La fabrique à moments magiques de Louis-Jean Cormier

Louis-Jean Cormier – Photo : Mathieu Breton

Le 15 décembre dernier, dans ce qui allait devenir la dernière semaine de shows en salle avant un bout (encore une fois – on ne s’y habitue pas), nous étions au Grand Théâtre pour voir le grand Louis-Jean Cormier. Pour toutes sortes de raisons, on n’avait pas eu le temps de sortir notre compte rendu avant la fin de 2021. Alors, pour se remémorer le bon vieux temps, mais surtout dans l’espoir qu’on puisse de nouveau envahir les salles de spectacles faire le plein d’amour et d’énergie positive, on vous le présente aujourd’hui.

Sur scène, Louis-Jean Cormier est une bête redoutable qui nous présente des shows rodés au quart de tour, tout en laissant place à un peu d’improvisation. L’habitué de la scène a profité de la pandémie pour lancer deux albums en deux ans, dont le magnifique « Le ciel est au plancher », qui est une de ses meilleures oeuvres solo (et qui se rapproche souvent de ce qu’il faisait avec Karkwa). Nos attentes étaient donc passablement élevées pour ce premier concert en formation complète à Québec depuis des lunes.

Salomé Leclerc

Salomé Leclerc – Photo : Mathieu Breton

Mais avant, on doit parler de la première partie assurée par nulle autre que Salomé Leclerc. Accompagnée de son fidèle complice José Major à la batterie, Salomé nous a présenté quelques morceaux de son plus récent album intitulé « Mille ouvrages mon coeur », une oeuvre particulièrement appréciée par votre pas très humble serviteur. À deux sur cette scène immense (n’oublions pas qu’on y était assis plutôt confortablement à 250 personnes il y a à peines quelques semaines, ça vous dit combien cette scène est grande), on aurait pu croire que Salomé et José s’y perdraient, mais c’était sans compter sur la magnifique présence scénique de l’autrice-compositrice-interprète. Les nouvelles tounes sont à peines sorties qu’elles sont déjà réarrangées, comme cette version un peu plus rock d’Anyway. Les soli de guitare se succèdent, et Salomé vient jouer devant la première rangée entre deux couplets, au plus grand plaisir des spectateurs qui avaient acheté leurs billets en premier. Ça promet pour les spectacles complets (avec beaucoup de chance, peut-être qu’on pourra voir Salomé au Petit-Champlain en février).

Louis-Jean Cormier

Louis-Jean Cormier – Photo : Mathieu Breton

Après un trop court entracte (OK, c’était la file au bar qui était un peu trop longue, on avait perdu l’habitude des shows à plus de mille personnes), voilà Louis-Jean Cormier qui monte sur scène et s’installe au piano pour nous interpréter J’ai monté. Ses musiciens (Amélie Mandeville, Marc-André Larocque et… François Lafontaine) viennent le rejoindre et le show prend un tournant pas mal plus rock. Avant de poursuivre, Cormier nous avertit, ça risque d’être une longue soirée. Entre les chansons, les monologues sont extrêmement longs. Heureusement, ils sont drôles et il s’agit d’excellentes mises en contexte, alors on écoute le sourire aux lèvres.

Y’a pas que les interventions qui sont longues, y’a aussi les envolées musicales qui s’étirent, et ici, on soupçonne que c’est la faute de Lafontaine. Ces retrouvailles avec le claviériste de Karkwa ont semblé donner une bonne dose d’énergie à Cormier, qui préfère nous en mettre plein les oreilles avec du bon rock que de nous faire chanter en choeur, comme dans le temps. Comme un retour aux sources fort apprécié. On avait du plaisir à redécouvrir des versions réarrangées des vieilles tounes (St-Michel, en particulier, devient une bombe), et lorsqu’on avait des moments un peu plus intimes, ceux-ci nous semblaient encore plus forts.

Ça a duré comme ça pendant près de deux heures. Des fois, on avait l’impression d’être devant le Dave Matthews Band tellement ça jammait, et à d’autres, on se croyait à l’Impérial avec un Louis-Jean vulnérable en formule solo. Le mélange des deux nous a permis d’apprécier à quel point Cormier est un artiste complet.

Ça aurait été bon juste de même, mais il fallait rester jusqu’à la fin, parce que le rappel a aussi été mémorable. On a pu y entendre Le tour de l’île, en version longue et complète. Cette chanson-là, Louis-Jean la maîtrise à la perfection, et tant mieux si elle permet à des milliers de jeunes de découvrir l’oeuvre de Félix Leclerc. On a aussi mis le feu à la place avec Le pyromane, qu’on n’avait pas entendue depuis euh… les shows de Karkwatson en 2018! Ça a été le fun de pouvoir retrouver la belle complicité entre Cormier et Lafontaine. Enfin, on a fini ça en douceur avec La photo, un dernier moment de douceur, une berceuse pour nous souhaiter de passer une belle nuit (et une belle façon de faire baisser l’intensité).

Une soirée fort appréciée, un plaisir renouvelé.

On a hâte que les shows reprennent pour vivre plein d’autres moments comme celui-là. On vous tient au jus!

Laisser un commentaire

Votre adresse courriel ne sera pas publiée.