Pour un band provenant d’une ville à douze heures de route d’ici, c’était quand même la septième fois que je voyais Guhn Twei en spectacle depuis 2024. Preuve de mon amour pour le groupe, mais aussi du travail acharné de celui-ci qui ne cesse de jouer aux quatre coins de la province. La formation abitibienne était de passage à La Source de la Martinière le samedi 11 avril dernier pour lancer officiellement son dernier album « Une ville, une mine, un cancer ». Fuck Toute, qui n’avait pas joué à Québec depuis quelques années, ainsi que Lethal,qui jouait son premier spectacle, complétaient l’affiche de cette soirée bien puissante.
Lethal

C’est donc le tout nouveau groupe Lethal qui lançait les hostilités. Formé de Francis Coté (voix), Xavier Ouellet (guitare), Christophe Roy (basse) et Léandre Dufour (batterie), le band se décrit comme du « mosh metal ». Le tone de basse était particulièrement délectable, au début je croyais même que c’était des grognements du chanteur avant de me rendre compte qu’il ne chantait pas encore. Pour une première prestation, le groupe a démontré énormément d’énergie et de cohésion, on sent que le quatuor a travaillé fort avant de faire ce premier spectacle. Jusqu’à maintenant Lethal a dévoilé deux singles, dont le plus récent Hunt the Hunter qui profite d’un feat de nul autre que P’tit Belliveau. Un band qui sera définitivement à suivre dans la scène loud de Québec dans les prochains mois.
Fuck Toute

Sauf erreur, c’est le premier spectacle de Fuck Toute à Québec depuis 2022. Malgré ces quelques années sans visite, l’accueil du public était pour le moins… particulier. Les deux ou trois premières chansons ont été jouées devant un public sans la moindre émotion ou réaction, comme si personne n’était là pour voir le quatuor. Et ce n’est pas faute d’avoir essayé, le chanteur François Gagnon était particulièrement animé, sautant d’un bord à l’autre de la scène. Il faut croire que le monde avait des cigarettes à fumer ou je ne sais pas trop mais bon, après cette introduction à l’atmosphère malaisante, l’ambiance a fini par s’améliorer par la suite. N’empêche que le pit était majoritairement peuplé par deux personnes au taux d’alcoolémie élevé particulièrement dérangeantes qui ne donnaient pas trop envie aux autres de se rapprocher de la scène. C’était une bien drôle de vibe, mais au moins le groupe sur scène était plus qu’excellent, j’espère que ça ne prendra pas quatre autres années avant de revoir à Québec ce band avec un des meilleurs noms.
Guhn Twei

J’ai eu la chance de voir Guhn Twei deux jours auparavant à leur lancement montréalais. Voir est un bien grand mot quand même vu que l’Esco débordait de monde, chose certaine, il faisait vraiment chaud et c’était survolté comme soirée. J’avoue qu’après avoir vu la foule à Fuck Toute j’avais un peu peur que ce spectacle à Limoilou me déçoive. Avant les premières notes on a droit à une longue trame sonore regroupant des actualités sur la situation de la Fonderie Horne à Rouyn-Noranda. Malgré tout, le public était particulièrement à l’écoute de cette introduction à l’exception de quelques « Fuck Glencore! » bien sentis. Et c’est là que le chaos s’est immiscé dans le bar-spectacle. Une double dose de riffs puissants, des blast beats infernaux et des cris à faire trembler les morts. C’est impossible de rester de glace face à la musique du quatuor regroupant Jeanne Perrin (guitare et voix), Simon Turcotte (voix et basse), David Alisich-Bérubé (guitare) et Étienne Pelchat (batterie).
Pour les récipiendaires de deux Lucien pour album métal de l’année, la proposition est claire : s’époumoner pour dénoncer l’empoisonnement de la population par une multinationale assistée du gouvernement. Ça n’empêche pas les sonorités d’évoluer d’opus en opus. On s’en rend bien compte avec ce spectacle qui offre des chansons des trois albums du groupe. Mention spéciale à Jeanne, la seule présence féminine sur la scène de cette soirée, qui a un rôle beaucoup plus important au niveau des voix sur « Une ville, une mine, un cancer ». Ça ajoute énormément de caractère et de profondeur aux chansons effrénées de Guhn Twei. Finalement, aucune déception, c’était une fois de plus un énorme plaisir de voir la formation en spectacle, ça fait tellement du bien de crier toute notre rage en gang. Pour les fans de roadtrip, il reste une date de lancement pour Guhn Twei. Ça se passe à Rouyn-Noranda le 15 mai en compagnie de Dogo Suicide et Saints Martyrs.
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