Metò : Le peaufinage d’un diamant brut

Metò. Photo : Noémie Rocque

Le 20 novembre, le STUDIOTELUS du Grand Théâtre affichait complet malgré l’heure tardive annoncée pour la prestation. Débutant à 22h, Metò avait rassemblé amis et amateurs pour ce qu’il s’est amusé à nommer être « presque un lancement » de son microalbum « Alstromeria ». Plus personnellement, j’attendais ce spectacle depuis le début de l’année, depuis le jour où les premiers sons du projet d’Olivier Côté-Méthot sont parvenus à mes oreilles. Maintenant en partenariat avec Unïdsounds, l’artiste pourtant à ses premiers balbutiements a réussi à se faire une place sur la programmation de nul autre que l’institution par excellence de Québec Cité.

Il s’agissait ce soir-là du troisième spectacle officiel du projet. On se doute que quand celui-ci a lieu au Grand Théâtre de Québec, un lot de stress supplémentaire vient s’ajouter. Ouvert aux autres de nature, mais également réservé, Olivier est monté sur scène un peu nerveux, en se battant avec le fil de ses écouteurs puis de son masque qui s’y était entremêlé. Accompagné de son fidèle partenaire, Cédric Martel (à ne pas confondre avec le frère d’Alexandre Martel et membre d’Apophis), les deux hommes avaient beaucoup de gestion de pitons à faire! D’un côté Olivier s’occupait de la voix, de la guitare et du piano alors que Cédric avait le synthé, les loops, le MacBook et la basse. Bref, aussi polyvalents soient-ils, ça fait beaucoup de gestion pour deux hommes et cela occasionnait de petits moments d’attente entre les pièces.

Metò. Photo : Noémie Rocque

Par chance, chaque fois qu’une nouvelle pièce débutait, elle savait nous enivrer. Le résultat était bien sûr différent que ce qu’on retrouve sur l’album, mais permettait à l’artiste de prendre des orientations différentes comme de modifier ses propositions vocales. J’aime quand les chanteurs se permettent cette liberté, comme si leur histoire prenait une tournure plus personnelle. Metò n’a d’ailleurs pas peur de sortir des sentiers battus. En conséquence, on retrouvait sur la scène six guitares (une par chanson), accordées différemment.

Le programme mélangeait des nouveautés aux pièces déjà disponibles sur les plateformes. On y retrouvait Breathe for My Peace, une pièce qu’Olivier s’était dit qu’il ferait que très peu sur scène en raison de l’histoire très personnelle qui entoure cette dernière et dont il nous a fait le cadeau de mettre en contexte. « Alstromeria » est né alors qu’Olivier accompagnait son père en fin de vie. Atteint du cancer, celui-ci a demandé l’aide médicale à mourir. Quelques jours avant de partir, Olivier a fait entendre Breathe for My Peace à son père. Le jour J, celui-ci lui a demandé s’il pouvait partir sur sa chanson. Ce moment plein d’émotions est donc pour toujours lié à cette pièce et c’est dans une fragilité la rendant parfaitement imparfaite qu’il nous l’a interprété.

Ce spectacle n’était pas irréprochable, plusieurs éléments sont toujours en rodage pour le jeune musicien. Je nous trouve toutefois privilégiés de pouvoir assister aux premiers moments de cet artiste et de le suivre ensuite dans l’évolution fulgurante qui suivra. Je n’ai pas de boule de cristal, mais ce projet a le potentiel d’aller très loin et maintenant qu’il est entre de bonnes mains, je suis curieuse de voir le parcours qui se dessine pour Metò.

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