Nos albums préférés de 2022

Fidèle à ses habitudes, notre équipe vous présente ses albums préférés. Pas de décompte, juste de l’amour pur pour celles et ceux qui ont marqué notre année 2022 de leur musique. Que ce soit pour son appréciation générale, l’expérience qu’ils nous apportent ou la qualité de la recherche musicale, voici en ordre alphabétique la sélection de nos rédacteurs et photographes.

Anatole – « Alexandre Martel »

Si vous voulez que la musique demeure une variation sur les mêmes thèmes, demandez à l’intelligence artificielle de la composer. Le propre d’un véritable artiste, c’est de nous trouver là où on ne l’attend pas. C’est une évolution organique et sensible, propre à la Vie. Et c’est exactement ça qu’Anatole nous sert avec « Alexandre Martel ». Écoutez la vie murmurer fort comme une tonne de briques dans ce disque riche en subtilités qui ravive la flamme analogique des sixties. (Marie-Ève Fortier)

Anyma – « Humans »

Bien que sorti en octobre 2021, je n’ai découvert « Humans » de Anyma que cet été en préparant Saint-Roch XP et je l’ai beaucoup trop écouté pour ne pas l’inclure dans mon top de l’année. C’est un premier EP soigné avec une production de grande qualité pour l’artiste né à Wendake, qui nous propose une musique pop tentée d’électro et influencée par ses origines wendat. (Adrien Le Toux)

Ariane Roy – « medium plaisir »

Cet album a été pour moi une découverte artistique phénoménale. Comment je pourrais te dire ça autrement que je l’ai écouté partout, tout le temps. Un album qui fait du bien, qui te fait lâcher ton fou, qui peut même te faire pleurer par bout. Un album profond, intime et démesurément beau. C’est explosif, ça crie en chuchotant et on a droit a une performance musicale et des arrangements impeccables. Si t’as la chance de voir Ariane en spectacle, saute sur l’occasion. Des musiciens talentueux, une foule en délire. Medium Plaisir, c’est magnifique, tout simplement. (Léo Moffet)

Duu – « Arboretum »

Le baume aigre-doux de l’année, « Arboretum » est un album concept réalisé par Duu, alias Étienne Dupré (zouz), ainsi que ses collaborateurs Maude Arès (sculptures), Marc-André Dupaul (photo) et Dominique Rivard (graphisme). Musicalement, le disque porte un regard sur la vie, avec ses parts d’ombre et ses miroitements, dans une facture post-indie-rock. Avec son livret de paroles et d’images qui reprend l’esthétique des guides Fleurbec, l’ensemble de l’œuvre est enrubannée d’attention et de nuances, ce qui nous amène nous aussi à ralentir, à porter notre regard sur ce qui passe habituellement sous notre nez: les mauvaises herbes, le temps, nos organes, la lumière. (Mary Fortier)

Gab Bouchard – « Grafignes »

Depuis la sortie de son premier album, Gab Bouchard n’est jamais sorti de ma vie. Je partage tout avec Gab, et c’était avec plaisir que j’ai découvert en août de nouvelles pièces encore plus sensibles. L’écriture de Bouchard est d’une honnêteté tranchante, pas de flafla, juste des mots justes. Parfois un peu poétique, parfois chum de gars qui se vide le cœur, on accueille ses paroles comme on accueille un être cher dans nos vies. Les lignes de folk sont encore plus puissantes sur ce deuxième album et démontrent que le jeune artiste ne peut que continuer son ascension fulgurante. Merci Gab d’être ma trame sonore préférée, plusieurs fois par semaine. Gros Luv. (Noémie Rocque)

Ah Gab Bouchard, toujours autant réussi. Cet album a résonné à de multiples moments dans ma vie, depuis la sortie du premier simple. C’est fou comme j’ai déjà tant de souvenirs associés avec cet album, malgré sa récente parution. Pour moi, quand je pars Dépotoir et que l’album s’enchaîne par la suite, c’est presque thérapeutique par moment. Et surtout, ces chansons sont des vers d’oreille en entièreté. Ça se chante bien en cuisinant, ma recommandation personnelle! C’est un album qui fait du bien, qui sonne bien et qui démontre une belle évolution dans le style de l’artiste, sans toutefois perdre de cette authenticité qui émane de Gab Bouchard. (Léo Moffet)

Gros Mené – « Pax et bonum »

Tiens, on va rester à Saint-Prime et parler du grand retour de Gros Mené, qui a pris tout le monde par surprise le 1er avril dernier en lançant « Pax et Bonum » sans crier gare. Loin du poisson d’avril, ce troisième album est plutôt une claque dans la face assortie d’une tonne de briques qui te tombe sur la tête pendant qu’on te donne quelques coups de pied au cul. C’est rock, c’est sale, ça pue l’alcool, le fuel pis le chalet au bord du Lac. Derrière cette musique lourde, Fortin signe quelques excellents textes (Roulez la caisse, Corrupteur), et les plus niaiseux comme Toppe Notche vont vous faire rire en tapant du pied. Espérons qu’on n’aura pas à attendre dix ans avant le prochain! (Jacques Boivin)

Gus Englehorn – « Dungeon Master »

Un vrai bijou de musique rock psychédélique où la candeur des musiciens est à la hauteur du talent du duo derrière le projet. Rien de moins qu’une de mes plus belles découvertes. Avec un onirisme poétique obsédant et un côté naïf, voire enfantin drapé dans une nuée psychédélique, la musique est pimpante et entraînante. Tout a du sens et rien n’en a sur cet album et c’est un vrai délice. C’est cette cassure avec le côté bon enfant qui est délectable, sous le doux il y a quelque chose d’aliénant, de cru. Il y a la folie de la glace et la solitude du sel. (Mona Déry-Jacquemin)

Les Hôtesses d’Hilaire – « Pas l’temps d’niaiser »

Même si les Plaines d’Abraham ne pensent pas à eux, comme ils le chantent dans la pièce Washed Up Rock Band, je ne les ai pas oubliés et si Serge s’ennuie de ses boys sur Autour du trou, je pouvais bien m’ennuyer d’eux depuis la fin de la tournée de l’opéra rock « Viens avec moi ». « Pas l’temps d’niaiser » comble mes attentes et si je ne les ai pas vus en 2022, je compte bien y remédier en 2023. (Adrien Le Toux)

Jacques – « LIMPORTANCEDUVIDE »

De tout temps, l’électro française a toujours eu la même qualité qu’une baguette de pain chaud. Alors quand c’est ton premier album et que tu y injectes une pop propre avec un lyrisme de feu, c’est une tasse de café chaude avec les croissants. Drôle, vivifiant, original, le bonhomme ira loin. (Nicolas Padovani)

Lisa LeBlanc – « Chiac Disco »

Dans une ère où le désespoir social et climatique est omniprésent, un album rempli à craquer de chansons dansantes et de lumière est largement bienvenu. À travers « Chiac Disco », la chanteuse acadienne et son groupe nous ont servi un déferlement de pièces funkées, énergisantes et touchantes. Les chansons évocatrices du climat social et dansantes Pourquoi faire aujourd’hui et Dans l’jus sont entrecoupées par des chansons plus lentes et personnelles, comme La poudre aux yeux et Messemble que c’est facile. C’est un album magnifiquement assemblé, cohérent du début à la fin que m’a semblé « Chiac Disco », ce petit baume dansant. (Vincent Thibault)

Les Louanges – « Crash »

En plus de s’avérer être un amalgame exquis entre les meilleures bangers et de multiples touches expérimentales, « Crash » met en scène un Vincent Roberge plus mature dans ses textes et toujours aussi bien entouré tant par ses musiciens qu’à la réalisation. Ensemble, ils se poussent toujours un peu plus en dehors de leur zone de confort, et ça donne d’excellents résultats! (Mary Fortier)

LYD. – « EXIT »

Écouter « EXIT » pour la première fois, ça fait mal. C’est voulu. Sur cet album pop aux textures électroniques omniprésentes, LYD. (l’alter-ego rebelle d’Ann-Lydia Plourde) nous fait revisiter une relation amoureuse difficile, avec ses hauts stratosphériques et ses bas abyssaux. Les textes sont directs, les mélodies sont accrocheuses, la voix de LYD. est puissante et assurée, dur de trouver des failles dans cette première oeuvre. Un album intelligent et sensible. Et pour reprendre les mots de l’artiste, viscéral. (Jacques Boivin)

Lydia Képinski  – « Depuis »

Quand ton artiste préférée sort un nouvel album, y’a assurément un gros stress, une peur d’être déçue en écoutant la nouveauté. Impossible de ne pas comparer avec ses trames pour lesquels on a tellement d’affection. À ma première écoute, j’ai d’abord accroché sur certaines pièces plus entraînantes, puis j’ai appris à aimer celles plus posées. Sur « Depuis », on entend que Lydia a perdu une partie de sa naïveté, que la jeune adulte est devenue femme. Il y a une continuité sur cet album qui ne peut que surprendre. Parfois plus narrative dans un langage familier, parfois dans une plume plus recherchée, les textes sont toujours justes. Lydia a cette façon de venir nous pogner par les tripes, nous ressaisir tout en nous déstabilisant. (Noémie Rocque)

Que puis-je ajouter à la critique écrite à quatre mains par Marie-Ève Fortier et Jacques Boivin en avril dernier ? Si vous ne l’avez pas lu, c’est ici. (Adrien Le Toux)

Marilyne Léonard – « Vie d’ange »

Je ne connaissais pas Maryline Léonard avant d’écouter son premier album et j’ai été charmé instantanément par le son léché, les rythmes empreints de désinvolture et les textes introspectifs livrés avec confiance. Chacune des chansons est pour moi devenue un ver d’oreille tenace, les mélodies accrocheuses et le mix de pop indé et de rap créant un bouillon auditif des plus délicieux. L’album place la chanteuse de Montréal dans un univers teinté de médias sociaux et d’une vie de collégienne aliénante, qui va de pair avec les rythmes lents et l’attitude presque blasée de la chanteuse. Il y a clairement quelque chose de Mac Miller-esque dans cet album. En plus le titre de l’album c’est un jeu de mots, tsé. (Vincent Thibault)

Mon Doux Saigneur – « Fleur de l’âge »

Ma première écoute de l’album ne m’avait pas charmé comme « Horizon » en 2020, mais la dernière sortie de Mon Doux Saigneur, empreinte de vulnérabilité, de douceur et de fantaisie m’a séduit progressivement, au point de finir par en connaître chacune des notes. Les sons originaux, la production et le mixage formidable rendent justice aux textes sentis et empreints de la magnifique poésie qu’on reconnaît bien à Emerik Saint-Cyr Labbé. « Fleur de l’âge » est un album qui respire la guérison, l’espoir et la résilience à travers ses rythmes doucement entraînants et ses paroles émancipatrices, le tout sur fond de blues de pandémie. (Vincent Thibault)

Narcisse – « La fin n’arrive jamais »

Ce premier album de Narcisse est aussi essentiel par la qualité de sa musique et de ses textes que par l’importance de son propos. Sur « La fin n’arrive jamais », Jorie Pedneault parle d’identité (et de dysphorie) de genre, de polyamour, de tous ces concepts que les gens de ma génération ont du mal à comprendre, mais que j’espère que mes enfants vont bien intégrer. Un album qui me touche personnellement pour toutes sortes de raisons. Une libération par la musique (qui est fucking bonne – sérieux ça s’écoute en boucle). Une oeuvre qui nous invite à nous poser des questions. Y’a beaucoup plus de Marjorie qu’on pense, et ça serait le fun qu’on puisse s’exprimer comme on l’entend. (Jacques Boivin)

Patrick Watson – « Better In the Shade »

Un album merveilleux, un univers poétique et une touche de douleur. L’essence primaire de l’artiste avec ce petit côté plus électro très appréciable. Un album concentré sur sept chansons au contenu intimiste où les mots et les images sont centraux. Les harmonies mélancoliques du piano mélangées à l’évanescence de l’électronique donnant ce côté suspendu dans le temps. C’est cette nudité, ce je-ne-sais-quoi du portrait qui rend l’œuvre surprenante. (Mona Déry-Jacquemin)

Ping Pong Go – « Ping Pong Go »

Que se passe-t-il quand on mélange des épices, des tas de bonnes choses et qu’on l’échappe de l’agent chimique X? On obtient Ping Pong Go ou les Super Nanas, tout dépend du dosage! Le groupe de gamer jazz ne laisse personne indifférent avec ses sonorités variées, jouant avec non pas quelques styles, mais bien avec toute la gamme existante. (Mona Déry-Jacquemin)

Saints Martyrs – « Mythologie de dernier recours »

Changement de nom pour une nouvelle vie. Les saints martyrs ont pu se repentir et se sont rassemblés avec plusieurs invités vocaux et d’autres aux instruments à cordes pour hurler leur colère autour d’un feu. On partage leur douleur dans la joie et la bonne humeur. (Nicolas Padovani)

Sèxe Illégal – « Spätkapitalismmusik »

Mention d’honneur à ce nouvel album de Sèxe Illégal qui a joué énormément chez moi cette année. Des paroles en harmonies vocales qui te collent en tête et des riffs incontrôlables entrecoupés de rythmes discos, rock et complètement déjantés.  On y aborde des sujets difficiles avec une magnifique touche d’autodérision de la société. Je trouve les arrangements musicaux hors de ce monde et c’est tellement dansant, ça me donne envie de faire la grouillade jusqu’à la fin du monde, ça c’est sûr. (Léo Moffet)

Simon Kearney – « América »

Si ma première écoute m’avait d’abord laissée perplexe, j’ai rapidement changé mon fusil d’épaule en écoutant « América ». La pop’n’roll de Kearney était soudainement devenue plus pop que sur « Maison ouverte » et le roll me manquait. Mais l’humour tranchant et l’attitude nonchalante de Kearney m’ont convaincue. Les accroches musicales sont nombreuses et les airs ont quelque chose de libérateur. C’est un album qui existe au-delà de l’écoute, qui s’insère facilement dans plusieurs moments de nos vies pour y construire de nombreux souvenirs. C’est une musique qui laisse des images heureuses dans nos têtes, qui allège le quotidien quand il se révèle gris et stressant. (Noémie Rocque)

Tanya Tagaq – Tongues

La chanteuse-compositrice Inuk exprime toute la colère d’un peuple à travers son chant guttural et un beat industriel produit par Saul Williams. Comme toute l’actualité récente sur les enfants autochtones, cet album est venu me prendre à la gorge et ne détournera pas votre attention. (Nicolas Padovani)

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