Festival OFF 2022 jour 1 : retrouvailles

Alexandra Lost. Photo : Nicolas Padovani

Le coup d’envoi du Festival OFF de Québec a été donné hier soir sous le signe des retrouvailles. Sur scène, comme parmi le public, on pouvait reconnaître plusieurs visages ; ils étaient tous souriants et visiblement enthousiastes de vivre cette 19e édition dans une atmosphère de retour à la normale, mais aussi de nouveauté. 

En effet, on découvrait aussi hier soir les deux nouveaux lieux investis par le festival, soit la Charpente des Fauves et le Muotnap. 

Charpente des Fauves: Alexandra Lost et Ouri 

C’est un décor enchanteur qui nous attendait dans la salle de la Charpente des Fauves, cet incubateur de création qui habite l’ancienne Maison jaune sur la rue Christophe Colomb Est. Si, d’un côté, l’éclairage réalisé sous la direction de Carol Ann Charette avait de quoi impressionner, le tout était aussi bien complété par les décors maritimes réalisés par Pier Ann St-Jean et Emmanuelle Charron, créés tout spécialement pour le lancement de « Boats » par Alexandra Lost. Paru en novembre 2021, le disque de yacht rock du groupe n’avait pas eu beaucoup d’occasions de prendre vie sur scène. Cette fois, il allait le faire en grand.

Alexandra Lost. Photo : Nicolas Padovani

Tel un chant de sirène, la voix folk de Jane Ehrhardt nous a attiré.e.s en douceur dans l’univers marin qu’elle partage aux côtés de Simon Paradis avec la pièce Dream Angus. Les deux musiciens étaient accompagnés par leurs ami.e.s Luke Dawson (contrebasse, basse), Isabeau Valois (choeurs, claviers, percussions, mandoline) et Jean-Etienne Collin Marcoux (batterie). La foule, elle, respirait la bienveillance et l’écoute attentive. Inutile de vous dire que toutes les conditions étaient présentes pour qu’on prenne le bateau Alexandra Lost! 

Dans une aventure nautique de plus en plus groovy, le groupe a abordé différentes îles stylistiques de manière fluide : on flirtait autant avec le prog qu’avec la new wave au fil des pièces qui dessinaient un univers de sonorités luxuriant où brillait toujours, quelque part au loin, le soleil. Du côté des spectateurs, le plaisir était au rendez-vous et on avait vraiment l’impression de faire partie de l’équipage, voguant entre jam et chanson. Lors d’un segment plus intimiste du spectacle pendant lequel Jane nous a parlé de la genèse de l’album, on nous a distribué à chacun des petits bateaux de papier à faire voguer sur Pays perdu. Le tout s’est fini par un voyage plus psychédélique sur Boats

Ouri. Photo : Nicolas Padovani

Ouri a ensuite pris le relais avec sa musique multi-dimensionnelle et onirique. Seule sur scène, elle s’accompagnait tantôt de séquences, tantôt d’un violoncelle bonifié d’effets et de loops. Avec des rythmes et des mélodies qui tendaient parfois vers le RnB, l’artiste étonnait pourtant souvent en prenant des virages ambient, presque New Age, pour revenir à des sonorités plus expérimentales. Combinés à sa voix claire et maîtrisée, le résultat avait quelque chose d’apaisant et d’expressif malgré ses repères fluides.

Marie-Ève Fortier

Le Muotnap : SUUNS

Suuns. Photo : Nicolas Padovani

Le fameux lieu secret du Festival OFF a enfin été dévoilé, quelques heures avant le début de la soirée. Miroir du Pantoum, le Muotnap se situe au premier étage de la même bâtisse, et on y accède via le stationnement. À notre arrivée, beaucoup de spectateurs attendaient déjà impatiemment l’arrivée de SUUNS, un groupe mythique qui œuvre dans la scène alternative québécoise depuis plusieurs années. D’ailleurs, le chanteur Ben Shemie nous rappelait pendant le spectacle que leur dernière apparition au Pantoum remontait à dix ans, déjà! 

Si SUUNS s’est fait connaître pour son dark art rock oppressant et expérimental, leurs derniers albums explorent aussi l’univers foisonnant de l’électro, les effets du vocodeur ainsi que des territoires plus ambient. En spectacle, ces nouvelles cordes à leur arc étaient loin de réduire le niveau d’intensité de la performance : au contraire, on semblait ajouter des couleurs à la trame de fond toujours fortement chargée émotivement du groupe. Le résultat, qui a pigé dans l’ensemble des albums, a su plaire aux fans invétérés tout comme aux néophytes, à qui on avait promis un dépaysement total, et qui n’ont pas été déçus. Malgré la chaleur qui montait, elle aussi, en intensité de chanson en chanson, le groupe nous a livré un rappel efficace au son de l’exquise et décadente Pie-IX. 

Marie-Ève Fortier

Une première soirée qui s’est terminé en beauté pour le Festival OFF de Québec, et ça continue pour un autre trois jours d’intensité et de découvertes!

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