Electric Neon Clouds + Kinkead : de fraternité et de groove

Electric Neon Clouds – Photo : Frédéric Carrier

La sensualité est faite de chemises de soie

Electric Neon Clouds et Kinkead étaient en spectacle à la Chapelle pour célébrer cette nouvelle année 2022 et le retour tant attendu des spectacles en présentiel !

Premier spectacle post Noël apocalyptique pour La Chapelle. Le lieu, situé sur la rue Plante, était féérique sous la neige avec son joli clocher, patrimoine joliment intégré à cette salle de spectacle. Entouré d’une patinoire, d’un parc et de jolies maisons de banlieue, le bâtiment a un je ne sais quoi de rétro exquis. Un écho aux anciennes salles de cinéma dans sa configuration, qui permet une belle visibilité pour les artistes.  

Electric Neon Clouds

C’est Electric Neon Clouds qui lançait le bal avec plusieurs chansons en anglais de leur prochain album. On retrouvait sur scène Jeremy Cornellier le chanteur, Tommy Cornellier à la batterie et Jean-Christophe Maisonneuve-Audet (Fovelle) aux claviers, à la guitare et à la basse.

Jeremy avait revêtu pour l’occasion une légère chemise de soie nacrée et un pantalon rose, assortis de perles à son cou et aux oreilles. Le côté androgyne et la douceur de Two-Birds donnait le ton et annonçait l’ambiance aérienne des pièces présentés ce soir-là. 

Passant de rythmes plus endiablés à des plus lents, le public se dandinait sur leur chaise malgré l’obligation d’être assis. Une touche d’Art-pop et de synthétique amenait aux sonorités des textures intéressantes et un certain rock se glissait le temps d’une chanson comme Turn Blue. Une occasion en or pour le chanteur d’offrir une prestation tout en mouvement et en ressenti. Une pointe de la musique des années 80 influençait aussi la musicalité avec un rythme très lumineux qui caractérise toutes les pièces, même les plus mélancoliques. Electric Neon Clouds avait une présence énergique et nacrée comme les perles du chanteur en occupant la scène avec aplomb par la danse.

Qui dit Chapelle dit gospel et c’est d’ailleurs sur ce délicieux mélange avec leur pop éthérée que le groupe Electric Neon Clouds a fini par nous éblouir avec la magnifique chanson I’ve Waited

Kinkead 

Ouverture tamisée sur les jumeaux et leurs outfits fabuleux avec l’incroyable chanson éponyme de l’album « Migration ». Pour cette deuxième partie, j’avais grande peine de ne pas danser sur mes deux pieds. Henri Kinkead et Simon Kinkead aux chants, Nathan Vanheuverzwijn au clavier, Gabriel Lapointe à la batterie et l’incroyable Marie-Claire Linteau comme choriste, à la percussion et à la flûte traversière, avaient définitivement du funk au corps à nous partager, et ce sans limites. 

La musique solaire et les paroles tragico-comiques coquines en français étaient si accrocheuses que le public embarquait de lui-même en tapant des mains. Il y a tout un jeu d’écriture naïf et amoureux sur des rythmes funk, disco et où la basse résonne avec satisfaction. Dans Kinkead, il y a beaucoup de sensualité, de rondeur et de velours. Une belle dose de vulnérabilité aussi, avec des chansons comme Savane, où la voix claire et la poésie des paroles est renversante.

C’est un bel équilibre sur scène et une continuité intelligente avec la première partie. L’âme du fabuleux s’incarnait en la personne de Marie-Claire Linteau, poussant sa note pour le ravissement général et jouant de la flûte traversière pour une nouvelle chanson aux sonorités caliente du Brésil Renthouse.  Rafraîchissants et revitalisants, les musiciens avaient une complicité palpable qui donnaient définitivement le sourire.

Kinkead nous avait gardé la sulfureuse Atomic Suzie pour sa finale et une chanson de rappel juste pour le plaisir: Entre Matane et Baton Rouge d’Isabelle Boulay.

C’est donc sous le signe du talent et des chemises de soie que les musiciens nous ont remerciés d’être présents et que nous les remercions de commencer en force et en paillettes.  

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