Mile Ex End Montréal – 30 août au 1er septembre 2019

Elisapie – Photo : Jacques Boivin

Dimanche 1er septembre

Lou-Adriane Cassidy

Lou-Adriane Cassidy – Photo : Jacques Boivin

Lou-Adriane Cassidy et sa bande étaient visiblement fatigués. La jeune auteure-compositrice interprète, qui est minée depuis quelques semaines par des problèmes de voix, jouait la veille à Rouyn, et le retour a été long. À ses côtés, on retrouve Vincent Gagnon et PE Beaudoin (les mêmes qu’on a vus avec Clepper la veille), ainsi qu’Alexandre Martel à la basse et Simon Pedneault à la guitare.

On s’est laissé bercer par les magnifiques chansons de C’est la fin du monde à tous les jours, tsé, l’album qui montre qu’à 22 ans, Lou-Adriane a déjà plus de maturité musicalement parlant que ben du monde qui a le double de son âge. OK, elle est tombée dans la marmite quand elle était petite pis ça paraît, mais on l’a déjà vue plus timide, alors voir toute cette assurance, cette aisance, ce naturel, ça frappe.

Les problèmes de voix de Lou ne l’ont pas empêchée de chanter ses propres chansons et de se risquer à interpréter quelques reprises couillues, dont une de Brel, et The Partisan, version Cohen, chantée beaucoup trop près du Mile End pour qu’on ne se sente pas inspiré.

Lou s’en revient à la maison, elle va jouer à L’Anglicane le 1er novembre.

Marie-Ève Roy

Marie-Ève Roy – Photo : Jacques Boivin

Après une prestation si énergique de la part de Cassidy, et juste avant le party qui s’annonce avec Les louanges, on vous avoue qu’on a trouvé Marie-Ève Roy bien tranquille. En formule trio, notamment avec Manuel Gasse (tout le monde fait des doubles, ces jours-ci), Roy se lance dans les chansons de son joli Multicolore, un album empreint de cette douceur que Roy nous partage dans son projet solo, loin de ses bums des Vulgaires Machins.

Avec le soleil qui nous berce de ses rayons pas trop chauds (mais un brin aveuglants pour les artistes), c’était un petit moment de magie.

Les Louanges

Les Louanges – Photo : Jacques Boivin

Bon, qu’est-ce que tu veux que je te dise sur Les Louanges que je ne t’ai pas dit à son lancement au Maelstrom, ni à toutes les autres fois qu’on a vu Vincent Roberge et sa bande par la suite (notamment au FEQ – deux fois – et au Festif)? Tu veux que je te dise que c’est un naturel? Que le charisme lui sort par les narines qui sont bien collées sur le micro? Que sa musique sur scène est encore plus jouissive que sur un disque qui risque de remporter le Polaris le 16 septembre prochain? Que Félix Petit vole parfois le show avec son sax pis sa flûte? Que toute la foule, déjà plus nombreuse que la veille pour Elisapie, connaissait toutes les chansons par cœur, même sa nouvelle, Attends-moi pas, ou son très vieux stock qu’on l’a vu jouer devant un Cercle dégarni? Qu’on a eu un petit pincement à notre cœur de chauvin quand il a dit qu’il était content d’être « à la maison » pis qu’on s’est rendu compte que sa maison, elle n’est plus dans le 83?

Qu’est-ce que tu veux dire d’autre que « ce gars-là a tout l’avenir devant lui »?

Helado Negro

Helado Negro – Photo : Jacques Boivin

En voilà un qui nous a agréablement surpris par la beauté de ses chansons. L’Américain d’origine équatorienne Helado Negro est arrivé avec une indie pop toute en douceur et en harmonie qui a conquis le cœur des festivaliers. Rien de trop compliqué, juste un bon band, de belles chansons, et surtout une présence apaisante d’un gars qui a l’air beaucoup trop gentil.

On va se garrocher sur This is How You Smile, ça semble être un maudit bel album!

Alaclair Ensemble

Alaclair Ensemble – Photo : Jacques Boivin

Alaclair Ensemble est débarqué dans la place, question de faire danser la grande famille bas-canadienne. Bon, je vais limiter mes propos vu que dès que je parle de rap, je me couvre de ridicule, alors on va s’en tenir à la base : les gars ont offert une prestation énergique (comme d’habitude), causant un joyeux bordel sur scène qu’on a du mal à suivre avec notre œil de photographe. Mais tsé, le show, il est pas pour nous, il est pour les minces de l’autre bord de la rampe, et ceux-là, ils bouncent joyeusement avec leurs préférés. Tous les gros morceaux sont passés, y compris le classique Ça que c’tait (c’tait ben ça, le titre, hein?), au plus grand plaisir d’une foule qui a beaucoup rajeuni par rapport à la veille.

La famille, les amis, le clan. Des rappeurs avec de belles valeurs. Du plaisir sans aucune prétention. C’est ça, Alaclair!

Zach Zoya

Zach Zoya – Photo : Jacques Boivin

Le rappeur abitibien Zach Zoya est venu nous présenter ses morceaux qui se rapprochent énormément de ce que les meilleurs rappeurs américains proposent. Mélange de trap et de Rn’B, ça ajoute pas mal d’âme au flow de Zoya. Plus doux qu’Alaclair dans le rythme, Zoya reste tout de même très intense et rappe en nous regardant droit dans les yeux, établissant super facilement le contact avec un public venu faire la fête et tout à fait disposé à danser sur les grosses tounes de Zoya.

Et c’est là que je me rends compte que j’ai beaucoup de retard à rattraper sur la scène rap québécoise (certains diraient que j’aurais dû m’en rendre compte en juillet, mais hey, je fais des efforts, promis).

Ben hâte d’entendre ses prochaines propositions, qui devraient sortir au compte-gouttes au cours des prochains mois.

Chromeo

Chromeo – Photo : Jacques Boivin

Avec Chromeo, pas de surprise, juste du gros funk dansant. Le duo montréalais sait comment faire pour faire bouger un parterre. On se sentait revenus tout droit dans les années 1980 avec des gros beats funky qui ne sont pas sans rappeler Daft Punk. Je me suis même laissé aller à faire quelques petits pas de danse, même si ce genre de musique n’est pas tout à fait ma tasse de thé.

Jeanne Added

Jeanne Added – Photo : Jacques Boivin

Oh, que j’aurais aimé voir plus de 15 minutes de la prestation de Jeanne Added! La jeune femme traîne autour d’elle une aura de mystère, bien rendue par des éclairages qui correspondaient parfaitement à la pop électro atmosphérique et à l’énergie de la Française. Quand je suis sorti, à mon grand regret, la foule était hypnotisée, envoûtée, et dansait sans penser à rien d’autre. Heureusement, mes camarades qui étaient présents au FME l’ont vue plus longtemps que moi, ils vont pouvoir vous parler de sa prestation au paradis de la mouche noire.

Conclusion

Quand j’ai quitté le site de Mile Ex End, j’ai comme ressenti une grande satisfaction. Généralement, quand je quitte un festival, je suis vidé, je n’ai plus d’énergie. Je suis mort physiquement et mentalement. Pas cette fois.

Depuis quelques années, les festivals rivalisent pour nous offrir une expérience de plus en plus riche et de plus en plus folle. Oui, ça prend des FME et des Le Festif, qui nous font courir toute une fin de semaine sans jamais avoir le temps de reprendre notre souffle.

Mais en même temps, une expérience linéaire et sans surprises comme ce qu’offre Mile Ex End est devenue une expérience originale! Savoir qu’on ne manquera rien en assistant à la prestation de son artiste préféré, ça fait du bien. Ne pas avoir à surveiller constamment son cellulaire, de peur de manquer un spectacle surprise, ça fait du bien aussi. Passer d’une scène à l’autre en moins d’une minute, c’est le pied. Sortir du site et entrer aussitôt dans le métro, vous savez pas à quel point c’est le fun.

Non, tous les festivals ne doivent pas être comme Mile Ex End. Mais à la rentrée scolaire, on vous avoue que ce moment de détente, d’où on sort plus reposé qu’en entant, c’est une bénédiction.

J’ai déjà hâte à l’an prochain, quand je vais regarder mes guerriers courir d’une place à l’autre à Rouyn, bien assis sur la pelouse devant la scène Mile End, en train de profiter d’un moment zen avec de beaux artistes d’ici et d’ailleurs.

Profiter pleinement de chacun des artistes qui vont passer dans ma face. C’est ça, Mile Ex End.

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