Metò : le règne sensible de la vulnérabilité humaine

Metò
Metò
Alstroemeria

Et si on vous proposait un voyage introspectif dans le monde de Metò? Olivier Coté-Methot, l’auteur-compositeur-interprète sous le pseudonyme, est un multi-instrumentiste et producteur de la ville de Québec. Bien que sa plume s’exprime en anglais, la puissance de sa musique surpasse toutes les langues. C’est ainsi qu’il nous arrive avec son tout premier EP, Alstroemeria.

L’album qu’on nous présente ici dessine le chemin que l’homme a sillonné en accompagnant son père en fin de vie. Pour lui, cet album représente l’espoir et la lumière qu’il retire de la situation et c’est indubitablement la forte résilience de sa musique qui a su accrocher mon attention.

Sous des airs folks minimalistes, on devine le poids des blessures du passé, mais aussi la sérénité qui jaillit lorsqu’on laisse le temps faire son œuvre. Un peu comme le flot des émotions au travers des différentes étapes du deuil, les nombreuses textures se présentent en équilibre avec les moments plus aérés, les sonorités se présentent en bouquets alors que les intervalles de calme nous laissent prendre une pause pour se recentrer sur soi-même. C’est beau, émouvant, paisible, doux.

Les différentes pièces s’entrecroisent et se répondent, chacune nous plongeant un peu plus dans l’intimité sensible de Metò. Breathe For My Peace, débute d’ailleurs par les sons ambiants du musicien qui s’installe. Comme en une invitation, on établit ainsi une proximité et une connexion émotionnelle avec l’artiste. Sur cette même pièce, le trémolo dans la voix de l’homme témoigne de sa vulnérabilité humaine et ne peut qu’éveiller l’empathie chez son auditeur.

Les effets vocaux laissent l’impression que l’artiste est en discussion avec lui-même. Parfois doublées et d’autres fois entrecoupées, les voix y sont nombreuses. Les textes y sont poétiquement abstraits. On y comprend cependant la détresse et le vide que laisse l’absence, mais aussi la volonté de surmonter la perte. Sur I Don’t Know, les tambours, calmes au départ, deviennent de plus en plus présents et intenses tel un instinct de survie, un combat pour braver les défis.

Que ce soit sur Arvida où l’on devine les différents instruments à cordes ou dans la tristesse du piano sur Gan Eden, la sensibilité de l’artiste transperce la trame. On y sent un monde émotionnel mature, marqué par la présence de l’amour présent, passé et futur. Les nombreux sons dissimulés en arrière-plan livrent une expérience riche et entière. Si le maxi ne compte que cinq pièces, il n’est reste pas moins que l’album est complet.

Pour les plus curieux qui se demandent ce qu’est l’Alstroemeria, il s’agit en fait d’une plante à fleurs, une vivace appartenant à la famille des lys. Espérons que, tout comme cette plante survit et revient de saison en saison, Metò saura prendre racine sur la scène émergente de Québec.

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