Un premier juillet tendre, intense et… sexy au Festivoix

Gab Paquet – Photo : Jacques Boivin

On a fait une dernière petite virée à Trois-Rivières jeudi dernier, question d’assister à une autre soirée du Festivoix. Au menu, trois projets complètement différents : le folk doux de Saratoga, l’intensité jazzy de Dominique Fils-Aimé et la magie survoltée de Gab Paquet. Compte rendu à quatre mains d’une soirée grise qui a rapidement tourné au rose.

Saratoga

Saratoga – Photo : Jacques Boivin

C’est sous le signe de l’amour sous toutes ses formes que cette jolie soirée a commencé. Devant nous, sur une scène dépouillée, Chantal Archambault et Michel-Olivier Gasse de Saratoga. Derrière, un parterre bien rempli qui s’étend sur plusieurs mètres, distanciation physique oblige. Gasse entre en scène et met un vieux record sur lequel il récite Un sentiment de vieux dimanches. Chantal le rejoint, attrape sa guitare, et on enchaîne immédiatement avec Amour de passage. Merde, les larmes me montent aux yeux et j’embue déjà le viseur de mon appareil photo à cause de mon masque. C’est beau, c’est doux, le minimalisme des chansons du duo te rentre dedans comme un enfant qui court sur la pelouse avec un pissenlit entre les mains.

La scène du port de Trois-Rivières offre une vue magnifique qui sied à merveille aux chansons de Saratoga, mais on se serait passé des motomarines venues faire leur propre show à quelques mètres de la scène. Ça agace clairement les artistes et le public, et je note dans ma grosse tête qu’il va falloir que je me fasse un t-shirt « FERMEZ VOS MOTEURS, ON ÉCOUTE LE SHOW » pour l’occasion.

Enlevez cette petite anicroche pis on passait un moment plus-que-parfait à chantonner doucement les pièces du magnifique « Ceci est une espèce aimée » (2019) tout en revisitant quelques titres de « Fleur » et « Saratoga ». Je le dis chaque fois que je les vois, mais les harmonies totales du duo sont tout simplement magnifiques (oui, j’ai dit harmonies totales). Ces deux-là pourraient chanter a capella pendant une heure pis on aurait des frissons partout sur le corps. En tout cas, c’est ce que ma blonde m’a fait sentir en me serrant la main très très fort à quelques reprises (OK, je lui ai rendu la pareille aussi souvent).

Tout ce qu’il manquait à cette prestation malheureusement trop courte, ce sont les longues et savoureuses interventions entre les chansons. On a bien eu droit à l’anecdote où Gasse va chez le fleuriste (parce que voyez-vous, il n’achète des fleurs que lorsqu’il n’y a rien à célébrer, comme tout homme moderne qui se respecte), mais c’était à peu près tout. C’est dommage, parce que ces histoires permettent aux néophytes de bien comprendre le contexte des chansons du couple tout en donnant la chance de rigoler un bon coup (Gasse est un christie de bon conteur et Chantal joue à merveille le rôle de la straight girl). J’aurai pas le choix, va falloir que je retourne voir le spectacle complet au Grand Théâtre de Québec le 18 novembre prochain.

(P.S. : Merci d’avoir pris le temps de souligner par une minute de silence la douleur que ressentent les Autochtones de tout le pays en cette journée où il n’y avait pas grand chose d’autre à célébrer que l’amour.)

(Jacques Boivin)

Dominique Fils-Aimé

Dominique Fils-Aimé. Photo : Noémie Rocque

Dominique Fils-Aimé et ses quatre musiciens nous ont amenés dès les premières pièces dans leur bulle jazzy et sensuelle. La chanteuse nous a d’ailleurs invité à fermer les yeux pour mieux ressentir chaque moment de cette prestation, soulevant sa joie de sortir du virtuel pour se présenter devant de vraies personnes.

L’audience était réservée, mais attentive. Les pièces préparées s’enchaînaient, laissant peu de place aux applaudissements, mais on sentait toutefois l’appréciation du public rassemblé au Jardin des Ursulines. Au programme, on nous avait préparé des pièces du répertoire de Dominique, mais également plusieurs classiques d’hier et d’aujourd’hui tels qu’une version totalement revisitée de Waiting on the world to change de John Mayer. Sur la reprise de Feeling Good, on a eu droit à tout un solo de basse suivie d’un solo de clavier époustouflant, tous les deux grandement acclamés par la foule.

Définitivement, Dominique Fils-Aimé aura été ma découverte de cette édition du FestiVoix et je suis persuadée qu’elle aura su en épater plusieurs autres! (Noémie Rocque)

Dominique Fils-Aimé présentera son spectacle le 5 novembre prochain à L’Anglicane de Lévis.

Gab Paquet

Gab Paquet – Photo : Jacques Boivin

Gab Paquet, c’est d’abord et avant tout une expérience. Il suffit de voir le chanteur en spectacle pour saisir toute la subtilité de son univers sensuellement humoristique. Pour apprécier pleinement, il faut s’immerger totalement dans son climat tropical où la coquinerie est reine. C’est là qu’on peut comprendre tout le sexy et l’intelligence de l’œuvre cachée au deuxième degré.

Sur les planches, on n’a pas négligé la mise en scène. Dès le départ, les musiciens vêtus de leur cape à capuchon sont entrés, tour à tour, offrandes à la main. On a tricoté autour de la thématique fantastique de La force d’Éros. Ensorcelé par la magie rose, le public était déjà en extase. Il faut dire que l’avant-scène était occupée par de nombreux convaincus ayant fait la route depuis la Vieille Capitale pour voir leur chanteur de charme favori. Que voulez-vous, Gab Paquet a tout qu’un pouvoir d’attraction!

Gab Paquet – Photo : Jacques Boivin

Ce qu’on nous a présenté sur scène était brillant et je ne parle pas ici des nombreuses paillettes sur les pantalons d’Alexis Goulet Bouchard. Si certaines pièces de La force d’Éros ont un peu moins de punch sur l’album, elles ont pris toute leur puissance sur la scène. En plus du dernier album, on avait prévu au programme des incontournables tel que Santa Barbara, Casio, pad et moustache et Consommations. Ça chantait fort! C’était beau, romantique, jouissif!

Ce soir-là, Gab et ses adeptes mélodieux avaient le vent dans les voiles (ou du moins dans leurs capes) et ont offert une sacrée performance sur la scène du port de Trois-Rivières. (Noémie Rocque)

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