Le Pantoum en famille: le double lancement d’Apophis et de Lou-Adriane Cassidy

Lou-Adriane Cassidy – Photo : Charline Clavier

Les planètes étaient alignées et pointaient en direction du Pantoum le 24 novembre dernier, alors que deux projets maison, Apophis (né des cendres de feu Mauves) et Lou-Adriane Cassidy, lançaient chacun leur nouvel album. Compte-rendu d’une soirée délicieusement spéciale qui a donné l’impression de passer bien trop vite. 

Apophis

Apophis – Photo : Charline Clavier

Pour leur lancement, les frères Martel et PE Beaudoin étaient accompagnés de Lou-Adriane Cassidy et de leur invité tout-étoile David Marchand (zouz, Mon Doux Saigneur). Ils ont commencé ça smooth avec D’Argenson, Cédric à la voix et à la guitare, Lou à la guitare, Alex à la guitare, et PE à la batterie (ça en prend au moins un à la batterie, qu’on dit). 

Bonne est la cigarette sur D’Argenson

D’Argenson, Apophis

Au refrain, les voix des spectateurs enthousiastes ont rejoint celles du groupe : première communion. Mais une genre de communion plus païenne, Apophis étant originaire de la mythologie égyptienne (qu’on représente d’ailleurs généralement comme un criss de gros serpent – désolée mais j’avais grand espoir que la bête de « Coco » refasse son apparition…en vain). Et même si ce dieu est supposé représenter la mort, le mal et l’obscurité, c’est plutôt un après-midi ensoleillé à rouler sur la route que nous a évoqué le groupe tout au long de la pièce suivante, On prendra de l’avance plus tard, où Alex Martel reprenait le micro de sa voix bossa nova. 

Entre deux chansons, Alexandre Martel nous a parlé d’un ton informel, comme si on était dans son salon. Tout dans sa démarche, ainsi que dans les choix artistiques du groupe, affichait un air décomplexé : le bassiste veut jouer de la guitare pour son lancement? Fine! «On vous a fait toutes les tounes de l’album, sauf une, parce que ça me tentait pas de la jouer»? Good. Appeler son band Apophis, nommer son album « Apophis » et se déchaîner sur la chanson éponyme Apophis? Pourquoi pas? Plus que l’incarnation du chaos, on dirait bien qu’Apophis incarnait à merveille l’esprit du Nouveau Dad rock, une musique brillante et familiale, sans pression… Ce qui n’a pas empêché le groupe de se déchaîner sur scène à coup de soli endiablés, de savoureux grooves ou d’effets psychédéliques, pour le plus grand plaisir du public.  

Enfin, les musiciens ont fait un clin d’œil à Mauves en terminant avec Longtemps et XXIe, deux titres qui paraissaient sur leur dernier album, « Coco ». 

Lou-Adriane Cassidy

Lou-Adriane Cassidy – Photo : Charline Clavier

D’entrée de jeu, Lou-Adriane Cassidy nous a dit : Bonsoir. Les mélodies jazzées de Vincent Gagnon aux claviers accompagnaient sa voix enjôleuse, qui nous rappelait que « l’album est sorti ». Devant un public déjà charmé, presque en famille, elle a ensuite entamé l’entraînante Je suis arrivée, accompagnée par son excellent groupe composé d’Alexandre Martel (basse), Thierry Larose (guitare), Vincent Gagnon (claviers), PE Beaudoin (batterie) ainsi que de Simon Pedneault (guitare acoustique) en remplacement d’Ariane Roy. Si l’on y reconnaissait la pop avec laquelle l’autrice-compositrice-interprète a fait ses armes, on pouvait aussi y percevoir une nouvelle liberté, qui se ressent d’ailleurs autant dans les thèmes que dans la forme des chansons de son nouvel album. 

Et quel album! Co-écrit avec Alexandre Martel et co-réalisé avec ce dernier ainsi que Simon Pedneault, Lou-Adriane Cassidy vous dit: Bonsoir est un bijou de pas plus de 25 minutes qui passe plus vite qu’un flirt, qui va dans tous les sens et qui déborde de sensualité. Une œuvre décomplexée, droit au but, qui n’hésite pas à passer du glockenspiel et du cowbell aux influences garage pour vous faire vivre l’ivresse de l’amour charnel. Pour boucler la boucle, il est aussi important de mentionner que celui-ci est le premier à avoir été enregistré dans la nouvelle régie du Pantoum!

De retour sur les planches où l’ambiance devenait de plus en plus électrisante. Dans la jungle de tones savoureux que faisaient naître les musiciens, la voix de Lou savait faire ses marques, donnant le ton, que ce soit celui d’un blues bien cochon sur Alors ou encore d’un indie rock planant sur Entre mes jambes (une chanson composée « pour tous les one nights de marde »). 

Après un moment touchant en duo acoustique avec Pedneault pour Ça va ça va (« mon hit! », nous a dit à la blague la chanteuse tout sourire), qui figurait sur son disque précédent, le party a repris de plus belle sur J’espère encore que quelque part l’attente s’arrête, moment où Antoine Bourque est monté sur scène pour pousser SA note de sax. Encore une fois, chaque ligne mélodique laissait un goût de fruit défendu sur les lèvres. Ça s’est terminé en apothéose de la-la-la avec le juteux single Réponds précédé de Écoute, une pièce aussi brève que percutante à la Scott Pilgrim versus the World (et qui contient d’ailleurs ma phrase préférée de l’album).

Si j’ai toujours tort, peut-être c’est toi l’problème

Écoute, Lou-Adriane Cassidy

Bien sûr, on veut toujours plus de ce qui goûte bon. Heureusement, Lou-Adriane ne nous a pas laissé en reste au rappel: elle et Martel ont interprété en duo Mais, ce soir, une composition intimiste empreinte de douceur.

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