Vive Jésus, Radiant Baby et Le Couleur!

Le Couleur – Photo : Adrien Le Toux

Le 14 avril dernier, Le Pantoum accueillait Le Couleur pour la reprise du spectacle initialement prévue le 17 décembre. Le spectacle qui affichait complet avait dû être reporté, passant dans le cyclone de la 5e vague. Partageant la tête d’affiche avec Radiant Baby, j’étais absolument excitée par ce duo de party animal.

Radiant Baby

Radiant Baby – Photo : Adrien Le Toux

Radiant Baby est l’une de mes révélations de 2021 et « Pantomime », leur deuxième album, s’est taillé une place dans mon top de fin d’année. Nul besoin de vous dire que j’avais bien hâte de les redécouvrir en formule spectacle. La musique n’était pas encore débutée qu’on ressentait déjà la touche 70’s significative qui teinte les pièces de l’album. Dès son entrée sur scène, le charismatique Félix Mongeon a installé le party. La foule en sardine s’est mise à danser à la première chanson, On the Run, un témoignage d’appréciation marqué venant contrebalancer les quelques impolis qui parlaient au fond de la salle.

La performance des musiciens était généralement juste et ceux-ci habitaient bien la scène. Au programme, on s’était limité aux pièces de « Pantomime » en y ajoutant une reprise de Psycho Killer de Talking Heads. Debout sur la pointe des pieds, tombant presque dans le public, Félix nous faisait chanter les « Fa-fa-fa-fa, fa-fa-fa-fa-fa-fa » en nous guidant de ses doigts tel un hypnotiste. On était tellement envoûté que la prestation a filé en un temps éclair. Par consolation, on savait que Le Couleur allait assurer la suite de cette soirée déchaînée.

Le Couleur

Le Couleur – Photo : Adrien Le Toux

Après reconfiguration de la petite scène, les musiciens de Le Couleur ont débuté leur programme avec Vol d’après-midi, une pièce instrumentale. Le public était alors peu attentif et parlait encore. Dans un espace restreint comme au Pantoum, la proximité avec les artistes rend rapidement la chose malaisante et irrespectueuse. Par chance, dès que Laurence Giroux-Do est montée sur scène pour Train de minuit, l’audience s’est reprise et a ensuite témoigné son amour sans retenue jusqu’à la fin du spectacle.

En fait, ce n’est pas trop difficile de tomber en amour avec la gang de party animal de Le Couleur! Leur énergie frénétique est constante du début à la fin. Rapidement, les coiffures étaient du passé et les corps exhibaient unanimement la sueur, sur scène comme dans la foule. Dans la salle, les spectateurs en pieds de bas martelaient le plancher avec tant de véhémence que lorsqu’on s’immobilisait, on sentait tellement le plancher bouger que c’en était presque inquiétant! Les interactions entre les musiciens et les spectateurs étaient brèves, mais fréquentes. Laurence s’amusait à crier des « Vive Jésus ». « Nous devions venir à sa naissance, mais nous venons à sa mort et à sa résurrection. Vive Jésus! » nous a-t-elle d’ailleurs lancé en parlant du report du spectacle. Plus tard, elle nous a aussi fait l’honneur de son premier bodysurfing.

C’était mon premier spectacle complet de Le Couleur. J’avais assisté en partie à la vitrine du groupe lors du Phoque OFF 2019. À ce moment, je me rappelle que je n’avais pas accroché sur leur proposition. C’est l’album « Concorde » qui m’a conquise après avoir assisté au listening party à la Société des Loisirs lors de sa sortie en septembre 2020. Il faut souligner que depuis cette vitrine de 2019, les musiciens ont pris du coffre et Laurence de l’assurance dans sa voix. Définitivement, le groupe est à son apogée, du moins d’ici le prochain sommet!

Le spectacle s’est conclu par un rappel mélangeant Le Couleur et Radiant Baby. Ils ont également invité un spectateur à jouer de la cloche à vache. C’était ahurissant! Félix a pris le micro pour nous chanter une reprise de CHIC, I Want Your Love. Le parterre était hystérique et nos pieds de bas pogotaient dans les éclaboussures de bière laissées sur le plancher de bois franc. Ça faisait longtemps que je n’avais pas embarqué de même dans un spectacle, que mes émotions n’avaient pas surplombé ma tête analytique. C’était complètement fou! Jésus est mort, mais l’art vivant est bien ressuscité!

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