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Critique : Shovels & Rope – « Swimmin’ Time »

Shovels & Rope - Swimmin' Time
Shovels & Rope
Swimmin’ Time (Dine Alone)

Ce groupe a attiré mon attention à la sortie de son premier album (l’excellent O’ Be Joyful) en 2012. D’ailleurs, il a fait partie de mon palmarès de fin d’année et je vous avoue qu’aujourd’hui, je l’aurais beaucoup mieux placé qu’à la 32e position et j’ai encore beaucoup de plaisir à l’écouter.

C’est donc avec une grande joie que nous avions appris, ce printemps, que le deuxième album du couple américain (Cary Ann Hearst et Michael Trent) allait paraître à la fin de l’été. C’est avec une plus grande joie encore que j’ai eu la chance d’en entendre une ou deux nouvelles à Bonnaroo.

Les attentes étaient donc très élevées. Hearst et Trent allaient-ils être en mesure de les surmonter?

Swimmin’ Time est un album rempli de catastrophes. Des incendies, des inondations, des tempêtes, des ruptures… Les temps sont durs pour les héros des histoires de Hearst et Trent. Pourtant, dans chacune des chansons, il y a cette lueur d’espoir. Le bonheur n’est jamais loin. Et il se chante, comme en font foi les perles qui peuplent cet album.

La première pièce de Swimmin’ TimeThe Devil is All Around, est du pur Shovels & Rope, une chanson aux airs country-folk assez simple pour être jouée à deux qui mettra les fans de la première heure à l’aise tout en donnant aux nouveaux fans l’idée de remonter quelques années en arrières pour mieux connaitre le duo. À la deuxième pièce, l’entraînante Bridge on Fire, Shovels & Rope a repoussé ses limites. Cette chanson, une histoire de rupture qui sonne autant comme une claque au visage qu’un coup de pied au derrière, où règnent la rythmique du piano, les distorsions de la guitare et la parfaite harmonie des deux voix, se déguste à répétition, comme la suivante, la langoureuse Evil.

La suivante, After the Storm, deviendra sans aucun doute un classique et occupera une place de choix dans toutes les prestations du duo. Chanson très triste, mais remplie d’espoir, After the Storm est chantée et jouée avec une belle intensité qui vient nous retrousser les poils à chaque écoute.

Quelques chansons plus loin, Pinned aurait facilement pu se trouver sur O’ Be Joyful. Ce qui n’est pas un gros défaut, car jusque là, on avait habilement évité la redite, ce piège qui attend toute formation spécialisée dans la pop de grange (ou l’Americana, si vous préférez).

Sur la pièce-titre, un autre petit défaut se remarque (et se démarque), malgré les mélodies géniales : sur Swimmin’ Time (la pièce comme l’album), Shovels & Rope chante presque tout le temps (disons 99 %) en harmonie. Presque jamais une voix seule. Presque toujours à deux. Avec la voix de Trent qui se fait souvent un peu enterrer par celle, beaucoup plus punchée, de Hearst.

Ces défauts sont vite oubliés quand on écoute les cuivres d’Ohio, qui nous amènent dans un monde que Tom Waits n’aurait certainement pas renié. Du pur bonheur, qui se poursuit sur le petit country-folk Mary-Ann & One-Eyed Dan.

Malgré les quelques défauts de Swimmin’ Time, quand on regarde les pas en avant accomplis par Shovels & Rope, on ne peut qu’être admiratifs. Il y a à peine deux ans, Hearst et Trent vivaient à l’arrière de leur fourgonnette. Aujourd’hui, ils nous offrent un des meilleurs albums de pure Americana depuis un petit bout de temps.

Si vous êtes à Montréal, allez les voir le 28 septembre prochain au Corona Virgin Mobile. C’est une joyeuse expérience en soi.

À écouter avec plaisir.

8 Stars (8 / 10)

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Le Pantoum

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5 juin 2014, première partie

Je m’engouffre dans une petite entrée bien modeste qui se situe juste à côté de la porte du Jos Dion, où quelques hommes bedonnants se tiennent à tirer des puffs de leurs cigarettes à plumes. À quelques pas d’eux se trouvent une dizaine de jeunes de toutes les origines possibles. Il y a des barbus à lunettes, deux dudes aux cheveux longs et une poignée de hipsters nonchalants. Ces deux univers sont à quelques pas l’un de l’autre et pourtant ils n’entreront jamais en collision, car ils ont chacun leur raison d’être. Les serveurs du Jos Dion savent très bien ce qui se passe à la porte d’à côté et ils sont prêts à accueillir les jeunes qui en sortent en masse dans la nuit.

Une fois entré, je monte deux étages dans une cage d’escalier sombre bordée par des posters sur lesquelles nous pouvons voir les talents de dessin et de design de Thomas B. Martin (superstar locale de posters et membre du groupe punk-un-peu-con MOM Jeans). Au premier palier, je passe devant une porte derrière laquelle nous pouvons entendre des rires et de la musique. Le Loft I. Anciennement le repaire d’un collectif de rap un peu sketchy qui organisait paraitrait-il des partys légendaires, maintenant il héberge les membres fondateurs du Pantoum et leur sert de studio d’enregistrement.  Le hall d’entrée du Loft I sert aussi de vestiaire l’hiver, une mesure qu’ils ont pris après une congestion monstre alors que le vestiaire était non-existant pour un show de Suuns qui avait accueilli un nombre record de spectateurs pour la salle.

Je continue mon chemin vers le deuxième palier, le Loft II, alias Le Pantoum. Il y a un petit line up, tous des visages que je ne reconnais pas. Il y a un portier. Il ne laisse plus personne entrer. Le show est sold out. Les gens dans le line up rebroussent chemin. Je m’avance vers lui. ‘ Salut, je connais les gars. Je prends les photos, je suis sensé être sur la guestlist. ‘ Le jeune homme ne semble pas trop comprendre, ni comment réagir. Ce que je lui dis est une demi-vérité, je ne suis pas sur la guestlist, par contre je compte bien prendre des photos de la soirée. Il se retourne, essaie de trouver l’un des organisateurs, l’air un peu perplexe. J’en profite pour m’infiltrer et je vois Antoine et Vincent assis à une table sur lequel est dessiné un gigantesque jeu de bingo. Ils utilisent ce procédé pour empêcher les gens de sortir avec leur bière, tout en les assurant qu’ils vont la retrouver à leur retour de leur puff de santé. Le principe est assez simple : tu poses ta bière sur le G64, les gars à la table s’assurent que personne ne met quelque chose dedans, tu mémorises ton numéro et lorsque tu es de retour, tu reprends ta bière où tu l’as laissé. Antoine m’aperçoit enfin et il fait signe au portier de me laisser entrer. Ouf …

 

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( Crédit : Sébastien Ouellet )

 

26 mars 2012, les shows secrets

Sur facebook, je reçois une invitation de Jean-Michel Letendre-Veilleux pour un show dans un endroit qui s’appelle le LOFT II. J’ai rencontré le jeune homme l’été passé en tournant une capsule pour le Festival OFF de Québec avec Sophie Bernier avec son band Leafer pour une série qu’elle avait créé, OFF Sur le Toit.

Les gars étaient un peu fous, jeunes et la tête pleine de projets. Alors que nous tournions la capsule sur le toit d’un appartement gigantesque et bordélique sur la rue Gabriel-Marchand dans St-Jean-Baptiste, des gens étaient en train de déménager des lieux. Ils allaient emménager dans ce qu’ils allaient nommer le LOFT II.

L’événement auquel Jean-Michel m’invite sur Facebook s’appelle Softspot + Crinkles + Leafer. C’est un show secret dans un appartement appelé le LOFT II, situé à la limite de St-Roch et St-Sauveur. Deux bands de Brooklyn bookés avec un band local. Je suis super excité, c’est la première fois que j’assiste à un show d’appartement et je vais connaitre personne.

 

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( crédit : Sébastien Ouellet )

Tout le monde fume. Il y a des gens assis par terre partout, des musiciens, des poètes, des anarchistes, des étudiants de toutes sortes. Je traverse ce qui semble être un salon, parsemé de plusieurs grands divans dépareillés. La pièce est trouées d’environ cinq portes qui mènent à des chambres. C’est alors que je réalise la grandeur de cet appartement. Un 11 et demi, qui fait toute la longueur de l’étage du bâtiment qui héberge aussi le Jos Dion. Au-delà du salon se trouve une cuisine qu’ils ont barricadée et un salon en forme de L dans le milieu duquel se trouve un espace improvisé avec des instruments et des amplis. À l’autre extrémité du L, il y a une énorme salle de bain aux murs tapissés de miroirs et au centre de laquelle émerge un gigantesque bain tourbillon. Ce que je vais apprendre plus tard, c’est que ce loft avait autrefois servi de centre d’escortes ( pas toutes majeures ) et qu’un certain animateur de radio y aurait été arrêté… Les hommes faisaient monter les escortes grâce à un ascenseur qui montait directement dans le loft et elles déambulaient sur un tapis rouge alors que les clients les scrutaient pour choisir leur préférée pour ensuite aller s’amuser avec elle dans le bain tourbillon. Je ne sais pas si c’est la vérité, mais comme a dit Tony Wilson ‘ Si vous avez à choisir entre la réalité ou la légende, choisissez la légende. ‘

Cette soirée fut ma première immersion et non la dernière dans ce qui allait devenir la communauté du Pantoum. J’y ai rencontré Jean-Étienne Collin-Marcoux. Il était soundman pour le show et lui aussi ne connaissait quasiment personne, à part Jean-Michel. Les deux jeunes hommes avaient grandi sur la rive-sud de Québec. Jean-Étienne faisait aussi partie d’un band électro-rock appelé les X-Ray Zebras et allait fonder le Pantoum un an plus tard avec Jean-Michel dans ce même loft.

 

20 juillet 2012, quelques mois plus tard

C’est l’ouverture officielle du Pantoum, quelques mois après les shows secrets qu’ils y organisaient. L’endroit a beaucoup changé depuis le Loft II. Le premier band à fouler les planches d’un stage bâti pendant l’été par Jean-Michel, Jean-Étienne et leurs amis, est TOPS, de Arbutus Records de Montréal.

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La place est pleine à craquer, l’excitation est palpable et des gens de tous les milieux de la scène émergente de Québec sont venus saluer l’initiative. Les gars me font faire le tour du loft, qui a été transformé pour sa renaissance. Ils ont défoncé des murs, créé de nouvelles pièces, tout ça avec l’accord du propriétaire. Du bon travail. Il y a un studio d’enregistrement, une régie, un local de jam, deux chambres et une salle de lavage. Jean-Étienne est tellement dédié qu’il a décidé d’habiter la salle de lavage en y construisant une mezzanine, tout ça parce qu’elle mène à la régie et qu’il va être le grand manitou sonore de la place. Dans ce loft à multiples utilisations, trois membres fondateurs du Pantoum y habitent en permanence, leur vie évoluant en symbiose avec les différents bands qui viennent y enregistrer, jammer ou juste faire le party. Jean-Étienne et Jean-Michel bûchent fort pour faire rouler l’endroit, en plus d’essayer de finir leurs études en musique à l’université.

 

5 juin 2014, deuxième partie

Il y a du va et vient dans le couloir qui mène à la scène. Comme d’habitude, avant les shows, la moitié des spectateurs se retrouvent à fumer dehors. Ils débordent jusqu’à l’autre côté de la rue, ils s’assoient sur des gros blocs de béton qui bordent un stationnement tout ce qu’il y a de plus banal et sans vie. Le premier band, Heat, n’est pas encore commencé. Je décide alors d’aller rejoindre mon amie qui se trouve justement sur un des blocs de béton. Elle s’esclaffe, danse dans le stationnement et parle aux gens déambulant sur le trottoir. Elle est pas mal saoule. On déconne un peu, on danse ensemble. Je la vois interpeller une voiture de police qui vient se stationner non-loin de notre emplacement. Elle est suivie de deux autres auto-patrouilles. Les policiers viennent nous parler un peu, s’assurent que personne ne boit de bière sur la voie publique. Ensuite, comme c’est arrivé à quelques reprises depuis les débuts du Pantoum, ils vont faire leur ronde à l’intérieur. Ils sont toujours très polis et respectueux et ils n’ont jamais donné l’ordre d’arrêter la musique ou quoi que ce soit. Ils vont surtout s’assurer qu’il n’y a pas de vente de drogue, de prostitution et de bière en vente. Jean-Michel et Jean-Étienne ont toujours fait attention pour respecter toutes ces conditions étant donné que Le Pantoum est dans une zone grise de la légalité. La police et la ville semblent être au courant de ce qu’ils font et les tolèrent tout aussi longtemps qu’ils marchent les fesses serrées.

Une fois les voitures de police repartie, nous entrons dans l’édifice juste à temps pour le début du premier band, Heat.

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Encore une belle découverte musicale signée Le Pantoum. C’est Jean-Michel qui booke les bands. Des bands qu’il a soit connu en tournée avec son band leafer, ou bien des bands dont il est fan. De plus en plus, c’est maintenant les bands qui le contactent pour y jouer, ayant entendu parler des soirées mythiques qui s’y déroulent. C’est Jean-Étienne qui y est encore soundman. Une job qu’il exerce avec la même passion qu’il y a trois ans, toujours à l’écoute des musiciens et débrouillard comme un scout. À la console d’éclairage, il y a installé son ami Kevin Savard, qui possède sa propre compagnie d’éclairage et qui enrichit les shows du Pantoum d’une expertise qu’on retrouve rarement dans la scène de shows underground de Québec.

La soirée atteint son apogée avec l’arrivée sur scène d’un excellent band de Montréal, Passwords, un secret un peu trop bien gardé de la métropole. C’est le party dans la place et le monde danse, boit et il y a des gens qui se french sur les divans. Une ambiance que l’on retrouve seulement dans les meilleurs shows d’appart.

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Cette soirée clôture la deuxième année d’existence du Pantoum. Deux ans de découvertes musicales, de belles rencontres, de nouvelles amitiés, de moments fous à danser sur des DJ sets après les shows, de frenchs dans les toilettes. Les gars ont pris un peu de repos cet été, espérons-le et ils nous reviennent en force cet automne avec une nouvelle programmation toujours axée sur des bands émergents d’ici et d’ailleurs. Pour plus de détails, allez aimer leur page facebook.

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Critique : Willows – « Willows »

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Willows
Willows

Willows, c’est le nouveau nom de scène de l’auteure-compositrice-interprète franco-manitobaine Geneviève Toupin. Willows, c’est aussi le titre de ce nouvel album (le troisième en carrière), folk et intimiste à souhait, qui constitue un retour aux sources métisses et métissées pleinement assumées de cette artiste talentueuse.

Sur ce disque, Toupin joue sur tous les tons : l’atomosphérique, l’introspectif et le ludique ont tous droit de cité. Les arrangements sont sobres, mais magnifiques. La réalisation (avec Émilie Proulx, une autre qui a du talent à revendre) est soignée. Les pièces ont été enregistrées live, comme elles devraient être jouées en spectacle.

Les chansons sont résolument folk, mais chacune a sa personnalité, évitant ainsi le piège de la redite et de la facilité. On apprécie le caractère entraînant d’Entends-tu, comme on est touché par la beauté des choeurs sur Au-delà des étoiles. On sourit à l’avalanche de mots de Bill Murray comme on craque pour les harmonies parfaites sur Je t’emmènerai.

En bref, un bel album, qu’on écoute autant tranquille dans son salon que sur la grande route, les fenêtres grandes ouvertes, quelque part entre Willows (CA) et Willows (SK).

Vrai.

8 Stars (8 / 10)

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Bernhari

Critique : Bernhari – « Bernhari »

Bernhari
Bernhari
Bernhari (Audiogram)

Si vous n’aviez jamais entendu parler de Bernhari jusqu’à maintenant, ne vous inquiétez pas, c’est normal. À moins de l’avoir vu en première partie du spectacle de Fontarabie ou d’en avoir entendu parler lorsqu’il faisait partie des formations L’Étranger et L’Ours (ne cherchez pas, monsieur a effacé toutes les traces de ces projets), les chances d’entendre parler de ce jeune auteur-compositeur-interprète-multi-instrumentiste ont été plutôt minces.

Ça devrait changer. Voyez-vous, Bernhari lance un premier album que j’écoute en boucle depuis une semaine et qui étonne par son mélange réussi de shoegaze et de chanson (certains ont même évoqué Claude Léveillée).

Réalisée par Emmanuel Éthier (que vous avez pu entendre avec Jimmy Hunt) et enregistré en compagnie d’Éthier, de Shawn Cotton et Simon Quévillon, cette première proposition nous ramène en plein printemps érable, qui a fortement touché l’artiste.

On peut dire sans se tromper que l’écriture de Bernhari est d’un grand romantisme. Ça sent l’amour et l’espoir autant que la révolte dans son récit. La hargne des guitares remplies de distorsion autant que la douceur du piano qui l’accompagne dans les chansons les plus douces.

Après quelques écoutes, on ne peut qu’être impressionné par la qualité de l’écriture de ce jeune artiste, tant sur le plan du récit qui ne tombe jamais dans la facilité, laissant à l’auditeur tout l’espace nécessaire pour se faire son propre cinéma, que sur le plan de la musique, qui apporte quelques nouvelles couleurs à la palette de la chanson d’ici.

D’Ouverture à Bouquet final, il est difficile de trouver une chanson qui n’a pas son attrait particulier. Chaque pièce a un petit quelque chose de spécial qui nous donne envie d’y revenir tout en nous laissant la possibilité d’y goûter sans devoir écouter le reste de l’album. Pourtant, si chacun des éléments semble à lui seul constituer une oeuvre complète, l’album dans son ensemble, construit comme un gros feu d’artifice qui gagne en romantisme ce qu’il perd en hargne, jusqu’aux grandes explosions du Bouquet final, en constitue une autre qui mérite totalement notre attention.

Avec cet album ambitieux, Bernhari apparaît comme un nouveau joueur important sur la scène musicale québécoise. Du moins, il va falloir le surveiller.

En attendant, on savoure.

Romantique, idéaliste et excellent.

9 Stars (9 / 10)

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L’expérience Clovis

C’est les 21 et 22 août prochain que sera présenté à Québec, plus précisément dans la salle Multi du Complexe Méduse (541 St-Vallier Est), le spectacle multidisciplinaire Clovis. Une expérience qui réunis Popléon, un groupe musical émergent de Québec et la troupe Errance, une troupe de 7 danseuses de Québec, mis en scène par Claude Breton-Potvin (Athena BLAST). Les billets sont disponible sur lepointdevente.com .

Clovis se veut une expérience unique qui nous fera traverser un océan d’émotions évoluant d’un extrême à l’autre au travers une musique mélancolique recherchée et des chorégraphies contemporaines. C’est aussi pertinent d’ajouter que le projet est 100% made in Québec par des artisans de la scène musicale, de la danse et du théâtre. Nous en voulons plus des comme ça!

 

POPLÉON

Popléon, c’est une chimère. Un projet évolutif qui s’est transformé à chaque parution. Formé en 2009, Tommy Bureau en est le seul membre fondateur restant. Au début, il s’agissait plus d’un projet expérimental de rock déconstruit avec des potes. Ensuite, en 2011, Tommy a remplacé les membres fondateurs par des musiciens qu’il a repêchés sur le fameux site de vente et d’échange en ligne Kijiji. C’est alors que Sarah Jane Johnston (synthé, voix) et Pier-Philippe Thériault (guitare électrique) se sont joint au projet. Dans cet incarnation, Popléon contenait 5 membres, dont un tromboniste-rappeur et un drummer, que nous pouvons entendre sur leur avant dernier EP-double Animal/Lover, qui nous offre un indie-rock planant flirtant avec une pop sans sucre. Par contre, le groupe se transforma à nouveau après cet EP pour devenir un trio, avec Tommy toujours à la barre, entouré de Sarah Jane et Pier-Philippe et d’un DJ pour leur prestation live. Leur dernière parution, Standard Safety Castle, se veut beaucoup plus brusqué, bordé par un sentiment d’urgence et une intensité bien rendue dans leurs prestations lives.

Après la sortie de Animal/Lover, une amie de Pier-Philippe a choisi une pièce de l’album, Cinq Vies Sous Terre, pour faire une chorégraphie pour un spectacle de Gestuel à l’université. Pour se faire, elle s’était entourée d’autres danseuses et lorsque le band a vu la chorégraphie, ils ont décidé de les inclure dans le vidéoclip pour la chanson.

Le tournage pour le vidéoclip, réalisé par Yann Jobin, un jeune photographe prolifique de Québec, s’est si bien déroulé que la troupe et le band sont devenus bons amis et ont éprouvé le désir de reproduire l’expérience. Cette fois par contre, devant un public et avec beaucoup plus d’ambition.

 

CLOVIS

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(Crédit : Yann Jobin)

Nous avions évalué plusieurs options, mais au fond, on était vraiment collés sur la salle Multi. Elle est parfaite pour la danse (c’est la salle la plus utilisée par La Rotonde).  Y’a de l’espace pour le mouvement et des gradins pour bien voir les chorégraphies. On ne voulait pas jouer dans une salle de spectacle rock, on voulait que le public soit attentif et voit ce que les filles font.

En tant que musicien, c’est tout un défi, parce qu’on veut attirer l’attention idéalement sur une chose à la fois. Y’a comme des millions de trucs qui se passent sur la scène en même temps et on doit décider, pour chaque pièce, ce qu’on veut vraiment dire/montrer, ce sur quoi on met l’emphase.        

- Tommy Bureau, Popléon

Clovis est un spectacle unique mis en scène par Claude Breton-Potvin, avec Luc Vallée (La Rotonde, Cirque du Soleil) comme directeur technique et concepteur lumières, qui met en action 7 danseuses et 6 musiciens. Un défi de taille pour deux représentations seulement. Aucune trace ne restera de ces spectacles, aucun CD, aucun enregistrement live.  Par contre, il se pourrait que des compositions de Clovis se retrouvent sur des futurs albums du band, bien qu’on ne sache jamais à quoi s’attendre d’eux.

La réalisation de Clovis s’est fait de manière naturelle et dans un esprit de création commune dans laquelle chacun y a mis son talent à profit. La troupe a laissé carte blanche au band pour la musique et ils ont tous choisis le setlist ensemble avec l’aide de la metteure en scène. Tout au long du processus de création, il était très clair pour tout le monde qu’il n’allait pas s’agir de juste un show de Popléon avec des danseurs. C’est là que Claude Breton-Potvin prend tout son sens. Elle y ajoute son regard extérieur et une vision plus globale pour créer une entité complexe. Même les musiciens vont être costumé, bien que sans grande extravagance, pour garder l’attention sur les mouvements et la musique.

 

Errance

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(Crédit : Yann Jobin)

Pier-Philippe Thériault m’avait parlé de Popléon. J’étais alors allée au lancement de leur premier EP Animal/Lover au Pantoum en septembre 2012 et j’avais vraiment aimé. Je l’ai donc acheté et c’est devenu ce qui jouait en boucle dans mon Ipod durant mes nombreux trajets de bus. À chaque fois que j’écoutais Cinq Vies Sous Terre, j’avais des images de chorégraphies dans la tête. Je ne me sentais pas à l’aise de créer une chorégraphie à moi toute seule et Marie-Chantale Béland a décidé d’embarquer avec moi.

-Alice Vermandele, Errance

Alice nous parle de la genèse d’Errance. Elle s’est entourée d’autres danseuses qu’elle avait rencontrées dans la troupe Gestuel de L’Université Laval. L’expérience du tournage du clip de Cinq Vies a été exigeant d’un point de vue physique, car le tournage a été intensif pendant deux jours. Les danseuses opéraient sur de l’asphalte et du béton par une température peu clémente, mais ça n’a jamais été difficile, car l’ambiance était superbe (grâce à la patience et l’expertise du réalisateur et la chimie qu’ils ont développé avec les musiciens de Popléon), ce qui permit de souder la troupe et les encourager à viser plus loin.

Pour Clovis, avec la présence sur scène de musiciens, l’expérience s’avère un peu différente d’une chorégraphie de danse plus conventionnelle. Pas nécessairement en ce qui concerne la création des chorégraphies, mais elles ont dut composer avec plus de variables. C’est pour ça que le band et la troupe ont décidé assez vite d’engager Claude pour la mise en scène. Elle a su faire des ajustements si nécessaires et elle les a beaucoup aider pour les différentes interactions entre la musique et la dance.

Errance a beaucoup appris à travailler avec des professionnels  du métier et nul doute que leurs prochains spectacle vont toujours avoir ce côté multidisciplinaire qui cherche à repousser les limites de la dance et du théâtre.

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Arkells
High Noon (Universal)

Critique : Arkells – « High Noon »

Arkells High Noon (Universal)
Arkells
High Noon (Universal)

La première fois que j’ai vu Arkells, c’était en première partie de Metric en 2010. Le groupe de Hamilton, en Ontario, montrait déjà ce qui allait être sa marque de commerce : une énergie particulière sur scène, un indie rock ambitieux qui ne jurerait pas dans un gros amphithéâtre. Avec High Noon, troisième album d’Arkells, Max Kerman et ses complices visent la reconnaissance planétaire.

La première pièce de High Noon, la très entraînante et intense Fake Money, constitue une ouverture à la Where the Streets Have No Name, une pièce qui donne le ton en promettant à l’auditeur quelques instants mémorables, mais étrangement, le groupe nous emmène totalement ailleurs dès les premières notes de Come to Light.

Alors qu’on aurait pu s’attendre à un album qui défonce des plafonds, comme diraient les z’Anglais, High Noon est plutôt un album pop-rock solide aux riffs accrocheurs et aux mélodies teintées de soul. Un album efficace, mais qui manque parfois un peu de punch. On aurait aimé plus de Systematic, où le groupe est branché sur le 220. Celle-là, c’est un hit assuré.

Alors, est-ce qu’Arkells va percer à l’extérieur du pays? C’est très probable, il y a quelques gros morceaux sur l’album. Ça va surtout dépendre de leur travail sur la scène (où ils sont à leur meilleur – et où on a hâte de les voir).

7 Stars (7 / 10)

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Spoon
They Want My Soul (Loma Vista)

Critique : Spoon – « They Want My Soul »

Spoon They Want My Soul (Loma Vista)
Spoon
They Want My Soul (Loma Vista)

Il y a des groupes, comme ça, qui sont réguliers comme des horloges. Leurs membres connaissent les attentes de leurs fans et ils répondent à ces attentes à tout coup. Bien sûr, ils ajouteront quelques épices çà et là, question de ne pas livrer le même album chaque fois, mais la recette de base demeure toujours sensiblement la même.

Pour leur huitième album, They Want My Soul, les membres du groupe texan Spoon ont fait comme ils ont l’habitude de faire : enregistrer un excellent album qui ne réinvente rien, mais qui remplit parfaitement son mandat, tout en étant juste assez différent du précédent. They Want My Soul est un joyeux cocktail de chansons rock bien ficelées, à la sensibilité pop très évidente, qui feront hocher de la tête et taper du pied même les mélomanes les plus difficiles.

De nombreuses pièces sont irrésistibles : Rainy Taxi et son côté minimaliste, menée par un rythme soutenu et des claviers qui partagent le devant de la scène avec les guitares et la voix un peu bluesée de Britt Daniel. Do You et ses do do, do do, do do en escalier, à chantonner lorsqu’on est en mouvement. Knock Knock Knock, basée au départ sur un riff de guitare acoustique et des sifflements, langoureuse et soul. They Want My Soul, la pièce-titre, un petit bijou d’indie rock classique avec ses riffs un peu brouillons mais terriblement accrocheurs. Let Me Be Mine pourrait être la pièce maîtresse d’une bande sonore de roadtrip et devrait faire des malheurs en spectacle tellement elle appelle à la participation du public. New York Kiss ferme l’album avec une pop accrocheuse, qui laisse énormément de place aux claviers.

Sans rien avoir du monument ou du chef-d’oeuvre, They Want My Soul ne devrait avoir aucun mal à se tailler une place sur les palmarès de fin d’année. Les chansons sont excellentes, les arrangements sont sobres sans tomber dans le minimalisme radical. Spoon nous offre ici son album le plus pop à ce jour et devrait permettre au groupe de se gagner de très nombreux nouveaux fans, tout en demeurant fidèle à lui-même et en offrant à ses fans l’album que ceux-ci espéraient.

Excellent rayon de soleil pour finir l’été.

8 Stars (8 / 10)

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Angus & Julia Stone
Angus & Julia Stone (American)

Critique : Angus & Julia Stone – « Angus & Julia Stone »

Angus & Julia Stone Angus & Julia Stone (American)
Angus & Julia Stone
Angus & Julia Stone (American)

Vous connaissez Angus et Julia Stone? Ce duo folk-pop frère-soeur originaire de l’Australie est peu connu sur le continent nord-américain, mais son premier album, l’excellent Down the Way, a été un grand succès en Australie et il s’est bien vendu en Europe. Le duo s’est ensuite séparé momentanément, Julia et Angus ont enregistré des albums solos chacun de leur côté, puis un bon matin, on apprend que les Stone sont à Malibu pour enregistrer un nouvel album avec le réalisateur Rick Rubin.

Puis voilà, le 1er août dernier, voilà Angus & Julia Stone sur les tablettes des disquaires de partout dans le monde!

Les amateurs du genre, comme moi, seront bien sûr comblés par cet album tout en finesse et en beauté, qui reprend à peu près où la paire nous avait laissés avec A Heartbreak, où Angus chante avec désinvolture et Julia sort sa voix d’ange. Le rythme est entraînant, les guitares sont omniprésentes, et la magie opère dès que les deux voix s’unissent pour chanter en harmonie. Rien qui ne réinvente la roue, mais on est installés sur des essieux solides!

Se succèdent ensuite une série de pièces parfaites pour rouler sur l’autoroute les vitres grandes ouvertes, chanter les refrains en faussant un brin (My Word for It), faire des pa papa pa pa… pa (Grizzly Bear) ou se laisser aller au groove de la magnifique Hearts Beat Slow.

On distingue ensuite assez bien les chansons d’Angus (plus rythmées, d’une facture folk beaucoup plus classique) de celle de Julia (beaucoup plus lentes, mais aux paroles beaucoup plus dures, comme si elle voulait compenser pour sa voix angélique). Le mélange des deux styles évite la redite (qui était quelque peu présente sur les albums solo).

On ne peut pas parler de cet album sans parler de la sublime Death Defying Acts, qui semble sortie tout droit de l’esprit de Beth Gibbons, la chanteuse de Portishead. Julia Stone chante avec une gravité qu’on ne retrouve que dans une Glory Box ou une Half Day Closing : I’m everything that I’ll ever be / I’m everthing that I’ve ever seen / I’m everything that slowly falls / I’m everything but I am nothing at all.

On la savait capable d’être aussi bouleversante (elle a composé quelques bijoux en solo), mais ici, avec Angus, solide à la guitare, Julia nous arrache le coeur.

Côté réalisation, on peut dire que Rick Rubin a été assez discret. Généralement partisan d’une approche plutôt minimaliste, il n’avait pas trop de travail à faire avec les Stone, qui n’ont pas l’habitude d’ajouter du bruit pour le plaisir. Les arrangements sont donc simples, mais efficaces, et servent à mettre en valeur les principaux atouts du groupe : les voix et la guitare d’Angus.

Voilà un album livré avec coeur, qui nous prend par les sentiments.

On a hâte de voir le groupe en spectacle. Malheureusement, les billets pour la prestation du 22 octobre à Montréal se sont tous envolés. On trouvera bien un moyen d’aller les voir ailleurs.

En attendant, mettez-vous en plein les oreilles.

8 Stars (8 / 10)

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Samian
Enfant de la terre (7ieme ciel)

Critique : Samian – « Enfant de la terre »

Samian Enfant de la terre (7ieme ciel)
Samian
Enfant de la terre (7ieme ciel)

Après deux albums coups-de-poing, Samian se serait-il assagi? Il nous avait bien livré une Plan Nord incisive, mais le premier extrait de son troisième opus, la pièce-titre Enfant de la terre, montre un guerrier beaucoup plus doux. On peut comprendre avec les événements qui se sont succédé ces dernières années : après le tourbillon entourant son deuxième album (l’excellent Face à la musique), le rappeur avait besoin d’une pause. Burn-out. Comme un malheur n’arrive jamais seul, son père est emporté par le maudit crabe, le cancer. Samian est venu à un cheveu de ranger les armes et d’abandonner le combat.

Heureusement, il ne l’a pas fait. Il a repris des forces, physiquement, mentalement et spirituellement, et il est retourné en studio où il a enregistré Enfant de la terre, ce troisième album qui semble à la première écoute respecter le cliché selon lequel le troisième album est celui de la maturité.

Pourtant, après quelques écoutes plus attentives, on n’a pas l’impression que Samian était tout à fait prêt à sortir cet album. On sent qu’il veut aller ailleurs, qu’il veut aller plus loin que le rap qu’il nous a offert par le passé, mais qu’il se retient en raison de ce fardeau qu’il s’efforce de porter. Par exemple, il avait déjà une excellente diction qui allait comme un gant à sa voix grave et virile, mais on dirait que pour que son message dépasse ses seuls fans, il s’efforce de bien perler, voire de perler, ce qui est souvent très agaçant.

Je ne parlerai pas des deux pièces de rap chrétien, parce que même si je ne crois pas en ce Dieu, on sent le rapport que Samian entretient avec celui-ci. On sent les valeurs positives, on sent la persévérance. Je respecte tant qu’on n’essaie pas de me l’entrer de force dans la gorge. Heureusement, Samian ne joue pas aux évangélistes.

Si certaines pièces semblent avoir été écrites sur le pilote automatique (J’ai besoin), on sent, à la deuxième partie de l’album (plus particulièrement à partir de l’interlude où son complice de toujours, DJ Horg, lâche son fou), que Samian avait encore beaucoup de choses à dire, que le guerrier n’était pas loin derrière l’homme doux et mature qu’il est devenu.

Tout d’abord, il y a REZ, le coup de poing dans la face au rythme ensorceleur et au refrain accrocheur et fédérateur. Ça va crier « C’EST FUCKING REZ! » chez les Autochtones, je vous le garantis! Samian y est à son meilleur, les phrases-chocs remplies d’images se succèdent l’une après l’autre. Ensuite, il y a cette version acoustique de Plan Nord, qui demeure un rap, mais qui s’approche du slam tout en nous forçant à écouter le message, qui est fort important, qu’on soit d’accord ou pas avec celui-ci. On est très loin du « c’est vendredi soir, qu’est-ce qu’on porte » qu’on nous balance sans arrêt à la radio. Ekuen Pua (qui veut dire Ainsi soit-il en ilnu), de son côté, est une relecture de l’hymne innu composé par Philippe McKenzie.

Samian se livre ensuite sur À coeur ouvert et Lettre à Dieudeux pièces qui mettent la table pour la dernière pièce de l’album et qui semblent marquer la fin d’un cycle.

Car voyez-vous, sur Blanc de mémoire, Samian ne rappe plus. Il slamme. Comme Grand corps malade. Avec le même talent. La même simplicité, la même efficacité. Tout à coup, cette diction qui nous agaçait un brin au début de l’album devient essentielle. Il y a dans cette pièce de sept minutes et demie (qui semble en faire le tiers) suffisamment d’émotions pour meubler un album complet. Il y a toute cette ombre, toute cette violence, qui se transforme lentement en lumière, en espoir, en beauté.

De quoi verser une ou deux larmes. Tant de tristesse que de bonheur.

Est-ce là que Samian, le guerrier, se dirige? On le souhaite. Et si Enfant de la terre était un cocon dans lequel on voit Samian se transformer sous nos yeux et nos oreilles? Malgré leurs faiblesses, l’album… et son auteur demeurent essentiels.

7 Stars (7 / 10)

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Mozart's Sister
Being (Paper Bag Records)

Critique : Mozart’s Sister – « Being »

Mozart's Sister Being (Paper Bag Records)
Mozart’s Sister
Being (Paper Bag Records)

Quand j’ai entendu parler de Mozart’s Sister pour la première fois, j’étais plus ou moins intéressé. Faut dire qu’on ne cessait pas de me la vendre comme une copie de Grimes, qui m’avait laissé plutôt froid. C’est lorsque j’ai vu Caila Thompson-Hannant (le nom clarkkentien de Mozart’s Sister) en première partie de Tegan & Sara l’été dernier que j’ai constaté qu’on avait affaire à une toute autre bibitte. Oui, il y a bien quelques ressemblances (une fille établie à Montréal qui fait un album de synth-pop un brin atmosphérique), mais Mozart’s Sister ne va pas seulement plus loin, elle va aussi ailleurs.

Tout d’abord, il y a cette voix, qui ne se contente pas d’être aérienne, oh que non. Il y a beaucoup de soul et de R n’ B dans la voix de Caila Thompson-Hannant. Cette soul est mise en valeur par le minimalisme observé du côté des instruments. Il n’y a pas des dizaines d’éléments sonores dans les synthés de Mozart’s Sister. Une boîte à rythmes, un peu de clavier, c’est tout ce qu’il faut pour faire danser, si c’est ce qui nous intéresse.

Rien ne se démarque vraiment du lot, mais ce qui pourrait être un défaut est aussi une qualité : en aucun temps, on a envie d’avancer la lecture à la pièce suivante. Qu’on écoute attentivement ou d’une oreille distraite, on ne s’ennuie jamais en écoutant Being.

Non, ce n’est pas encore ZE album de Mozart’s Sister, la grande oeuvre qu’elle est capable de créer, mais on peut affirmer sans se tromper que Caila Thompson-Hannant est sur une pente ascendante. Cette pop légère et sans prétention, qui semble parfois sortie des années 1990, ne peut qu’être porteuse de lendemains qui chantent encore mieux.

8 Stars (8 / 10)

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