Un party rap au FestiVoix

Fouki. Photo : Noémie Rocque

Pour cette deuxième soirée du Festivoix 2021, l’équipe de la programmation nous avait préparé toute une soirée! Les amateurs de rap québécois ont eu droit à un vrai party. Malgré notre isolement, dansant et pogotant chacun dans nos enclos respectifs, l’énergie quant à elle se propageait à la grandeur de la foule.

La journée avait été pluvieuse et la pluie s’est poursuivie durant la soirée avec plus ou moins d’intensité. L’averse faisait rejaillir les moustiques qui se plaisaient goulûment à grignoter nos corps humides, mais le spectacle sur la scène nous faisait entièrement oublier l’inconfort (du moins jusqu’au lendemain où la bouteille de calamine est devenue ma meilleure amie).

Vendou

Vendou. Photo : Noémie Rocque

Venant à peine de lancer son 2e album Millénium en avril dernier, Vendou trace tranquillement sa place sur la scène émergente rap francophone. Ses pièces sont douces et rythmiques alors que sa plume vagabonde lui permet de s’exprimer avec aisance. Au programme le jeune homme nous avait préparé ses plus récentes pièces, mais également quelques clins d’oeil à Trèsdouxluxe sorti en 2019.

Accompagné par quatre autres musiciens, l’artiste a offert une performance des plus énergiques malgré que l’audience ait malencontreusement été réduite par la pluie abondante. Difficile de dire si les plus courageux étaient déjà des adeptes, mais le public rassemblé a su témoigner son appréciation en rappelant avec enthousiasme l’artiste pour une dernière chanson. La soirée rap était lancée et ne faisait que commencer!

LaF

LaF. Photo : Noémie Rocque

Ouvrant en première partie de Fouki, LaF a offert une performance explosive telle qu’on les connaît. La complémentarité des trois rappeurs est épatante et leur permet d’apporter une richesse incroyable dans un style qui démontre souvent trop de similitudes d’une pièce à une autre. Avec LaF, chaque chanson est unique et les trames qui accompagnent les trois hommes sont complètes et diversifiées. Vocalement, si Jamaz et Bkay livrent un rap franc et fluide, c’est Mantisse qui s’occupe des harmonies, poussant des airs mélodieux avec justesse.

Et que dire de leur énergie! Même si la scène est grande, les trois chanteurs se déplacent d’un côté à l’autre de la scène, se partageant équitablement l’attention du public. Personnellement, c’est Mantisse qui attire le plus mon attention avec ses airs de fanfaron et son style toujours en marge du stéréotype qu’on se fait des artistes du rap. Dans tous les cas, les trois Montréalais occupent tous une place équivalente et chacun d’entre eux constitue un trio à l’équilibre parfait.

Fouki

Fouki. Photo : Noémie Rocque

La foule attendait Fouki et dès son entrée sur la scène, vêtu d’un poncho rose, ceux qui s’étaient gardé une gêne jusque là se sont littéralement déchaînés. Accompagné par nul autre que Vendou, Fouki nous avait préparé plusieurs pièces de son dernier album Grignotines de luxe, mais également plusieurs titres des albums qui l’avaient précédé. La foule chantait avec l’artiste et lui criait son enthousiasme comme on l’aurait fait avec une vedette internationale.

Malgré ce traitement de star, Fouki a partagé sa scène laissant Vendou performer une de ses chansons, mais a également invité Jay Scøtt pour performer en duo Copilote. Et tant qu’à être sur la scène, l’auteur-compositeur-interprète a en plus performé une de ses chansons, Un peu trop vite. Finalement, tant qu’à avoir Vendou, Fouki et LaF en backstage, on a eu droit à une performance du collectif les Fourmis, s’emportant tous sur la pièce Valise issue du dernier album de LaF, Soin Entreprise,

Fouki a définitivement établi une connexion avec son public, ses interventions étaient nombreuses et pertinentes, contribuant à créer une performance allant au-delà de sa musique. De plus, des pièces comme PCU devenaient libératrices, qu’on ait bénéficié de la prestation canadienne d’urgence ou non. Après le rappel prévu au programme, la foule en voulait encore, applaudissant et chantant le classique « ohé-ohéohéohéohé ». Les lumières se sont rallumées, mais le rappeur en demande n’a pas saisi l’occasion de revenir pour un vrai rappel. Les festivaliers ont donc quitté la scène, poursuivant leur chant qui résonnait dans le tunnel menant de la scène à la rue des forges. C’était épique!

On peut assurément dire que cette deuxième soirée, tout comme la première, a contribué à lancer en grand cette édition particulière! Le FestiVoix de Trois-Rivières se poursuit jusqu’au 4 juillet. Si plusieurs spectacles affichent complet, il est toutefois possible de se procurer des billets pour l’écoute virtuelle.

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