Angine de Poitrine – Photo : Jacques Boivin

Le dada pythago-cubiste microtonal d’Angine de Poitrine enflamme le Pantoum

23 avril 2026

Jacques Boivin

Jacques Boivin

Ben oui, nous aussi on a été atteints de la folie triangulaire à pois du duo d’extra-terrestres Angine de Poitrine. Pour les huit personnes qui le savent pas encore, Angine de Poitrine, c’est les frères Klek (batterie) et Khn (guitare, basse, pédales en tous genres) de Poitrine, deux sympathiques bibittes venues de très loin dans l’espace qui se sont installées au Saguenay pour conquérir le monde, une toune à la fois. Si on a eu la chance de les voir pour la première fois il y a un peu moins de deux ans lors d’un festival à Maah-Schutchz, et si on a pu constater par nous-mêmes l’engouement grandissant pour les Frères de Poitrine à la grandeur du Québec au cours de ces deux années, leur popularité a soudainement explosé depuis la parution d’une petite session enregistrée en France pour le compte de la célèbre radio américaine KEXP. Les billets s’envolent en quelques secondes, que ce soit à Montréal, Toronto, Los Angeles ou Londres. On doit réimprimer des albums à la vitesse de la lumière et on ne répond pas à la demande.

Mais bon, c’est ben beau, les succès planétaires, nous autres, on couvre la scène locale, émergente et indépendante. Et si on peut dire qu’Angine de Poitrine a définitivement « émergé », le reste s’applique encore. Et avouons-le franchement, les personnes qui avaient acheté leurs billets pour l’un des trois shows qui avaient lieu au Pantoum les 9, 11 et 12 avril derniers étaient pour la plupart des membres de la Secte depuis un bon bout déjà. Comme nous. Parce que bien sûr qu’on y était. Deux fois plutôt qu’une. Et on vous raconte ça ici :

Fidèle à mes habitudes, je suis arrivé un peu avant l’ouverture des portes de notre deuxième salon pour la représentation du jeudi. Dehors, deux dudes (le premier, masqué, « jouait » de la batterie, l’autre, le visage caché par sa barbe et ses grosses lunettes de soleil, « jouait » de la guitare) font les pitres en faisant quelques tounes pour le plus grand plaisir des fans déjà nombreux dans la file d’attente. Disons que cette folie donnait déjà le ton à cette soirée qui allait être pour le moins déjantée.

Lorsque les portes se sont ouvertes, la file à l’entrée s’est presque toute déplacée, en une ligne presque parfaite, vers la table de produits dérivés qui était bien garnie. Je retourne faire un tour dehors, y’a une jeune femme qui manifeste avec un panneau sur lequel il est écrit « Angine de Poitrine is not a public domain! » Je lui demande ce qu’elle veut dire par là. Barbara me répond qu’elle est un peu découragée de voir tout le monde et son voisin essayer de faire une piastre avec l’image de nos extra-terrestres préférés. On est d’accord, on est là pour le rock, si vous voulez des bébelles, allez à la table de merch officielle!

Dexit

C’est à Dexit qu’on a confié la tâche de réchauffer la foule avec son rock instrumental qu’il qualifie de mélange entre le post-punk et le trip-hop. Tout au long de la prestation énergique du trio (Sébastien Delorme à la guitare, Daniel Hains-Côté à la batterie et Claudia Gagné à la basse), je me disais qu’il aurait été difficile de trouver une meilleure première partie pour Angine de Poitrine, et pour cause : on y trouve le même côté déjanté, mais savemment calculé du côté des compositions. On a pu entendre quelques morceaux du EP « Supreme DEXT » sorti l’année dernière, du maudit bon stock, mais pour ajouter un petit côté ludique à l’ensemble, le trio avait préparé un petit pot particulièrement (pas) pourri d’extraits musicaux de… Super Mario 64. Oui, oui, le jeu de Nintendo en version guitare-basse-drum. Et c’était divin. Une maudite belle façon de réchauffer une foule en lui offrant une proposition tout à fait originale!

Angine de Poitrine

Moment surréel, s’il en est un, c’est un accueil triomphal qui attend les Frères de Poitrine quand ils entrent dans la petite salle de la rue Saint-Vallier, devenue un sauna pour l’occasion. Bien installés devant leur toile à pois qu’on a vue tant de fois (mais qui sont accompagnés de triangles lumineux qui ajouteront énormément à l’ambiance pythagoresque de la soirée), Klek et Khn s’étirent, s’élancent et se lancent dans cette prestation qui n’aura presque pas de temps morts (ceux-ci seront bien comblés par une foule en délire trop contente d’avoir la chance de montrer son appréciation en faisant le symbole du triangle bien haut).

Ça commence fort, avec du stock de « Vol. II » (Yor Zarad et Angor), qui est accueilli de façon plus que positive même si on n’a eu qu’une petite semaine pour digérer le tout. Par contre, la folie s’est emparée du parterre dès les premières notes de Tamebz, mieux connue au sein de l’équipe d’ecoutedonc sous le nom de « Danse des genoux » en raison de cette danse qu’on fait toustes à la deuxième moitié de la pièce dans un moment de folie qui fait donc du bien. La folie ne s’est pas calmée par la suite, et pour cause, le pogo-contact s’est fait aller joyeusement pendant Mata Zyklek, qui permet aux Frères de Poitrine de nous montrer comment on fait ça, du psych-rock, sur leur joyeuse planète.

Il fait chaud, on sue, on est déjà essoufflé, tellement qu’on est heureux de respirer quelques instants pendant Ababa Hotel et la première partie de Sarniez (avant que celle-ci ne reparte à 200 à l’heure, provoquant dans le public un nouveau besoin de se rentrer joyeusement dedans).

Le troisième tiers du show était tout simplement de la bombe : Utzp, cette polka (dot) klezmer qui s’enflamme lentement, mais sûrement avec son solo endiablé à la fin, Fabienk, cette pièce funky qui en a incité au moins un à faire du body surfing très serré entre la crowd et la boule disco du Pantoum et, bien sûr, Sherpa, le morceau qui a tout parti et qui a diablement évolué au fil du temps.

Un maudit beau moment.

Angine pour toutes les oreilles

Ben oui, j’ai remis ça le dimanche après-midi, dans le cadre des Concerts pour toutes les oreilles, une formule que j’apprécie de plus en plus même si je n’ai pas d’enfants (sérieux, c’est pour tout le monde). Un show (à peine) moins long, un peu moins fort (quoique pour cette occasion en particulier, les coquilles étaient plus que bienvenues), mais pas du tout moins le fun.

En avant, il y avait des dizaines d’enfants, plusieurs costumés, qui trippaient leurs vies. Et ça, sérieux, ça devrait arriver plus souvent. Les tout-petits, ça aime ou ça aime pas. C’est pas groupie pour deux cennes, ça lève pas son cellulaire pendant la moitié du show, ça se contente d’écouter et de danser joyeusement au rythme de la musique. Fallait voir les yeux brillants derrière la bouche de Klek pour comprendre que ce moment a vraiment touché les Frères de poitrine, qui ont eu encore plus de plaisir à jouer que d’habitude et qui multipliaient les interactions avec celles et ceux qui comprenaient enfin leur langue!

Un peu plus, pis on vous dirait qu’Angine, c’est un groupe de musique pour enfants. Mais en fait, non. Angine, c’est un groupe de musique pour tout le monde qui veut juste avoir du fun. Un duo qui a compris qu’en offrant quelque chose de juste un peu différent, il pouvait dessiner des liens solides (des triangles) d’un pois à l’autre (c’est nous autres, ça). Des extra-terrestres qui ont tissé avec nous le contact le plus humain qui soit.

D’ailleurs, en ce dimanche après-midi, il faisait bon de voir des êtres humains profiter, ensemble et dans la bienveillance, de cet événement. Les tout-petits ont eu tout l’espace nécessaire pour s’amuser. Les grandes personnes, elles, profitaient pleinement de l’événement, pleinement conscientes de vivre quelque chose d’assez unique.

Vous savez pas à quel point je me sens privilégié d’avoir vu Angine de Poitrine deux fois au Pantoum, devant deux poignées de personnes. Ça n’arrivera plus avant un bout. Maintenant, va falloir partager le Tohogd cérémonial avec la planète entière. Tout ce succès ne pouvait pas arriver à de meilleurs extra-terrestres!

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