Festival OFF 2022 jour 3 : détours musicaux et grand karaoké

LesserEvil – Photo: Llamaryon

Le 8 juillet était une journée bien remplie dans la programmation du Festival OFF de Québec. Malgré tout, il était possible pour les festivaliers qui le souhaitaient d’aller voir tous les spectacles sans manquer une seule chanson, ce que plusieurs ont fait. Vous comprendrez qu’on a été de la partie, nous aussi!

Au Parvis

Le soleil, le beau temps et la bonne humeur étaient encore une fois au rendez-vous sur le parvis de l’Église Saint-Jean-Baptiste pour débuter cette troisième journée du Festival OFF. C’est une ambiance hip-hop, R&B et soul qui nous était proposée pour cette soirée qui s’annonçait haute en couleur.

Joseph Sarenhes

Joseph Serenhes – Photo: Llamaryon

Joseph Sarenhes est entré sur scène avec beaucoup d’énergie et de rythme pour nous présenter ces derniers projets musicaux. Le titre She Dances Anyways a rapidement transformé le parvis en piste de dance. Son DJ Fab a également contribué au spectacle avec l’interprétation d’une de ses propres compositions. Joseph Sarenhes, c’est une magnifique découverte à mettre dans votre prochaine liste de lecture.

Sensei H

Sensei H – Photo: Llamaryon

Pour le deuxième spectacle, Sensei H est venu nous montrer son rap engagé avec une grande vitalité. Sensei H maitrise complètement ses mots et délivre le tout avec un contrôle hors pair. Le public s’est mérité un excellent freestyle qui a fait arrêter beaucoup de passants sur la rue Saint-Jean. Sensei H nous rappelle le flow et l’assurance inébranlable de Keny Arkana. Nous avons des pépites d’or comme ça dans la ville de Québec. À découvrir.

Eliov

Eliov – Photo: Llamaryon

Malheureusement le groupe Fesse Toute à dû annuler sa présence à la dernière minute. C’est donc Eliov qui est venu à la rescousse. Nous avons transféré du hip-hop à un rock jazz alternatif. Eliov nous a transportés dans leur bel univers symphonique où plusieurs styles se rencontrent. Leur premier EP homonyme nous amène à découvrir plusieurs sonorités et ce, tout en douceur.

Rau Ze

Rau Ze – Photo: Llamaryon

Rau Ze est venu terminer la soirée sur la scène du Parvis en beauté. C’est avec une session instrumentale rythmée que le groupe a débuté le spectacle. Rau Ze s’est ensuite joint au groupe et a rapidement mis le feu à la scène. Le son R&B et soul du groupe est ficelé de manière à ce qu’on reste absorbés du début à la fin. Le saxophone ténor était tout à fait splendide et ajoutait à l’ambiance extrêmement rythmée du groupe. En plus de ses propres compositions, Rau Ze a également interprété Si tu savais de Marie-Pierre Arthur pour nous partager un moment haut en émotion. La beauté d’un festival comme le OFF, c’est de pouvoir sortir des sentiers battus et d’explorer l’univers des possibles avec des moments comme celui-ci.

Guillaume Lachapelle

À la Charpente

Il y avait quelques nouveaux visages, mais surtout plusieurs visages connus dans la foule de la scène 25e anniversaire de CHYZ hier soir. On remarque d’ailleurs à chaque OFF à quel point les artistes en tous domaines sont nombreux dans les rangs du public, présent.es soit pour écouter la relève, soit pour rencontrer des artistes qui les ont inspiré.es.

Myriam Gendron

Myriam Gendron – Photo: Llamaryon

Justement, une douce atmosphère d’anticipation émanait des spectateurs juste avant l’apparition de Myriam Gendron, une artiste folk dont la poésie et la sensibilité lui ont valu d’être reconnue internationalement pour sa musique. Composant à partir de musiques folkloriques ou encore d’œuvres littéraires, celle-ci semble ne rien laisser au hasard : lors de sa prestation, chaque note, chaque syllabe était toute remplie de son intention, de sa présence. Seule avec sa guitare acoustique, se tâtant même à la podorythmie pour une version touchante de Waly Waly, Myriam Gendron a tenu le pari qu’elle s’était donné, soit de nous faire passer un beau moment – qui s’est avéré être une escale de vulnérabilité et de douceur – dans ce monde de fous. Et on a pu l’apprécier d’autant plus que le public s’est tenu muet tout au long, à l’exception de petits échanges bienveillants avec l’artiste. C’est ça, la beauté du OFF! 

Lesser Evil

LesserEvil – Photo: Llamaryon

L’ambiance musicale a changé drastiquement avec l’arrivée sur scène de Lesser Evil. Ce projet musical explore la rencontre entre les univers musicaux de Christophe (en chemise style vaporwave et affublé de synthétiseurs, vous l’avez déjà vu dans Organ Mood) et Ariane (en robe style gothique et dotée d’une voix agile autant dans les graves que les aiguës, parfaite pour le melodic metal). Accompagné.e.s sur scène par un batteur et un guitariste talentueux, le duo nous a immédiatement entraîné.e.s dans un abysse dark wave aux basses enveloppantes. La performance a ensuite évolué lentement dans un crescendo d’intensité, prenant toujours des reflets nouveaux en louvoyant du côté de l’ambient, du jazz, du métal, de la pop et même de la techno. Le public, qui était assis en silence tout juste avant, se laissait maintenant transporter en se balançant dans tous ces univers ficelés avec brio par un sens de la composition atypique, mais maîtrisé.

Marie-Ève Fortier

Au Muotnap

C’était reparti pour le Muotnap et sa chaleur de sauna pour l’événement de l’année : le Grand Karaoké, soit le seul événement où il est permis de chanter aussi fort que les artistes sur scène.  

Grand Karaoké

Grand Karaoké – Photo: Llamaryon

C’est notre grande dame de la radio Émilie Rioux, aka la Véronique Cloutier des pauvres, qui animait la soirée de cette deuxième édition avec brio et entregent. Commençant en musique par un senti Minuit de Caravane, Émilie nous a ensuite rappelé la qualité impressionnante de notre musique locale et à quel point il est primordial de la célébrer sans bon sens. Le houseband sur scène était composé de Claudia Gagné (basse), Alexis Goulet-Bouchard (guitare), Jean-Étienne Collin Marcoux alias Ryan (batterie, percussions, perruque) et de Raphaël Laliberté-Desgagné (guitare). Autant dire composé de musiciens locaux de génie. 

Le premier invité était nul autre que Guillaume Sirois, ancien directeur général du Festival OFF pour nous chanter une toune du Saint-Jean Baptiste Country Club, que nous pouvions allègrement suivre sur deux écrans pour hurler en semi-cohésion les paroles. Ann-Lydia Plourde est montée ensuite pour nous électriser avec Chaise Musicale de Jérôme 50, l’humidité de la salle augmentant d’une shot dans l’énarvement joyeux qui régnait. 

Dans la salle autant que sur scène, les artistes étaient au rendez-vous, plus crinqués que jamais. J’avais pour ma part sorti mon plus beau boobtape et ma plus swell chemise léopard, prête pour les multiples surprises que nous réservait notre pétillante animatrice. Et mon doux ! Des surprises au pied carré il y en avait ! La première d’une longue suite était une chanson orpheline à adopter et c’est la téméraire Laurence Gauthier-Brown qui s’est lancée pour interpréter Belvédère de Ponctuation.

Grand Karaoké – Photo: Llamaryon

S’ensuivit un défilé de prestations les plus capotées les unes que les autres: un moment sensuel à souhait avec Vincent Dufour et Ariane Roy en duo pour Câline de Simon Kearney, un moment douceur avec Gaytorade aka Jorie Pedneault en sublime drag king pour la chanson Jupes aquarium de Valence, moment punk à mort avec Gabrielle Noël Bégin et l’impressionnante Rox Arcand pour Chien de garde des Saints Martyrs, moment bling bling et synthé avec Pascal Larose et Isabelle Cormier pour la Toune à 100$ de Simon Paradis, moment je braille ma vie pendant que Odile Marmet-Rochefort dans sa plus belle robe léopard chante Oeil soleil de Gab Paquet, moment d’un tragi-comique délectable pour Gab Paquet en camisole blanche, ceinture diamant et lunettes fumées pour la chanson Caméléon de fantaisie de Éonz, moment personne n’a besoin de regarder les paroles pour chanter en chœur avec le grand Guillaume Tondreau pour la chanson Secret d’Hubert Lenoir, moment rock avec le talentueux Cédric Martel pour Coat de cuir de Les Goules et finalement, cerise sur le sunday, moment festif émotionnel avec un hommage d’amour de Mike Morris pour Narcisse, son oeuvre tout autant que sa personne, chantant Marjorie en dansant au milieu des spectateurs.

Grand Karaoké – Photo: Llamaryon

Émile Rioux nous a ensuite remerciés de notre présence, mais c’est surtout nous les chanceux spectateurs qui devrions la remercier elle et le Festival OFF pour cet événement particulier et mémorable à l’image de l’entièreté de sa programmation. 

Mona Déry-Jacquemin

Comment le OFF pourra-t-il parvenir à se surpasser aujourd’hui après tant de talent et de plaisir? Eh bien, en continuant d’offrir découvertes et expériences inusitées, comme ce sera le cas ce soir avec les artistes à l’horaire ainsi que la séance de late night yoga qui sera animée aux rythmes improvisé de l’EMIQ. On s’y voit!

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