces de la troupe de Josh Homme, que vous soyez un metalleux, un hipster, ou juste un fan de bon vieux rock bien rétro. Préparez vos tympans et vos devil horns! Juste avant, l’excellent groupe The Kills devrait réchauffer la foule juste assez pour qu’elle soit prête à exploser lorsque QOTSA va débarquer.

Vous voulez me dire ce que je fais au Parc de la francophonie? ;)

Oh, y’a aussi le combo Bombino/Tiken Jah Fakoly à place d’Youville ce soir. Je vous ai déjà parlé de Bombino et de son blues rock touareg, mais Tiken Jah Fakoly est lui-même une légende du reggae à voir absolument!

Évidemment, comme un choix difficile n’arrive jamais seul cette année, l’Impérial propose l’excellent Philippe Brach, le non moins excellent Vincent Vallières et l’incroyable Father John Misty. Je m’étais promis de me reprendre après l’avoir raté l’an dernier, mais il semble que le rendez-vous entre Josh Tillman et moi sera encore retardé. Rats. Si la file pour le Petit impérial et Tire le coyote n’est pas trop longue à mon arrivée, je tenterai peut-être de me faufiler…

Pis y’a Le trouble au Cerlce à 23 h 30. Ça a l’air de déménager. Ça pourrait bien finir la soirée d’un pas pire nombre d’entre vous!

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Gogol Bordello

Festival d’été de Québec 2014 – Compte-rendu du 9 juillet

Une partie de moi pleure ce matin. Avoir manqué Daniel Lanois, ça ressemble à un crime grave. Mais bon, l’autre partie de moi aurait pleuré si j’avais manqué le party exquis de Gogol Bordello.

 

MaudeMaude - 18 h, Le Cercle

Agréable surprise que fut la découverte de cette talentueuse auteure-compositrice-interprète qui jouait « à la maison ». Comment se fait-il que son premier album, Le temps réinventé, soit passé entre les mailles de mon filet? Son folk-pop simple, mais électrique, a ce petit côté grungy qui n’est pas sans rappeler Autour de Lucie (période Immobile). Même sens de la mélodie, même poésie simple, mais efficace. En entendant Si le monde, j’ai pensé à La vérité (sur ceux qui mentent) du groupe français.

Mais bon, on n’est pas là pour comparer Maude avec tout ce qui peut rappeler les années 1990, car même s’il y a ce petit côté maintenant rétro chez elle, l’auteure-compositrice-interprète est bien de son temps. Sur scène, elle est parfaitement bien entourée et ses chansons sont superbement rendues.

Un petit vent de fraîcheur à un genre qui en avait bien besoin. La soirée commençait bien.

 

MoriartyMoriarty – 19 h 15, scène Loto-Québec

Les festivaliers présents au Cercle il y a deux ans sont tombées follement amoureux de ce groupe franco-helvéto-américain qui trempe dans l’Americana comme d’autres trempent dans le rock.

Venue interpréter quelques pièces de son plus récent album, Fugitives, la formation a offert une prestation parfaite, mais beaucoup trop courte pour apprécier toute la beauté des classiques du folk américain que peut interpréter le groupe.

À noter : Matin pas en mai, un superbe morceau de musique cajun.

Mais je le répète : 40 minutes, c’est beaucoup, beaucoup, beaucoup trop court pour un groupe qui en a tellement plus à offrir!

 

Jake BuggJake Bugg - 20 h 15, scène Loto-Québec

Avouons-le, Jake Bugg l’avait facile : la grande majorité des fans présents au Parc de la Francophonie connaissait la jeune sensation de Nottingham. L’accueil n’en fut que plus bruyant lorsque Bugg est arrivé sur scène.

Homme de peu de mots et visiblement pas à son meilleur dans la communion avec le public, Bugg s’est concentré sur ce qu’il fait le mieux : la musique. Dès les premières notes de Kentucky, Bugg a montré à qui ne le savait pas encore qu’une bonne chanson n’avait besoin de rien de plus qu’une guitare, une basse, pis un drum.

Les premières chansons étaient plutôt folk, mais Bugg a bien construit son programme : il commence mollo, mais à mesure qu’il se réchauffe, ses chansons prennent du tonus. Il fallait voir les petites jeunesses à l’avant se pâmer devant le jeune homme pendant Me and You… pour ensuite voir le reste du Pigeonnier s’enflammer sur Slumville Sunrise.

Jake BuggAvant de terminer sa prestation avec Lightning Bolt, Bugg a fait plaisir à de nombreuses personnes plus âgées dans la foule avec une excellente reprise de My My, Hey Hey (Out of the Blue), de Neil Young. Ça, les amis, ça vaut tous les Thank you du monde.

Jake, mon vieux, je suis content d’avoir enfin pu te rencontrer. Tu reviendras, on n’est pas sorteux! Si tu veux, on s’enfilera quelques pintes.

 

Gogol BordelloGogol Bordello - 21 h 30, Scène Hydro-Québec

Après la prestation de Jake Bugg, j’ai couru pour attraper celle de Gogol Bordello, un groupe que j’ai raté à chacune des occasions que j’avais de les voir. Pas cette fois-ci. Heureusement, parce que la bande d’Eugene Hütz était particulièrement en forme!

Le gypsy-punk engagé de la bande new-yorkaise est taillé sur mesure pour Place d’Youville, qui a retrouvé hier soir ses punks de mohawk et d’âme! Comme il faisait bon de tous les voir danser joyeusement, de surfer sur la foule, de se créer un moshpit confortable pendant qu’Hütz et ses complices entonnaient surtout les pièces de leur plus récent album, Pura Vida Conspiracy.

Personnellement, j’ai découvert un groupe énergique et généreux qui avait un plaisir évident sur scène. Après avoir vu un jeune professionnel comme Bugg, qui déballe ses prestations comme d’autres essaient de survivre à leurs journées au bureau (de façon professionnelle), il était plaisant de voir une troupe se lancer partout et partager leur bonheur d’avoir la chance de pratiquer ce métier au lieu de devoir à survivre à une longue série de tâches ingrates.

La foule à Gogol BordelloC’est cette énergie qui fait de Gogol Bordello, le groupe de Gypsy Punk qui mélange le punk new-yorkais aux musiques est-européennes, un de mes principaux coups de coeur de ma saison 2014 des festivals.

Shout out à Andrew, de Détroit, que j’ai rencontré à Bonnaroo et pour qui Gogol Bordello était le meilleur groupe au monde. Je t’accorde un point. Hier soir, Gogol Bordello était le meilleur groupe sur la planète.

Mais où j’étais, ces quinze dernières années, moi?

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Pour en finir avec le Threedaysgate

Scusez-le, je me trouve encore drôle avec mon Threedaysgate. Je me trouve drôle, mais en même temps, il faut admettre qu’il résume tout à fait la situation. Pas mal mieux que le terme Louisjeangate que j’ai vu apparaître dans certains médias, en tout cas.

Pourquoi?

Parce que dans toute cette histoire, Louis-Jean Cormier n’est qu’une victime collatérale de certains fans de Three Days Grace frustrés de n’avoir pu entrer au Parc de la Francophonie pour voir leur groupe. Si TDG avait été présenté mercredi soir, personne ne se serait plaint à propos de Louis-Jean. Aucune comparaison fallacieuse n’aurait été faite. On se serait tout simplement plaint de la taille du site, comme les fans d’autres types de musique le font depuis plusieurs années quand ça déborde et qu’on doit se contenter d’écouter le show. Et les autres leur auraient rétorqué, avec raison, qu’on savait depuis avril qu’il y aurait du monde et qu’ils n’avaient qu’à arriver tôt et que les premières parties font également partie du show. Après tout, on n’a fermé les portes du site qu’à 20 h 45, on est loin d’une première, ici, ça arrive quelques fois par année.

Pour ceux qui se plaignent du booking, l’hypothèse la plus vraisemblable est simple : On a simplement donné à Three Days Grace la meilleure case disponible au moment où ils pouvaient jouer. En effet, il semble que le groupe a été signé à la fin du processus, alors que Cormier a été visé par l’équipe de Louis Bellavance dès le début. Sachant cela, le FEQ avait deux choix (en fait, il en avait un troisième, mais… j’en parlerai plus loin) : laisser passer l’occasion (on l’aurait jamais su) ou signer le groupe en espérant que ça ne déborde pas trop.

On sait tous quelle option le FEQ a choisie, au grand bonheur de ceux qui ont pu entrer. Ce qui veut dire qu’on sait depuis l’annonce de la venue du groupe que le Parc de la Francophonie se remplirait rapidement et qu’il valait mieux se préparer en conséquence (ou en subir les conséquences).

Cela dit, on a beaucoup entendu de personnes déçues indiquer qu’on aurait dû inverser les artistes et envoyer Louis-Jean au Parc de la franco. La grande majorité de ces personnes n’avaient aucune mauvaise intention à l’égard de Cormier, elles étaient juste déçues, et généralement, quand on prend le temps de leur expliquer que Three Days Grace aurait attiré à peu près autant de monde sur les Plaines et que la même situation se serait produite avec les fans de Cormier, ça se termine là.

À la limite, on se met d’accord sur le besoin d’une scène intermédiaire entre le Pigeonnier et les Plaines, et ça se termine là.

Vous voyez, Louis-Jean n’a absolument rien à voir dans cette histoire. Beaucoup de déception, certes. C’est compréhensible et j’ai de la sympathie pour les fans qui n’ont pas pu voir leur groupe préféré.

***

Le problème vient d’une infime minorité d’élitistes bien-pensants et forts en gueule pour qui tout ce qui vient d’ici n’est jamais assez bon et qui profitent de chaque occasion qu’ils ont de le faire savoir. Ils sont faciles à reconnaître sur les réseaux sociaux, ils partagent souvent des symboles dans leurs photos de profil ou leurs avatars. Et leur discours est prévisible : la musique d’ici, c’est mauvais, sinon, on n’aurait pas besoin de quotas pour la diffuser. Mais c’est drôle, cet argument ne tient plus quand on leur répond que Three Days Grace est canadien et qu’il a très probablement bénéficié des quotas CONCAN pour mousser ses ventes (et que c’est très bien ainsi).

Ils sont en guerre. Ce n’est pas une guerre culturelle. C’est une guerre idéologique. Ils n’ont rien contre Louis-Jean Cormier personnellement (mais ils aiment bien faire des jeux de mots cons avec son nom, par exemple en l’appelant Louis-Jean Cornet), ils ne l’ont jamais écouté (et ils s’en vantent). Ils en ont contre le fait que le gars a reçu des subventions (en oubliant encore, parce que c’est utile quand on est en guerre idéologique d’avoir une mémoire sélective, que TDG a aussi reçu de généreuses subventions de l’État, comme tout artiste ou groupe canadien). Pour eux, deux soirs de musique francophone sur les Plaines, c’est comme si tout à coup, TOUS les soirs étaient francophones. Vous avez entendu leurs appels à la diversité? Pour eux, la diversité, c’est mauditement uniforme. Et faut que ça soit uniforme à LEUR goût. LÀ, on peut parler de diversité.

Pour montrer « que le Québécois, ça pogne pas », ils vont même utiliser des photos prises presque une heure avant le début du programme principal en disant « Ha, ça, regardez comment y’a de monde pendant que Cormier joue! » Généralement, quand on les prend les culottes baissées, ils disparaissent ou lâchent un super mature « vachiermangedelamarde ».

Avec ceux-là, il n’y a rien à faire. À part ne pas les écouter. Parce que leur répondre leur permet de faire leur activité préférée : jouer aux victimes.

De toute façon, si on avait fait la permutation et renégocié les modalités de l’entente signée avec Cormier (en payant, bien entendu, les pénalités prévues au contrat, parce que c’est comme ça que ça fonctionne dans un monde où le marché est roi), ces mêmes gueulards se seraient plaints de la grosseur du cachet de Louis-Jean par rapport à la scène où il joue. Et évidemment, y’a de l’argent de nos taxes là-dedans.

Tsé veux dire.

***

Ah, juste un petit mot destiné aux gens avec qui on peut raisonner (heureusement) : j’ai souvent lu dans les commentaires que Québec était une ville de rock. Ça serait le fun de le démontrer à l’extérieur du Festival. Quand les organisateurs doivent annuler le spectacle d’Alice in Chains à l’Agora et le déplacer à Montréal parce qu’on n’a pas vendu assez de billets, et quand on doit déplacer le spectacle de Scott Weiland au Cercle, on indique aux programmateurs du FEQ que le rock est à l’agonie.

C’est pas le cas?

Allez les voir, les shows.

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Festival d’été de Québec 2014 – Compte-rendu du 8 juillet

Pis? Tout va bien jusqu’à présent? Désolé pour le retard, une vilaine toux m’a empêché de dormir toute la nuit et j’ai fait de la radio à l’heure des poules pour faire mon bilan de mi-festival.

Vous pouvez écouter ce bilan ici.

Allons, ne perdons pas de temps.

SerynSeryn, midi, scène Hydro-Québec

Gros coup de coeur pour ce groupe folk texan qu’on nous avait comparé aux Lumineers et à Mumford & Sons. Peut-être que sur leur album (et les simples parus depuis), c’est une comparaison qui se tient. Pourtant, en écoutant les chansons jouées pendant leur prestation hier midi, j’avais plus l’impression de me trouver dans l’entourage de Zach Williams et de son Lone Bellow, ne serait-ce que pour l’intensité avec laquelle ils interprètent leurs chansons. Et vous savez, le meilleur truc pour me faire fondre de bonheur, c’est de me faire écouter de belles harmonies vocales. Sur ce plan, Seryn nous gâte.

La petite foule présente pour écouter le groupe a grossi considérablement pendant la prestation du groupe et certains ont dû retourner au bureau en retard après un lunch qui les a fait rêver… Groupe parfait pour attirer l’attention des touristes vers le festival. Et j’espère de tout coeur que nous aurons la chance de les revoir à Québec bientôt.

En passant, quelle reprise de We Belong, de Pat Benatar.

 

Patrice MichaudConférence de presse, Prix de la chanson SOCAN 2014

Après cette prestation éclairante de Seryn, je suis monté à la boîte Bell pour la remise du Prix de la chanson SOCAN 2014 à Patrice Michaud pour sa pièce Mécaniques générales. Le public, qui était invité à voter, a préféré la chanson du Gaspésien à Andromède (Louis-Philippe Gingras), La fièvre des fleurs (Klô Pelgag), Nos corps (Jimmy Hunt) et Soleil blanc (Philémon Cimon).

Félicitons Patrice Michaud pour cette belle reconnaissance.

 

MarièmeMarième, 18 h, Scène Hydro-Québec

Il y a deux ans, alors que la pluie menaçait et que Marième était enceinte, le soleil est apparu juste au moment où elle s’est mise à interpréter Le soleil emmène au soleil. En partant de chez moi vers 17 h 15, alors que la pluie venait de tomber et que le ciel était encore gris, je me demandais si la jeune Limouloise serait en mesure de répéter l’exploit : fastoche. Après seulement quelques notes, v’là Galarneau qui se pointe et qui demeure avec nous pour la durée de la prestation.

MarièmeMarième était venue nous présenter son Petit tonnerre, un album pop aux accents reggae, rempli d’amour, de bonheur et de bonne humeur, qui a été fort apprécié par un public qui est arrivé lentement, mais sûrement à Place d’Youville. De la belle musique faite pour danser, avoir chaud et suer tout en ayant du plaisir, interprétée par une artiste de talent accompagné de ses complices de longue date.

Belle entrée en matière.

 

Alex NevskyAlex Nevsky, 19 h 30, Scène Hydro-Québec

C’est que monsieur Nevsky était attendu! Dix minutes avant l’entrée en scène de l’auteur-compositeur-interprète derrière Himalaya mon amour, on bouclait les entrées et j’ai dû me contenter de la tente des médias à l’arrière plutôt que de me mêler à la foule! Ce n’est pas grave, parce qu’il fallait la voir, cette foule, pour comprendre tout le charisme de Nevsky, qui a mis le public dans sa petite poche à coups de blagues bien placées et d’appels déjantés à la participation (« Frenchez-vous, touchez-vous les fesses » sur Shalalala (l’amour n’est pas qu’un slogan) - ou le duel entre le guitariste et le bassiste sur l’air d’Eye of the Tiger…).

Alex NevskyEn plus de ses belles chansons tirées de ses deux excellents albums (De l’une à l’aube et Himalaya mon amour), Nevsky a interprété une pièce d’Emily Loizeau et Help Myself de Gaëtan Roussel, sans compter quelques lignes d’I Think of You, d’un certain… Gregory Charles.

Après une prestation bien garnie, Nevsky joue On leur a fait croire, remercie le public et s’en va. Il revient sous un tonnerre d’applaudissements : « C’est vraiment con, on a oublié deux tounes. » Le public les attendait, celles-là. Surtout Les coloriés. Nouveau tonnerre d’applaudissements. Ça ressemblait à un triomphe.

 

Damien RobitailleDamien Robitaille, 21 h 30, Scène Hydro-Québec

Après les fans de Nevsky, ce sont les fans de l’auteur-compositeur-interprète originaire de Lafontaine, en Ontario, qui ont rempli la Place d’Youville. Car oui, les entrées ont été bouclées de nouveau et le petit blogueur que je suis a de nouveau été confiné à la zone des médias, dans le fond, à l’arrière (vous pouvez arrêter de dire qu’ils sont privilégiés, c’est pas vrai).

Dès les premières notes de Serpents et échelles, le public survolté a tapé des mains, dansé et chanté comme si la fin du monde arrivait demain. C’est que notre crooner sympathique est encore plus efficace sur scène que sur disque. Ses chansons aux mots simples et aux rythmes chaleureux ont résonné chez les jeunes et les moins jeunes (il y avait au moins quatre générations de festivaliers à Place d’Youville pour Robitaille, c’est pas rien!).

Damien RobitailleRobitaille n’était pas seul. Non! Pour son Mambo métissé, il s’est payé des invités : la chanteuse Marie-Christine, avec qui il a réalisé son fantasme en interprétant Les chinois, de Mitsou, le rappeur/chanteur Boogat, qui n’a pas manqué de nous rappeler que malgré ses accents latins, il était originaire de Beauport, et Sunny Duval, qui nous a mené d’Amour d’amour à la Nouvelle-Orléans.

Les classiques d’Homme autonome (Le mot de passe, Homme autonome) ont permis à la chorale d’Youville de s’époumonner, mais ce n’était rien en comparaison du rappel, quand Robitaille a lancé Plein d’amour, qui est presque devenu un hymne du Festival d’été il y a quelques années.

À la fin du spectacle, au retour, les petites dames derrière moi, qui le voyaient pour la quatrième fois, m’ont dit que c’était sa meilleure prestation. Je vous crois, mesdames, je vous crois. C’était encore une fois une belle célébration de notre langue.

 

D’ailleurs, va falloir qu’on s’en parle, de notre langue. Et de Louis-Jean. Et du Three Days Gate. Un moment donné.

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Festival d’été de Québec 2014 – Aperçu du 8 juillet 2014

Bon, de retour en mode « journaliste/photographe » aujourd’hui après une soirée papa-p’tits monstres passée loin, loin à l’arrière sur les Plaines.

Mon itinéraire :

12 h 00 – Seryn (scène Hydro-Québec)

Le groupe folk, que les programmateurs du FEQ comparent aux monstres de la pop de grange Mumford & Sons et The Lumineers, jouait au Cercle hier soir. Paraît que c’était très bon. On va aller voir ça de près ce midi et je vous encourage à faire de même, le soleil semble même vouloir se mettre de la partie!

 

18 h 00 – Marième (scène Hydro-Québec)

Son nouvel album, Petit tonnerre, est doux et chaleureux, comme la jeune femme de Québec. Sa pop est incroyablement efficace et diablement variée. On va chanter et danser dans la bonne humeur!

Et si vous avez peur de la pluie, sachez que Marième est capable de faire apparaître le soleil sur demande. Je suis témoin! :D

 

19 h 30 – Alex Nevsky (scène Hydro-Québec)

Himalaya mon amour est un autre des excellents albums francophones parus en 2013. Son auteur, Alex Nevsky, donne généralement d’excellents shows. Après de nombreux rendez-vous ratés, on se fait plaisir ce soir.

 

21 h 30 – Damien Robitaille (scène Hydro-Québec)

La première fois que j’ai vu Damien Robitaille au FEQ, il faisait la promotion d’Homme autonome, un album aux accents kitsch qui sentait le sous-sol de banlieue des années 1970. Depuis, le Franco-Ontarien a écrit et composé Omniprésent, où il joue avec les mots avec une touche Miami Vice. Ça va être sympathique.

 

On aurait bien aimé voir aussi…

Écoutez… Young the Giant et The Killers sur les Plaines, ça va être absolument mongole. Un déluge de rock qui devrait plaire aux gens de Québec. Et ce soir, tout le monde devrait pouvoir entrer.

Fans d’électro, l’ÉlectroFEQ se poursuit au Parc de la Francophonie (et ça va être plein). Au programme : Black Tiger Sex Machine, GTA, Crystal Method et The Bloody Beetroots.

Au début de la soirée, j’avais le choix entre The Franklin Electric au Cercle et Marième. Marième a gagné, mais ça ne veut pas dire que je n’aurais pas aimé voir ce groupe indie de Montréal qui fait la part belle aux harmonies et aux mélodies mélancoliques.

Amateurs de blues, Steve Hill est à l’Impérial ce soir.

 

Si vous me cherchez aujourd’hui, je suis sur Twitter et sur Facebook. Et je vais probablement vous glisser un mot sur le gagnant ou la gagnante du prix de la chanson SOCAN.

À plus!

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