Les monos à Nono : La monomanie des monoplages

On pourrait dire que j’ai une monomanie pour les monoplages. Parfois lorsqu’une nouvelle chanson sort, elle m’absorbe tellement que je peux la faire jouer en boucle des dizaines de fois. Je l’écoute de toutes les façons : sur mon speaker bluetooth cheapette en forme de Darth Vader, dans mes écouteurs de studio, dans l’auto, en chromecast sur la télé… Je veux tout entendre! Je veux découvrir chacun des sons comme ils ont été pensés. Voici donc quelques-unes de mes dernières monomanies.

Valence – Jamais (j’aurais pensé)

Je ne pourrai jamais dire à quel point de je suis fière de mon Québec Cité et quand j’entends des artistes comme Valence se renouveler, ma fierté n’est que plus grande. On va se le dire, cette nouvelle pièce est complètement folle! Le projet de Vincent Dufour arrive chaque fois à me surprendre. Ici encore, chaque son est à sa place et tout est exécuté avec une justesse remarquable. On joue habilement avec l’espace sonore en créant des crescendos, des montées et des descentes émotives qui se marient parfaitement au texte. Les mots sont puissants, on y parle de relation, de ces tentatives de créer quelque chose, de cette illusion d’être fort mais qui se solde tout de même en un échec.

Et que dire des nombreuses subtilités cachées dans l’arrière-plan?! Avec le bon casque d’écoute, on peut percevoir les ajouts de textures qui viennent supporter les notes grasses plaquées sur les synthés. On peut entendre les tambours casser le planant pour résonner ensuite d’une oreille à une autre. On peut discerner les grattements organiques de la guitare sous les sons synthétiques ainsi que les notes de sax qui ajoute de la puissance à la trame. Même après une cinquantaine d’écoutes en quelques jours (la pièce est sortie le 14 avril), il y a toujours quelque chose de nouveau pour attirer mon attention. Du grand Valence! Monsieur Dufour, je vous annonce publiquement que la barre est haute pour le prochain album!

Brilou – Deep Down

Cette overdose de bonheur condensée en 4 min 51 secondes pourrait très bien être mon summer hit! Et toi? Si le son qu’on nous propose ici est assez pop, impossible de ne pas noter les influences disco et le jazzy du saxophone. C’est précisément par cette recherche sonore supplémentaire que la pièce se démarque en gagne mon coeur (et mon corps!).

Mais d’où sort ce Brilou? Avant le 15 avril, les plateformes étaient encore vierges de son nom. En cette même date, une page Facebook récemment créée ne comptait que trois publications. Intriguée, je suis allée faire enquête. Cédric Martel de son vrai nom (à ne pas confondre avec son homonyme de la ville de Québec) est un multi-instrumentiste originaire du Saguenay. Compositeur de musique de film, il a été mis en nomination dans de nombreux festivals de cinéma. Pour lui, la musique raconte une histoire, c’est pourquoi on retrouve autant de narration dans la trame instrumentale. Vous retrouverez également son nom dans les crédits du récent EP de Metò. Je ne vous en dis pas plus et je vous laisse découvrir Deep Down, le premier titre d’un album à paraître d’ici l’été et dont j’ai bien l’intention de vous reparler!

Les Louanges – Pigeons

Également parue le 15 avril, Pigeons est la première sortie des Louanges depuis l’Expansion Pack à l’automne 2019. Comme les chansons qu’on retrouve sur ce dernier, ce nouveau ver d’oreille propose un son lourd et complet marqué par une forte présence de notes basses. Si cette nouveauté s’inscrit dans ce à quoi nous a habitué le groupe, elle en reste à la hauteur de ce qu’on s’attend de Les Louanges. On prend plaisir à découvrir tout le texte que Vincent Roberge arrive à enchaîner en moins de trois minutes tout en restant parfaitement planant et harmonieux.

Jolicoeur – Étienne Dufresne

Je m’intéresse au travail d’Étienne depuis son premier EP, Sainte-Colère, sorti le 21 février 2020. Malgré les enjeux que pose la pandémie, Dufresne a lancé trois nouvelles monoplages depuis ce maxi. C’est toutefois Jolicoeur qui a le plus attiré mon attention. Le clip qui l’accompagne provoque inévitablement un élan de nostalgie chez tous trentenaires. Digne des années 90, l’animation pixélisée rappelle les jeux vidéo de la première Playstation. N’avez-vous pas vous aussi cette envie soudaine de dépoussiérer votre vieille console?

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