Nos albums préférés de 2020

Pendant 72 jours, on a pensé que 2020 serait la plus belle année de nos vies. Ça avait parti sur des chapeaux de roues, tant du côté des albums que de celui des spectacles. Ça allait être une année glorieuse pour les galettes de vinyle et leurs amateurs en tous genres.

Puis tout à coup, pouf. Le maliciel humain nommé COVID-19 est débarqué et il a chamboulé les plans de plusieurs. Beaucoup d’albums ont été retardés, d’autres ont été devancés, certains ont été sortis sans crier gare (allô, Jimmy Hunt).

Le résultat? Une année pleine de surprises, bonnes et mauvaises. Des albums qui n’ont pas pu être défendus sur scène, ou si peu, de si loin, à si grande distance du public. C’est triste, parce que notre scène musicale, autant à Québec qu’à l’échelle de notre pas si pire province, n’a jamais été aussi vivante et créative.

On va célébrer ça avec vous avant de tomber en vacances des Fêtes.

Comme à chaque année, les membres de l’équipe ont sélectionné leurs albums préférés de l’année 2020. Certain.e.s y sont allé.e.s avec leur coeur, tandis que d’autres auront été plus rationnels dans leurs choix et leurs justifications.

On vous présente ça ici avec amour et tendresse.

P.S. : Comme le veut la tradition, on vous présente notre liste en ordre alphabétique. C’est déjà assez déchirant de même de ne choisir que quelques albums, s’il fallait en plus qu’on les classe…

Alexandra Lost – « Alexandra Lost »

Le duo Alexandra Lost a comblé nos attentes (et bien plus) avec ce premier album qui mélange des années d’influences diverses : synthpop des années 1980, électropop de la fin des années 1990, pop des années 2010, et des thèmes on ne peut plus actuels. La voix chaude de Jane Ehrhardt est un trésor national, et le sens mélodique du duo formé par Ehrhardt et Simon Paradis nous permet de nous évader dans plus d’une dimension à la fois. Gros album de deux géants de notre petite scène locale. (Jacques Boivin)

Aliocha – « Naked »

Artiste en constante évolution depuis son premier album paru en 2016, Aliocha a lancé l’album de dix pistes Naked en mars dernier; un album d’une sonorité moins folk et plus pop-rock, mais que l’artiste s’est tout à fait appropriée, la rendant alors très personnelle. Chaque chanson semble mener naturellement à la suivante, ce qui en fait un album qu’on souhaite écouter encore et encore. Mention spéciale également au single C’est tout, c’est rien, rendu également disponible cet automne (version française de Forget My Blues, disponible sur Naked). Agréable surprise de découvrir cette chanson en français dans laquelle on perçoit une grande sensibilité. À découvrir et à redécouvrir. (Isabelle Bilodeau)

Anachnid – « Dreamweaver »

Anachnid, c’est toute la puissance de ses ancêtres et de ses racines! Ce que j’apprécie le plus, c’est l’influence des traditions autochtones qui se retrouve si bien intégrée à différents styles musicaux. J’ai toujours été fan de ses hybrides dans les styles, et l’intégration de chants des Premières Nations avec du sax jazz ou encore des passages un peu plus Hip Hop me comble de bonheur tout en ouvrant mes horizons. En effet, si on s’attarde aux paroles, la femme araignée nous racontes diverses histoires et cultures des peuples qui l’ont mise au monde. (Noémie Rocque)

Ariane Roy – « Avalanche (n.f.) »

J’ai n’ai pas hésité à mettre ce microalbum dans mon top albums 2020 (même si je me disais qu’il serait probablement dans le palmarès du plus d’un), car il m’a accompagné tout au long de l’année et le talent de cette jeune femme est indéniable. Les paroles poétiques mais parfois énigmatiques laissent place à l’imagination et la musique envoûtante nous porte tout au long des pistes et laisse place à l’émotion. La voix de l’artiste, souvent à l’avant-plan, a un côté envoûtant qui nous donne envie d’y revenir. Nul doute que la jeune artiste, finaliste cette année au Francouvertes, a un avenir prometteur et j’ai bien hâte de la voir évoluer dans les prochaines années. (Isabelle Bilodeau)

Marie-Pierre Arthur – « Des feux pour voir »

J’ai réellement découvert Marie-Pierre Arthur à travers Des feux pour voir : l’intimité de l’album, son ton à la fois torturé et assumé (celui d’une personne qui se connaît bien) et, malgré la noirceur, ses puits de lumière… Tous ces aspects ont été autant de portes d’entrées qui ont fini de me vendre à cette artiste complète, mature et si bien entourée musicalement parlant. (Marie-Ève Fortier)

J’ai lu le mot de Marie-Ève pis j’ai eu envie d’en rajouter une petite couche. De mon côté, j’ai redécouvert Marie-Pierre avec ce quatrième album coup-de-poing-coup-de-coeur qui est venu me chercher autant pour sa musique aussi surprenante que solide que pour les textes clairement inspirés par la fin de la folle trentaine. (Jacques Boivin)

Maude Audet – « Tu ne mourras pas »

On aime ça, les artistes qui nous surprennent à tout bout de champ, mais on aime aussi ceux et celles qui évoluent lentement tout en peaufinant leur art. Des personnes à l’égard desquelles nos attentes sont sans cesse grandissantes parce qu’elles sont tout le temps satisfaites. Maude Audet, qui semble nous parler directement Tu ne mourras pas, fait partie de ces valeurs sûres. Elle nous parle comme le ferait une vieille amie, tout en douceur. Il y a toujours cette petite touche de nostalgie, cette voix aérienne de petite fée et ces mélodies accrocheuses. Mais il y a aussi ces textes simples, mais profonds, qui confirment cette impression que Maude nous parle. Et ces arrangements magnifiques qui complètent à merveille ces chansons qui seraient déjà très jolies toutes dépouillées. Et cette petite French Touch qui lui va encore comme un gant. Et assez de flûte traversière pour combler le chasseur de #momentflûte en moi. (Jacques Boivin)

Backxwash – « God Has Nothing to Do With This Leave Him Out of It »

Un cri du coeur libérateur de la part de cette artiste noire et trans de Montréal dont la voix a trouvé écho dans les coeurs révoltés et solidaires. Des échantillonages de metal et de films d’horreur pour confectionner une trame de fond à un rap de dur à cuire à la fois criard et enjoué, accrocheur et énergisant au possible. L’intensité et l’authenticité de cette posture esthétique et politique donnent la vigueur et la pertinence à cette oeuvre qui passera probablement à l’histoire, encore plus percutante lorsque vécue à la première personne en voyant les chansons présentées sur scène. (François-Samuel Fortin)

La rappeuse montréalaise Backxwash (Ashanti Mutinta) a trouvé sa voix avec cet incroyable album, gagnant du prix Polaris 2020. God Has Nothing to do With This Leave Him Out of It a été savamment autoproduit sur une base d’échantillons de metal. Les thèmes abordés, les textes et le flow de l’artiste agissent comme une onde de choc dès la première écoute et en font une œuvre extrêmement complète. (Danaé Maltais)

Beat Sexü – « Deuxième fois »

Ah, te souviens-tu de janvier 2020? L’insouciance? Le fun qui arrêtait pu? L’envie de danser tout le temps satisfaite? La musique écoutée en gang? Quand on se plaignait d’une banale grisaille hivernale? Ben Deuxième fois, de Beat Sexü, c’était le remède à cette grisaille qui semble un brin superficielle aujourd’hui. Voici ce que j’en disais en janvier : Deuxième fois est le remède à l’hiver, une shot de multivitamines qui entre par les tympans et qui se ramasse partout dans nos corps à force de nous faire danser. Et juste au moment où on finit par se reposer les pieds un instant, ce sont nos oreilles qui en prennent plein la gueule. (Jacques Boivin)

P’tit Belliveau – « Greatest Hits Vol. 1 »

Greatest hits Vol.1 a été l’album de prédilection à écouter lors des moments plus poches de 2020. P’tit Belliveau présente un projet éclaté, en agrémentant le banjo de notes électroniques, qui donne naissance à une combinaison hétéroclite de country et d’électro-pop aux paroles suantes de bonheur. (Danaé Maltais)

The Blaze Velluto Collection – « We Are Sunshine »

Si Ricardo arrive à prendre des recettes traditionnelles québécoises et à les adapter pour nous en faire redécouvrir les saveurs, The Blaze Velluto Collection sait musicalement faire exactement la même chose en revisitant un mélange de sonorités des années 60. We Are Sunshine éveille chez moi autant les vieux souvenirs qu’il sait en créer de nouveaux. L’album rayon de soleil est la trame sonore parfaite pour les journées d’hiver qui s’annoncent. Ne vous demandez plus pourquoi le mercure fait des siennes depuis la mi-novembre. (Noémie Rocque)

The Blaze Velluto Collection couronne la vague de regain pour les années 70 avec We Are Sunshine, qui me rappelle personnellement le soleil du Texas et le country narquois de Loudon Wainwright III. Que le ton soit entraînant ou planant, c’est bien exécuté, ça groove: tout ce qu’il faut pour nous donner envie de sourire et danser, même au pire de la pandémie. (Marie-Ève Fortier)

Des chansons confectionnées fort soigneusement, aux mélodies accrocheuses et aux textes mémorables, qui peuvent autant émouvoir qu’étamper un sourire dans ta face, c’est ce que nous propose encore une fois The Blaze Velluto Collection sur ce successeur à l’excellent Weatherman. Que ce soit un groupe de Québec qui a enregistré le tout à Québec rend encore plus impressionnant le fait que le disque pourrait facilement avoir des prétentions internationales. De magnifiques cartes de visite sous forme de vidéoclips se trouvent d’ailleurs sur la fameuse chaîne vidéo en ligne. (François-Samuel Fortin)

Véritable vent de fraîcheur dans mon automne gris, cet album m’aura donné une envie irrépressible de danser le swing et une véritable nostalgie des road trip estivaux. Une sonorité très 60s-70s qui va très bien aux artistes, des pistes entraînantes et amusantes et un dynamisme contagieux qui transparaît en prestation. Seule la performance virtuelle aura été possible cet automne, mais j’attends avec impatience le moment de voir les artistes performer sur scène devant un public qui ne pourra sans doute pas s’empêcher de se dandiner. (Isabelle Bilodeau)

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