Ariane Roy – Medium Plaisir ou plaisir rare ?

La bonne augure d’Ariane Roy, comme une divination de tarot.

Ariane Roy
Médium Plaisir
(La Maison fauve)

Celle qui fait que le ciel est en place nous fait la plus belle des menaces, celle d’un album qui s’annonce déjà comme un incontournable de l’année.

Après l’excellent EP « Avalanche » qui nous avait ensevelies d’amour pour l’artiste de Québec Ariane Roy, celle-ci nous revient en force pour son album « Médium Plaisir », avec une pochette signée Ping Pong Ping (graphisme) et Gaëlle Leroyer (photo). 

Ce sont pas moins de douze chansons qu’elle nous offre, tantôt mélancoliques, tantôt festives. On sent qu’Ariane a défini et peaufiné son identité, explorant un mix de textures où envie de pleurer et envie de danser s’affrontent dans un heureux mariage. 

Ariane et ses musiciens se sont laissé une grande liberté de création où leurs instincts ont été mis au service des paroles. Un collectif d’idées qui permet une ligne directrice non pas rigide, mais plutôt fluide comme une vague à l’écoute, quelque chose d’aussi naturel que de voir passer les saisons. 

Là où le premier EP restait plus classique, « Médium Plaisir » ajoute à son arc des nuances de rock, de jazz, de chanson française, de funk et de disco à la rondeur pop déjà bien ancrée. Nous avions déjà eu accès aux excellentes chansons Quand je serai grande, Ce n’est pas de la chance et Je me réveille qui donnaient le ton à un album porté par des paroles profondément poétiques. On ressent vraiment le jeu entre les sonorités plus électroniques où se mêlent désormais de la flûte, de la cloche à vache, de la guitare, de la batterie et du piano. 

Ariane nous amène directement dans son intimité, droit au but et sans détour. Il y a quelque chose de très familier dans sa musique et sa façon de la livrer, comme une caresse de nostalgie où la voix claire prend autant d’espace que les instruments. Les paroles romantiques ont la teneur du miel et des épines et Ariane se raconte comme un journal intime ouvert aux bonnes pages. Les mots s’embrasent et prennent tout leur sens au travers d’un rythme plus assuré et assumé. 

Sa façon de livrer son texte est chavirante, tandis que la musique nous donne une envie viscérale de danser. Il en va de même pour ses chansons plus tristes et lentes, où un certain groove très catchy reste toujours présent. À l’écoute de cet album, il est difficile de ne pas se laisser emporter grâce à ce savant mélange de chansons plus douloureuses comme Miracle qui côtoie aisément l’électronique upliftant de chansons comme Tu as le droit. On oscille émotionnellement avec Ariane et c’est remarquablement bien exécuté du début à la fin.

Les thématiques universelles et leurs expressions sans fard permettent de s’identifier rapidement au travers des paroles. Une candeur qui se veut vulnérable et qui laisse de côté la complexité hermétique pour mettre de l’avant une simplicité désarmante. C’est ce qui donne cette impression particulière qu’Ariane nous tient la main au travers de ce parcours musical, et ce depuis le début de sa foisonnante carrière. Ce n’est pas pour rien qu’elle a été sacrée Révélation Radio-Canada 2021-2022 pour son premier EP, nul doute qu’encore cette année Ariane Roy sera couronnée de succès avec « Médium Plaisir ». 

Accompagné par le label La maison fauve, l’album « Médium Plaisir » c’est aussi Vincent Gagnon aux claviers, Cédric Martel à la basse et Pierre-Emmanuel Beaudoin à la batterie et aux percussions. Lou-Adriane Cassidy pour la chanson Fille à porter et aux chœurs, Odile Marmet-Rochefort aux chœurs, Roxane Azzaria sur l’écriture conjointe de deux chansons de l’album, Raphaël Laliberté Desgagné à la guitare pour Ce n’est pas de la chance et enfin Antoine Bourque à la note de flûte de l’enivrante Kundah

L’album « Médium Plaisir » est disponible dès maintenant, notamment sur le site officiel d’Ariane Roy.

Restez à l’affût, puisque Ariane nous réserve décidément bien des surprises pour souligner cette sortie d’album en grand. Un film musical d’une durée de 20 min réalisé par Adrien Villagomez sortira le 17 février prochain. Le court-métrage mettra à l’honneur quatre chansons et servira de lancement virtuel.

Pour ce qui est de la voir en chair et en spectacle, nous devons patiemment attendre le mois de mars. Pour réserver vos billets ça se passe ici!

*Fun Fact de coureuse de spectacle et note personnelle.

La musique d’Ariane Roy m’a accompagné dans les pires moments de vie des deux dernières années et a réussi l’étrange switch de les rendre meilleurs, voire libérateurs. De sa première chanson Banc de parc que j’ai découverte en séparation et en plein début de pandémie, à sa prestation au Festival de la chanson de Tadoussac où elle a amené le soleil sous la pluie avec Le ciel est en place, à mon vol de portefeuille vers La Noce de Saguenay où cette même chanson m’accompagnait dans l’auto comme un lâché prise salvateur. Sa musique a réussi ce que peu de musiques réussissent à faire; ramener du beau et du poétique dans le chaos.  

C’est donc avec beaucoup d’affection et de reconnaissance que je vous ai livré ma critique de cet album qui m’accompagne déjà et qui je l’espère vous accompagnera aussi avec autant de plaisir.  

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