Étienne Dufresne : Brandir bien haut l’Excalibur

Etienne Dufresne – Photo : Jacques Boivin

Ça faisait un moment que le Maelstrøm St-Roch n’avait pas vrombi sous les décibels d’un spectacle émergent. Il aura fallu attendre qu’Étienne Dufresne et sa gang de Montréal débarquent en ville. C’est dans un décor qui ferait gémir le Grinch que la salle s’est tranquillement remplie de nombreux visages familiers. Fébrile, l’assistance était visiblement excitée par le programme double qu’on nous avait préparé pour ce mercredi 8 décembre.

Charlotte Brousseau

Charlotte Brousseau – Photo : Jacques Boivin

De plus en plus présente sur la scène de Québec, Charlotte Brousseau est montée sur scène la première, question de dégourdir un peu la foule. Accompagnée d’Antoine Bourque et de Raphaël Laliberté-Desgagné, Charlotte a rapidement séduit le public par sa musique folk, douce, intime. Malgré une minuscule scène remplie d’instruments, la jeune femme a fait preuve de minutie dans sa mise en scène, un héritage probable de ses années en cinéma. Toute en simplicité, l’autrice-compositrice-interprète a pris le soin de s’adresser à nous régulièrement afin de nous mettre en contexte ses pièces et ainsi de nous initier un peu plus au travail derrière sa prose.

Étienne Dufresne

Etienne Dufresne – Photo : Jacques Boivin

Étienne Dufresne avait lancé le 21 février 2020 son premier EP, « Sainte-Colère ». Nul besoin de vous dire ce qui s’en est suivi peu de temps après. Le timing déplorable n’a toutefois pas freiné l’auteur-compositeur-interprète. En plus de cumuler les milliers d’écoutes sur les plateformes, Étienne nous revenait un peu plus d’un an plus tard avec un premier album complet, « Excalibur ».

Montant sur scène déguisés sommairement d’accessoires médiévaux, Étienne et sa bande instauraient déjà le ton. Tout comme c’était le cas sur son EP, les pièces de ce deuxième album ont ce côté niais et naïf qui distingue bien la proposition du jeune homme. Ce penchant humoristique et léger mis en contraste avec des ambiances dramatico-dépressives nous offre un univers où s’évader candidement. Définitivement, on y retrouve un grand enfant qui nous fait du bien.

J’voulais être cool avant trente ans
J’suis encore un enfant
Qui boude ses parents

Rien

Au début de la pandémie, Étienne avait participé aux « Sessions du brasseur » présenté par les Brasseurs de Montréal. Depuis, on sent qu’il a pris de l’aisance et de l’assurance. Sa performance est plus juste et sa présence plus assumée nous permettant encore plus de se laisser emporter dans son délire créatif. Il faut toutefois souligner que l’équipe avec qui il partage la scène contribue facilite grandement à ce que le rendu sur scène soit des plus ludiques. Ce soir-là, mon étoile du match revient à Lysandre Ménard qui, derrière ses synthétiseurs, brillait de tout son charisme.

L’événement s’annonçait comme la présentation d’« Excalibur » dans la Vieille-Capitale. On avait toutefois incorporé au programme les pièces les plus populaires du microalbum, soit Rodage, Fantômes et Copains. Si une partie du public ressemblé suit Étienne Dufresne surtout depuis la sortie de son album complet, on notait aisément dans la foule les plus adeptes. Dans cette époque incertaine et anxiogène, l’ensemble de sa musique est définitivement un baume et on le remercie pour ce doux moment de joie éphémère.

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