Un nouveau lieu de diffusion fait son apparition dans la basse-ville de Québec : Le Sous-sol du Knock-Out. On est allé rencontrer les deux copropriétaires du Knock-Out peu avant l’ouverture des portes du tout premier show afin d’en savoir plus sur le projet. On vous parle également du spectacle grindcore qui lançait officiellement cette nouvelle aventure, bien évidemment.
Nouvel espace, vieille idée
Dès l’ouverture du disquaire indépendant Le Knock-Out en 2012, l’envie d’y présenter spectacles et sessions d’écoute a toujours été présente. Situé au 832 Saint-Joseph Est pendant treize ans, l’idée d’y ajouter une salle de spectacle dans un local adjacent a toujours flotté dans l’esprit des deux copropriétaires Roxann Arcand et Jean-Philippe Tremblay. Si bien qu’aux alentours de 2018, le duo entreprend des démarches afin de créer une salle d’environ 200 places sous le commerce. Et puis, 2020, une pandémie mondiale arrive et les coûts explosent, le projet est abandonné. En octobre dernier, on apprenait que le disquaire se voyait contraint de déménager à l’autre bout de la rue Saint-Joseph, dans un local appartenant au complexe de création musicale Le Pantoum. Dès la première visite des lieux, Roxann et Jean-Philippe réalisent le potentiel du sous-sol, malgré que celui-ci servait de débarras et n’avait même pas de lumière. Pas question de précipiter les choses cependant, la priorité était l’ouverture du magasin de disques le 1er novembre, alors que Rox est en tournée avec son groupe Enfants Sauvages.

On voulait laisser passer le premier Record Store Day dans le nouvel emplacement avant de s’attaquer au sous-sol, c’est donc le 21 avril que le réaménagement commence, sachant très bien que le premier spectacle était déjà prévu pour le 2 juin. Le but était de créer une ambiance intime, comme si on entrait littéralement chez Roxann. Décors rétro, fauteuils pour pouvoir s’asseoir en regardant les spectacles, le tout sans alcool et sans bottes en hiver. En descendant pour la première fois au sous-sol tout le public du show d’ouverture était en extase. « J’ai l’impression d’être dans le sous-sol de ma tante » ou « On se croirait sur le plateau de That 70’s Show » sont parmi les commentaires qu’on a pu entendre. Ce n’est pas une salle de spectacles à proprement parler, c’est une extension du Knock-Out qui n’est pas là pour jouer dans les plate-bandes des autres diffuseurs, c’est la continuité de ce qui se faisait déjà à l’ancien local tout en séparant le magasin des spectacles. Fini d’être accoudé sur une pile de vinyles pour voir un show! Bien que littéralement dans le sous-sol du Knock-Out, il y a tout de même un clin d’œil clair et assumé au défunt Sous-sol du Cercle où Roxann a longtemps travaillé. Une quarantaine de personnes peuvent entrer tout en étant assez confortable, parfait pour des groupes un peu plus nichés comme ce premier spectacle grindcore. Comble de malheur par contre, en après-midi un tuyau éclate créant un beau dégât d’eau. Qu’à celà ne tienne, tout était prêt pour le début de la soirée à 19h.
Gorgerin

Cette soirée inaugurale était signée Les Brigadiers du Pit. On a déjà couvert quelques-uns de leurs événements par le passé, le duo composé d’Évelyne Croteau et Nate’s Mushtrash offre aux groupes loud une occasion de jouer à Québec entre deux concerts ailleurs. Cette fois-ci, on parle des groupes grind Red 40 de Calgary et Fake Dust de Portland. Pour lancer les hostilités c’est la formation gore-grind de Limoilou Gorgerin qui nous présente son tout nouvel alignement. La fébrilité était à son comble alors que Eyes Of The Tiger retentissait dans les hauts-parleurs juste avant que le groupe commence à jouer. Une des particularités de Gorgerin est l’utilisation de deux micros par le chanteur, offrant des rendus différents selon l’effet désiré. Chose certaine, ça brasse sur un chaud temps dans ce sous-sol! Le nouveau lineup est fort efficace. Le gore-grind n’est vraiment pas un style pour tout le monde mais entre initié.es c’était une excellente façon de débuter la soirée.
Red 40

Le deuxième groupe Red 40 s’éloigne un peu de ce qu’on peut s’attendre habituellement dans un show grindcore. Une voix particulièrement aiguës versus ce qu’on a pu entendre chez les deux autres formations de l’affiche, même qu’on n’est pas nécessairement loin du screamo par moment. Une voix qui surprend vraiment d’entrée de jeu mais ça fonctionne tellement bien avec la musique rapide du groupe albertain. La formation se décrit comme faisant du fastcore, un peu le style qui a précédé le grindcore historiquement mais mes connaissances s’arrêtent pas mal là. Dans tous les cas, c’est une méchante belle découverte pour ma part, j’aime les groupes qui détonnent et ici c’est vraiment bien fait.
Fake Dust

Et pour finir, Fake Dust, de Portland en Oregon. Une autre découverte pour moi, il faut dire que le grindcore n’est pas un style que je connais tant que ça en fait, mais j’ai vraiment aimé ce qui était offert ici. C’est rapide, c’est violent, c’est puissant, tout ce qu’il faut pour passer un bon moment. C’est particulièrement dur à expliquer à des personnes qui n’écoutent pas de métal mais c’est vraiment de la musique qui fait du bien viscéralement. Avec une foule si rapprochée comme c’était le cas dans cet extension du Knock-Out, ça a définitivement créé une solide ambiance. Bref, une première soirée plus que réussie pour cette ouverture, on a déjà hâte de retourner au Sous-sol du Knock-Out!
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