Quelques Choses Sauvages au MCQ

Choses Sauvages – Photo : Jacques Boivin

À notre entrée au Musée de la Civilisation de Québec, deux files nous attendaient, une pour les billets de 2020 et une deuxième pour les billets de 2022. Initialement prévue dans la magnifique salle de la Chapelle du musée qui est malheureusement en rénovation pour le moment, une scène avait été aménagée en coin dans le hall du musée pour enfin lancer « Choses Sauvages II », le deuxième album complet de Choses Sauvages paru à l’automne dernier.

L’ouverture des portes s’était faite un peu en retard, comme tout le reste en fait. La raison? L’un des membres des Choses avait dû être remplacé le jour même pour cause d’un virus un peu trop populaire appelé COVID-19. Par chance, le spectacle comptait une première partie, Totalement Sublime, incluant le talentueux et multi-instrumentiste Élie Raymond (Foreign Diplomats).

Totalement Sublime

Totalement Sublime – Photo : Jacques Boivin

En septembre 2020, l’alliance entre Marc-Antoine Barbier, membre de Choses Sauvages, et d’Élie Raymond avait proposé un album aux portées expérimentales. Créé autour d’une drum machine vintage, une vieille boîte à rythmes Korg Super Drums DDM-11, les deux musiciens avaient saisi mon attention. J’étais bien animée à l’idée d’enfin voir le rendu sur scène de ce projet, tout particulièrement puisque le travail a été majoritairement réalisé en exploitant la polyvalence des deux hommes. Dès la première pièce, OMG (Oiseau), le duo bonifié d’un troisième musicien a su me convaincre. Sous les masques, difficile de déceler si les lèvres bougeaient en une confirmation que le public rassemblé connaissait les pièces. Dans tous les cas, l’avant-scène où je me trouvais approuvait par le langage des corps l’offre qui leur était livrée aux oreilles.

Mes antennes critiques se sont rapidement rétractées pour simplement apprécier le spectacle. La formule fonctionnait! La perfection absolue étant utopique, les points négatifs y étaient toutefois plus que mineurs, tout particulièrement lorsqu’on considère le niveau de coordination que témoignent ces musiciens. La foule était prête, les corps réchauffés. Pour leur deuxième spectacle depuis la naissance du projet, Totalement Sublime a assuré son rôle de première partie avec adresse.

Choses Sauvages

Choses Sauvages – Photo : Jacques Boivin

Une généreuse pause avait suivi Totalement Sublime et c’est avec excitation que le public a accueilli les six musiciens. Si le groupe a attaqué en nouveauté, le programme de ce lancement était un heureux amalgame de leurs deux albums bonifié d’Apophis. Une sélection dansante à souhait pour un de nos premiers spectacles debout dans une salle à pleine capacité. « Choses Sauvages II » est dans son essence même un album festif et il était indispensable de pouvoir célébrer cet album devant une salle libre de bouger et de sauter en tous sens.

Ce n’était pas mon premier spectacle de Choses Sauvages, mais définitivement mon premier aussi près des musiciens. J’ai été frappée par l’abondance et le plaisir émanant devant moi. Je ne parle pas ici du dos blanc de Félix Bélisle qui m’a littéralement tombé dessus pour amorcer son bodysurfing, mais bien du pouvoir scénique qui se dégage du sextuor. Il existe une cohésion et une fluidité entre ces hommes leur permettant de naviguer dans le plaisir en toute situation. À un moment, Barbier a cassé une de ses cordes. Dans l’interlude imposé, sans hésitation s’est manifestée une improvisation vocale de Félix sur fond de bossa-nova. Indéniablement, la formation a le sens du spectacle. Que ce soit en faisant collaborer la foule en mimant ses mouvements ou en la faisant crier et chanter, Félix et ses acolytes ont su créer une connexion riche rendant cette soirée unique pour ses spectateurs. C’est là, le succès de l’art vivant et il ne manquait pas là de vitalité.

Musicalement, le talent ne faisait pas défaut. La présence du membre d’un soir Élie Raymond était à peine percevable, la qualité de son jeu de cordes tout comme son dynamisme étaient transcendants. Félix a d’ailleurs introduit le remplaçant en nous disant sur un ton rieur : « Il a tout appris ça dans le char en montant, on va voir ce que ça donne ». Blague ou réalité? Difficile ici de perçoir le sarcasme.

Cette soirée était définitivement électrique, la foule composée en grande partie de Gen Z était déchaînée et le bonheur et la joie étaient palpables. L’attente aura été longue, certes, mais elle en aura valu plus que la peine. Ce report tombait à point avec les assouplissements, nous permettant d’apprécier pleinement chaque moment. Définitivement, Choses Sauvages et Totalement Sublime auront relancé l’art de la scène tel qu’on le connaît et pour cela, on les remercie.

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