Édition 2021 des chansonneurs de Petite-Vallée : entre amour, nostalgie et urgence de vivre

Chansonneurs de Petite-Vallée – Photo : Christian Villeneuve

Texte : Suzanne Lemay / Photos : Christian Villeneuve

Le 4 juillet dernier en après-midi, les chansonneurs de la cuvée 2021 du Festival en chanson de Petite-Vallée étaient visiblement heureux et heureuses de présenter le fruit de leur travail devant un vrai public. Accompagnés de Manuel Gasse, de Ti-Bass (Jean-Sébastien Fournier) et de Lana Carbonneau, les neuf auteurs, compositeurs et interprètes ont présenté un spectacle empreint de solidarité où chacun et chacune ont pu briller et montrer leurs couleurs. Mise en scène par Chloé Lacasse, une habituée de Petite-Vallée, l’offrande des chansonneurs ainsi que leurs déhanchements maritimes ont assurément réussi à séduire la foule venue découvrir les talents de la relève de la chanson francophone québécoise et canadienne.

Le spectacle, livré en deux temps, a d’abord commencé par les performances de Marco Ema, Kinkead, Kanen et Léa Jarry. Se présentant sous la forme d’un parti politique nouveau genre -le parti Politesse- les artistes ont alterné les mercis et les excuses tout en faisant rire le public entre chaque chanson. Marco Ema a lancé le bal avec sa voix cristalline et ses textes remplis de poésie qui laissent présager une belle carrière. Les musiciens Henri et Simon, du duo Kinkead, ont enchainé avec leurs douces harmonies à deux, mais aussi en solo. Leurs textes doux et romantiques vont assurément trouver un large auditoire. Kanen a ensuite partagé l’étendue de son talent avec un public ébranlé par la réalité des premiers peuples, qui ne peut plus être ignorée. Sa voix vibrante, qui rappelle celle de Safia Nolin, et ses textes doux-amers, parfois chantés en innu-aimun, ont fait résonner les cœurs et invité à encore plus d’ouverture envers les jeunes Autochtones qui n’ont pas été élevés dans leur langue maternelle. Enfin, Léa Jarry a conquis le public avec sa guitare et ses histoires d’amour nostalgiques. D’ailleurs, il a été beaucoup question d’amour dans cette première partie : l’amour du territoire avec Kanen, l’amour perdu avec Léa Jarry, l’amour de l’amour avec les Kinkead, l’amour tout court avec Marco Ema.

Chansonneurs de Petite-Vallée – Photo : Christian Villeneuve

En deuxième partie, les quatre autres chansonneurs se sont présentés sous la bannière du parti Généreux. La franco-manitobaine Rayannah a lancé généreusement le bal avec son rock atmosphérique, féministe et engagé. Ensuite, La Faune a enchainé avec fougue et un sincère désir d’amener la foule à se bouger la tête (à défaut des jambes). Son rock puissant, tout autant que sa voix riche, laisse imaginer aisément un spectacle sans distanciation où tout le monde pourra à nouveau être debout, comme les fans du Canadiens de Montréal dans les rues. Le Néoécossais Jacques Surette a ensuite séduit le public avec son bagout et ses chansons drôles comme Barre tes portes. Enfin, le Montréalais d’adoption Marsö Margelidon a partagé ses chansons empreintes d’amour avec lui aussi le désir d’amener son public à bouger, car comme il le chante si bien, l’amour, ça se partage, qu’on soit seul ou qu’on soit mille.

Cette édition 2021 des chansonneurs de Petite-Vallée représente sans aucun doute ce qui attend la chanson francophone : diversifiée, engagée, solidaire, un brin nostalgique, mais résolument tournée vers l’avenir avec une grande urgence de vivre. Ça promet!

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