Un premier album solo pour Julyan

Crédit: Simon Chénier-Gauvreau

Il y a un mois, on vous parlait de la sortie du clip de Look at Me, Look at You de Julyan. L’attente se termine enfin avec la sortie du microalbum intitulé tout simplement « Julyan ». Mais attention, c’est tout en complexité qu’on nous propose ici de découvrir l’artiste, ou plutôt de le redécouvrir. Le Beauportois, qui a grandement gagné en maturité, nous présente ici une œuvre marquée d’une « signature profondément intime ».

Les cinq pièces de ce projet solo se révèlent sous une pop bien plus actuelle que ce à quoi nous avait habitué Julien Chiasson avec Forest BOYS ou The Seasons. L’album a été co-réalisé avec nul autre que Jessie Mac Cormack, une collaboration qui a probablement permis aux jeunes hommes de s’imprégner l’un et l’autre de leur expérience respective, sans pour autant diluer l’essence même de l’homme derrière Julyan. En effet, sous le son moderne des trames, on peut toujours discerner les influences rétro qui le définissent, et c’est justement ce parfait équilibre entre l’actuel et le passé qui donne toute sa force et sa qualité aux morceaux.

Julien est entré en studio avec une nouvelle volonté de s’affirmer en tant qu’artiste solo et de se relever d’une période plus sombre de sa vie. Bien que les pièces laissent suffisamment de flous pour qu’on puisse se les approprier, on sent derrière leurs paroles la volonté d’expression d’un esprit libre et penseur, qui ne se limite pas aux perceptions du monde qui ont été acquises, mais qui émergent de l’instinct et l’émotion. Se laisser ce droit de s’exprimer différemment, d’une façon parfois étiquetée comme non conforme, peut nous laisser l’impression d’être en marge. Cependant, comme nous le rappelle le chanteur sur Rebel Now Now, libre à nous de choisir de faire comme les autres, mais au final, serons-nous vraiment plus satisfaits?

It’s untrue, you didn’t even get to go through

What all the other people do to feel they’re playing a part

And less torn apart but are they at the end of the day

Rebel Now Now

Cette volonté d’une liberté intellectuelle se manifeste dans chacune des trames, prenant différentes formes, mais témoignant toujours d’une grande analyse sociologique. On aborde avec franchise les dilemmes de l’existence dans Bones en y opposant l’envie d’agir ou de fuir notre système et ses normes sociétales au sentiment de dépendance dans lequel il nous maintient. Dans Look at Me, Look at You, on expose plutôt la vulnérabilité humaine et la fragilité des relations qui parfois ne mènent plus à rien malgré l’attachement et les liens qui nous unissent à ceux qui nous entourent.

Cette œuvre se veut très personnelle, on y sent les réflexions et les perceptions de son auteur, mais aussi son adaptation quotidienne aux pressions sociales. C’est dans cette authenticité avec lui-même que le « projet solo » prend tout son sens. Et si l’introspection peut parfois être souffrante, elle nous rend aussi humainement plus riches, et c’est cette richesse qui donne toute son unicité au travail de l’auteur-compositeur-interprète.

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